Château de Vaux-le-Vicomte

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Château de Vaux-le-Vicomte
Image illustrative de l'article Château de Vaux-le-Vicomte
Le château de Vaux-le-Vicomte
Période ou style Architecture classique
Type Château
Architecte Louis Le Vau
Début construction 1656
Fin construction 1661
Propriétaire initial Nicolas Fouquet
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel Société privée (SCI Valterre-Cogérants : Alexandre et Jean-Charles de Vogüé)
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1929, 1939, 1965)
Site web www.vaux-le-vicomte.com
Coordonnées 48° 33′ 57″ N 2° 42′ 51″ E / 48.5659, 2.714148° 33′ 57″ Nord 2° 42′ 51″ Est / 48.5659, 2.7141  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Commune Maincy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Vaux-le-Vicomte

Le château de Vaux-le-Vicomte, situé sur le territoire de la commune française de Maincy (Seine-et-Marne), à 50 km au sud est de Paris près de Melun est un château du XVIIe siècle (1658-1661), construit pour le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet.

Ce dernier fit appel aux meilleurs artistes de l'époque pour bâtir ce château : l'architecte Louis Le Vau, premier architecte du roi (1656), le peintre Charles Le Brun, fondateur de l'Académie de peinture (1648), le paysagiste André Le Nôtre, contrôleur général des bâtiments du roi (1657) et le maître-maçon Michel Villedo. Leur talent avait déjà été réuni par le jeune Louis XIV pour construire le château de Vincennes en 1651-1653. Le roi refera appel à eux pour construire le château de Versailles, celui de Vaux-le-Vicomte servant alors de modèle[réf. nécessaire].

Le château, chef-d'œuvre de l'architecture classique du milieu du XVIIe siècle, est aujourd'hui la plus importante propriété privée[réf. nécessaire] classée au titre des monuments historiques[1],[2] depuis son achat en juillet 1875 par Alfred Sommier qui y fit œuvre de mécène, poursuivie par ses descendants.

Présentation[modifier | modifier le code]

Nicolas Fouquet[modifier | modifier le code]

Portrait de Nicolas Fouquet qui fait construire le château entre 1658 et 1661
Article détaillé : Nicolas Fouquet.

Le père de Nicolas Fouquet, François IV Fouquet, d'origine angevine, vend sa charge de Conseiller au parlement de Paris et achète celle de maître des requêtes.

Ce dernier emploi le met au service du cardinal Richelieu et de sa politique. La famille Fouquet s’engage dans la Contre-Réforme, réponse catholique au protestantisme. Le couple a 15 enfants, dont 12 vécurent.

Parmi eux, Nicolas, né en 1615 ; il étudie au collège de Clermont à Paris qui est tenu par les jésuites.

Il achète une charge de maître des requêtes en 1635. Cinq ans plus tard, il se marie avec Louise Fouché, dont le père, parlementaire fortuné, apporte une forte dot.

En 1641, l'épouse de Nicolas Fouquet meurt, laissant une forte somme à son mari ; la même année, il achète le domaine de Vaux-le-Vicomte.

En 1650, il achète la charge de procureur général au Parlement de Paris. Les Grands, descendants des anciens seigneurs, et les officiers, dont les parlementaires font partie, s'opposent violemment à l'autorité royale durant la Fronde.

Bien qu'il soit un officier, Fouquet reste fidèle au roi et à Mazarin, le successeur de Richelieu. Le 4 février 1651, Fouquet épouse la fille d'un parlementaire fortuné, Marie-Madeleine de Castille.

En février 1653, il devient surintendant des finances avec le marquis Abel Servien, en récompense de sa fidélité au roi durant la Fronde.

L'année suivante il achète la maison de Saint-Mandé puis, en 1658, Belle-Île-en-Mer. En février 1659, Servien meurt, Fouquet est seul surintendant des finances.

Le 17 août 1661, il reçoit le roi et toute la cour de France pour une fête grandiose de 3 000 personnes organisée par son intendant François Vatel pour inaugurer la fin des travaux du château de Vaux-le-Vicomte. Cette fête ne comptera en rien dans la décision prise de longue date par Louis XIV de faire arrêter Fouquet par D'Artagnan. Le jeune roi a été reçu quelques semaines auparavant tout aussi somptueusement par le duc d'Épernon à Cadillac. Mais la fortification de Belle-Île, l'armement de 17 vaisseaux de guerre qui y relâchent, et surtout les onze millions de livres détournés (il en reconnaîtra huit devant le tribunal) sont de sérieuses raisons d'inquiéter le souverain.

À l’issue d’un procès politique de trois ans, Fouquet est condamné et passe ses 15 dernières années emprisonné dans la forteresse de Pignerol en Italie, où il meurt le 3 avril 1680. Déposé dans l'église Sainte-Claire de Pignerol, son corps est transféré un an après dans l'église du couvent de la Visitation Sainte-Marie, rue Saint-Antoine à Paris, aujourd'hui Temple du Marais.

Après de nombreuses suppositions sur la véritable identité de « l'Homme au masque de fer », plusieurs recherches ont évoqué le fait que Nicolas Fouquet côtoya ce prisonnier.

Le site[modifier | modifier le code]

Fouquet choisit le site de Vaux-le-Vicomte en raison de sa position stratégique à mi-chemin entre le château de Vincennes et le château de Fontainebleau, deux résidences royales. Quand Fouquet acquiert Vaux-le-Vicomte, le domaine se divise en deux parties : un château et une ferme.

  • Le château est entouré de murs et de fossés remplis d’eau vive. Il est relié au chemin reliant Vaux-le-Pénil à Sivry-Courtry par un pont-levis.
  • La ferme dite "Ferme de la La Ronce" est située derrière le logis, sur l'actuelle commune de Moisenay, à laquelle elle est reliée par un autre pont-levis. Elle se compose de deux parties :
    • dans la partie Nord se trouvent un pressoir, une écurie et une étable ;
    • la partie Sud comprend le corps de logis, une grange et une bergerie.

