Saxe (Land)

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51° 01′ 39″ N 13° 21′ 34″ E / 51.0276, 13.3594 ()

51° 01′ 37″ N 13° 21′ 32″ E / 51.026944444444, 13.358888888889 ()

État libre de Saxe
Freistaat Sachsen
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Localisation de la Saxe (en vert foncé) à l'intérieur de l'Allemagne
Localisation de la Saxe (en vert foncé) à l'intérieur de l'Allemagne
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Capitale Dresde
Ministre-président Stanislaw Tillich (CDU)
ISO 3166-2 DE-SN
Démographie
Population 4 134 000 hab. (30/11/12)
Densité 224 hab./km2
Rang 6e
PIB (2006)

PIB/hab.
88,713 Md € (7e)

21 500 € (12e)
Géographie
Superficie 1 841 551 ha = 18 415,51 km2
Rang 10e
Politique
Parti(s) au pouvoir CDU et FDP
Landtag
CDU
Die Linke
SPD
FDP
A90/Verts
NPD
Total

58
29
14
14
9
8
132
Nombre de voix
au Bundesrat
4
Liens
Site web sachsen.de

La Saxe (en allemand Sachsen, en sorabe Sakska), officiellement appelée État libre de Saxe (Freistaat Sachsen)[1], est l'un des seize länder composant l'Allemagne. En raison de son riche héritage architectural, sa capitale, Dresde est surnommée « la Florence de l'Elbe ».

D'autres grandes villes sont Leipzig (première par sa population), ville de commerce connue pour ses foires, notamment son salon du livre en mars, et Chemnitz. La Saxe compte près de quatre millions d'habitants. Elle est l'un des cinq « nouveaux länder » qui faisaient partie de la RDA jusqu'en 1990. Malgré une hausse du taux de chômage (janvier 2005 : 19,6 % ; avril 2012 : 10,3 %[2]) la Saxe est, parmi les nouveaux länder, la région la plus dynamique économiquement. L'Elbe est le plus important fleuve qui coule en Saxe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire des duchés et royaume de Saxe[modifier | modifier le code]

La Saxe primitive n'a pas de liens directs avec l'État libre de Saxe d'aujourd'hui. Ce dernier est l'héritier du Royaume de Saxe (créé en 1806), anciennement Duché et Électorat de Saxe, dirigé par les Duc-Électeurs de Saxe. La Saxe primitive correspond à la région septentrionale de l'Allemagne. (Il ne faut pas confondre avec la Saxe occidentale)

La Saxe primitive[modifier | modifier le code]

Formation de la Saxe jusqu'à l'Empire allemand[modifier | modifier le code]

La mort de Louis le Pieux, en 843, sonne la fin de l'unité de l'empire édifié par Charlemagne (traité de Verdun). Son petit-fils, Louis le Germanique reçoit la partie orientale de l'empire, la Francie orientale, qu'il divisa en quatre duchés, de Souabe, de Franconie, de Bavière et de Saxe. Louis le Germanique plaça à la tête du duché de Saxe des membres de la famille des Vitikind et des Billung. Géographiquement, ces premiers duchés correspondaient à ce qui forma aujourd'hui la Basse-Saxe et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

La Francie orientale s’étend ensuite vers l’est pour former le Saint Empire en 962 avec Othon Ier.

Petit à petit, le duché de Saxe s’agrandit, assujettissant toutes les contrées comprises depuis le cercle de Haute-Saxe. Le duc Henri X de Saxe possède aussi la Bavière. Cependant, la politique impériale tient les duchés séparés.

En 1154, l'empereur Frédéric Ier Barberousse réunit les deux duchés dans les mains d’Henri le Lion. Mais après le conflit survenu en 1177 entre les deux hommes, l’immense duché de Saxe fut partagé en une foule de fief. Un nouveau duché de Saxe fut alors constitué, mais il différait entièrement du premier.

Le second Duché de Saxe est formé en 1180, et donné à Bernard d’Ascanie. Il ne comprend plus que les territoires de Wittemberg et Lauenbourg et a peu d’importance. Il s'affaiblit encore quand en 1260, la maison ascanienne investie de ce duché se scinde en deux lignes : celles de Saxe-Lauenbourg et de Saxe-Wittemberg.

