Revest-du-Bion

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Revest-du-Bion
Revest-du-Bion
Le village sur sa butte
Blason actuel
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Forcalquier
Canton Reillanne
Intercommunalité Communauté de communes Haute-Provence Pays de Banon
Maire
Mandat
Raymond Le Moign
2014-2020
Code postal 04150
Code commune 04163
Démographie
Gentilé Revestois
Population
municipale
573 hab. (2015 en diminution de 0,87 % par rapport à 2010)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 01″ nord, 5° 32′ 57″ est
Altitude Min. 833 m
Max. 1 365 m
Superficie 43,45 km2
Localisation

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Revest-du-Bion est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Revestois[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé sur le plateau d'Albion, le village est situé à 960 mètres d’altitude[2]. Établi sur une légère butte et anciennement fortifié, il est montagnard par son altitude.

Relief[modifier | modifier le code]

Le plateau d'Albion a une altitude comprise entre 615 et 1 600 mètres. Le Revest, situé sur sa butte, en est le village le plus élevé[3].

Géologie[modifier | modifier le code]

La commune, comme toutes les autres du plateau d'Albion, est située sur un substrat de couches de calcaires à faciès urgonien. Ce calcaire se présente selon un modelé karstique avec lapiaz, avens et dolines. Il est associé à des couches sédimentaires du bédoulien et de calcarénites du Barrémien (Secondaire), recouvertes par des colluvions et alluvions siliceuses et des argiles de décalcification du Quaternaire[4].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est drainée en limite est par le ravin du Brusquet[5], cours d'eau de 18,60 km sous-affluent de la Durance, via le Calavon.

Deux sources sont signalées par Guy Barruol, celle d’Aiguebelle (qui donne son nom à une ferme et à un ravin, et qui est captée pour alimenter pour alimenter le village) et la Font d’Antigel[6].

L’Étang, à l’ouest du village, est un étang artificiel, aménagé dans une doline dont le fond a été tapissé d’argile à une époque ancienne (peut-être dès l’Antiquité). Il a été réaménagé à la fin du XIXe siècle puis à la fin du XXe siècle[7].

Climat[modifier | modifier le code]

Le plateau d'Albion, sur lequel se situe la commune, possède toutes les caractéristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le Mont Ventoux et la Montagne de Lure, le chaînon le plus occidental. Du climat méditerranéen en partant de la plus basse altitude, elles évoluent, au fur et à mesure, vers un climat tempéré puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes[8].

Les stations météos proches de Revest-du-Bion sont situées à Saint-Christol (département de Vaucluse), Lardiers (station manuelle), et à l’observatoire astronomique de Saint-Michel-l’Observatoire[9].

Relevé météorologique du plateau d'Albion pour une altitude moyenne de 900 mètres.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1 −1 2 4 8 12 14 14 11 7 3 −1 5,5
Température moyenne (°C) 3,5 5,5 7,5 10 14 18,5 21 21 17 12,5 7,5 2 11,7
Température maximale moyenne (°C) 8 10 13 16 20 25 28 28 23 18 12 8 17
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44 40 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 482,8
Source : Relevés météo de Manosque sur le site meteo.msn avec application du gradient -0,6° tous les 100 mètres de dénivelé
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
8
−1
26,9
 
 
 
10
−1
24,3
 
 
 
13
2
23,8
 
 
 
16
4
44
 
 
 
20
8
40
 
 
 
25
12
27,9
 
 
 
28
14
20,9
 
 
 
28
14
32,7
 
 
 
23
11
45,9
 
 
 
18
7
53,5
 
 
 
12
3
52,4
 
 
 
8
−1
30,7
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Revest-du-Bion et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Rose des vents Ferrassières Les Omergues Redortiers Rose des vents
Saint-Trinit (Vaucluse) N Redortiers
O    Revest-du-Bion    E
S
Saint-Christol (Vaucluse) Simiane-la-Rotonde, Montsalier Redortiers

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Banon auquel appartient Revest-du-Bion est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[10], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[11]. La commune de Revest-du-Bion est également exposée à trois autres risques naturels[11] :

  • feu de forêt ;
  • inondation ;
  • mouvement de terrain : plusieurs versants de la commune, surtout situés dans la partie orientale, sont concernés par un aléa moyen à fort[12].

La commune de Revest-du-Bion n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture[13] ; aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[13] et le Dicrim n’existe pas non plus[14].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Services autocars[modifier | modifier le code]

Lignes départementales[modifier | modifier le code]

Le village est desservi par 1 ligne départementale de Vaucluse[15]:

Ligne Tracé
16.2 AptSimiane-la-Rotonde ↔ Revest-du-Bion ↔ Banon

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune compte 1 091 ha de bois et forêts[1].

Flore[modifier | modifier le code]

Chêne sessile ou rouvre

Sur le plateau d'Albion, et donc sur le territoire de la commune, la flore et les espèces arbustives sont de type montagnard ou supra-méditerranéen et oro-méditerranéen. La sylve est composée de chêne pubescent, chêne sessile, hêtre, tremble, bouleau, pin sylvestre, pin maritime, genêt à balais, bruyère callune et châtaignier[16].

On rencontre aussi sous forme de landes ou de garrigues la bugrane striée, le brome dressé, le thym, le genêt cendré et la lavande à feuilles étroites. Plus spécifiques des champs, des talus ou des dolines se multiplient la gagée des champs, l'ophioglosse des marais, la danthonie des Alpes, la ventenatée douteuse et le ciste à feuilles de laurier[16].