La ferme et le château ne sont pas situés à l’emplacement de l’actuel château. Le territoire où sera construit le château est traversé par deux rivières qui se coupent à angle droit. L’une d’elles est l’Ancoeur dont le lit se trouve à l’emplacement du grand canal. Le terrain était peu boisé, contrairement à aujourd’hui.

Les étapes du chantier[modifier | modifier le code]

La construction progresse rapidement, mais elle nécessite la destruction de plusieurs maisons et l'arasement des collines. De 1653 à 1654, les premiers travaux d'adduction d'eau sont réalisés dans le parc ainsi que l'allongement du grand parterre.

En 1655, le parc est entièrement clôturé ; le petit canal, les fontaines, quelques parterres de fleurs et la grande allée en terrasse sont réalisés.

En 1656, l'architecte Daniel Gittard achève les fondations du château.

Le 2 août 1656, le marché est conclu sur les plans du château.

Les façades devaient initialement être en brique — comme ses immenses communs — mais finalement la pierre blanche de Creil lui fut préférée.

Le maître-maçon ou entrepreneur chargé de la construction est Michel Villedo[3], qui signe à côté de Le Vau les projets définitifs (archives du château) la maçonnerie du château est terminée et la charpente est posée en 1657.

La toiture sera achevée en 1658. Dès lors, l'aménagement intérieur peut commencer.

Dès septembre 1658, le peintre Charles Le Brun s'installe dans le château. Celui-ci reçoit la visite du cardinal Mazarin le 25 juin 1659, de Louis XIV, de Monsieur (Philippe de France) son frère et de la reine mère Anne d'Autriche le 14 juillet.

Le 10 juillet 1660, le roi et son épouse la reine Marie-Thérèse d'Autriche s'y arrêtent. Le maître des lieux aimait recevoir les plus grands esprits de son temps tels que Madeleine de Scudéry, Paul Pélisson ou Jean de La Fontaine.

Le 12 juillet 1661, Fouquet donne une fête en l'honneur de la reine mère d'Angleterre Henriette de France et, le 17 août, une autre en l'honneur de Louis XIV.

Cette fête organisée par François Vatel fut d'une grande splendeur : des spectacles utilisant les techniques les plus avancées du moment, des représentations de pièces de théâtre (dont Les Fâcheux de Molière) et des feux d'artifices, furent notamment au programme de réjouissances.

C'est après cette fête, le 5 septembre, que le roi ordonne son arrestation après que sa mère Anne d'Autriche lui a représenté « qu'il n'était à l'honneur d'un roi de faire arrêter son hôte ».

L'emprisonnement de Fouquet ne peut néanmoins pas être imputé à cette seule fête, cette décision ayant été prise quatre mois auparavant.

Le château[modifier | modifier le code]

Organisation générale[modifier | modifier le code]

Entrée et fossés de Vaux-le-Vicomte (nord)
Façade Sud du château de Vaux-le-Vicomte

Le château conserve du plan féodal français traditionnel, avec une plate-forme entourée de larges douves en boue, dont il occupe le sud. Deux portes reliaient le logis au reste du jardin.

Les ailes n’existent presque pas, ce type d’architecture étant apparu au cours de la première moitié du XVIIe siècle. Le château comporte un corps central avec trois avant-corps côté cour et une pièce en rotonde au centre de la façade regardant les jardins.

Il y a quatre pavillons, deux de forme rectangulaire, côté jardin, et deux autres de forme carrée côté cour, qui, vus latéralement, semblent pourtant jumeaux, tradition de l’architecture française.

Le caractère ouvert du bâtiment et le plan dit « massé » sont caractéristiques de l’époque.

Il y a toutefois une innovation, car le château français comporte habituellement une suite de pièces allant d’une extrémité à l’autre du bâtiment, disposition dite « corps simple » ou « en enfilade ». À Vaux, l'architecte fait preuve d'innovation en organisant l'espace intérieur avec une double enfilade de pièces parallèles avec des portes alignées ou « corps double ».

Ce type d’organisation d’un bâtiment a déjà été employé par Louis Le Vau à l’hôtel Tambonneau en 1640 et par François Mansart à l’hôtel de Jars en 1648, mais est ici appliqué pour la première fois à un château.

Le salon dit « en rotonde » — de l'italien rotonda — pièce unique, constitue une autre originalité. L’ensemble, formé par le vestibule et ce grand espace, forme comme une travée centrale. Cette disposition, dite aussi « en lanterne », permet au visiteur d'avoir une vue traversante dans l'axe cour d'honneur-perron-vestibule-allée en perspective des jardins situés de l'autre côté, autour de laquelle gravitent deux parties autonomes dotées chacune d'un escalier.

Dans le rez-de-chaussée, côté jardin, se trouvent deux appartements ; l’un, destiné au Roi, est situé à gauche tandis que l’autre, à droite, est celui de Nicolas Fouquet.

Les pièces du rez-de-chaussée côté cour sont, en 1661, des chambres complétant les deux appartements côté jardin; s’y trouve une pièce servant de salle à manger, une pièce apparue en France au milieu du XVIIe siècle.

Toutefois, Le Vau n’a pas su exploiter l’innovation que constituait le corps double, car il ne semble pas trouver de destination convaincante aux pièces du rez-de-chaussée côté cour.

Le sous-sol est en partie enterré, ce qui permet la mise en place d’un plan massé. Un couloir longitudinal traverse le sous-sol, occupé par les cuisines, offices et chambres d’officiers.

La cuisine est à l’opposé de la salle à manger, mais communique avec le buffet du rez-de-chaussée grâce au couloir longitudinal. Deux couloirs latéraux furent ajoutés en 1659 sur ordre de Vatel, alors maître d’hôtel de Nicolas Fouquet.

Au premier étage se trouve également un couloir longitudinal. À l’endroit qui correspond au vestibule se trouvait au temps de Nicolas Fouquet une chapelle, côté cour.

