Réchauffement climatique en France

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Article principal : Réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique en France est l'impact local du réchauffement climatique mondial.

Présentation[modifier | modifier le code]

L'élévation de température pourrait augmenter le nombre de jour de canicules en 2100[1]. Alors que le nombre de jours de canicule est actuellement de 3 à 10 par an, il pourrait s'élever à une moyenne de 20 à 40 en 2100, rendant banale la canicule exceptionnelle de 2003[1]. Selon une étude parue dans Nature climate change, ces canicules plus fréquentes seraient déclenchées par une modification de la circulation atmosphérique à toutes les altitudes, y compris du courant-jet, ce dernier migrant plus au nord, sous l'effet de la rétraction estivale des glaces et neiges arctiques[2]. Selon les prévisions du GIEC basées « sur une absence de politique climatique », et correspondant à une augmentation de °C de la température moyenne du globe à « l’horizon 2071-2100 », les températures maximales pourraient dépasser les 55 °C dans le quart nord-est du pays[3].

Les précipitations seraient plus importantes en hiver, mais moindres en été. Les régions connaissant des durées de plus de 25 jours consécutifs sans pluie, actuellement limitées au sud-est de la France, s'étendraient à la moitié ouest du territoire[4].

D'une façon générale, les espèces arborées en France vont connaître une remontée vers le nord. Ce modèle repose sur plusieurs scénarios du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de 2007 :

  • Un scénario optimiste B2 prévoit une augmentation des températures de °C d'ici 2100 ;
  • Un scénario pessimiste A2 prévoit une augmentation des températures de 3,5 °C d'ici 2100.

On voit dans les deux cas une diminution de l’aire de répartition des 3 types de climats non méditerranéens (montagnard, continental et atlantique) et une augmentation de celle des espèces méditerranéennes[5]. Plus particulièrement : L'épicéa risquerait de disparaître du Massif Central et des Pyrénées. En revanche, le chêne sessile, très répandu en France, ferait preuve d'une certaine résilience[6], alors que le pin maritime, actuellement implanté dans la moitié sud, s'étendrait aussi dans la moitié nord de la France et l'olivier s'étendrait dans le Sud-Ouest, marquant une étendue du climat méditerranéen[7][réf. nécessaire].

Les cultures du midi méditerranéen, telles que celle de l'olivier, pourraient aussi s'implanter dans la vallée du Rhône. On peut désormais trouver des oliviers en tant qu'arbres d'ornement sur toute la façade sud-ouest de l'océan Atlantique, et ce jusqu'en Vendée. Par contre, faute d'eau suffisante, la culture du maïs serait limitée à la partie nord et nord-est du territoire. Les céréales verraient leur rendement augmenter si l'élévation de température ne dépasse pas °C, par contre, si elle était supérieure, les plantes cultivées auraient du mal à s'adapter et on pourrait craindre des difficultés agricoles.

Les chutes de neige seraient moins abondantes, entraînant un moindre approvisionnement en eau des fleuves, mais également des difficultés économiques pour les villages de montagne. Ainsi, les stations de ski situées à moins de 1 500 m d'altitude seraient amenées à fermer leurs pistes et à se reconvertir.

Prospective climatique régionale[modifier | modifier le code]

En 2012, des scénarios régionalisés ont été publiés[8] par l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), sous la direction de Jean Jouzel, avec des indices de références pour la métropole[9], et des éléments prospectifs concernant la montée du niveau de la mer[10]. C'est un outil d'aide à la décision, complémentaire du Schéma régional climat air énergie (SRCAE).

Le a été publié le volume 4 du rapport « Le climat de la France au XXIe siècle », présentant les résultats pour la France des nouveaux scénarios du GIEC ; ses principales conclusions[11] sont :

  • à l'horizon 2021-2050 : hausse des températures moyennes de 0,6 à 1,3 °C, selon les scénarios, par rapport à la période de référence 1976-2005 ; cette hausse serait plus importante dans le Sud-Est en été (+1,5 à +°C) ;
  • à l'horizon 2071-2100 :
    • une forte hausse des températures moyennes : de 0,9 à 3,4 °C-3,6 °C en hiver et de 1,3 °C à 2,6 °C-5,3 °C en été, selon les scénarios (les valeurs les plus élevées étant celles des scénarios prolongeant les tendances passées, les plus basses celles des scénarios supposant des actions très volontaristes) ; dans le Sud-Est, la hausse pourrait largement dépasser °C en été ;
    • une forte augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, pouvant dépasser vingt jours dans le Sud-Est ;
    • une augmentation des épisodes de sécheresse, surtout dans le Sud ;
    • une diminution des extrêmes froids : 6 à 10 jours de moins dans le Nord-Est, moins ailleurs et peu marquée dans le Sud ;
    • une hausse des précipitations hivernales ;
    • un renforcement du taux de précipitations extrêmes.

Le rapport complet est téléchargeable[12].

En 2015, la région Aquitaine a également fait faire une étude très détaillée sur l'évolution du climat aquitain à l'horizon 2050, sous la direction du climatologue Hervé le Treut, membre du GIEC et de l'Académie des sciences. C'est la première étude d'une telle ampleur à l'échelle d'une région : elle a requis 170 scientifiques de domaines variés pendant deux ans[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF]Le changement climatique et ses effets de l’échelle globale à régionale : Etat des lieux, cerema.fr du 18 Novembre 2015, consulté le 11 juillet 2019
  2. Climat : les canicules vont se multiplier, liberation.fr, .
  3. Anissa Boumediene, « Canicule: Comment fera-t-on s'il fait 55 degrés en 2050? », sur 20minutes.fr, (consulté le 7 juin 2019).
  4. supplément, passages II-III.
  5. [PDF] Non trouvé le 8 juin 2019, agriculture.gouv.fr.
  6. Résilience du chêne sessile aux variations climatiques en Europe, inra.fr, consulté le 8 juin 2019
  7. supplément, passages IV-V.
  8. Y. Peings, M. Jamous, S. Planton, H. Le Treut, sous la direction de J. Jouzel, vol. 1 : Scénarios régionalisés - - - Énergies et climat.
  9. Y. Peings, M. Jamous, S. Planton, H. Le Treut, M. Déqué, H. Gallée, L. Li, sous la direction de J. Jouzel, vol. 2 : Scénarios régionalisés - Indices de référence pour la métropole - .
  10. S. Planton, A. Cazenave, P. Delecluse, N. Dorfliger, P. Gaufrès, D. Idier, M. Jamous, G. Le Cozannet, H. Le Treut, Y. Peings, sous la direction de J. Jouzel, vol. 3 : Évolution du niveau de la mer - - - Énergies et climat.
  11. Le climat de la France au XXIe siècle : actualisation des projections, Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’énergie, .
  12. Le climat de la France au XXIe siècle - vol. 4, ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, .
  13. « Comprendre, prévoir et agir pour le climat en Aquitaine »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]