Plus rares, mais spécifiques au plateau, on trouve l'adonis flamme, l'aspérule des champs, la Caméline à petits fruits, le gaillet à trois pointes, le grand polycnémum, le buplèvre à feuilles rondes, la nielle des blés, l'androsace à grand calice et la vachère d'Espagne[16].

Champignons[modifier | modifier le code]

Liées à une ou quelques espèces d'arbre, les champignons abondent, en saison, sur le plateau. On y trouve, le lactaire délicieux, dit pinin, le lactaire sanguin (lacterius sanguifluus), dit sanguin, les bolets dont le cèpe tête-de-nègre, les chanterelles dont la girolle (cantharellus cibarius), sans oublier le pied-de-mouton, (hydnum repandum) et surtout le petit gris ou griset du Ventoux (tricholoma myomyces)[17].

Faune[modifier | modifier le code]

Guêpiers d'Europe

On trouve des insectes dont les plus caractéristiques sont le grand capricorne, le lucane cerf-volant et l'écaille chinée, des reptiles tels que la vipère aspic, venimeuse mais qui fuit au moindre bruit, et un batracien le pélodyte ponctué[18].

De nombreux oiseaux nichent sur plateau dont les pies grièches (pie-grièche à tête rousse, pie-grièche écorcheur, pie-grièche méridionale, pie-grièche à poitrine rose), les bruants (bruant fou, bruant ortolan, bruant proyer). S'y ajoutent des granivores (caille des blés, moineau soulcie), des insectivores (fauvette orphée, guêpier d'Europe, huppe fasciée, œdicnème criard, pic épeichette, râle des genêts, torcol fourmilier) et des espèces omnivores (cochevis huppé, bécasse des bois, outarde canepetière)[18].

En plus de ces espèces, on retrouve nombre de rapaces diurnes prédateurs de la faune locale d'une part, tels que le circaète Jean-le-blanc, le busard cendré, l'aigle royal, l'aigle botté, l'autour des palombes, le faucon hobereau et la bondrée apivore, ou nocturnes d'autre part, comme le petit-duc scops, le grand-duc d'Europe, la chouette chevêche et la chouette de Tengmalm[18],

Se rencontrent aussi fréquemment des grands et petits mammifères tels que le cerf élaphe, le sanglier, le renard, le lièvre et le lapin. Il est à signaler la présence de chauves-souris, espèce prédatrice et nocturne (grand rhinolophe, petit rhinolophe, noctule de Leisler)[18].

Transports[modifier | modifier le code]

L'accès à Revest du Bion se fait par la RD18, en passant par Simiane-la-Rotonde, par la RD218, du côté de Saint-Christol-d'Albion (Vaucluse), et par la RD950 entre Saint-Trinit (Vaucluse) et Banon.

L'installation de la force stratégique nucléaire sur le plateau d'Albion, dans le courant des années 1970, a grandement amélioré la qualité du réseau routier. Deux lignes de bus relient Revest-du-Bion aux communes voisines, pour l'accès à leur marché :

  • le mardi matin vers Banon (trajet gratuit) ;
  • le samedi matin vers Apt (trajet payant).

Lieux-dits et hameaux[modifier | modifier le code]

La commune compte 4 hameaux :

  • les Bastians
  • les Morards
  • Haut-Labouret
  • Silance

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon Ernest Nègre, le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1272 (de Revesto Albionis), est tiré de l’occitan revèst, variante de revers[19] et désignant un site exposé au nord[20]. C'est par erreur que le couple Fénié lui donne le sens de versant exposé au soleil[21]. Selon l’Encyclopédie de la montagne de Lure, le terme « revest » désigne plutôt un terroir remis en culture après une phase d’abandon[22]. Le déterminant du-Bion est un souvenir du peuple gaulois des Albienses[23], avec au passage une reconstruction incohérente lors de la fixation du terme à partir du provençal Lou Revès d’Aubioun, la coupure n’ayant pas lieu d’être (et n’ayant pas eu lieu pour le plateau d’Albion)[24].

Le relief apparaît dans la toponymie au Clos de Serre et à Plaine de Serre, les serres étant des crêtes allongées[25], la plaine étant elle un plateau d’altitude[22] (toponyme aussi utilisé pour Plaine Longue).

L’érosion amplifiée par la déforestation a formé des accumulations de graviers : la Gravière, les Grands Graviers[22].

Les points d’eau rares et précieux dans ce terroir aride sont signalés : Aigue Belle, la Font d’Antigel[26] (la Font étant aussi bien une source qu’une fontaine aménagée)[22].

La végétation a donné lieu aux toponymes suivants : la Combe de Jarjaille qui signale un vallon sec (le terme combe n’a pas dans l’aire de la montagne de Lure son sens canonique) où poussent des vesces[22], et la Blache est un bosquet ou un bois de chênes blancs[22].

Enfin l’exploitation agricole du terroir a donné lieu à d’autres toponymes : le Grand Claux et les Claux sont des champs qui ont été épierrés, et dont le produit d’épierrement a servi à enclore les terrains ainsi libérés à la culture avec des murs en pierre sèche[22]. On a encore les Cabannes, et la Grange de Barruols (qui désigne ici une ferme et non un bâtiment destiné au stockage des récoltes)[22].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Plusieurs campagnes de fouilles ont été menées sur le territoire de la commune en particulier par Guy Barruol et ses équipes. Des habitats gallo-romains ont été identifiés aux Eyssarettes, avec plusieurs fours, au Plan de Barruol, avec une allée de sépultures, aux Jaconnets où a été identifiée une enceinte circulaire[3], une fonderie de fer à l’écart[27]. Des fondations caractéristiques d'une villa rustica ont été mises au jour au Labouret et à Saint-Clair[3].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Raymond de Turenne par Girolamo di Benvenuto (fresque de l’Ospedale Santa-Maria della Scala à Sienne)

Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire[28].