À gauche se trouvent, côté cour, l’appartement de Fouquet, et côté jardin, celui de son épouse, composés sur une épaisseur de douze mètres d’une antichambre, d’une chambre (pièce principale d'un appartement où les familiers ont libre accès, c'est le lieu de la sociabilité où on dort, on reçoit et on y prend les repas) et d’un cabinet de travail[4].

Actuellement la chambre de Mme Fouquet est divisée en deux pièces, un cabinet Louis XV et une chambre Louis XV.

La partie droite du premier étage n'est que sommairement travaillée.

Détail[modifier | modifier le code]

Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]

Salon ovale

Le salon central, ancienne salle des gardes au XVIIe siècle, est une pièce unique dans l'histoire de l'architecture française; son originalité provient de sa forme ovale, inhabituelle à l'époque pour une salle de réception.

Elle comprend deux étages, selon le modèle dit "à l'Italienne", et est couverte de voussures, ce qui est caractéristique de cette architecture, mais le « vaisseau » ovale en avant-corps est une invention française.

Destinée à accueillir les fêtes et à accéder aux jardins, cette très vaste pièce - 19 mètres de long, 14 mètres de large et 18 mètres de haut - n'était pas appelée à être meublée, mais vers 1880 les époux Sommier la "divisèrent" symboliquement en quatre salons meublés dans le goût très opulent du temps, comme le montrent des photographies publiées par Patrice de Vogüé[5] et celle reproduite dans l'Île-de-France des châteaux de Claude Frégnac (Hachette Réalités, 1963), avant d'être "épurée" de son mobilier pour ne conserver que la série de bustes d'empereurs romains.

Le "Projet Le Vau" une des conventions de mécénat envisagées entre l'association La Demeure Historique et les propriétaires, consisterait à restituer les portes de verre afin de créer une symbiose entre la demeure et les jardins.

Le plafond de la coupole devait être peint du Palais du Soleil par Charles Le Brun, représentant l'astre solaire avec l'emblème de Nicolas Fouquet : l'écureuil ; ce dessin fut gravé par Audran, mais cette décoration ne fut pas réalisée, même si vers 1845 le duc de Choiseul-Praslin demanda au peintre-décorateur Dutenhoffer de chiffrer son exécution mais, la jugeant trop onéreuse, ne donna pas suite. Or, dans une déposition de cet artiste du 24 août 1847, publiée par P. de Vogüé[6], celui-ci indique — alors que ce travail est attribué à Charles Séchan, qui orna, entre autres salles de spectacle européennes, l'Opéra de Paris — y avoir peint le ciel décoré au centre d'un aigle aux ailes déployées, jadis entouré de cinq autres — effacés — que l'on entrevoit encore.

Cette démarche pourrait renaître avec le "Projet Le Brun", consistant à orner la coupole de la peinture prévue, dont les dessins et cartons sont conservés sur place ("Vaux-le-Vicomte : un mécénat d'exception", revue D.H n°179, nov./décembre 2010, p. 30).

La coupole est soutenue par une magnifique série de seize grands termes sculptés par François Girardon, douze portent les signes du zodiaque et quatre, les symboles des quatre saisons. Le sol est constitué de pierre blanche et d'ardoise avec, au centre, un cadran solaire.

La pièce est décorée de quatre bustes de l'époque de Fouquet représentant des personnages romains : Octavie, sœur d'Auguste, Britannicus, Octavie, épouse de Néron, et Hadrien; les douze autres bustes romains sculptés à Florence au XVIIe siècle provenant de la « Villa Pompéienne » (détruite) du prince Napoléon, avenue Montaigne à Paris.

La chambre de Nicolas Fouquet

Les pièces du rez-de-chaussée, côté jardin, sont également à voussures.

Le Salon d’Hercule, antichambre de l’appartement de Fouquet, possède un plafond peint d'une scène représentant un Hercule accueilli par l’Olympe. Les médaillons et les panneaux ornant la voussure représentent les douze travaux d’Herculepar Le Brun.

La Chambre des Muses — chambre de Fouquet — est décorée d'un plafond et d'une voussure de Le Brun. Ce décor représente le « Triomphe de la Fidélité », allusion de la fidélité de Nicolas Fouquet au roi durant la Fronde. Huit muses se répartissent dans les quatre coins de la voussure. Des figures situées entre les muses représentent les genres poétiques. Au milieu des côtés se trouvent les figures de la noblesse et de la paix, ainsi qu’une victoire des muses sur les satyres. La voussure évoque le mécénat de Nicolas Fouquet. Les murs sont couverts par un lambris « d’appui » et par cinq tapisseries qui composent la tenture de « L’histoire de Diane ». La pièce comprend également une alcôve avec un plafond de Le Brun représentant « la Nuit ».

On y trouve une cheminée dite « à la Romaine » qui, contrairement aux cheminées « à la Française », ressort peu du mur.

Le Petit Cabinet des jeux, qui fut celui de Fouquet, comporte un plafond de Le Brun représentant le Sommeil. La voussure et le lambris sont ornés d’un décor comportant divers animaux. Une glace n’est pas d’origine.

Chambre des muses.

L’Antichambre du Roi est inachevée; elle est marquée par l’alternance de peintures et de bas-reliefs : l’ovale central du plafond comprend une peinture du XVIIIe siècle, car le projet de Le Brun, inconnu, n’a pas été réalisé. Au centre des voussures se trouvent quatre peintures : Diane se déchaussant après la chasse, L’Amour et la Foudre, Achille implorant Vénus de lui rendre le Bouclier que l’Amour lui a dérobé, L’Amour et un cep de vigne. Le corps de bibliothèque en acajou date du XVIIIe siècle. Les angles des voussures comportent le chiffre de Fouquet.