En 1355, l’empereur Charles IV du Saint-Empire réunit les deux duchés en donnant la Saxe-Lauenbourg à la branche ducale de Saxe-Wittemberg. Celle-ci conserve le duché jusqu’en 1422, date à laquelle la lignée s’éteint

Le troisième duché de Saxe est constitué en 1422, le titre de duc de Saxe ayant été transféré à la Maison de Wettin. Frédéric Ier de Saxe dit le Belliqueux, premier duc de cette nouvelle maison fut l’un des plus puissants princes de allemand. Le duché s’accroît alors de la Misnie, de la Thuringe et du comté palatin de Saxe. Cependant, ses petits fils s’affaiblissent en partageant leurs États en 1485. -au fils aîné, Ernest de Saxe, l'électorat de Saxe, avec pour capitale Wittenberg : Ligne Ernestine -au fils cadet, Albert de Saxe, le duché de Saxe, avec pour capitale Dresde : Ligne Albertine

Ces deux branches évoluent très différemment : la branche Albertine maintient l'intégrité de la Saxe et préserva son pouvoir sur la région, tandis que les Ernestins - suivant la coutume germanique - divisent à plusieurs reprises leurs territoires en créant un patchwork de petits duchés et comtés en Thuringe. Une de ses maisons, la Maison de Saxe-Cobourg-Gotha, accède au trône de Belgique en 1831, du Portugal en 1836, et de Bulgarie en 1887, sans parler des nombreux mariages qui installent sur les trônes d'Europe les femmes de cette famille (notamment en Allemagne, Russie, Espagne, Suède et même Mexique). Plus original et plus décisif pour l'avenir de la Maison de Wettin, en 1840, le mariage de la reine Victoria, certes de la Maison de Hanovre mais Saxe-Cobourg par sa mère, avec son cousin Albert de Saxe-Cobourg et Gotha fait passer le trône britannique dans la maison de Wettin en 1901. La Maison de Windsor qui occupe actuellement le trône britannique descend en droite ligne de cette maison.

Si en 1521, l'électeur de Saxe accorde sa protection à Martin Luther et permet la propagation des thèses du réformateur dans toute l'Europe de Nord, en 1697, son successeur Frédéric-Auguste II de Saxe se convertit au catholicisme et est élu roi de Pologne en 1697 sous le nom d'Auguste III. Il réunifie les deux couronnes, marie son héritier à la fille de l'empereur et deux de ses petites-filles épouseront l'une le roi d'Espagne, l'autre le dauphin de France, fils de Louis XV, et sera la mère des trois derniers roi de France.

Seules quelques petites parties de territoires restent hors du duché, formant ce que l’on appelle les « duchés saxons ». La couronne de Pologne ne se transmettant pas automatiquement puisque la monarchie polonaise était élective et non pas héréditaire. La couronne polonaise est proposée en 1791 à Frédéric Auguste III qui la refuse. La Pologne est en effet l'objet de fortes pressions politiques et militaires de la part des monarchies russe, prussienne et autrichienne.

Le Royaume de Saxe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume de Saxe.

Dans les guerres de la Révolution française, il resta neutre autant que possible. Après la bataille d'Iéna, la Saxe intègre la Confédération du Rhin, et fournit à Napoléon Ier des troupes auxiliaires. L'empereur des Français souhaite renforcer la Saxe et la Bavière, le Wurtemberg et le Bade afin de créer des États-tampons alliés, voisins de la Prusse et de l'Autriche: il élève les duc-électeurs de Saxe et de Bavière à la dignité royale. Frédéric-Auguste III devient alors Frédéric-Auguste Ier de Saxe, roi de Saxe. Il reste fidèle à la cause de Napoléon : il en est sanctionné lors du Congrès de Vienne (1814/1815) par la perte d'un tiers de ses États qui sont annexés par la Prusse. Cette partie du territoire constitue la « Saxe prussienne ».

En 1831, à la suite d'insurrections qui éclatent à Dresde et à Leipzig, le roi Antoine Ier de Saxe se voit obligé d'octroyer une constitution à la Saxe, constitution qui subit des modifications en 1848 après de nouvelles révoltes.

Alliée malheureuse de l'Autriche contre la Prusse, lors de la Guerre austro-prussienne, la Saxe doit adhérer à la Confédération de l'Allemagne du Nord le , et est intégrée dans l'Empire allemand en 1871.

À l'instar des autres monarchies allemandes, le royaume de Saxe disparait à la fin de la Grande Guerre dans la tourmente qui suit la défaite. Le roi Frédéric-Auguste III de Saxe abdique le 13 novembre 1918 et la république est proclamée.

Histoire de l'État libre de Saxe (1918-1949)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : État libre de Saxe.

La Saxe au sein de la RDA[modifier | modifier le code]

Economie Les montagnes du sud se consacre à l'élevage; les riches plaines du nord, aux cultures intensives (blé, betteraves, pommes de terres...). Grace à son sous-sol riche (lignite, potasse, charbon) et à des traditions industrielles, la Saxe était la plus forte région économique de l'ancienne RDA. A propos de l'industrie saxonne, elle est très develloppée et produit des objets pharmaceutiques. Le résau saxon est essentiellement dominé par les chemins de fer qui sont très vieux (certains datent de 1840).

Le nouvel État libre de Saxe[modifier | modifier le code]

Le , jour de la Réunification allemande, l'État libre de Saxe est reconstitué.

  • 13 février 2005 : à l'occasion des commémorations du bombardement allié de Dresde en 1945, entre 3 000 et 5 000 manifestants d'extrême droite ont manifesté devant le parlement de Saxe. 70 personnes ont été interpellées à la suite d'affrontements. Au même moment, plus de 50 000 personnes ont manifesté contre le nazisme. Des milliers de chandelles ont été placées devant l'Opéra Semper comme symbole de la paix.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Districts (Direktionsbezirke)[modifier | modifier le code]

La Saxe est divisée en 3 districts, nommés Direktionsbezirke depuis la réforme des arrondissements de Saxe de 2008 :

Les 3 districts de Saxe:

Arrondissements (Landkreise) et villes-arrondissements (kreisfreie Städte)[modifier | modifier le code]

La Saxe est divisée en 10 arrondissements (nommés "Landkreise" en allemand) et 3 villes-arrondissements (nommées "kreisfreie Städte" en allemand) depuis la réforme des arrondissements de Saxe de 2008

Les 10 arrondissements (Landkreise) de Saxe:

Arrondissements de Saxe

Les 3 villes-arrondissements (kreisfreie Städte) de Saxe:

Réforme des arrondissements de 2008[modifier | modifier le code]

La gare de Leipzig en son état actuel (2008)

Le land de Saxe a connu une réforme de ses arrondissements en 2008, qui a consisté en un regroupement des 22 anciens arrondissements en 10 nouveaux.

Nombre d'habitants des arrondissements après la réforme
Nouvel arrondissement Ancien arrondissement Habitants au 31 décembre 2006 Habitants en 2020 Superficie en km²
LK Bautzen LK Bautzen, LK Kamenz, Hoyerswerda 338 056 282 800 2 391
Erzgebirgskreis LK Stollberg, LK Annaberg, LK Aue-Schwarzenberg, Mittlerer Erzgebirgskreis 387 918 326 500 1 828
LK Leipzig LK Leipziger Land, Muldentalkreis 277 113 233 500 1 646
LK Meißen LK Riesa-Großenhain, LK Meißen 261 695 219 400 1 452
LK Mittelsachsen LK Freiberg, LK Mittweida, LK Döbeln 344 457 297 500 2 111
LK Görlitz Niederschlesischer Oberlausitzkreis, LK Löbau-Zittau, Görlitz 292 843 241 400 2 106
LK Nordsachsen LK Delitzsch, LK Torgau-Oschatz 216 904 184 100 2 020
LK Sächsische Schweiz-Osterzgebirge Weißeritzkreis, LK Sächsische Schweiz 259 725 217 200 1 654
Vogtlandkreis Vogtlandkreis, Plauen 256 998 224 100 1 412
LK Zwickau LK Chemnitzer Land, LK Zwickauer Land, Zwickau 356 992 299 000 949
Grandes villes
Ville Arrondissement Habitants en 2000 Habitants en 2007 évolution en %
Leipzig kreisfrei 493 208 510 512 +3,51
Dresde kreisfrei 477 807 507 513 +6,22
Chemnitz kreisfrei 259 246 244 951 −5,84
Zwickau kreisfrei 103 008 95 841 −7,49
Plauen kreisfrei 71 543 67 613 −5,81
Görlitz kreisfrei 61 599 56 724 −8,59
Freiberg Freiberg 45 428 42 364 −7,23
Bautzen / Budyšin Bautzen 43 353 41 364 −4,81
Hoyerswerda / Wojerecy kreisfrei 50 203 40 294 −24,59
Pirna Sächsische Schweiz 42 108 39 438 −6,77
Freital Weißeritzkreis 40 129 39 176 −2,43
Riesa Riesa-Großenhain 39 367 35 508 −10,87
Radebeul Meißen 32 246 33 300 +3,27
Zittau¹ Löbau-Zittau 27 454 29 361 +6,95
Meißen Meißen 29 398 27 856 −5,54
Delitzsch² Delitzsch 26 331 27 181 +3,23
Limbach-Oberfrohna Chemnitzer Land 27 552 26 254 −4,94
Glauchau Chemnitzer Land 27 285 25 357 −7,60
Markkleeberg Leipziger Land 23 157 24 021 +3,73
Werdau Zwickauer Land 26 077 23 565 −10,66

Politique régionale[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le premier ministre-président du Land, Kurt Biedenkopf.

Depuis la réunification de 1990, la Saxe se présente comme un bastion de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU). Lors des premières élections libres, le parti, emmené par Kurt Biedenkopf, ancien secrétaire général fédéral en Allemagne de l'Ouest, remporte 53 % des voix, contre 19 % pour le Parti social-démocrate d'Allemagne, conduit par Anke Fuchs, ancienne ministre fédérale de la Santé.

La CDU a conservé sa majorité absolue pendant quatorze ans. En 2002, l'ancien ministre régional des Finances, Georg Milbradt, remplace Biedenkopf comme ministre-président. Il subit un important revers aux élections de 2004, avec seulement 41 % des voix. Le scrutin voit l'émergence du Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD), formation d'extrême droite qui remporte 9,2 %. Il est contraint de s'associer au SPD, qui n'a remporté que 9,8 % des suffrages, dans une « grande coalition ».

En 2008, à la suite d'un scandale financier, Milbradt cède le pouvoir à son ministre des Finances, Stanislaw Tillich, qui maintient la CDU stable aux élections de 2009. Le très bon score du Parti libéral-démocrate (FDP) lui permet de former une coalition noire-jaune, tandis que le NPD conserve ses représentants au Landtag, devenant le premier parti d'extrême-droite à être reconduit à l'issue d'une législature.

Sur les cinq plus grandes villes du Land, trois sont détenues par le SPD, une par la CDU, à savoir Dresde, et une par le FDP.

Institutions[modifier | modifier le code]

Comme tous les Länder allemands, la Saxe dispose de son Parlement, le Landtag, de son gouvernement (Staatsregierung) et d'une cour d'appel régionale, qui siègent à Dresde. Le tribunal constitutionnel régional (Verfassungsgerichtshof) est cependant installé à Leipzig.

Politique nationale[modifier | modifier le code]

La Saxe dispose de 4 voix au Bundesrat.

En 1994, le ministre régional de la Justice, Steffen Heitmann, est présenté comme candidat de la CDU/CSU au poste de président fédéral, mais son profil controversé fait échouer sa candidature. Il faut attendre 2005 et la nomination de Wolfgang Tiefensee, alors maire de Leipzig, au poste de ministre fédéral des Transports, de la Construction et du Développement urbain pour voir le retour d'un Saxon au premier plan de la politique nationale. Toutefois, ce dernier perd son portefeuille à la suite d'un changement de coalition en 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le terme Freistaat est historiquement synonyme de « république », mais la traduction littérale « État libre » est plus courante. Voir l’article Freistaat.
  2. Sächsische Zeitung

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patricia Bouchenot-Dechin, Le Roman de la Saxe, Éditions du Rocher, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]