La première trace écrite concernant le territoire du Revest date de 1080[3],[29]. C'est un acte de donation signé par Ripert de Mévouillon, évêque de Gap accusé de simonie[29], aux moines de l'abbaye de Cluny. Il n'existe pas de village mais un simple lieu-dit dénommé Vorze. Ce fut là que les bénédictins construisirent leur prieuré, un hospice et un moulin. Par précaution, ils comblèrent trois avens[3],[2]. L’église de la première église paroissiale étant sous le vocable de Saint-Clair, l’emplacement du premier village est situé à proximité de l’actuelle ferme Saint-Clair[29]. Le premier castrum fut édifié entre 1204 et 1242. Et en 1271 le castrum de Revesto Albionis, comptait 200 feux[3],[30]. Le territoire de Revest-du-Bion appartenait au Dauphiné[29]

Le village et son château furent détruits comme beaucoup d’autres en Provence par les troupes de Raimond de Turenne, en 1392. Venues de Banon, où elles avaient installé leur nid d'aigle, elles dévastèrent l'église paroissiale ainsi que la chapelle de Notre-Dame de la Forêt d'Albion connue aujourd'hui sous le nom de Notre-Dame de l'Ortiguière. Les survivants se réfugièrent à Sault et le village resta déshabité pendant près d'un siècle[30].

En 1474, sur ordre de Louis XI, un acte d'habitation fut passé avec deux chefs de famille venus des Baronnies[30].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Tour des anciens remparts.

Pour faire face à toute éventualité d'attaque venue des Baronnies, en 1546, les consuls Maurel et Michel firent fortifier le village. Ils passèrent un prix-fait avec le dénommé Dauphin, maître d'œuvre originaire de Cucuron. Celui-ci fit édifier une muraille pentagonale, haute de 18 cannes (9 mètres) et épaulée par cinq tours d'angle circulaires[30].

Le Revest y resta à l'abri jusqu'en 1591. Cette année-là, Lesdiguières arriva à la tête de ses troupes pour aller mettre le siège devant Sault. Pour assurer ses arrières, il fit bombarder les murailles jusqu'à ce qu'une brèche fut ouverte. Les protestants s'y engouffrèrent et investirent le village[30].

La paix revenue, vingt ans plus tard, fut planté près de l'église Saint-Clair l'ormeau dit de Sully. Atteint par la graphiose, son tronc évidé a été ôté à la fin du XXe siècle[30].

Au cours du XVIIIe siècle, le Revest acquiert une prépondérance décisive sur les autres communes du plateau. Le village devient un centre économique important où se tiennent foires et marchés, où résident à demeure notaire et chirurgien, où s'ouvrent des auberges et où exercent de nombreux artisans[30].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La Révolution française le détache du Dauphiné, duquel il était dépendant administrativement, et l'inclut dans le département des Basses-Alpes[3].

Monument aux morts.

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 10 habitants de Revest-du-Bion sont traduits devant la commission mixte, la majorité étant condamnés à la déportation en Algérie[31].

Comme de nombreuses communes du département, Revest-du-Bion se dote d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle en possède déjà une qui dispense une instruction primaire aux garçons, au chef-lieu[32]. La même instruction est donnée aux filles : si la loi Falloux (1851) n’impose l’ouverture d’une école de filles qu’aux communes de plus de 800 habitants, une école leur est ouverte avant 1861[33]. La commune profite des subventions de la deuxième loi Duruy (1877) pour construire une école neuve[34].

Ayant particulièrement bien résisté à l'exode rural[30], à la fin du XIXe siècle, le Revest était relié[Comment ?] à Apt, un jour par semaine, le samedi jour de marché. Le voyage aller durait quatre heures, celui du retour dix heures[35].

Article détaillé : Marché d'Apt.

La Première Guerre mondiale eut pour conséquence la mort de 24 jeunes Revestois.[réf. nécessaire]

La commune, comme toutes celles du plateau d'Albion, de 1971 à 1996, vit s'installer sur son territoire des bases de lancement de missiles balistiques à charge nucléaire. Ces sites furent les endroits les plus secrets et les mieux gardés de France[36].

Article détaillé : Plateau d'Albion.
Site de réception du radar GRAVE, près de Notre-Dame de l'Ortiguières.

L'Office national d'études et de recherches aérospatiales a installé le récepteur du radar GRAVES sur une des anciennes zones de lancement près du Revest[37],[38]. Le radar Grand réseau adapté à la veille spatiale[39] a été mis en service le afin de permettre la détection des satellites espions américains et chinois. C'est actuellement le seul système de veille satellite opérationnel en Europe de l'Ouest. Seuls la Russie et les États-Unis disposent de systèmes de ce type[40].