La Chambre du Roi (tradition d'aménager une telle pièce lorsque la cour royale était itinérante) est également inachevée : même s'il s'agit de la pièce la plus richement décorée du château (stucs rehaussés de feuilles d'or notamment des lions moulés représentant la puissance royale, trophées), Louis XIV n'y a jamais dormi. Sur la frise de palmettes à la base de la corniche du plafond, des coquilles Saint-Jacques alternent avec les écureuils, élément du blason des Fouquet, aux coins de cette frise des palmettes représentent une tour à trois créneaux, blason de Marie-Madeleine de Castille, seconde épouse de Foucquet. Aux angles de la voussure sont des stucs en forme de figures ailées, d'anges casqués, de guirlandes encadrant les lettres « F » (Fouquet) entrelacées dans des écus d’argent ; au plafond se trouve une peinture de La Vérité soutenue par le Temps, et dans les lunettes sont représentées des dieux symbolisant le génie de Foucquet : Bacchus pour l’Abondance, Mars pour la Valeur, Mercure pour la Vigilance et Jupiter pour la Puissance. Léda, Diane, des cavaliers combattants, et les Parques sont présents dans des médaillons octogonaux. L’alcôve de la chambre n’est pas achevée, car le plafond n’est pas peint, de même que le cabinet du roi : encadré par des commodes, un grand lit de style Régence comporte une tapisserie brodée représentant l’histoire de Psyché.

La Salle à Manger comporte un plafond à caissons, caractéristique de l’architecture française. Chaque caisson reçoit un tableau ; quatre, inscrits dans des compartiments rectangulaires et représentent Apollon (le feu), Diane (l’air), Flore ou Cérès (la Terre) et des Tritons et naïades (l’eau). Dans les compartiments octogonaux du plafond se trouve chacune des saisons. Au centre du plafond est La Paix ramenant l’Abondance de Charles Le Brun, allusion à la paix des Pyrénées (1659).

Les huit médaillons circulaires ou octogonaux au-dessus des portes racontent l’histoire d’Io. L’arcade donnant sur le buffet comporte des trophées de la Guerre et de la Paix. La glace ne date pas de Fouquet.

La Chambre Carrée aurait appartenu à l’appartement de Fouquet. En 1661, six tapisseries d'après des cartons de Charles Le Brun y étaient pendues sous un tableau montrant le siège de Fribourg commandé par le maréchal de Villars.

1er étage[modifier | modifier le code]

La chambre de l’appartement de Fouquet est la seule pièce du premier étage à avoir conservé son décor d’origine. Les plafonds de la pièce et de l’alcôve sont ornés d’un trompe-l’œil en forme de coupole.

L’appartement de Mme Fouquet était entièrement composé de glaces et comprenait une antichambre, une chambre et un cabinet. La chambre et l’antichambre ont été entièrement remaniées au XVIIIe siècle.

Le cabinet contient au plafond un ovale comportant une peinture représentant le ciel ; le blason de Mme Fouquet figure dans les angles.

Le parc[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le paysagiste André Le Nôtre

En 1653-1654, Nicolas Fouquet charge André Le Nôtre de modifier le jardin préexistant.

Le chantier commence par des travaux d’adduction d’eau et par la canalisation d’une rivière.

Le « parterre de la Couronne » est allongé, rendant ses différentes parties dissymétriques. En 1655, les trois parterres situés devant le château sont agrandis et remodelés. En 1655-1656, Poussin est appelé pour travailler à la décoration du jardin, alors que les termes sont en cours de réalisation en Italie.

En 1656 débute la construction du château. En 1656-1657, Daniel Gittard poursuit les travaux. Le bassin carré et l’allée centrale sont alors aménagés, tandis que s’achève la construction de la grille d’eau. En 1658-1660, la cascade est construite. Des travaux ont lieu à l’emplacement de l’actuel grand canal, les grottes sont sculptées.

En 1660-1661, les termes de la grille d’entrée sont sculptés par les ouvriers du château.

Tout s’arrête avec l’arrestation de Fouquet à Nantes le 5 septembre 1661.

Les scellés sont alors apposés à Vaux comme à toutes ses maisons, et le matin du 7 septembre, « deux maîtres des requêtes se présentèrent au château en partie démeublé, tentures rangées dans le garde-meuble, rideaux tirés sur les tapisseries, vaisselle précieuse et objets de prix réunis dans un coffre-fort », où le capitaine Mathieu d'Angenville, Exempt des gardes, s'établit jusqu'en 1665[7].

Le Brun était parti laissant les objets d'art de son appartement, Vatel, compromis, enfui en Angleterre, Le Nôtre avait obtenu d'emporter les plans des jardins; huit jours plus tard s'opéraient l'inventaire et la saisie des papiers.

Au cours du procès à charge ordonné par le roi, Lefevre d'Ormesson lança aux magistrats à la solde du pouvoir le fameux : « La Cour rend des arrêts, non des services », qui lui valut l'inimitié royale.

Devant les réclamations des créanciers du surintendant — dont son épouse, alors exilée à Limoges — la mise aux enchères de ses biens fut ordonnée ; la vente du mobilier de Vaux et de la résidence de Saint-Mandé se déroula de 1665 à septembre 1666, après que Louis XIV eut fait prélever pour lui-même maints objets précieux, tapisseries, étoffes de brocart, tables de marbre, vases de vermeil, etc. ; des carreaux de dallage en marbre blanc et noir furent transportés au Louvre, des orangers en caisse et des milliers d'arbrisseaux à Versailles et aux Tuileries.

Vaux, non confisqué, fut abandonné par les créanciers à Mme Fouquet en [1673] avec les seigneuries de Melun et de Belle-Île contre le paiement sous dix ans de 1 250 000 livres de dettes privilégiées. Exilée ensuite à Moulins, il lui était interdit de retourner à Vaux, où son fils aîné, Louis-Nicolas, officier, titré comte de Vaux, put s'installer.

Celui-ci y reçut le 15 juillet 1676 la marquise de Sévigné, qui y vit « toutes les fontaines muettes et sans une goutte d'eau, parce qu'on les raccomodoit »[8].

