Réchauffement climatique en France

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Le réchauffement climatique en France est l'impact local du réchauffement climatique mondial.

Réchauffement effectif[modifier | modifier le code]

Au cours du XXe siècle, la température en France métropolitaine a augmenté de plus de 1 °C en France métropolitaine, contre 0,6 °C en moyenne sur Terre[1].

Plus précisément, en France métropolitaine la moyenne 2011-2020 des températures est de 13.4 °C alors qu'elle était de 11.6 °C sur la période 1951-1980 (voir Température moyenne en France métropolitaine).

Le nombre de jours de gel en hiver a diminué sur la période 1951-2000 (de l'ordre de 3 à 4 jours tous les 10 ans à Toulouse et de 4 à 5 jours à Nancy)[1]. Le nombre de jours où la température dépasse 25 °C en été augmente de 4 jours tous les 10 ans à Paris et de plus de 5 jours à Toulouse[1].

Prospective nationale[modifier | modifier le code]

L'élévation de température pourrait augmenter le nombre de jour de canicules en 2100[2]. Alors que le nombre de jours de canicule est actuellement de 3 à 10 par an, il pourrait s'élever à une moyenne de 20 à 40 en 2100, rendant banale la canicule exceptionnelle de 2003[2]. Selon une étude parue dans Nature climate change, ces canicules plus fréquentes seraient déclenchées par une modification de la circulation atmosphérique à toutes les altitudes, y compris du courant-jet, ce dernier migrant plus au nord, sous l'effet de la rétraction estivale des glaces et neiges arctiques[3]. Selon les prévisions du GIEC basées « sur une absence de politique climatique », et correspondant à une augmentation de °C de la température moyenne du globe à « l’horizon 2071-2100 », les températures maximales pourraient dépasser les 55 °C dans le quart nord-est du pays[4].

Les précipitations seraient plus importantes en hiver, mais moindres en été. Les régions connaissant des durées de plus de 25 jours consécutifs sans pluie, actuellement limitées au sud-est de la France, s'étendraient à la moitié ouest du territoire[5].

D'une façon générale, les espèces arborées en France vont connaître une remontée vers le nord. Ce modèle repose sur plusieurs scénarios du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de 2007 :

  • Un scénario optimiste B2 prévoit une augmentation des températures de °C d'ici 2100 ;
  • Un scénario pessimiste A2 prévoit une augmentation des températures de 3,5 °C d'ici 2100.

On voit dans les deux cas une diminution de l’aire de répartition des 3 types de climats non méditerranéens (montagnard, continental et atlantique) et une augmentation de celle des espèces méditerranéennes[6]. Plus particulièrement : L'épicéa risquerait de disparaître du Massif central et des Pyrénées. En revanche, le chêne sessile, très répandu en France, ferait preuve d'une certaine résilience[7], alors que le pin maritime, actuellement implanté dans la moitié sud, s'étendrait aussi dans la moitié nord de la France et l'olivier s'étendrait dans le Sud-Ouest, marquant une étendue du climat méditerranéen[8][réf. nécessaire].

Les cultures du midi méditerranéen, telles que celle de l'olivier, pourraient aussi s'implanter dans la vallée du Rhône. On peut désormais trouver des oliviers en tant qu'arbres d'ornement sur toute la façade sud-ouest de l'océan Atlantique, et ce jusqu'en Vendée. Par contre, faute d'eau suffisante, la culture du maïs serait limitée à la partie nord et nord-est du territoire. Les céréales verraient leur rendement augmenter si l'élévation de température ne dépasse pas °C, par contre, si elle était supérieure, les plantes cultivées auraient du mal à s'adapter et on pourrait craindre des difficultés agricoles.

Les chutes de neige seraient moins abondantes, entraînant un moindre approvisionnement en eau des fleuves, mais également des difficultés économiques pour les villages de montagne. Ainsi, les stations de ski situées à moins de 1 500 m d'altitude seraient amenées à fermer leurs pistes et à se reconvertir.

Du fait du réchauffement climatique, les espèces animales et végétales, du fait de leur acclimatation, ont tendance à se déplacer des zones chaudes vers les zones auparavant froides.

Un exemple concret est celui du retrait du hêtre, plus haut en altitude. En effet cet arbre a besoin d'un climat froid.

En ce qui concerne les insectes, on s'aperçoit qu'ils changent leurs cycles de vie et leurs habitudes. On a vu en des essaims de frelons asiatiques encore actifs, alors que normalement, les nids sont désertés dès le mois de décembre ou janvier (source[9]).

Le déplacement de l'aire de répartition des espèces[modifier | modifier le code]

Prospective climatique régionale[modifier | modifier le code]

En 2012, des scénarios régionalisés ont été publiés[10] par l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), sous la direction de Jean Jouzel, avec des indices de références pour la métropole[11], et des éléments prospectifs concernant la montée du niveau de la mer[12]. C'est un outil d'aide à la décision, complémentaire du Schéma régional climat air énergie (SRCAE).