Il présente la particularité d'avoir le site d'émission dissocié du site de réception. Le site d'émission est situé sur l'ancienne base aérienne de Broyes-lès-Pesmes près de Broye-Aubigney-Montseugny, le site de réception est sur le plateau d'Albion, au Revest, à environ 400 km du site de réception, près de Notre-Dame-de-l'Ortiguière 44° 04′ 17″ N, 5° 32′ 05″ E[41]. Le système de réception est basé sur la détection Doppler et des calculs de traitement du signal effectués par un calculateur temps réel dédié de la B.A. 115 d'Orange[42].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Revest du Bion
Blason de Revest-du-Bion.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Municipalité[modifier | modifier le code]

Mairie du Revest
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Hubert Maurel[43]    
         
avant 2005 en cours
(au 21 octobre 2014)
Raymond Le Moign[44],[45],[46] DVD Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Revest-du-Bion fait partie :

Environnement et recyclage[modifier | modifier le code]

La collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et la protection et mise en valeur de l'environnement se font dans le cadre de la Communauté de communes du Pays de Banon.

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Revest-du-Bion en 2009[47]
Taxe Part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 5,90 % 0,55 % 5,53 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 15,41 % 1,32 % 14,49 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 70,63 % 4,18 % 47,16 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 10,00 %* 0,94 % 10,80 % 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises (CFE) portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (les deux formant la contribution économique territoriale (CET) qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[48]).

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2015 en diminution de 0,87 % par rapport à 2010, Revest-du-Bion comptait 573 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2005, 2010, 2015, etc. pour Revest-du-Bion). Depuis 2004, les autres chiffres sont des estimations.

Évolution démographique
1271 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
180671634796730685770761721734
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
745743784785806751743703619594
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
629611316553507481456420410601
1975 1982 1990 1999 2005 2010 - - - -
474494512463518578----
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[50], EHESS[51], Insee à partir de 1968[52],[53],[54],[55])

L’histoire démographique de Revest-du-Bion, après la saignée des XIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu’au début du XIXe siècle, est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période occupe la majeure partie du siècle, et ne s’interrompt qu’après 1891. L’exode rural commence donc tardivement à Revest-du-Bion, mais provoque néanmoins un mouvement de recul démographique de longue durée. Autre caractéristique rare pour la commune, elle ne perd jamais la moitié de sa population du maximum historique (en 1876)[56]. Le mouvement de recul se poursuit jusqu’aux années 1960 : depuis, la population oscille entre 450 et 600 habitants.

Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école Eugène-Martel accueille 55 enfants de la maternelle à la primaire[57].

Équipements et services[modifier | modifier le code]

La commune dispose plusieurs services :

  • Une bibliothèque, créée en 1979,
  • Une "Maison du temps libre" (salle municipale mise à disposition des associations et ds particuliers)
  • Un CCAS
  • Un bureau de Poste
  • Une crèche halte-garderie (associative)

Sports[modifier | modifier le code]

Il y a une association de foot, l'US. Revestoise[58].

Santé et services sociaux[modifier | modifier le code]

Il y a un cabinet médical généraliste[59] et un ESAT qui accueille 61 personnes handicapées au domaine de la Haute-Lèbre[60].

Église paroissiale Saint-Clair

Cultes[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du secteur paroissial Montagne de Lure, ce qui permet au culte catholique d’être célébré en alternance dans l’église de Revest[61].

La commune vue par des ethnologues[modifier | modifier le code]

En 1971, des étudiants en ethnologie dans le cadre du CERESM, mis en place par l’Université de Provence d'Aix-en-Provence, étudièrent le village au point de vue de ses spécificités tant environnementales qu'économiques[62].

Battage du blé au Revest-du-Bion

Établi sur une butte, au centre de la commune, le village est le carrefour vers lequel convergent chemins, drailles et routes qui desservent ses exploitations agricoles dispersées ou qui le relient à l'extérieur[63]. Cette structuration oblige même de passer par le village pour se rendre d'une exploitation à l'autre[64]. Ce qui a donné à celui-ci une importance capitale comme centre de distribution des produits d'usage et de consommation au travers de ses commerces et de diffusion des nouvelles à partir de ses lieux publics[65]. Cette « attraction du centre » a son revers puisque les chemins partant d'une exploitation et pouvant permettre de rejoindre une autre commune, en particulier dans la partie septentrionale du Revest, sont rarement entretenus et praticables[64].

Elle a déterminé aussi un sentiment identitaire fort : « Je suis Revestois »[65], qualification signifiant « Je suis du Revest et de vieille souche »[66]. Ce sentiment de longue appartenance communautaire, s'est traduit par des définitions originales de celui qui est étranger à la commune. S'il est originaire du plateau, il est qualifié d'estrangié du dedans, s'il vient de la région c'est un estrangié du dehors, et tout autre origine le fait considérer comme un estrangié pas d'ici[65].

Lavoir de la Combe du Pommier

Il existe même un clivage dans la population communale entre ceux qui résident dans le village et ceux qui vivent à l'extérieur. Il marque le contraste, sans ostracisme, entre la paysannerie qui vit en quasi-autarcie dans son quartier, et l'urbanité des villageois qui ont à leur disposition sur place espaces et services publics, commerces et lieu de culte[66].

Sur le plateau, la dénomination de quartier s'applique a des zones habitées ou non. Il peut avoir une désignation patronymique, au Revest c'est le cas du Plan des Barruols, des Cléments, du Michalet, du Gendre et des Morards, ou une désignation géographique Combe de Bordeaux, Font d'Artigues, Combe du Pommier ou Le Médéric[66]. Jusqu'au milieu du XXe siècle, ceux qui vivaient de ces écarts devaient, trois fois par semaine, descendre au village pour faire leurs courses et prendre leurs pains chez le boulanger à qui ils avaient fourni la farine[67].