En 1684, 4 ans après la mort de son mari, Mme Fouquet donna les seigneuries de Vaux et de Melun à son fils, qui dès 1683, à court d'argent, avait vendu au roi des termes de marbre blanc attribués à Poussin (à Versailles), puis en 1699 « des statues antiques et modernes », 70 gros marronniers pour Trianon et quantité de grosses carpes pour les bassins de Marly.

En 1687, à 32 ans il avait épousé la fille de 14 ans de la célèbre madame Guyon, doctrinaire du quiétisme, qui vint vivre avec le couple à Vaux deux ans et demi.

Il semble avoir poursuivi dans les jardins certains travaux entrepris par son père ; de cette époque datent la plantation de l’avenue menant au château et celle de l’hémicycle d’entrée, du bosquet de la Patte d’Oie et d’une grande partie du parc.

En 1705, le second et dernier Fouquet détenteur de Vaux mourut à 48 ans, sans enfants, à Paris.

Le duché de Vaux-Villars[modifier | modifier le code]

Trois mois après, sa mère et héritière vendit le domaine et la vicomté de Melun au maréchal de Villars, général des armées, qui, fait duc héréditaire par Louis XIV cette même année, devait posséder une terre siège de son nouveau duché, qui prit le nom de Vaux-Villars, où ses armes remplacèrent l'écureuil des Fouquet sur certains lambris et façades.

Le peu fortuné vainqueur de Denain acheta le domaine par procuration — sans l'avoir vu — et aurait ensuite écrit : « La mariée est trop belle et elle coûte cher ; trop de cascades, trop de fontaines ! » d'où, en tant que gestionnaire prudent et avisé, l'achat de terres de rapport alentour.

Un mobilier plus moderne et confortable prend alors place, ainsi que « 108 peaux de cuir doré », le portrait du maréchal par Hyacinthe Rigaud et de nombreux grands tableaux représentant ses batailles, par l'atelier de Jean-Baptiste Martin dit Martin des batailles. Le nouveau propriétaire veille à l'entretien (réparations des canaux et pièces d'eau) et à la mise en valeur du domaine où, du fait des campagnes militaires annuelles, il ne séjourne qu'en hiver ; il y joue au billard et expose dans les communs plusieurs canons, trophées offerts par le roi.

La paix revenue, il y reçoit et donne des fêtes ; la reine Marie Leszczyńska, en octobre 1728, puis Louis XV en juillet 1731, venus de Fontainebleau, vinrent visiter les jardins et leurs fontaines.

Voltaire, très assidu auprès de la jeune et séduisante duchesse — de 30 ans la cadette de son époux — y mit en scène des tragédies et des comédies où elle se produisait avec ses invités, dans un théâtre alors aménagé. La célèbre Adrienne Lecouvreur y séjourna en novembre 1724.

On y avait, comme chez la duchesse du Maine à Sceaux, des « nuits blanches » pour y observer, de la terrasse ou des parterres, les constellations et les étoiles filantes. Voltaire, inspiré par un phénomène solaire qui y fut observé un matin, y écrivit avec humour cette épître, adressée à Fontenelle :

Le soir sur des lits de verdure
Lits que de ses mains la nature
Dans ces jardins délicieux
Forma pour une autre aventure
Nous brouillons l'ordre des cieux
Nous prenons Vénus pour Mercure
Car vous savez qu'ici l'on a
Pour examiner les planètes
Au lieu de vos longues lunettes
Que des jumelles d'opéra

auquel l'auteur des Entretiens sur la pluralité des mondes répondit sur le même ton.

La cour et les parterres de broderies sont alors couverts de gazon, la cascade et la grille d’eau se dégradent (référence ?).

Après la mort du maréchal de Villars à Turin le 17 juin 1734, sa veuve, trouvant ce séjour trop onéreux, se retira au château d'Athis ; elle mourut octogénaire et « fort dévote » le 3 mars 1763.

Son fils et héritier, Honoré-Armand, « débauché et très vain personnage, sans valeur morale ni capacités, mais comblé d'honneurs, de titres et de dignités », conserva Vaux seulement un an, après avoir fait arracher le plomb des canalisations et des motifs décoratifs des fontaines, afin de les vendre.

Le duché de Vaux-Praslin[modifier | modifier le code]

Le 17 août 1764, César Gabriel de Choiseul-Praslin, cousin du célèbre ministre, duc et pair de Praslin, lieutenant-général, diplomate, ministre des Affaires étrangères et de la Marine, membre du Conseil du roi, académicien, achète le domaine et obtient du roi que les « titre, nom, prééminence de ses terres » soient transférés sur le duché-pairie, qui prend le nom de Vaux-Praslin.

En 1770 il suit la disgrâce de son cousin et est exilé dans son duché, où, comme son prédécesseur, il respecte la décoration ancienne des salons, conserve les tableaux des batailles de Villars, y dépose un grand modèle de navire en souvenir de ses activités ministérielles, fait moderniser par l'architecte Berthier les vastes appartements, mais ne touche pas aux jardins.

En 1791, le domaine est transmis à son petit-fils, député de la noblesse de la sénéchaussée du Maine, qui n'émigra pas, fut arrêté en 1793 et resta emprisonné jusqu'à Thermidor.

Le domaine ne fut pas déclaré bien national, mais conformément aux lois de la Convention, la municipalité de Maincy et le directoire du district de Melun ordonnèrent à l'intendant de marteler les armes du fronton et ses lions, « animaux contraires aux lois », de brûler de plusieurs portraits peints des rois de France et des tapisseries portant des emblèmes royaux, et de briser des bustes d'empereurs romains[9].

En novembre 1793, devant la notification d'enlever tous les meubles du ci-devant château sous huit jours afin que rien de s'oppose à sa démolition, la « citoyenne Praslin » eut l'idée de faire hommage à la République des peintures et décorations du château, ce qui fit suspendre la démolition, et les deux commissaires nommés pour reconnaître et faire enlever ce qui serait jugé digne d'être conservé, estimèrent qu'il méritait d'être conservé à l'Enseignement, ce qui le sauva[10].

