Claude Perier

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Claude II Perier dit milord est un banquier et industriel français né à Grenoble le 28 mai 1742 et mort à Paris le 6 février 1801. Il est le fils de Jacques II Périer et de Marie-Elizabeth Dupuy.

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Claude II Perier est l'héritier d'une famille de notables dauphinois, son père Jacques II et son grand-père maternel Claude Dupuy ayant tous deux exercé les fonctions de consul à Grenoble. Il épouse le 28 avril 1767, à Grenoble, Marie-Charlotte Pascal, elle-même fille de Charles Pascal, syndic général des marchands de Grenoble et conseiller référendaire en la Chancellerie près le Parlement du Dauphiné. De leur union naissent douze enfants dont dix survivent à leur père. L'une des nièces de Claude Perier est Philippine Duchesne (canonisée en 1988) qui alliera sentiment religieux et mission éducative en développant aux États-Unis de manière considérable les Dames du Sacré-Cœur.

Parallèlement à cette vie familiale, Claude entreprend un véritable cursus honorum dans le monde de la finance : il crée sa propre banque, est nommé conseiller et secrétaire du Roi à la Chambre des comptes du Dauphiné en 1778 alors âgé de 36 ans. Deux ans plus tard, il achète le château de Vizille avec les droits féodaux afférents. Ses armes sont alors d'azur à une bande d'or accompagné en chef d'une tête de lion arrachée et couronnée d'argent, lampassée de gueules. Il installe dans l'aile droite du château des manufactures de papiers et cotonnades et une imprimerie.

Un acteur de la finance et de l'industrie[modifier | modifier le code]

Acteur de grandes aventures industrielles (Anzin, le Creusot) puis de la Révolution française de 1789, rédacteur en 1800 des statuts de la Banque de France, il est principalement connu pour la réunion des États généraux en Dauphiné qu'il accueille en son château de Vizille le 21 juillet 1788. Cette réunion, conséquence directe de la journée des Tuiles du 7 juin, est la première à accorder au Tiers état, ici majoritaire, le vote par tête, et non par ordre comme dans les autres états généraux, notamment ceux de Pau ou Rennes.

Les députés de Vizille votent que « les trois ordres de la province n'octroieront les impôts, par dons gratuits ou autrement, que lorsque leurs représentants en auront délibéré dans les états généraux du royaume. »

Si la motivation de Perier demeure avant tout de soutenir les parlementaires du Dauphiné, de Paris et de nombreuses autres provinces contre les mesures fiscales de Loménie de Brienne, les discours prononcés lors des Etats généraux de Vizille démontrent une volonté de voir un nouvel ordre social s'établir dans le royaume de France, partagée avec une grande partie de la bourgeoise de même que certains membres de la noblesse et du bas-clergé, qui le pousse à demander avec l'assemblée de Vizille la convocation par le Roi des États généraux du royaume, engageant ainsi le processus révolutionnaire.

L'influence politique et économique après la Révolution[modifier | modifier le code]

Après la réunion illégale des États généraux du Dauphiné qui fait suite à la « journée des Tuiles » à Grenoble, les parlementaires dauphinois savent qu'ils disposent dans leur fronde d'un soutien dans le peuple et la bourgeoisie. De plus, Perier jouit de la reconnaissance de ses pairs : il dispose d'une nouvelle charge, celle de directeur de l'hôpital général de Grenoble.

Mais la Révolution allait prendre à Paris un tournant inattendu et les périodes de trouble qu'elle inaugure vont nuire aux affaires de Perier. Une fois sa banque liquidée, il ne demeure pourtant pas à l'écart de la vie tant économique que politique de sa région. Il achète des biens nationaux dont les mines d'Anzin et devient officier municipal de Grenoble en octobre 1792.

Cependant, les Montagnards bientôt maîtres de la ville lui reprochent vite son amitié avec les Girondins et l'accusent de fédéralisme. Grâce au soutien de plusieurs notables dont Camille Teisseire, l'agent de la Convention à Grenoble proche de la Montagne, il ne sera pas inquiété.

Les affaires de Perier reprennent et ses qualités de gestionnaire sont reconnues par le Premier Consul Bonaparte, certainement reconnaissant par ailleurs d'avoir reçu son aide financière lors de son accession au pouvoir par le coup d'État du 9 novembre 1799.

Perier rédige les statuts de la toute nouvelle Banque de France avec le concours d'autres banquiers dont Jean-Frédéric Perrégaux. L'institution a été créée le 18 janvier 1800 à la demande de Bonaparte afin d'émettre des billets payables à vue et au porteur. Elle est organisée sous la forme d'une société par actions dont l'Assemblée générale des actionnaires élit 15 régents chargés d'administrer la Banque. Claude Perier est le premier Régent élu au Ve siège. De cette charge il ne verra pas le terme, pas plus que de celle de député de l'Isère, élu le 25 décembre 1800 par le Sénat.

Il décède dans son hôtel particulier à Paris où il était contraint de loger de par son contrat avec la Banque de France, rue Saint-Honoré, le 6 février 1801. D'après Stendhal, il mourut de froid dans la nuit, ayant refusé de se chauffer car il trouvait le bois trop cher.

Postérité[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs dont Stendhal insistent sur les habitudes économes de Perier. Surnommé Milord en référence à sa richesse, il aurait gardé des habitudes de vie simples et aurait appris à ses enfants à dépenser peu.

L'unité de sa famille était telle que l'on désignait toujours l'un de ses membres par l'expression « les Perier ». Claude II fut en somme le fondateur d'un modèle de dynastie bourgeoise qui développa son influence dans les milieux de la politique et des affaires au XIXe siècle.

Les enfants de Claude II Perier sont :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri de Pazzis, Origines, histoire et descendance de la famille Périer, tome III, Éditions Régionales de l'Ouest, Mayenne, 1995
  • Lucas-Dubreton, La manière forte, Grasset, Paris, 1929
  • Pierre Barral, Les Perier dans l'Isère, PUF Paris, 1964
  • Michel Sementry, Les Présidents de la République française et leur famille, Christian, Paris, 1982
  • François Furet, La Révolution Française, Gallimard, Paris, 2007
  • Stendhal, Vie de Henry Brulard : écrite par lui-même, éd. diplomatique présentée et annotée par Gérald Rannaud, Paris, Klincksieck, 1996