Guerre franco-allemande de 1870

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Guerre de 1870
Le siège de ParisJean-Louis-Ernest Meissonier (1815 - 1891)
Le siège de Paris
Jean-Louis-Ernest Meissonier (1815 - 1891)
Informations générales
Date du 19 juillet 1870
au 29 janvier 1871
Lieu France et Allemagne
Casus belli Dépêche d'Ems
Issue Victoire allemande
Traité de Francfort : annexion de l'« Alsace-Moselle » par l'Allemagne
Proclamation de l'empire allemand
Chute de l'empire français et capture de Napoléon III
Belligérants
Drapeau français Empire français, puis
Drapeau de la France République française
Confédération de l'Allemagne du Nord Confédération de l'Allemagne du Nord
drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse[1]
Drapeau de la Bavière Royaume de Bavière
Flagge Großherzogtum Baden (1871-1891).svg Grand-duché de Bade
Flagge Königreich Württemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Commandants
Napoléon III
puis Louis Jules Trochu
Léon Gambetta
Guillaume Ier
Otto von Bismarck
Helmuth von Moltke
Forces en présence
900 000 hommes 1 200 000 hommes
Pertes
139 000 morts
143 000 blessés
475 000 prisonniers
45 000 morts
90 000 blessés
Batailles
Sarrebruck (08-1870) - Wissembourg (08-1870)Forbach-Spicheren (08-1870)Wœrth (08-1870)Siège de Bitche (08-1870)Borny-Colombey (08-1870)Mars-la-Tour (08-1870)Siège de Toul (08-1870)Gravelotte (08-1870)Siège de Metz (08-1870)Siège de Strasbourg (08-1870)Beaumont (08-1870)Noisseville (08-1870)Sedan (08-1870)Siège de Paris et Chronologie (09-1870)Bellevue (10-1870)Châteaudun (10-1870)Dijon (10-1870)Siège de Belfort (11-1870)Bouvet et Météor (navale) (11-1870)Coulmiers (11-1870)Amiens (11-1870)Beaune-la-Rolande (11-1870)Champigny (11-1870)Orléans (12-1870)Loigny (12-1870)l’Hallue (12-1870)Bapaume (01-1871)Villersexel (01-1871)Le Mans (01-1871)Héricourt (01-1871)Saint-Quentin (01-1871)

La guerre franco-allemande, qui dura du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, parfois appelée guerre franco-prussienne, plus couramment appelée en France guerre de 1870, opposa le Second Empire français au royaume de Prusse et ses alliés (allemands). Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui était alors une mosaïque d'États indépendants. La défaite entraîna la chute de l'Empire français et la perte pour le territoire français de l'« Alsace-Moselle »[Note 1].

Sommaire

L'exploitation de la fébrilité de la France [modifier]

Monument commémoratif de la Dépêche d'Ems à Bad Ems, Allemagne

La candidature, le 21 juin 1870, du prince franco-allemand Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne, vacant depuis la révolution de septembre 1868, est l'élément déclencheur de la guerre. Le 6 juillet, le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères, annonce que la France s'oppose à cette candidature. Le 12 juillet, Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen retire sa candidature, selon la déclaration de son père le Prince Antoine. Le 13 juillet, alors que la France lui demande, par l'intermédiaire de son ambassadeur Benedetti envoyé auprès de lui dans la ville d'eaux d'Ems, de garantir le retrait de Léopold, le roi Guillaume de Prusse, agacé, fait confirmer la renonciation du prince, en ajoutant qu'il « n'a plus rien d'autre à dire à l'ambassadeur ».

