Occupation de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Reich allemand (Allemagne sous administration alliée)
Deutsches Reich (de)

1945 – 1949

Drapeau
Pavillon
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte des zones d'occupation de l'Allemagne : le protectorat français de la Sarre apparait en blanc-crème, comme la Silésie, la Poméranie et les autres régions allemandes orientales annexées par la Pologne et l'Union Soviétique

Informations générales
Statut Administration militaire alliée
Capitale Berlin (de facto)
Histoire et événements
8 mai 1945 Capitulation
5 juillet 1945 Conseil militaire
15 décembre 1947 Protectorat de la Sarre
23 mai 1949 Allemagne de l'Ouest
7 octobre 1949 Allemagne de l'Est
12 septembre 1990 Traité de Moscou

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L’occupation de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale a été organisée par les Alliés lors de plusieurs conférences en 1944 et 1945.

Les accords[modifier | modifier le code]

Le protocole de Londres[modifier | modifier le code]

Alors que la défaite allemande devient possible, les gouvernements du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’Union soviétique se retrouvent à Londres et commencent à discuter du sort de l’Allemagne vaincue. Le 12 septembre 1944, leurs représentants signèrent le protocole de Londres qui stipulait que : « L’Allemagne, à l’intérieur de ses frontières telles que celles-ci existaient au 31 décembre 1937, sera divisée pour les besoins de l’occupation en trois zones, une de ces zones étant attribuée à chacune des trois puissances, et en une zone spéciale pour Berlin qui sera occupée conjointement par les trois Puissances »[1].

La conférence de Yalta[modifier | modifier le code]

Lors de la conférence de Yalta (4-11 février 1945), Winston Churchill, Franklin Roosevelt et Joseph Staline, reprirent les termes des accords de Londres concernant l'occupation de l’Allemagne, mais acceptant néanmoins la possibilité pour la France de participer au « partage », en constituant une zone issue de celles octroyées aux Britanniques et aux Américains.

L’objectif est d’« anéantir le militarisme et le nazisme allemands et de faire en sorte que l’Allemagne ne puisse plus jamais troubler la paix mondiale »[2].

Application des accords[modifier | modifier le code]

Positionnement effectif des troupes d'occupation en juillet 1945 (avant l'application des accords de Yalta) : la zone violette correspond à celle occupée par les armées britanniques et américaines qui fut évacuée au profit des soviétiques (déjà présent dans la zone marquée ici en rouge), afin que ceux-ci puissent en contrepartie leur céder les secteurs de Berlin-Ouest qui étaient dévolus aux alliés occidentaux (français compris).
Zones d'occupation en Allemagne et en Autriche. La Pologne récupère des territoires de l'Est de l'Allemagne et la moitié sud de la Prusse Orientale, l'URSS annexant le nord de cette dernière.

Quelques jours après la bataille de Berlin, la capitulation allemande est signée le 8 mai 1945 mettant fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Les troupes soviétiques et leurs alliés occidentaux (américains, britanniques et français) prennent alors chacun position dans les quatre zones d’occupation (Besatzungszonen) prévues par les accords de Londres et de Yalta qui leur ont été attribuées, ainsi qu'à Berlin, elle-même divisée en quatre secteurs (Sektoren). Le territoire allemand ayant été préalablement réduit à celui du Reich dans ses frontières du 31 décembre 1937, c’est-à-dire avant les premières annexions hitlériennes.
Celui-ci fut amputé, par la suite, de la portion située à l’Est de la ligne Oder-Neisse qui fut annexée par la Pologne et l'URSS.
Par la suite, à l'ouest, en 1947, la Sarre fut également détachée de l'état allemand et devint pendant dix ans un état souverain, placé sous protectorat français.
La Belgique ne fut pas oubliée, puisqu'elle reçut l'administration d'une partie de la zone britannique jouxtant sa frontière et englobant la ville de Bonn. Par la suite, la zone belge devait devenir un « créneau » de l'OTAN s'étendant de la frontière belge jusqu'au rideau de fer.

Ces zones furent placées sous la responsabilité conjointe d'un Conseil de contrôle allié siégeant à Berlin (quartier de Schöneberg) et qui assurait une partie de la souveraineté allemande.

Les Alliés purent s'appuyer sur les Länder préexistants (ou d'autres nouvellement créés), à la tête desquels ils placèrent des hommes de confiance (souvent d'anciens résistants allemands, voire, avant la dénazification, des nazis plus ou moins repentis), afin de pouvoir administrer chacune de leurs zones.

Suite aux dissensions entre soviétiques et occidentaux, ces derniers formèrent la Trizone, qui fut érigée en mai 1949 en République fédérale d'Allemagne. La zone contrôlée par les soviétiques se constituant au mois d'octobre suivant en République démocratique allemande. La ligne de démarcation entre la zone d'occupation soviétique et la Trizone occidentale forme de ce fait une frontière intérieure allemande.

Les zones d'occupation[modifier | modifier le code]

Les zones d'occupation ont été définies en fonction des Länder qui étaient constitués dans chacune des zones :

Zone américaine[modifier | modifier le code]

Elle était constituée par :

Son quartier général était situé dans le Bâtiment de l'IG Farben à Francfort-sur-le-Main en Hesse. La 7e armée américaine fut la force terrestre chargée de l'occupation militaire avec la 3e armée qui rentra aux États-Unis en 1947.

Zone britannique[modifier | modifier le code]

Elle était constituée par :

Son quartier général était établi dans la ville de Bad Oeynhausen en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Zone française[modifier | modifier le code]

Elle était constituée par :

Son quartier général était situé à Baden-Baden dans le Land de Bade.

Zone soviétique[modifier | modifier le code]

Infrastructures routières détruites par les bombardements aériens à Wolgast sur l'île balnéaire de Usedom, à 30 kilomètres de l'actuelle frontalière avec la Pologne, en 1946.

Elle était constituée par :

Son quartier général était situé à Berlin-Est, dans le quartier de Karlshorst (district de Lichtenberg).

Zones d'occupation à Berlin[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Les secteurs d'occupation ont été délimités par rapport aux 20 districts administratifs établis lors de la création du Grand Berlin en 1920. Nota : Les 23 districts nommés ici sont ceux qui existaient à la veille de la réunification de la ville en 1990. Ceux créés après 1945 sont marqués d'un astérisque et étaient tous dans la zone soviétique.

La ville est placée sous la direction quadripartite d'un « État-major allié de Berlin » (en anglais : Allied Staff Berlin - ASB, ou en allemand : Alliierten Stabes Berlin) siégeant à Dahlem dans le bâtiment servant actuellement de siège administratif de l'Université libre de Berlin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Protocole de Londres du 12 septembre 1944
  2. « Extraits des accords de Yalta du 11 février 1945 », sur Cliotexte (consulté le 12 septembre 2007).