Libéré et fait sénateur en 1799, en 1810 Charles de Choiseul-Praslin fait aménager un jardin « à l’Anglaise » au goût du jour au-delà de la route et de la grille d'entrée, ne portant pas atteinte aux créations de Le Nôtre, mais sans entretien depuis des années, les cascades, la grotte, les jeux d'eau, les bassins disparaissent dans les herbes.

En 1842 Charles Laure Hugues Théobald, 5e duc de Praslin et son épouse, née Françoise Altéria Rosalba Sébastiani della Porta, fille du maréchal ancien compagnon d'armes de Napoléon Ier, font réparer la charpente du dôme et remplacer sa lanterne par l'architecte Visconti, et les parterres, terrasses et ouvrages hydrauliques sont remis à jour. Le « cabinet des Bains » voit alors son plafond circulaire peint d'enfants et de guirlandes et orné de leur chiffre doré.

Vers 1846 Louis-Philippe vint de Fontainebleau visiter le château où il put voir « des tapisseries de Beauvais d'après Boucher, une précieuse collection de porcelaines, un grand modèle de navire et de beaux volumes aux riches reliures » [11].

Mais ce chantier prend fin après que le 17 août 1847 le duc, tombé amoureux de la gouvernante de ses enfants, Henriette Deluzy-Desportes (Benzoni, op.cit. p. 52), eut poignardé sa femme dans leur appartement de l'hôtel Sébastiani 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré, causant un scandale énorme qui selon certains historiens n'aurait pas été sans influence[réf. nécessaire] sur la chute, un an après, de la monarchie de Juillet; détenu au palais du Luxembourg il se suicide "pour éviter à ses proches la honte de la cour d'assises".

Leurs huit enfants mineurs répartis dans des collèges et couvents, le château inhabité est fermé et peu ou pas entretenu, et presque 30 ans plus tard Gaston de Choiseul-Praslin, qui en a hérité, vivant à l'étranger, décide de se défaire de l'immense demeure qui nécessite des travaux de restauration hors de ses moyens.

Le 15 juin 1875 Alfred Sommier, richissime raffineur de sucre et amateur d'art, après l'avoir visité avec son ami le bibliophile Gustave Guyot de Villeneuve, préfet royaliste de Seine-et-Marne depuis 1873, fort impressionné par le bon état de conservation des décors intérieurs vieux de deux siècles, décide de préserver cette œuvre d'art global, dont l'apparent mauvais état général pouvait faire craindre une démolition.

Seul acquéreur aux enchères « à la bougie » du 6 juillet suivant, il devient alors propriétaire en trois lots : le château et son parc, ses très importants communs et dépendances, et trois fermes, soit un domaine de près de 1 000 hectares.

Mobilier et objets d'art[modifier | modifier le code]

Après les ventes aux enchères publiques de 1793 et 1808 de l'énorme collection d'œuvres d'art constituée par les Choiseul en un siècle, une vente des greniers du château eut lieu sur place.

Les 3, 4, et 5 avril 1876 furent vendus aux enchères publiques à Paris les nombreux meubles et tapisseries de Vaux-Praslin, dont une portière « de la Licorne des Gobelins », des tableaux (Restout, Santerre, de Troy), des objets d'art, dont un régulateur en bois d'ébène et bronzes dorés, et les livres exclus de la cession, à l'exception de deux grandes tables d'apparat ovales au piètement richement sculpté, ultimes témoins du mobilier Fouquet - que personne ne serait alors parvenu à déplacer, dit-on ! - quatre bustes, deux grands athlètes antiques et sept tableaux de l'héritage Villars — que l'on y voit encore.

Le Musée du Louvre conserve une table d'apparat en bois sculpté et doré provenant du château (reprod. par Gustave Geffroy dans Le Palais du Louvre, architecture-mobilier-objets, Paris, éditions Nilsson, s.d. - arch pers.).

Deux tapisseries tissées à Maincy pour Fouquet sur des dessins de Charles Le Brun (1659-1660) figurèrent à la vente de la collection du parfumeur François Coty, à Paris les 30 novembre et 1er décembre 1936[12]. $

Les Sommier, sauveurs d'un chef-d'œuvre en péril.

"Lui-même, sa femme et ses enfants vivaient à Vaux dans le respect et l'admiration de cette beauté qu'ils recréaient avec des soins pieux sans céder à la tentation d'y susciter le train de vie de jadis".

(Benzoni, op.cit. p. 53).

Les Sommier remeublèrent le château en mêlant pièces anciennes et meubles inspirés du style du XVIIe siècle - conservés en partie - en s'entourant des conseils de l'architecte et décorateur Émile Peyre, auprès de nombreux antiquaires parisiens, et en faisant réaliser un mobilier de style approprié au bâtiment, comme un somptueux billard inspiré des ouvrages d'André-Charles Boulle par son lointain collègue l'ébéniste Henri Dasson (ce meuble a été vendu).

Une restauration générale des bâtiments de grande ampleur est alors engagée de 1875 à 1893 par l’architecte Gabriel-Hippolyte Destailleur, secondé par le méconnu Élie Lainé pour les jardins, et à partir de juillet 1877, les Sommier y séjourneront chaque année de juin à décembre.

"Il éprouvait pour son beau palais une telle vénération qu'il refusait farouchement d'y installer l'électricité, craignant que cette nouveauté n'y mit le feu. Il fallut que vers 1900 le chef des gendarmes de Melun vint lui expliquer que la lampisterie qu'il y entretenait, digne d'une gare, représentait un danger beaucoup plus grand pour les vénérables boiseries et les peintures précieuses". (Benzoni, , op.cit. p. 53) .

Les bassins (sauf une douzaine) sont restaurés, ainsi que les grottes et les cascades. Des statues anciennes ou commandées à des sculpteurs du temps sont implantées dans le jardin; toutefois les parterres demeurent à l’état de simples pelouses. Alfred Sommier mourut à Vaux en 1908.

Le 30 juin 1918, Georges Clemenceau, président du Conseil, s'y arrête sur le chemin du Grand Quartier Général des armées au château de Bombon, pour y voir l'hôpital militaire auxiliaire no 23 créé 4 ans avant dans les communs par Germaine Sommier, née Casimir-Périer (1881-1968), où furent soignés 1 115 blessés. Les généraux Foch et Weygand en firent autant le 12 juillet.

En 1911 Edme Sommier, seul fils survivant d'Alfred, charge Alfred Duchêne d’achever la restauration des jardins; il recrée les parterres latéraux, les « parterres de broderies », le parterre central et le parterre de fleurs, travaux qui ne s’achèvent qu’en 1923.

Depuis, les environs du pont de Mont et la terrasse supérieure du parterre de fleurs ont été déboisés pour restaurer les dispositions du XVIIe siècle.

Le domaine appartient au comte Patrice de Vogüé, qui le reçut en 1967 en "cadeau de noces" de son père Jean de Vogüé, neveu d'Edme Sommier, mort en 1945 sans postérité, et ses fils Alexandre, Jean-Charles et Ascanio.

Description[modifier | modifier le code]

Jardins du château de Vaux-le-Vicomte vus depuis le Sud du parc.
Vue depuis la grille.
Jardins du château de Vaux-le-Vicomte vus depuis le lanterne du château.
Neptune dans les grottes des jardins du château.

Les jardins situés au Sud du château sont remarquables par leurs dimensions et leur style. Les arbres taillés, les bassins, les statues et les allées bien ordonnées en font un jardin à la française.

Pour les dessiner, son concepteur, Le Nôtre, utilise les effets d'optique et les lois de la perspective; le rouge des « broderies » et des parterres est fait de brique pilée.

L'arrivée au château se fait par un alignement bilatéral de 257 platanes. Les deux lignes d'arbres sont très proches de la chaussée puisqu'ils sont éloignés de seulement six mètres. Avec la grosseur des fûts des arbres, cela provoque un « effet de tunnel » impressionnant ; cet alignement long de 1 400 mètres est classé monument historique.

Le jardin se compose de trois parties :

  • la première comprend une cour et une avant-cour ;
  • la deuxième part du château et s’arrête aux petits canaux ;
  • enfin, la troisième partie est constituée de ce qui est situé au-delà des petits canaux.

Le jardin est marqué par une perspective ralentie : plus les éléments du jardin sont éloignés du château, plus ils sont longs ou hauts. Ainsi, le parterre de « broderies » est trois fois plus petit que le parterre de gazon situé au bout du jardin. De même, le bassin carré est huit fois plus grand que le Rond d’Eau. Les sculptures proches du château sont trois fois moins hautes que les termes des grottes.

Ce procédé permet d’« écraser la perspective », de rendre le jardin plus petit qu’il n’est en réalité, est utilisé en France dès les années 1630, mais Le Nôtre l’amplifie.

L’avant-cour est séparée de la route par un ensemble fait de grilles et de termes; deux portails situés sur la grille ne servent pas d’entrée, car c’est par la grille centrale, plus modeste, que l’on peut accéder au parc.

La grille est dotée de huit piliers surmontés de bustes à double face de dieux grecs, de faunes et d’allégories des saisons, sculptures qui font écho aux termes situés dans la grotte du jardin.

Les termes sont utilisés en extérieur à partir de l’Antiquité et placés dans les jardins à partir du XVIe siècle. Actuellement douze d’entre eux sont au château de Versailles.

La clôture permet de bien voir non seulement le château, mais aussi, le salon ovale n’étant fermé que de grilles, la perspective « traversante » qui mène au fond du jardin (1 800 mètres).

Les jardins qui s’étendent à partir du château se composent de terrasses avec des parterres et rien, sauf les cônes végétaux dont la hauteur s’est accrue à la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, ne vient troubler sa dominante horizontale.

Les parterres de « broderies », les plus proches du château étaient considérés à l’époque de Fouquet comme l’ornement le plus noble d’un jardin ; leur première utilisation date de 1595 pour le château de Saint-Germain-en-Laye.

L’état actuel des broderies est une reconstitution du XXe siècle, plus ou moins fidèle : les rinceaux étaient plus fins, du sable jaune contrastait avec des gravillons de charbon, et les bordures des parterres étaient plus fines. À droite des parterres de broderie se trouve un parterre de fleurs qui se trouve excentré.

André Le Nôtre préférait le gazon, moins sujet aux saisons; l’état actuel est récent, le parterre ayant été recouvert de gazon puis fleuri de nouveau.

Le Parterre de la Couronne, à gauche, comporte une couronne royale dorée située au centre d’un bassin, en hommage au Roi, dont la chambre du rez-de-chaussée se situe lui aussi dans la partie gauche du parc. Ces deux parterres sont dissymétriques par rapport à l’axe central du jardin.

Au Sud de cet ensemble se trouve un axe transversal; à sa gauche se trouve la Grille d’Eau, dont le nom provient de jets d’eau en forme de grille.

À l’opposé, à la droite de l’axe central, se trouve une vraie grille devant donner sur un potager que Le Nôtre n’eut pas le temps d’achever.

Un troisième axe transversal sépare la Grotte des jardins. Cette présence d’axes transversaux coupant un axe longitudinal permet à Le Nôtre de conférer un certain dynamisme à la composition du parc, rompant ainsi avec les jardins de la Renaissance, ordonnées avec une symétrie parfaite.

Le château se reflète dans le Bassin Carré, situé à 500 mètres de lui. C’est pour le Grand Canal que Le Nôtre fait le plus de travaux.

Vue du château la Grotte semble être située juste après le Grand Bassin, or, entre eux se trouve le Grand Canal, long de 875 mètres et large de 35. En effet, Le Nôtre a créé une dénivellation masquant le canal aux yeux du visiteur, pour n’apparaître qu’à son approche.