Cependant son télégramme (la dépêche d'Ems), relatant son entretien avec l'ambassadeur de France, est réécrit par le Chancelier de Prusse Otto von Bismarck (même si Léopold s'est bien retiré), pour laisser croire à un congédiement humiliant de l'ambassadeur de manière à provoquer l'indignation des Français. Le premier ministre cherche en effet à abaisser la France, dont la position diplomatique est un obstacle pour souder les États allemands et ouvrir la voie à l'unité allemande. Or, après le succès en 1866 de la bataille de Sadowa lors de la guerre austro-prussienne et la rebuffade de la crise luxembourgeoise (1867), embarrasser la diplomatie française, plus qu'une nouvelle guerre victorieuse, lui apparaît comme le moyen le plus efficace d'atteindre son but. Même s'il ne cherche pas forcément la guerre, le chancelier Bismarck est bien informé des réalités de l'armée française, vieillissante, fort peu préparée à une guerre européenne, démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique (soldats mal équipés, mauvais positionnement des dispositifs, absence de chefs de valeur). Il sait en conséquence qu'une guerre pourrait servir les objectifs allemands de la Prusse.

La presse parisienne dénonce l'affront. La mobilisation, arrêtée secrètement le 13 juillet, est signée le 14. Le 15, elle est approuvée par le Corps législatif. Malgré les ultimes avertissements d'Adolphe Thiers (« Vous n'êtes pas prêts ! », criait-il aux parlementaires belliqueux), le Corps législatif français vote aussi les crédits de guerre. Le 16 juillet, le maréchal Bazaine est placé à la tête du 3e corps de l'Armée du Rhin. Il reçoit autorité sur les armées des généraux Frossard et Ladmirault ainsi que sur la Garde impériale.

Le général Chabaud-Latour est chargé de la défense de la capitale. Des travaux sont entrepris au fort du Mont-Valérien, aux forts de Montrouge, de Bicêtre, d'Ivry, de Vanves, d'Issy, puis le 3 août aux forts de l'Est, et à Saint-Denis ; plus d'une vingtaine de redoutes sont construites. Le 17 juillet, lors d'un rassemblement populaire d'étudiants et d'ouvriers à la Bastille, le républicain Émile Ollivier, premier ministre, poussé par l'opinion publique, déclare la guerre à la Prusse (la déclaration sera officielle deux jours plus tard). Le 19 juillet, Émile Ollivier, devant le Corps législatif, dit accepter la guerre « d'un cœur léger ». Les États allemands prennent alors parti pour la Prusse qui paraît agressée. Napoléon III, malade, laisse faire. Le 19 juillet, la France déclare la guerre à la Prusse. Cette décision provoque un rassemblement enthousiaste des Parisiens devant le palais des Tuileries. Peu se rendent compte que l'armée française est mal préparée à cette guerre.

Armements et troupes [modifier]

« Nous sommes prêts et archiprêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats. », déclaration d'Edmond Le Bœuf, maréchal de France et ministre de la Guerre, à la chambre des députés le 15 juillet 1870[2].

Fusils [modifier]

Le Chassepot modèle 1866 français, avec une munition de 11 mm, a une portée utile de 150 mètres qui est nettement supérieure à celle du fusil Dreyse allemand. Ce dernier a une munition de 15 mm qui est moins puissante et moins précise. Par surcroit, l'effet vulnérant de la balle Chassepot était dévastateur. Plus de 80 % des pertes infligées aux troupes adverses en 1870-71 ont été imputées, après la guerre, aux effets du fusil Chassepot.
La dotation du fantassin français est de 134 cartouches par homme, 90 dans le sac, 24 à la réserve divisionnaire, et 20 dans les caissons de parc du corps d'armée.

À la veille de la guerre, la France disposait d'un stock de 1 037 000 fusils Chassepot[3].

Pistolets [modifier]

Le Lefaucheux 12 mm marin est un révolver français employé durant le conflit de 1870 utilisant des cartouches de 12 mm à broches. Son rechargement est lent du fait de sa conception. En effet, la portière de rechargement ne permet d'insérer qu'une seule cartouche à la fois.

Artillerie [modifier]

Une batterie française pendant la guerre de 1870.

