Nogent-sur-Seine

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Nogent-sur-Seine
Église St Laurent
Église St Laurent
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Aube (sous-préfecture)
Arrondissement Nogent-sur-Seine (Chef-lieu)
Canton Canton de Nogent-sur-Seine (Chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Nogentais
Maire
Mandat
Hugues Fadin
2014-2020
Code postal 10400
Code commune 10268
Démographie
Gentilé Nogentais
Population
municipale
6 028 hab. (2011)
Densité 301 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 29′ 39″ N 3° 30′ 12″ E / 48.4941666667, 3.50333333333 ()48° 29′ 39″ Nord 3° 30′ 12″ Est / 48.4941666667, 3.50333333333 ()  
Altitude Min. 60 m – Max. 113 m
Superficie 20 km2
Localisation

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Liens
Site web nogent-sur-seine.fr

Nogent-sur-Seine est une commune française située dans le département de l'Aube (dont elle est sous-préfecture) en région Champagne-Ardenne. Ses habitants sont appelés les Nogentais.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par la Seine. Celle-ci a été complétée de deux canaux, ce qui a donné naissance à deux îles. L'une d'elle, nommée Île Olive, est entièrement boisée et aménagée pour la promenade. L'autre île est reliée aux rives par deux ponts anciens. Les îles sont connectées par le « déversoir », longue retenue d'eau surmontée d'une passerelle.

Le moulin barrant la Seine

Les canaux ont été creusés pour l'implantation des moulins de Nogent, énorme bâtiment qui s'étend sur toute la largeur. Nogent-sur-Seine est considéré comme le point le plus en amont navigable sur la Seine.

La ville s'est développée principalement sur la rive gauche. S'y trouvent le centre historique, administratif et commercial, ainsi qu'en aval les silos de l'entreprise agro-alimentaire Soufflet. Sur la rive droite, après une courte zone urbaine et une zone industrielle, s'étendent des marais et zones humides sur la route de Port-Saint-Nicolas (sur la commune de Saint-Nicolas-la-Chapelle), surnommé bien à propos route des 21 ponts.

Toponymie et étymologie[modifier | modifier le code]

Issue d'une antique Novagus [1], le cartulaire de l'abbaye du Paraclet désigne en 1227 cette bourgade sous son nom actuel.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Connue depuis l'époque gallo-romaine, Nogent-sur-Seine fut rattachée en tant que commune au comté de Champagne au XIIe siècle.

La ville appartient au diocèse de Troyes. Elle tangeante le diocèse de Sens.

L'abbaye royale de Saint-Denis y détient la suzeraineté des lieux. Elle y est propriétaire depuis Charles le Chauve. Les seigneurs locaux puis leurs successeurs comtaux devaient l'hommage aux moines. Saint-Denis avait dans son vasselage Courroy (à Granges-le-Bocage) et Fleurigny, sans pour autant qu'un lien soit précisé avec Nogent.

la seigneurie indépendante[modifier | modifier le code]

De 1120 à 1190, la seigneurie est détenue par une famille de chevaliers.

Le dernier sire a pour nom Milon de Chalon. Ferait-il référence à la ville de Châlons-en-Champagne ou à celle de Chalon-sur-Saône ?

De manière étonnante, ces chevaliers ne figurent pas dans l'entourage des comtes de Troyes. On observe que ce sont les sires de Trainel, totalement absents de la ville, qui dominent politiquement toute la contrée (La Motte-Tilly, Trainel, Fleurigny, Villeneuve-aux-Riches-Hommes, Foissy, Marigny, Plantis, Pont-sur-Seine).

Le lignage rayonne sur un territoire de forme étonnante, axé Nord-Sud. Le sire de Nogent y intervient très tôt pour aider à la fondation de l'abbaye de Courgenay (entre Lailly et Courgenay, aujourd'hui dans l'Yonne) vers 1125[2]. Cette zone d'intervention sera reprise plus tard lors de la mise en place d'une châtellenie comtale. Un prévôt sert le lignage seigneurial.

Intégration dans le domaine comtal[modifier | modifier le code]

Le comte de Champagne devient l'unique possesseur de la seigneurie vers 1190. Dès lors, l'économie de Nogent connaît un enchaînement de réalisations qui peut indiquer un changement radical de posture politique : pont, halles, etc ... Le voisinage lui même se réorganise. La branche cadette de la famille de Trainel (sires de Marigny) connaît un brusque et fulgurant enrichissement, et la branche aînée tente vainement de rétablir sa situation à Villeneuve-aux-Riches-Hommes sur le nouveau chemin reliant Nogent à Villeneuve-l'Archevêque[3]. Dès lors, on peut supposer que Nogent a eu jusqu'alors une fonction de verrou routier, et que l'entrée dans le domaine comtal a permis de le faire sauter. Une liaison directe reliant les villes de foires Provins et Troyes s'ouvre, mettant fin au chemin de contournement de Trainel. Une châtellenie comtale est organisée. On lui rattache des villages allant jusqu'à Courgenay, à cheval sur les diocèses de Sens et de Troyes. Un prévôt comtal succède au prévôt seigneurial.

Nogent sert fréquemment d'assiette à des douaires de comtesses de Champagne puis de reines de France. Il s'agit là d'une facilité de gestion, le cadre des revenus étant stable et facile à mettre rapidement en oeuvre lors du veuvage.

dans le domaine royal[modifier | modifier le code]

Le , une bataille a eu lieu près de Nogent-sur-Seine entre l'évêque de Troyes Henri de Poitiers et les Anglo-Navarrais dirigés par Eustache D'Abrichecourt. Ce dernier en sortira perdant[4].

La ville fut détruite par un incendie en 1442.

La seigneurie est engagée à la famille d'Armagnac. Cette procédure institue un droit de retour à la Couronne et contourne l'interdiction d'aliéner le domaine public.

La ville accueille un receveur des Aides et une élection (administration fiscale). La fonction d'élu est investie par les plus opulents lignages de la ville (ex. Pougeoise)[5].

guerres civiles dites de Religion[modifier | modifier le code]

Comme sa soeur Bray-sur-Seine, la ville de Nogent est l'objet des convoitises des généraux de tous bords manoeuvrant pendant les guerres civiles. La ville est prise par les Protestants, et ravagée. Les secours militaires lui sont prodigués par Provins[6].

Époque moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Le coche d'eau du Val de Seine part de Nogent et conduit à Paris.

La ville est en particulier connue pour la bataille qui a opposé les armées de Napoléon et de Wurtemberg lors de la campagne de France en 1814. Le 12 février, un combat eu lieu qui détruisit à nouveau la ville dans un incendie[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1983 mars 1987 Michel Baroin    
mars 1989 2014 Gérard Ancelin[8] DVD enseignant retraité conseiller général
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

La centrale nucléaire de Nogent est située en amont sur le fleuve ; ses deux tours aéroréfrigérantes font 165 m de haut.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 6 028 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 174 3 201 3 158 2 926 3 277 3 355 3 383 3 515 3 469
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 486 3 530 3 641 3 474 3 435 3 469 3 652 3 704 3 723
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 818 3 829 3 976 3 373 3 611 3 683 3 631 3 589 3 333
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
3 777 4 447 4 671 5 009 5 505 5 963 5 983 5 984 6 028
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10])
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Trois écoles primaires sont présentes à Nogent sur Seine et un collège qui rassemblent les petites communes aux alentours.

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

De nombreuses activités sont proposées au seins de la ville, telle que le karaté, le football, le basket-ball, la natation (...).

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

La ville bénéficie des avantages de la trimodalité conjuguant le transport fluvial et le port de l'Aube, le transport autoroutier au centre de l'Europe et des transports ferroviaires grâce à la ligne Paris-Mulhouse-Bâle.

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2009, le revenu fiscal médian par ménage était de 16 087 €, ce qui plaçait Querrieu au ?e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[11].