Jeu de boules sur l'avenue d'Apt au Revest-du-Bion
Lavoir et fontaine au Revest

C'est là qu'ils retrouvaient le « lieu cenral de la sociabilité villageoise », la place publique. Celle-ci concentrait dans un espace réduit un certain nombre de points attractifs. C'était un lieu de rencontre (bancs, cafés, lavoir), de loisir (terrain de pétanque), de relations économiques (commerces, services publics), un pôle des références (horloge publique) et aussi un lieu d'ostentation verbale et vestimentaire[68].

L'enquête a montré que dans le village, il y avait au cours des années 1970, une répartition de l'espace par sexe et classe d'âge. Aux hommes étaient réservés les cafés, le terrain de pétanque, la mairie et une place du village, les femmes se retrouvaient aux fontaines, au lavoir, dans les commerces et à l'église. Les personnes âgées séjournaient et conversaient dans des lieux toujours en retrait de ceux fréquentés par les actifs. Elles avaient leurs bancs réservés, à l’ombre l’été, en plein soleil, l’hiver. Quant aux enfants, il leur était réservé la nouvelle place du village[69].

Le Portissol

Dès le début du XXe siècle, la place du Portissol joua un rôle économique. C'est là que se tenaient les quatre foires du Revest, qu'était commercialisée la lavande et que furent répartis les commerces de détail qui permettaient l'approvisionnement domestique ainsi que la vente de la production ou de la cueillette des paysans[70].

Blé, pommes de terre, gibier, champignons, charbon de bois et ocre étaient vendus par le commerce local, certains produits, comme les grives ou les champignons, étaient troqués contre du café, du sucre, du chocolat, du savon ou des conserves[70].

Élevage d'ovins selon la pratique de l'élevage extensif
Zone commerciale de Sault

Si dans la seconde moitié du XXe siècle, l'approvisionnement ne se faisait plus uniquement au village, celui-ci jouait toujours son rôle pour la vente des céréales, de la laine, de la paille, du fourrage et des amandes. Tous ces produits transitaient par l'intermédiaire d'un courtier du Revest. Le miel, les champignons, les fromages, les œufs et les volailles étaient revendus en partie par les commerçants de la place du Portissol[67]. Les pommes de terre étaient revendues à Saint-Christol, les agneaux et la laine à Sault, les grives et les champignons à la conserverie de Saint-Trinit. Quant à la lavande elle était commercialisée par l'intermédiaire des courtiers de Séderon, Sault ou Carpentras[71]. La grande mutation s'est faite à la fin des années 1960 avec l'apparition à Sault, seule ville du plateau, de moyennes surfaces puis la création de la zone commerciale qui suivit[67].

Tommes de banon

Sur les communes du plateau d'Albion, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, se déroulaient nombre de foires, mais les Revestois ne fréquentaient quasi exclusivement que celles de leur village[62]. Les seules exceptions étaient celles de Sault (Rameaux, Saint-Jean, Notre-Dame et Sainte-Catherine), celle des Tommes qui se tenait à Banon pour la Saint-Pierre ainsi que la foire aux chevaux de Barret-de-Lioure[35]. Même si le village est montagnard par son altitude (950 mètres), il est situé sur un plateau permettant des communications faciles avec ses voisins[63]. La centralité du village sur le plateau lui permit d'avoir quatre foires par an, dont la plus importante était celle des Machottes, au début juillet[67]. Les foires attiraient paysans et bergers du Contadour, de Banon, de Sault, des Ferrassières et de Saint-Christol[35]. Elles jouaient un rôle important pour l'achat des chevaux et la vente des agneaux ; en ces occasions, un notaire de Banon venait au Revest pour enregistrer les transactions[67].

Au Revest, où règne majoritairement la grande propriété, compte tenu des rigueurs du climat et des différences de fertilité des sols, les exploitations agricoles se sont répartis des différents terroirs communaux (landes, bois, prés, terres labourables). Ce partage des différents finages est le corollaire du droit ancestral à l'eau et aux parcelles irrigables. Toutes les sources, puits, aiguiers et fontaines sont des propriétés communales[72].

Les landes et les bois — pour la chasse et la cueillette (champignons et châtaignes) — ainsi que les drailles — pour le passage des troupeaux — ont une gestion originale, compte tenu de leur importance économique[72]. Pour la chasse, par exemple, cela se traduit par des cotisations progressives imposées par les associations gestionnaires. Les propriétaires des terres communales ne payent qu'un minimum, tandis que les chasseurs n'ayant aucun lien avec la commune versent les plus grosses cotisations. Entre, existent des gradations de tarif pour le résident non-propriétaire, pour ceux qui sont originaires du Revest mais non-résidents ou pour la parentèle d'un propriétaire. Il en est de même pour la cueillette des châtaignes et des champignons[73].

Cette protection de la propriété communale se traduit aussi au niveau de la propriété familiale et singulièrement pour la maison, domaine essentiellement féminin. Être invité à entrer est le fruit de tout un rituel préliminaire et de longues palabres qui se conclut parfois par un « Achevez d'entrer »[74].

Évolution des origines matrimoniales au Revest-du-Bion entre 1853 et 1970[75].
Revest-du-Bion Total mariages Mariages endogamiques Mariages exogamiques
1853-1862 75 32 43
1883-1898 94 41 53
1921-1941 74 11 63
1963-1970 45 1 44

L'examen des aires matrimoniales a démontré qu'en un siècle il y a eu un bouleversement des rapports des habitants de la commune avec celles de l'extérieur. Le mariage endogamique (entre un couple du Revest ou du plateau d'Albion) a cédé le pas à l'exogamique avec des conjoints résidant à plus de 30 kilomètres. Jusqu'en 1940, les « aires matrimoniales » collaient parfaitement à une zone de relations économiques limitée au plateau[71]. Après la seconde Guerre mondiale cette limitation a commencé à voler en éclats pour atteindre une autre ampleur avec l'arrivée massive de la main-d'œuvre nécessaire à la création des infrastructures de la base et silos à missiles[35].