Le canon Krupp prussien en acier se charge par la culasse, tandis que son homologue français est en bronze et se charge par la bouche. Ces avantages sont cependant limités par la qualité du métal et les deux types de canons sont rayés. Par contre, la cadence de tir du canon Krupp est nettement supérieure et la portée du canon Krupp est de 6 km contre 4 km pour les canons français. La supériorité prussienne vient aussi de l'utilisation d'obus percutants plutôt que fusants. Le canon de campagne français ou « pièce de 4 » utilisait surtout des obus fusants plutôt que percutants, avec seulement trois distances d'éclatement possibles. Cette infériorité technique greva la « Pièce de 4 » d'une infériorité rédhibitoire par rapport aux effets du canon Krupp. L'infériorité de l'artillerie française, d’après le général Suzanne, directeur de l’artillerie en 1870, découlait aussi du mode d'emploi de l’artillerie : dispersion excessive de l'artillerie avec absence de grande batteries, duel avec l’artillerie adverse avec pour seul résultat d'attirer sur elle une concentration des batteries ennemies. Une seule grande batterie fut constituée par le colonel de Montluisant à Saint-Privat le 18 août. Elle infligea de fortes pertes à la garde prussienne.

Enfin, il faut citer les canons à balles de Reffye, ces mitrailleuses qui tiraient environ 75 coups à la minute. Chaque fois que les officiers, commandant ces batteries de mitrailleuses à 6 pièces, comprennent qu’il valait mieux ne pas engager la lutte contre l’artillerie adverse mais contre l’infanterie, des résultats spectaculaires sont obtenus. Il semble même que la majorité des pertes prussiennes infligées par l'artillerie française leur soit imputable.

Cavalerie [modifier]

La guerre franco-allemande (contrairement à la guerre de sécession qui avait vu une remarquable utilisation de la cavalerie) marque le déclin irrémédiable de cette arme en Europe qui avait dominé les champs de bataille pendant 150 ans.
Au début de la campagne de 1870, l'armée française compte 63 régiments de cavalerie, répartis en cavalerie légère (chasseurs et hussards), cavalerie de ligne (dragons et lanciers) et cavalerie de réserve (cuirassiers et carabiniers).
La cavalerie française est moins bien utilisée que celle des Prussiens dans le domaine de la reconnaissance, et le commandement croit encore à sa puissance de choc. En fait l'artillerie prussienne (obus percutant) et les fusils modernes à tir rapide brisent les charges désormais inefficaces.

Troupes [modifier]

Gardes nationaux, Gardes mobiles, Pompiers et Volontaires français en 1870
Réservistes 1870 de Pierre Georges Jeanniot

Au début du conflit, la France dispose de 265 000 soldats réunis dans l'Armée du Rhin contre 500 000 soldats prussiens auxquels s'ajoutent les forces de quatre États allemands du sud, soit un total de 800 000 soldats[7]. La mobilisation terminée, les troupes françaises comptent 900 000 soldats contre 1 200 000 soldats allemands et prussiens.

Bref rappel des faits [modifier]

Une victoire sans appel de l'Allemagne [modifier]

Mal préparés, très inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français sont sévèrement battus dans plusieurs batailles, où ils font cependant quelquefois preuve de panache : menacé d'encerclement par l'armée du Kronprinz à Frœschwiller, Mac Mahon sacrifie sa cavalerie pour dégager un axe de retraite vers Metz et Verdun.

À la bataille de Frœschwiller-Wœrth, les régiments cuirassiers chargent héroïquement dans Frœschwiller et dans Morsbronn où ils sont écrasés par les coalisés : des premier et deuxième régiments de cuirassiers il ne restera que peu de survivants[8].

Le 18 août, la Bataille de Saint-Privat enferme définitivement l'armée de Bazaine (près de 200 000 hommes) dans Metz, réputée imprenable. Un long siège commence.

Les dernières cartouches, tableau d'Alphonse de Neuville de 1873[Note 2].
Saint-Quentin occupé

Le 2 septembre, à la bataille de Sedan, l'empereur français Napoléon III capitule avec 39 généraux, entre 70 000 et 100 000 soldats, entre 419 et 650 canons, entre 6 000 et 10 000 chevaux, 553 pièces de campagne et de siège et 66 000 fusils.

Cela entraîne deux jours plus tard, à Paris, une révolution sans violence et la création d'un gouvernement de la défense nationale : à Paris, on proclame le 4 septembre 1870 la Troisième République et la déchéance de l’Empereur Napoléon III.

À Metz, le maréchal Bazaine capitule le 19 octobre, livrant trois maréchaux, 6 000 officiers, 170 000 à 180 000 soldats, 1 660 canons, 278 000 fusils, 3 millions d'obus 23 millions de cartouches et l’organisation de l'armée impériale française en août 1870[9]. L'armée impériale est désormais totalement inexistante.

"Discussions sur la guerre dans un café parisien", paru dans The Illustrated London News le 17 septembre 1870

Le général Trochu et Gambetta tentent de réorganiser ce qui reste des armées françaises en déroute pour repousser les forces prussiennes qui assiègent rapidement Paris. Gambetta quitte Paris assiégée, en ballon le 7 octobre, pour organiser la défense nationale. Un fort mouvement de réaction touche tous les milieux politiques et déborde même les frontières. Il va des vendéens royalistes aux chemises rouges de Garibaldi[10]. Des volontaires s'engagent, des bataillons de garde nationales[11] se confondent avec les territoriaux, se portent contre les Allemands et des francs tireurs[12] harcèlent les arrières de troupes. Mais, faute de cadres et de temps, ces volontaires sont incapables d'efforts militaires sérieux face aux troupes allemandes aguerries.

Plus grave, une armée entière, constituée avec des volontaires bretons par le général de Kératry au camp de Conlie dans la région du Mans, est volontairement laissée à l'abandon et mal équipée d'armes inutilisables, Gambetta craignant par-dessus tout une renaissance de la chouannerie royaliste.

Ce qui reste des armées françaises tente de résister et parvient à faire reculer l'ennemi, notamment sur la Loire et dans le Nord. Mais, très affaiblies, elles doivent battre en retraite sur tous les fronts. Face à la déroute, le gouvernement de la Défense nationale demande l'armistice. Après les élections législatives, 400 députés votent pour l'arrêt de la guerre, contre 200 républicains décidés à continuer le combat.

Un armistice est signé le 28 janvier 1871, dix jours après la proclamation, à Versailles, de Guillaume comme empereur allemand. La stratégie de Bismarck est une réussite.

Les pertes humaines [modifier]

Cette guerre fait 39 000 morts dans les rangs de l'armée allemande et 90 000 blessés.

L’armée allemande eut des pertes très lourdes pendant cette campagne. Bien que victorieuse dans la quasi-totalité des combats, elle y perd souvent plus d’hommes que la France. La victoire prussienne de la bataille de Saint Privat où les Allemands ont 20 000 tués, blessés et disparus contre 12 000 Français, est bien représentative. De plus les Allemands progressaient à travers un pays résolument hostile : l’action des francs-tireurs fut très forte et entraîna une psychose dans l’armée allemande, qui se retrouvera dans les crimes de guerre allemands contre les civils belges et français en 1914.[réf. nécessaire]

Elle coûte à la France 139 000 morts (au combat ou de maladie), 143 000 blessés et 320 000 malades. Ces chiffres comprennent aussi les civils touchés par les bombardements, la famine et les tragédies telle celle du camp de Conlie.

La variole a aussi ravagé les deux armées. Cependant, les Prussiens, qui connaissaient l'efficacité du rappel antivariolique, ont eu nettement moins de pertes dues à cette maladie. En effet, sur 8 500 Prussiens contaminés, 450 en sont morts (5 %), alors que les Français qui ne connaissaient pas la nécessité du rappel du vaccin ont eu 125 000 contaminations et 23 500 décès (19 %).

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L'insurrection de la Commune de Paris [modifier]

Article détaillé : Commune de Paris.

Cependant, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent d'accepter la défaite, critiquant le gouvernement conservateur pour n'avoir pas su organiser une résistance nationale efficace. Ils prennent le contrôle de la capitale le 18 mars, mettant en place un gouvernement insurrectionnel : la Commune de Paris. Avec l'accord tacite des Prussiens, elle est combattue puis écrasée lors de la « Semaine sanglante » (21-28 mai) par le gouvernement d'Adolphe Thiers, réfugié à Versailles.

Le traité de paix [modifier]

Le traité de paix préliminaire franco-allemand, signé à Versailles le 26 février, est confirmé par le traité de Francfort du 10 mai 1871.

