United Press International

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United Press International (UPI ou United Press) est une agence de presse américaine créée en 1907. Elle a été, avec Associated Press, Reuters et l'Agence France-Presse, une des quatre principales agences de presse au monde avant de décliner puis s'éteindre dans les années 1990.

Histoire[modifier | modifier le code]

Prémices[modifier | modifier le code]

L'un des ancêtres de l'UPI était la Scripps-Blades News Association, une autre agence de presse de l'Empire de presse Scripps-Howard, fondée en 1897 dans l'Ohio par Edward Willis Scripps pour établir un lien entre des quotidiens de la côte est et de la côte ouest.

Son directeur général était Hamilton B. Clark et son rédacteur en chef Max Balthazar[1]. Elle vise en priorité les journaux de la côte Pacifique, région où la United Press (association), qui venait de perdre son bras de fer avec la Western Associated Press devenue Associated Press, n'était pas bien implantée.

En 1900, la Cour suprême de l'Illinois, par l'Arrêt Inter Ocean Publishing contre Associated Press, décide qu'un journal a le droit d'être membre de deux agences de presse concurrentes, même si l'une des deux lui refuse cette adhésion. Une décision qui vise à protéger les autres agences que l'Associated Press. Cette jurisprudence désigne les agences de presse comme des services publics n'ayant pas le droit d'effectuer de discriminations entre leurs clients. Elle introduit une garantie solide aux nombreux quotidiens tentés d'utiliser les services de l'Empire de presse Scripps-Howard mais qui craignaient de subir les foudres de l'Associated Press.

Fondation[modifier | modifier le code]

La société est créée en 1907 par l'éditeur Edward Willis Scripps, sous forme associative et sous le nom de "United Press Association", reprenant le nom d'une structure associative à laquelle avait adhéré en 1982 le navire-amiral du groupe de presse familial, The Detroit News. Mais son nom d'usage devient très vite "United Press".

Edward Willis Scripps positionne sa compagnie comme une alternative à la toute puissante Associated Press. Dès sa création, United Press a 369 journaux clients, dont une partie seulement appartiennent au groupe de presse d'Edward Willis Scripps.

Les percées des années 1920 et des années 1930[modifier | modifier le code]

À partir de 1920, le groupe investit dans les nouveaux médias comme la radio, en créant en particulier l'Evening News Association et la radio WWJ. La montée en puissance de ce nouveau média augmente la demande de service des agences de presse et leur permet de renouveler leur offre, avec un style encore plus direct, informatif, accessible au grand public. La radio valorise aussi la rapidité d'information des agences de presse et permet au public de comparer plus facilement les différents médias.

Fin 1922, la United Press profite aussi des difficultés de l'Agence Reuters. Elle fonde à Montréal une nouvelle société, la "British United Press", dont la filiale londonienne est une réplique de la maison-mère, afin de viser le marché européen[2]. En 1923, la United Press réussit une première percée en Europe, en signant un contrat avec l'agence de presse russe, l'Agence de presse Rosta, qui deviendra quelques années plus tard l'Agence Tass. Mais ce contrat est résilié au bout d'un an[3].

L'accord avec AP dans les années 1930[modifier | modifier le code]

Le directeur de l'United Press dans des années 1930 est Karl Bickel, qui connait personnellement bien le président américain Franklin Delano Roosevelt[4]. C'est grâce au soutien de ce dernier qu'il obtient un accord plaçant son agence sur un pied d'égalité, ou presque, avec l'Associated Press, la grande rivale américaine. Le 8 février 1934, Karl Bickel signe un accord avec Kent Cooper, le directeur de l'Associated Press, au Ritz de Londres. L'accord prévoit qu'aucune des deux agences ne signera plus de contrat avec aucune agence de presse européenne qui refuserait de les servir l'une et l'autre à la fois, ou même qui refuserait de servir l'International News Service, la troisième agence de presse américaine[4]. Cet accord est resté pendant plusieurs mois secret, avant qu'Havas et Reuters n'en découvrent l'existence.

La fusion de 1959[modifier | modifier le code]

En 1959, United Press fusionne avec l'agence International News Service, qui avait été créée en 1909 par l'éditeur William Randolph Hearst. Le nouveau groupe est alors baptisé United Press International (UPI).

L'un des journalistes de l'United Press International, Merriman Smith, est le premier à donner la nouvelle de l'assassinat du président JFK en 1963, alors qu'il suit la voiture présidentielle, dans un reportage qui lui apporte le Prix Pulitzer.

La crise des années 1980[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980 et 1990, UPI souffre beaucoup des changements que subit la presse américaine et en particulier de la cessation d'activité de nombreux journaux du soir. L'agence lutte pour sa survie, casse les prix pour gagner le marché de la presse du matin et cumule 24 millions de dollars de pertes financières en six ans.

Après avoir connu 7 propriétaires différents de 1992 à 2000, UPI est rachetée par News World Communications, un groupe de presse qui possède le Washington Times. Helen Thomas, la plus célèbre des reporters de l'agence, démissionne à la suite à ce rachat, dénonçant les liens entre le Times et l'Église de l'Unification.

Les salariés et journalistes de l'UPI, qu'ils soient pigistes ou mensualisés, sont surnommés les Unipressers.

Les présidents successifs de l'UPI[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "The Nation's Newsbrokers: The rush to institution, from 1865 to 1920", par Richard Allen Schwarzlose, page 197 [1]
  2. « Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas », par Pierre Frédérix – 1959 - page 344
  3. « Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas », par Pierre Frédérix – 1959 - page 345
  4. a et b « Un siècle de chasse aux nouvelles: de l'Agence d'information Havas », par Pierre Frédérix – 1959 - page 383