Emploi[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

  • La cartographie économique de la ville est composée de quatre zones industrielles aux activités diversifiées[12] : à l'Ouest de la ville, rive droite de la Seine, se situent les zones industrielles Beauregard et Les Guignons. Près de cette zone, le chantier du futur Port de l'Aube est entrepris depuis mai 2009[13]. Rive gauche se situent le port fluvial de Nogent, la zone industrielle du Canal Terray et la zone industrielle Fontaine Baron. À l'Est, on notera la présence de deux zones d'activités, Le Cardinal et Pièce de l'Orme.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Tour de l'église Saint-Laurent
Pavillon dit de Henri IV
  • L'Hôtel de Valville : installé au XVIIe siècle, l'Hôtel de Ville fut détruit en 1814 lors de la Campagne de France menée par Napoléon Ier. Déménagé plusieurs fois, il est installé finalement dans l'hôtel de Valville édifié au XVIIIe siècle par Monsieur de Valville, receveur de taxes. Aujourd'hui, les cérémonies civiles et municipales y sont célébrées et en décembre, depuis près de 15 ans, des expositions temporaires principalement contemporaines d'artistes locaux y sont mises en place.
  • La Halle : comme toute ville alluviale aux activités commerciales anciennes, Nogent-sur-Seine concentrait autrefois de grandes quantités de denrées. Celles-ci étaient au départ stockées dans des bâtiments rue de la Halle. Détruits au XVIIIe siècle, ils ne furent pas remplacés et le marché du se tenir grande rue Saint-Laurent. Après de nombreuses réclamations, la halle fut construite en 1851 à proximité de la Seine.
  • Les Moulins Sassot, attestés depuis 862, ont accompagné la ville dans son évolution. Simples constructions d'abord, ils deviennent de plus en plus solides, surtout après un premier incendie en 1629. Toujours à la pointe des innovations, l'usine finit par enjamber le fleuve pour alimenter 15 meules. En 1880, Pierre Sassot fait l'acquisition des moulins et y construit un silo en 1901. Ravagés par un nouvel incendie, ils sont reconstruits en 1908, équipés de turbines et remis en service. Les moulins accueillent aujourd'hui le siège du groupe agro-industriel Soufflet depuis 1994[15],[16].
  • Les Ponts, apparus probablement en même temps que la ville sous des formes rudimentaires. Au XIIIe siècle, ils deviennent capables de supporter des convois importants. Les modifications artificielles du lit de la Seine et les nouvelles écluses entraînèrent de nouvelles architectures multipliant les arches. Au XVIIIe siècle, l'ingénieur Perronet reconstruit le pont Saint-Edme avec une arche unique permettant enfin aux bateaux de passer. Détruits régulièrement au cours des guerres, ils datent, pour le pont Saint-Nicolas de 1834 et pour le pont Saint-Edme de 1958[17].

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Plusieurs passages de L'Éducation sentimentale, de Gustave Flaubert (1821-1880) se déroulent dans le Nogent de la Restauration. Nogent-sur-Seine y est utilisé comme le type de la ville de province, dans le cadre d'une opposition avec Paris (où est située la majorité de l'action). Cette opposition est importante dans le roman, et très classique dans la littérature française du XIXe siècle (voir par exemple Balzac ou Zola). La Maison Flaubert, dont le jardin à l'anglaise a aujourd'hui disparu, était celle des cousins de Flaubert, chez qui Gustave Flaubert venait passer certaines de ses vacances. Ils lui envoyèrent par courrier des détails de la ville pendant la rédaction de L'Éducation sentimentale. Cette maison fut le modèle de celle de Madame Moreau qu'il place à côté du théâtre.
  • En 1988, à la suite de la polémique entraînée par la construction d'une usine de production électrique si proche de Paris, Hélène Crié, journaliste à Libération, et Yves Lenoir publient Tchernobyl sur Seine, roman catastrophe mettant en scène un accident nucléaire à Nogent-sur-Seine. Bien que pure fiction, le livre donne pour autant une description assez fidèle du microcosme nogentais d'alors.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la ville se blasonnent ainsi :

D’azur à la double face potencée et contre potencée accompagnée en chef d’un soleil et en pointe de trois fleurs de lys le tout d’or.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de Nogent sur Seine, A. Aufauvre, Res Universis, p.17
  2. Etienne Meunier. Les châteaux de Courgenay. Au courant de la Vanne, 9, 2009
  3. Etienne Meunier. Villeneuve-aux-Riches-Hommesdu XIIIe au XVe siècle. Bulletin des Amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, 24, 2010
  4. Heinrich Denifle, La désolation des églises, monastères, hopitaux en France, pendant la guerre de cent ans: La guerre de cent ans jusqu'à la mort de Charles V, Avis A. Picard et fils, 1899
  5. Alphonse Roserot. Dictionnaire historique de la Champagne méridionale (Aube)
  6. Mémoires de Claude Haton
  7. Le Combat de Nogent-sur-Seine - Explosion du Pont, le 12 février 1814 (D'après une vieille gravure)
  8. Site officiel de la préfecture de l‘Aube
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  11. « CC-Résumé statistique/com,dep,zone empl », sur le site de l'Insee (consulté le 31 décembre 2011).
  12. http://www.nogent-sur-seine.fr/index.php/economie/cartographie-economique.html
  13. http://www.lest-eclair.fr/index.php/cms/13/article/330470/
  14. http://www.champagne-ardenne.cci.fr/actualite/a-la-une/saipol-triturera-la-graine-bientot.-article13882.html
  15. http://www.nogent-sur-seine.fr/index.php/patrimoine/le-xixe-siecle/60-les-moulins.html
  16. http://www.nogent-sur-seine.fr/index.php/economie/lagro-industrie/42-le-groupe-soufflet.html
  17. Pont sur la Seine à Nogent, par Eustache de Saint-Far sur la base Joconde
  18. « Gustave Flaubert à Nogent-sur-Seine », sur le site officiel de la ville de Nogent-sur-Seine (consulté le 25 octobre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]