Confédération du Rhin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

50° 07′ N 8° 41′ E / 50.117, 8.683 ()

Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec la Ligue du Rhin.

États confédérés du Rhin
Rheinbund (de)

18061813

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de l'Europe mettant en évidence le territoire de la Confédération du Rhin en 1812.


Informations générales
Capitale Francfort
Langue Allemand
Histoire et événements
Formation par le traité de la Confédération du Rhin
Dissolution du Saint-Empire romain germanique
Effondrement après la bataille de Leipzig
Protecteur
1806-1813 Napoléon Ier
Prince-primat,
président de la diète et du collège des rois
1806- Charles-Théodore de Dalberg
Duc de Nassau,
président du collège des princes
1806- Frédéric-Auguste de Nassau

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Confédération du Rhin (en allemand : Rheinbund), qui existe de 1806 à 1813, est formée par Napoléon Ier à la suite de sa victoire à Austerlitz sur l'Autriche et la Russie.

Elle se compose à l'origine de 16 États allemands, membres du Saint-Empire romain germanique, qui est aboli peu après par l'empereur d'Autriche ; le nombre des États de la Confédération passera ultérieurement à 35, regroupant 15 millions de sujets et fournissant ainsi un avantage stratégique significatif à la France sur ses frontières orientales, avec la mise à disposition de troupes pour la Grande Armée.

Formation[modifier | modifier le code]

La Reichsdeputationshauptschluss (ou recès de la diète d'Empire), fut une résolution de la dernière séance de la Diète d'Empire du à Ratisbonne, qui concrétisait la médiatisation des principautés ecclésiastiques et de la plupart des villes libres de l'Empire au profit des états princiers.

Le , à la signature du traité de la Confédération du Rhin, seize États quittent le Saint-Empire et forment la confédération (appelée dans le traité « États confédérés du Rhin »). Napoléon Ier en est le « protecteur ». Le , François II renonce à son titre d'empereur élu d'Allemagne[1] et dissout le Saint-Empire romain germanique fondé en 962 par Othon Ier du Saint-Empire.

Dans l'année qui suit, 23 autres États Allemands joignent la Confédération. Seuls l'Autriche, la Prusse, le Holstein et la Poméranie (possession suédoise), restent en dehors. Charles Théodore de Dalberg, devenu grand-duc de Francfort et allié de Napoléon, devient président et prince primat de la confédération.

Deux États reviennent à des membres de la famille Bonaparte, le grand-duché de Berg à Joachim Murat, époux de Caroline Bonaparte, sœur de Napoléon Ier, et le royaume de Westphalie créé pour Jérôme Bonaparte. Napoléon cherche à entrer dans le cercle restreint des familles royales en mariant ses proches aux membres des maisons souveraines allemandes. Lui-même épouse en 1810 une archiduchesse d'Autriche.

La confédération est surtout une alliance militaire. Les États membres doivent fournir à la France un grand nombre de personnels militaires. En retour les États sont agrandis — notamment au détriment des principautés épiscopales et des villes libres — et reçoivent des statuts plus élevés : Bade, Hesse, Clèves et Berg sont transformés en grands-duchés. Le Wurtemberg, la Bavière puis la Saxe deviennent des royaumes. Pour leur coopération, certains États incorporent des petits domaines impériaux. Beaucoup d'États petits et moyens rejoignent la Confédération qui est à son apogée en 1808. Elle comprend quatre royaumes, cinq grands-duchés, treize duchés, dix-sept principautés et les villes hanséatiques de Hambourg, Lübeck et Brême.

La principauté d'Erfurt, située au centre de la confédération n'en a jamais fait partie. Elle a été subordonnée à l'empire français en 1806 après la défaite de Prusse à la Bataille d'Iéna.

Réformes dans la Confédération[modifier | modifier le code]

Selon le traité, la Confédération aurait dû être gouvernée par une constitution commune, mais les différents États (en particulier les plus grands) préfèrent garder leur souveraineté. Pour réaliser des réformes intérieures dans les États de la Confédération, Napoléon assigne aux États sous son contrôle direct comme le grand-duché de Berg ou sous celui de son frère Jérôme un rôle de modèle. Ces États sont organisés plus ou moins selon le modèle français, considéré comme exemplaire. Si quelques différences existaient par rapport à l'administration des anciens territoires français, c'est dans ces États que les réformes sociales, administratives et judiciaires furent les plus semblables de celles réalisées en France depuis 1789[2].

Évolution[modifier | modifier le code]

En 1810, de grandes régions du nord-ouest de l'Allemagne sont rapidement incorporées à l'Empire afin d'améliorer le blocus continental contre l'Angleterre. Ces annexions donnent aussi une nouvelle impulsion aux réformes.

En 1813, avec l'échec de la campagne de Russie, certains des souverains, membres de la confédération, changent de camp moyennant le maintien de leur statut et de leurs possessions. La confédération du Rhin s'effondre.

Le 30 mai 1814, le traité de Paris déclare les États allemands indépendants.

En 1815, le congrès de Vienne redessine la carte politique du continent. En fait, seuls quelques changements mineurs sont faits aux frontières intérieures de l'Allemagne, et la Confédération germanique résultante reprend à peu près les mêmes membres que la confédération du Rhin, la présidence étant réservée — à titre héréditaire — à l'empereur d'Autriche (ex-souverain élu du Saint-Empire romain germanique).

États membres[modifier | modifier le code]

Les États de la confédération en 1812.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir article du Journal de l'Empire du 15 août 1806, qui publie la proclamation de l'empereur d'Autriche : sur la BNF.
  2. Nicola Peter Todorov, L'administration du royaume de Westphalie de 1807 à 1813. Le département de l'Elbe, Sarrebruck, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Traités[modifier | modifier le code]

  • Traité d'accession du grand-duché de Wurzbourg : disponible sur Gallica
  • Traité d'accession du royaume de Saxe : disponible sur Gallica
  • Traité d'accession des duchés de Saxe-Weimar, Saxe-Gotha, Saxe-Meiningen, Saxe-Hildenburghausen et Saxe-Cobourg : disponible sur Gallica
  • Traité d'accession des principautés de Lippe-Detmold et de Lippe-Schaumbourg : disponible sur Gallica