Économie[modifier | modifier le code]

Aperçu général[modifier | modifier le code]

En 2009, la population active s’élevait à 257 personnes, dont 29 chômeurs[76] (19 fin 2011[77]). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (79 %)[78] et travaillent majoritairement dans la commune (67 %)[78], ce qui est assez rare. Le secteur tertiaire est de loin le premier employeur de la commune.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait 24 établissements actifs au sens de l’Insee (exploitants non-professionnels inclus) et aucun emploi salarié[79].

Le nombre d’exploitations professionnelles, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est de 14 en 2010. Il était de 19 en 2000[80], de 37 en 1988[81]. Actuellement, ces exploitants sont essentiellement tournés vers l’élevage ovin et bovin[80]. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) a légèrement augmenté, de 1 905 à 2 048 ha[81]. Elle est ensuite restée stable dans les années 2000, à 2 015 ha[80].

La commune de Revest-du-Bion est située dans le périmètre de deux labels appellation d'origine contrôlée (AOC), huile essentielle de lavande de Haute-Provence et banon, et de dix-neuf labels indication géographique protégée (IGP) dont quatorze concernent les vins alpes-de-haute-provence (IGP) blanc, rouge et rosé et VDP de Méditerranée mousseux ou primeur blanc, rouge et rosé, les cinq restants étant le petit épeautre et sa farine, le miel de Provence, l’agneau de Sisteron, et les volailles de la Drôme[82].

Artisanat et industrie[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait 15 établissements, employant 38 salariés[79].

Eco Delta a installé une centrale solaire photovoltaïque sur la base de lancement de missiles du plateau d'Albion en novembre 2010. D’une puissance d’1,2 mégawatt en crête, elle occupe 3 ha[83].

Activités de service[modifier | modifier le code]

Gîte rural au Revest

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait 26 établissements (avec 10 emplois salariés), auxquels s’ajoutent les huit établissements du secteur administratif (regroupé avec le secteur sanitaire et social et l’enseignement), salariant 74 personnes[79].

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est d’une importance moyenne pour la commune[84]. Plusieurs structures d’hébergement à finalité touristique existent dans la commune :

Les résidences secondaires apportent un complément à la capacité d’accueil[92] : au nombre de 107, elles représentent 26 % des logements. Parmi les résidences secondaires, 10 possèdent plus d’un logement[86],[93].

L’Étang, à l’ouest du village, a été réaménagé en aire de pique-nique il y a quelques décennies[7].

Plusieurs commerces d'alimentation sont présents sur la commune : épicerie, boucherie, boulangerie, fromager (vente à la ferme). Bar, restaurant et presse tabac sont également représentés.

Une foire à la châtaigne a lieu au Revest-du-Bion[94].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Jean Giono a fait du Revest le village des frères Jason dans son roman Les deux cavaliers de l'orage[3].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Clocher de l'église Saint-Clair
La fontaine du village adossée au lavoir communal

L'église paroissiale Saint-Clair, qui a pris la place de l'ancienne prieurale, a gardé très peu de vestiges romans[95]. Elle est de style gothique : sa nef est voûtée en berceau dont la brisure est très accentuée ; le chœur à chevet plat est voûté sous croisée d’ogives. Le portail occidental est en plein cintre. Elle date de la fin du XVe siècle et du début du XVIe[96]. Les bas-côtés sont ajoutés au XVIIe. Le clocher est une tour construite au-dessus du chœur en 1675[97].

Le château qui se trouve au milieu du village date du XVIIe siècle. Mais sa structure a été absorbée dans les habitations. Seule reste intacte une tour d'angle circulaire[95]. Le village a gardé quelques restes des remparts de 1546, dont deux tours et le portail de Portissol[98].

Il se trouve un pigeonnier à l’Argaud[99]. Une croix de fer forgé, plantée dans la campagne, date de 1840[100], et un lavoir-fontaine à l'intérieur du village a été édifié au début du XXe siècle[95].

Habitat traditionnel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Habitat traditionnel provençal.

Les différentes formes d’habitat traditionnel provençal sont représentées dans la commune : village perché avec maisons en hauteur, où hommes et bêtes vivaient sous le même toit, mais aussi des maisons isolées dans les collines. Au XIXe siècle se sont ajoutées hors du village des maisons à terre. Toutes ces constructions sont pensées pour les besoins agricoles : terrasse pour sécher les fruits, grenier pour serrer le foin et le grain.

Les pigeonniers de particuliers sont souvent construits au XIXe siècle, et se signalent par des plaques vernissées en façade, protégeant les oiseaux des rongeurs. L'approvisionnement en eau des différentes constructions était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture.

Les cabanons fournissent un habitat aménagé près de champs ou de vignes éloignées.