La Grotte située au-delà du Grand Canal est due à Le Nôtre et à Le Brun qui en a dessiné les sculptures ; les grottes sont appréciées depuis la Renaissance, époque où l'on découvrit des villas antiques enfouies dans le sol, ce qui donna le mot grotesques pour désigner leurs parois peintes ou sculptées, qui devint un motif décoratif.

À Vaux-le-Vicomte, son originalité tient au fait que sa façade présente une surface plane, alors que traditionnellement elle a une forme de caverne; elle présente des éléments traditionnels comme le bossage et les termes, mais ici ces caractères sont tempérés par leur adaptation au terrain.

Face à la Grotte se trouvent les cascades, invisibles depuis le château. Ce type d’architecture, récent en France et date de la première moitié du XVIIe siècle; la Grotte est en grande partie en pierre brute, les sculptures furent dessinées par Charles Le Brun et réalisées par Matthieu Lespangnel.

Les statues de fleuves sur les côtés représentent le Tibre et l’Anqueil; huit atlantes encadrent sept niches comportent des rochers artificiels.

Vue de loin, la Grotte semble faite en pierre à peine travaillée et les niches ont l’air d’abriter des sculptures très ouvragées, mais vue de près, c’est le contraire; elle est encadrée d’escaliers, de rampes et de terrasses.

Aux pieds des escaliers se trouvent quatre sculptures datant du XIXe siècle, qui étaient prévues à l’époque de Nicolas Fouquet.

En 1891 Alfred Sommier fit installer au-dessus du Bassin de la Gerbe une reproduction de grand format par Tournois et fondue par Thiébaud, du célèbre Hercule Farnèse, qui constitue le point de vue final de la très longue perspective axiale ; cette statue monumentale en plomb doré haute de 7 mètres aurait été apportée par 40 chevaux[13] ; il constitue une allusion allégorique à Fouquet, qui se place ainsi dans la lignée d’un personnage mythologique qui passe pour un bienfaiteur de l’Humanité.

Certains soirs d'été Vaux-le-Vicomte est illuminé par des milliers de bougies disposées sur la façade du château et dans le parc, où jouent parfois des musiciens.

Le château et son parc sont la cinquième destination touristique du département de Seine-et-Marne, avec une fréquentation en 2008 de 261 000 visiteurs, en hausse de 2 % par rapport à 2007[14].

Événements[modifier | modifier le code]

Le château a accueilli, de 2001 à 2009, le festival Opéra en Plein Air, dans la cour d'honneur[15].

Le château a été le cadre du mariage du basketteur Tony Parker et de l'actrice Eva Longoria le 7 juillet 2007.

Le château et le cinéma[modifier | modifier le code]

Le château a servi de décor à plusieurs films ou téléfilms.

Il a en outre servi de décor à un des clips télévisuels de la comédie musicale Le Roi Soleil (2005).

Desserte[modifier | modifier le code]

Une navette publique relie — à certaines dates — le château à la gare de Melun, permettant ainsi un accès depuis Paris par les transports en commun[16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rodolphe Pfnor, Le Château de Vaux-Le-Vicomte, album préfacé par Anatole France, Lemercier & Cie, 1888.
  • Jean Cordey, Vaux-le-Vicomte, éditions Albert Morancé, Paris, 1924.
  • Anatole France, Le Château de Vaux-le-Vicomte, suivi d'une étude historique de Jean Cordey, Calmann-Lévy, 1933 ; puis Étrépilly, les Presses du Village, 1987.
  • Paul Morand, Fouquet ou Le Soleil offusqué, Gallimard, 1961, puis 1985.
  • Patrice de Vogüé, Mémoire d'un chef-d'œuvre - Vaux-le-Vicomte - 1875-2008, Paris, Imprimerie nationale Éditions, 2008.
  • Cristina de Vogüé, Souvenirs gourmands de Vaux-le-Vicomte, Paris, Flammarion, 2008.
  • Cyril Bordier, Vaux-le-Vicomte, Genèse d'un chef-d’œuvre, Triel-sur-Seine, Éditions Italiques, 2013.
  • Jean-Christian Petitfils, Fouquet, Paris, Perrin, 1998.
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Vaux-le-Vicomte, Paris, Scala, 1997 ; rééd. en 2008 et 2012.
  • Michael Brix, André Le Nôtre, magicien de l’espace, tout commence à Vaux-le-Vicomte, Versailles, Artlys, 2004.
  • Jacques Moulin, « Les jardins de Vaux-le-Vicomte », dans Dossier de l’Art, no 89, p. 64-69.
  • Pierre-Jacques Arrese, Le Masque de fer, l'énigme enfin résolue, 1969.
  • Juliette Benzoni, Cent ans de vie de château /I. la Belle Epoque (C. de Bartillat, 1997 - arch .pers.)

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Château de Vaux-le-Vicomte », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 13 août 2010
  2. « Notice no PA00087106 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Structurae
  4. Vaux-le-Vicomte La belle demeure de Louis Le Vau
  5. Patrice de Vogüé, Mémoire d'un chef-d'œuvre - Vaux-le-Vicomte - 1875-2008, Paris, Imprimerie nationale Éditions, 2008, p. 40-50.
  6. P. de Vogüé (op. cit., p. 16-17.
  7. A. France et J. Cordey, op.cit. p. 181 et 182
  8. Lettre à Mme de Grignan, citée par J.Cordey, op. cit., p. 185.
  9. A. France et J.Cordey, op. cit., p. 200.
  10. ibid, p. 201
  11. J. Cordey, op. cit., p. 202.
  12. cf. reprod. au catalogue - archives pers.
  13. P. de Vogüé, op. cit.
  14. Seine-et-Marne Magazine (Journal du Conseil Général), no 47, juin 2009, p. 17.
  15. http://pimousse.vaux.free.fr/vauxlevicomte.
  16. Horaires Chateaubus