La France doit céder à l'Allemagne les territoires annexés par Louis XIV en 1681, ainsi que Metz, française depuis le siège de 1552, soit les quatre anciens départements de l'Alsace-Lorraine (Haut-Rhin sauf Belfort, Bas-Rhin, une très grande partie du département de la Moselle, une grande partie du département de la Meurthe et une toute petite partie du département des Vosges qui constituent jusqu'en 1919 la province allemande d'Alsace-Lorraine) et payer une indemnité de guerre de 5 milliards de francs or. Les troupes allemandes occupent une partie de la France, jusqu'à ce que le total des indemnités soit versé en septembre 1873.

L'annexion devait concerner la Moselle et l'Alsace dont le territoire de Belfort, mais étant donné la bravoure des troupes françaises du colonel Pierre Philippe Denfert-Rochereau lors du siège de Belfort, ce territoire resta à la France en contrepartie d'autres territoires lorrains, notamment les villages correspondant au champ de bataille de Saint Privat : « le tombeau de ma garde » disait Guillaume Ier de Prusse.

Conséquences de la guerre [modifier]

Proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des Glaces du château de Versailles, le 18 janvier 1871 (peinture d'Anton von Werner, 1885).

La guerre unit tout l'Empire allemand sous la couronne prussienne, et la France devient en septembre 1870 une république, au sein de laquelle la mémoire de la Commune de Paris divisera longtemps la droite et la gauche. Une conséquence indirecte de la guerre est que les États pontificaux, qui ne sont plus sous protection française, sont annexés (le 20 septembre 1870) par l'Italie, complétant l'unification du pays. L'Allemagne décide aussi d'annexer l'Alsace-Lorraine (l'Alsace et la Moselle actuelle), qui demeureront allemandes jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.

La conséquence immédiate de la guerre de 1870 est l'avènement de l'Allemagne bismarckienne, qui va dominer l'Europe continentale pendant près de 30 ans. La politique du chancelier Bismarck est d'isoler diplomatiquement la France, notamment en favorisant l'avènement d'un régime républicain qui suscite la méfiance des monarchies européennes. Mais demeure en France le sentiment douloureux d'une revanche à prendre, animant le nationalisme pendant une vingtaine d'années. Toutefois ce sentiment perdra progressivement de sa force et se réduira ensuite à une nostalgie des "provinces perdues": il jouera peu dans les événements de 1914 (Première Guerre mondiale), où la France devra surtout se défendre contre l'agression allemande.

Dans la culture populaire [modifier]

Romans [modifier]

Nouvelles [modifier]

Poèmes [modifier]

Cinéma [modifier]

  • Bombardement d'une maison est un film français muet réalisé par Georges Méliès, sorti en 1897
  • 1870-1871 est un film français de Henri Andréani sorti en 1913
  • Champ d'honneur est un film français réalisé par Jean-Pierre Denis, sorti en 1987

Télévision [modifier]

  • Les Alsaciens ou les Deux Mathilde est un téléfilm français de Michel Favart diffusé le 11 octobre 1996 en quatre épisodes de 90 minutes chacun, qui retrace la période trouble qu'a connue l'Alsace-Lorraine entre 1870 et 1953. La guerre de 1870 est présente dans le premier épisode.

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Les territoires annexés sont les trois quarts du département de la Moselle, un quart de celui de la Meurthe (divisions administratives de l'époque), quelques communes situées dans l'est du département des Vosges, cinq sixièmes du département du Haut-Rhin ainsi que l'intégralité du Bas-Rhin.
  2. Le 1er septembre 1870, dans une maison de Bazeilles dans les Ardennes en France, les soldats français encerclés par les envahisseurs prussiens se battirent jusqu'aux dernières cartouches

Références [modifier]

  1. Intègre la confédération au cours du conflit
  2. François Charles du Barail, Mes souvenirs, tome III, Plon, 1896, p. 148 Lien Gallica
  3. Sylvie Aprile, La Révolution inachevée (1815-1870), éditions Belin, 2010, page 519
  4. Georges Soria, La Grande Histoire de la Commune, Édition du centenaire, 1970 
  5. Helmuth Von Moltke, La Guerre de 1870, Librairie H. Le Soudier, 1891 lire en ligne 
  6. Vincent Duclert, 1870–1914 : la République imaginée, Belin, coll. « Histoire de France, sous la direction de Joël Cormette », 2010, 863 p. (ISBN 978-782701-133881), p. 33 
  7. Dans La Grande Histoire de la Commune[4], Georges Soria donne pour les effectifs immédiatement disponibles au début du conflit : 230 000 pour les troupes françaises contre 384 000 pour leurs homologues allemandes. Von Moltke, dans La Guerre de 1870[5] admet un chiffre sensiblement supérieur au bénéfice de l'armée allemande. En fait, les 640 000 hommes de l'armée française officiellement dénombrés se réduisaient à environ 250 000, une fois déduits les troupes stationnées en Algérie et les réservistes[6].
  8. C'est par analogie que certains donnent à cet épisode le nom de "Charge des cuirassiers de Reichshoffen" : les cuirassiers sont basés dans ce village avant la charge.
  9. [1]
  10. "la guerre de 70" françois Roth
  11. Roger Dupuy, La Garde nationale
  12. La guerre de 70, François Roth

Voir aussi [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • Général Ducrot, La Défense de Paris, Éditeur E. Dentu, libraire de la Société des gens de Lettres, Paris, 1875 ;
  • Edmond Deschaumes, Journal d'un lycéen de 14 ans pendant le siège de Paris, Librairie Firmin-Didot, 1890, 397 p.  ;
  • Pierre Lehaucourt, Histoire de la guerre de 1870-1871, Berger-Levrault, 1893-1907 (quinze tomes) ;
  • Lt-Colonel Rousset, Histoire générale de la guerre franco-allemande (1870-1871), Librairie illustrée Jules Tallandier, 1911 (deux tomes) ;
  • Amédée Le Faure, Histoire de la Guerre Franco-Allemande 1870-71, Garnier Frères, 1875 (deux tomes)
  • A. Wachter, Histoire de la Guerre Franco-Allemande 1870-71, Imprimerie et Librairie Militaires de L. Baudoin, 1895 (deux tomes);
  • Boulanger (général), L'invasion Allemande - Guerre De 1870-1871, Jules Rouff et Cie, Paris, 1888 (trois tomes)
  • Henri Guillemin, Les Origines de la Commune : Cette curieuse guerre de 70 : Thiers, Trochu, Bazaine, Gallimard, Collection "La suite des Temps", 1956, 266 pages (ISBN 2868197477) ;
  • Henri Guillemin, Les Origines de la Commune : L'héroïque défense de Paris (1870 - 1871), Gallimard, Collection "La suite des Temps," 1959, 422 pages ;
  • Henri Guillemin, Les Origines de la Commune : La capitulation (1871), Gallimard, Collection "La suite des Temps", 1960, 410 pages ;
  • François Roth, La guerre de 1870, Fayard, 1990 (ISBN 2213023212);
  • Philippe Bestetti, Siège de Paris, Éditions Centre Liégeois d'Histoire et d'Architecture Militaires (CLHAM), 1995 ;
  • Jean-Jacques Becker et Stéphane Audoin-Rouzeau, La France, la nation, la guerre de 1850 à 1920, Regards sur l'histoire numéro 106, 1996
  • Roland Hoyndorf et Willy Schneider, La perte de l'Alsace Lorraine, Éditions Coprur, 2000, 83 p.  (ISBN 2-84208-055-6);
  • B. Giovanangeli, E. Labayle, J.F. Lecaillon, H. Ortholan, 1870 Les soldats et leurs batailles, Bernard Giovanangeli Editeur/Ministère de la Défense, 2006
  • Pierre Milza, L'année terrible - La guerre franco-prussienne septembre 1870 - mars 1871, Éditions Perrin, 2009 (ISBN 2262024987).
  • Frédéric Beauchef, 1871, Le Mans une bataille oubliée, Libra Diffusio, 2010.
  • Jacques Bonfils et Guy Rey, 1870, l'Empire s'écroule à Sedan, éditions Euromédia, collection patrimoine ardennais, préface de Jacques Rousseau, 2010.

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]