Notre-Dame-de-l’Ortiguière[modifier | modifier le code]

Signalée par Serge Panarotto comme une des chapelles intéressantes de la région[101], la chapelle Notre-Dame-de-l’Ortiguière, isolée sur le plateau, est construite au XIIe siècle[102]. Elle est alors nommée Notre-Dame-de-la-Forêt-d’Albion[101], mais il ne subsiste de cette époque que le chœur à chevet plat ; encore, la voûte sous croisée d’ogives du chœur date du XIVe, avec remploi de sculptures romanes. Les nervures du chœur retombent sur des atlantes sculptés de façon primitive. Le chœur est encore orné de personnages, d’animaux, de motifs végétaux[102]. Sa première destruction intervient au XVIe siècle selon Raymond Collier[103] (en 1392 selon Panarotto[101],[29]). Elle est reconstruite en 1665[101],[103], lorsqu’on découvre une statue de la Vierge dans les décombres[29]. À cette occasion, un ermitage lui est ajouté contre le chœur, allongeant ainsi sa silhouette[101]. Elle est à nouveau détruite au début du XIXe siècle[103]. Le Concordat permet sa reconstruction. Elle est restaurée une dernière fois en 1973[2].

Dans son mobilier, le calice et la patène d’argent, datant du XVIIe siècle, sont classés monuments historiques au titre objet[104].

Au cours du XVIe siècle et du XVIIIe siècle, la chapelle était un sanctuaire à répit : elle servait à baptiser des enfants morts avant d'avoir reçu ce sacrement. Ce « rite de suscitation » se déroulait avec parrain et marraine et l'officiant ondoyait l'enfant censé donner à ce moment-là signe de vie[105]. Un pèlerinage actif se développe alors, et des miracles y sont observés[29].