Le a été publié le volume 4 du rapport « Le climat de la France au XXIe siècle », présentant les résultats pour la France des nouveaux scénarios du GIEC ; ses principales conclusions[13] sont :

  • à l'horizon 2021-2050 : hausse des températures moyennes de 0,6 à 1,3 °C, selon les scénarios, par rapport à la période de référence 1976-2005 ; cette hausse serait plus importante dans le Sud-Est en été (+1,5 à +°C) ;
  • à l'horizon 2071-2100 :
    • une forte hausse des températures moyennes : de 0,9 à 3,4 °C-3,6 °C en hiver et de 1,3 °C à 2,6 °C-5,3 °C en été, selon les scénarios (les valeurs les plus élevées étant celles des scénarios prolongeant les tendances passées, les plus basses celles des scénarios supposant des actions très volontaristes) ; dans le Sud-Est, la hausse pourrait largement dépasser °C en été ;
    • une forte augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, pouvant dépasser vingt jours dans le Sud-Est ;
    • une augmentation des épisodes de sécheresse, surtout dans le Sud ;
    • une diminution des extrêmes froids : 6 à 10 jours de moins dans le Nord-Est, moins ailleurs et peu marquée dans le Sud ;
    • une hausse des précipitations hivernales ;
    • un renforcement du taux de précipitations extrêmes.

Le rapport complet est téléchargeable[14].

En 2015, la région Aquitaine a également fait faire une étude très détaillée sur l'évolution du climat aquitain à l'horizon 2050, sous la direction du climatologue Hervé le Treut, membre du GIEC et de l'Académie des sciences. C'est la première étude d'une telle ampleur à l'échelle d'une région : elle a requis 170 scientifiques de domaines variés pendant deux ans[15].

Perception par l'opinion publique et les parlementaires[modifier | modifier le code]

Selon une enquête par sondage réalisée pour le compte de l’Agence de la transition écologique :

  • 65 % des Français attribuent, en 2020, « les désordres du climat (tels que les tempêtes ou les inondations en France) » à l'effet de serre ;
  • 77 % des parlementaires français attribuent, en 2020, « les désordres du climat (tels que les tempêtes ou les inondations en France) » à l'effet de serre, contre 21 % en 2003 ;
  • interrogés sur le point de savoir si « le changement climatique sera limité à des niveaux raisonnables d’ici à la fin du siècle », 39 % des Français répondent positivement en 2020, contre 54 % des parlementaires[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Le réchauffement climatique observé à l'échelle du globe et en France », sur meteofrance.fr (consulté le 6 décembre 2020).
  2. a et b [PDF]Le changement climatique et ses effets de l’échelle globale à régionale : Etat des lieux, cerema.fr du 18 Novembre 2015, consulté le 11 juillet 2019
  3. Climat : les canicules vont se multiplier, liberation.fr, .
  4. Anissa Boumediene, « Canicule: Comment fera-t-on s'il fait 55 degrés en 2050? », sur 20minutes.fr, (consulté le 7 juin 2019).
  5. supplément, passages II-III.
  6. [PDF] Non trouvé le 8 juin 2019, agriculture.gouv.fr.
  7. Résilience du chêne sessile aux variations climatiques en Europe, inra.fr, consulté le 8 juin 2019
  8. supplément, passages IV-V.
  9. « Chronologie des traductions référencées », Anabases, no 20,‎ , p. 287–290 (ISSN 1774-4296 et 2256-9421, DOI 10.4000/anabases.5094, lire en ligne, consulté le 11 décembre 2020)
  10. Y. Peings, M. Jamous, S. Planton, H. Le Treut, sous la direction de J. Jouzel, vol. 1 : Scénarios régionalisés - - - Énergies et climat.
  11. Y. Peings, M. Jamous, S. Planton, H. Le Treut, M. Déqué, H. Gallée, L. Li, sous la direction de J. Jouzel, vol. 2 : Scénarios régionalisés - Indices de référence pour la métropole - .
  12. S. Planton, A. Cazenave, P. Delecluse, N. Dorfliger, P. Gaufrès, D. Idier, M. Jamous, G. Le Cozannet, H. Le Treut, Y. Peings, sous la direction de J. Jouzel, vol. 3 : Évolution du niveau de la mer - - - Énergies et climat.
  13. Le climat de la France au XXIe siècle : actualisation des projections, Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’énergie, .
  14. Le climat de la France au XXIe siècle - vol. 4, ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, .
  15. « Comprendre, prévoir et agir pour le climat en Aquitaine »
  16. Patrick Jolivet et Daniel Boy, « Les parlementaires face au changement climatique : quelles convergences avec les Français ? », sur theconversation.com, (consulté le 9 février 2021).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]