La fête des produits de la terre y a lieu au mois de mai[29].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, De la maison aux lointains in Pratiques et représentation de l'espace dans les communautés méditerranéennes, Publications du CNRS, Marseille, 1976.
  • Guy Barruol, André de Réparaz, Jean-Yves Royer (directeurs de la publication), La montagne de Lure, encyclopédie d’une montagne en Haute-Provence, Forcalquier, Alpes de Lumière, collection « Les Alpes de Lumière », no 145-146, 2004, (ISBN 2-906162-70-1), 320 p.
  • Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin. Arts et traditions populaires, Éd. Aubanel, 1992, (ISBN 2700600614)
  • Patrick Ollivier-Elliott, Terres de Sault, d'Albion et de Banon, Édisud, Aix-en-Provence, 1996, (ISBN 2857448597)
  • Patrick Saletta (sous la direction de), Haute Provence et Vaucluse - Les Carnets du Patrimoine, Les Guides Masson, Paris, (ISBN 2707204080)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Roger Brunet, « Canton de Banon », Le Trésor des régions, consultée le 9 juin 2013
  2. a, b et c Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Patrick Ollivier-Elliott, op. cit., p. 79.
  4. Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : faune et flore du plateau d'Albion
  5. Fiche du ravin du Brusquet sur le site du SANDRE
  6. Guy Barruol, « L’eau apprivoisée », in Guy Barruol, André de Réparaz, Jean-Yves Royer (directeurs de la publication), La montagne de Lure, encyclopédie d’une montagne en Haute-Provence, Forcalquier, Alpes de Lumière, collection « Les Alpes de Lumière », no 145-146, 2004, (ISBN 2-906162-70-1), 320 p., p. 53 et 54
  7. a et b Guy Barruol, Ibid., p. 55
  8. Guy Barruol, op. cit., p. 16-17.
  9. Météo-France, « Réseau des postes du Sud-Est « Copie archivée » (version du 1 novembre 2014 sur l'Internet Archive) », Climathèque, consultée le 11 mars 2013
  10. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39
  11. a et b Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 13 août 2012
  12. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, p. 37
  13. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 97
  14. Formulaire de recherche « Copie archivée » (version du 25 mai 2012 sur l'Internet Archive), base Dicrim, consultée le 13 août 2012
  15. TransVaucluse Fiche horaire ligne 16.2 « Copie archivée » (version du 19 avril 2017 sur l'Internet Archive)
  16. a, b et c Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Flore du plateau d'Albion
  17. Les champignons en Vaucluse
  18. a, b, c et d Inventaire du patrimoine naturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur : Faune du plateau d'Albion
  19. Occitan revers : revers, envers, partie opposée à l'endroit, lieu exposé au nord (Louis Alibert, Dictionnaire occitan-français, IEO, Toulouse 1966-1976).
  20. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 1 : Formations préceltiques, celtiques, romanes, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 193), , 1869 p. (ISBN 978-2-600-02884-4, lire en ligne)., § 2224, p. 10661
  21. Bénédicte Fénié, Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, 2002 (réédition), (ISBN 978-2-87901-442-5), p. 103
  22. a, b, c, d, e, f, g et h Guy Barruol, Claude Martel, Jean-Yves Royer, « Glossaire lié à la topographie et à la toponymie de Lure », in Barruol, Réparaz, Royer, op. cit., p. 229
  23. Fénié & Fénié, op. cit., p. 18
  24. Philippe Blanchet, Petit dictionnaire des lieux-dits en Provence, Montfaucon, Librairie contemporaine, 2003, (ISBN 2-905405-22-8), p. 23
  25. Claude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in Barruol, Réparaz, Royer, op. cit., p. 220
  26. Guy Barruol, « L’eau apprivoisée », op. cit., p. 53
  27. Irène Magnaudeix et alii, Pays de Haute-Provence : de Lure au Luberon. Manosque, pays de Forcalquier, de la montagne de Lure au Luberon, guide de découverte par les chemins, ADRI/Les Alpes de Lumière, 1999, (ISBN 2-906924-25-3), (ISBN 2-906162-47-7), p. 28
  28. Audrey Becker-Piriou, « De Galla Placidia à Amalasonthe, des femmes dans la diplomatie romano- barbare en Occident ? », Revue historique, 2008/3, n° 647, p. 531.
  29. a, b, c, d, e, f, g et h Daniel Thiery, « Revest-du-Bion », Archeo Provence, publié le 22 décembre 2011, mis à jour le 23 décembre 2011, consulté le 24 juin 2012
  30. a, b, c, d, e, f, g et h Patrick Ollivier-Elliott, op. cit., p. 80.
  31. Henri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, p. 71.
  32. Jean-Christophe Labadie (directeur), Les Maisons d’école, Digne-les-Bains, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013, (ISBN 978-2-86-004-015-0), p. 9.
  33. Labadie, op. cit., p. 16.
  34. Labadie, op. cit., p. 11.
  35. a, b, c et d H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 63.
  36. Office de Tourisme d'Apt, « Le plateau d'Albion »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  37. ONERA/DPRS, Graves - Le système français de surveillance de l'espace.
  38. GRAVES Sourcebook
  39. F1SRX, « Un radar Haut Saônois pour la surveillance des espions en orbite dans le ciel français », Radionet, publié le 16 juin 2007.
  40. « Bagdad subit une série d'attaques meurtrières », Le Monde,‎ (lire en ligne)
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  43. [Sébastien Thébault, Thérèse Dumont], « La Libération », Basses-Alpes 39-45, publié le 31 mars 2014, consulté le 3 avril 2014.
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  46. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, « Liste des maires « Copie archivée » (version du 22 octobre 2014 sur l'Internet Archive) », 2014, consultée le 20 octobre 2014.
  47. « Impôts locaux à Revest-du-Bion », taxes.com
  48. Loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 (Légifrance)
  49. Annuaire des villes jumelées
  50. Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (notice BnF no FRBNF35450017), p. 192
  51. EHESS, notice communale de Revest-du-Bion sur la base de données Cassini, consultée le 28 juillet 2009
  52. « Résultats du recensement de la population - Revest-du-Bion », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  53. « Recensement de la population au 1er janvier 2005 », sur Archives Wikiwix du site de l'Insee (consulté le 5 mars 2014)
  54. « Recensement de la population au 1er janvier 2010 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  55. « Populations légales 2011 en vigueur le 1er janvier 2014 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2014)
  56. Christiane Vidal, « Chronologie et rythmes du dépeuplement dans le département des Alpes de Haute- Provence depuis le début du XIX' siècle. », Provence historique, tome 21, no 85, 1971, p. 289.
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  59. Médecin généraliste au Revest-du-Bion
  60. ESAT du domaine de la Haute-Lèbre
  61. Diocèse de Digne, Secteur Montagne de Lure « Copie archivée » (version du 27 novembre 2010 sur l'Internet Archive)
  62. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 30.
  63. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 31.
  64. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 35.
  65. a, b et c H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 33.
  66. a, b et c H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 34.
  67. a, b, c, d et e H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 48.
  68. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 38.
  69. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 45.
  70. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 47.
  71. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 62.
  72. a et b H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 53.
  73. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 54.
  74. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 56.
  75. H. Balfet, C. Bromberger et G. Ravis-Giordani, op. cit., p. 57.
  76. Insee, Dossier local - Commune : Revest-du-Brousses, p. 5 (mis à jour le 28 juin 2012)
  77. Insee, Dossier local, p. 8
  78. a et b Insee, Dossier local, p. 7
  79. a, b et c Insee, Dossier local, p. 16
  80. a, b et c Ministère de l'Agriculture, « Orientation technico-économique de l’exploitation », Recensements agricoles 2010 et 2000. (lien : attention, le fichier fait 4,4 Mio)
  81. a et b Insee, « Exploitations agricoles en 1988 et 2000 », Insee, 2012 (fichier de 24,6 Mio)
  82. « Liste des produits par commune : Pierrerue », sur INAO
  83. Catherine Houbart, « Multiplication des fermes solaires dans les Alpes-de-Haute-Provence », L’Usine nouvelle, publié le 23 octobre 2010, consulté le 1er mai 2013
  84. Observatoire départemental du tourisme, Atlas de l'hébergement touristique, décembre 2008, p. 6
  85. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 21, 23 et 24
  86. a et b Insee, Dossier local, op. cit., p. 17
  87. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 32
  88. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 36
  89. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 38
  90. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 30
  91. André de Réparaz, Ibid., p. 160
  92. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 44
  93. Insee, « Hébergements touristiques des communes, 2008, 2009 et 2012 », Insee, 2012 (fichier de 20,8 Mio)
  94. André de Réparaz, « Le Tourisme », in Barruol, Réparaz, Royer, op. cit., p. 162
  95. a, b et c Carnets du patrimoine, op. cit., p. 418.
  96. Raymond Collier, op. cit., p. 180
  97. Raymond Collier, op. cit., p. 212-213
  98. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, , 559 p., p. 300.
  99. Raymond Collier, op. cit., p. 444.
  100. Raymond Collier, op. cit., p. 520.
  101. a, b, c, d et e Serge Panarotto, Chapelles de Provence : chapelles rurales et petits édifices religieux, Édisud, Aix-en-Provence, 2007, collection « Patrimoines », (ISBN 978-2-7449-0817-0), p. 47
  102. a et b Raymond Collier, op. cit., p. 460
  103. a, b et c Raymond Collier, op. cit., p. 143
  104. « calice, patène », notice no PM04000837, base Palissy, ministère français de la Culture, Arrêté du 8 juin 2000, consultée le 2 décembre 2008
  105. Notre-Dame de l'Ortiguière à Revest-du-Bion
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale