Val-de-Chalvagne

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Val-de-Chalvagne
Col de Laval à Montblanc.
Col de Laval à Montblanc.
Blason de Val-de-Chalvagne
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Castellane
Canton Castellane
Intercommunalité Communauté de communes Alpes Provence Verdon - Sources de Lumière
Maire
Mandat
Christian Gatti
2014-2020
Code postal 04320
Code commune 04043
Démographie
Gentilé Chalvagnards
Population
municipale
85 hab. (2014 en augmentation de 26,87 % par rapport à 2009)
Densité 2,6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 54′ 54″ nord, 6° 48′ 30″ est
Altitude Min. 599 m
Max. 1 587 m
Superficie 32,57 km2
Localisation

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Site web Site officiel

Val-de-Chalvagne est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Chalvagnards[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

 Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Val-de-Chalvagne et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Tout le village de Castellet tient dans le château et ses environs immédiats.

Le village ancien de Montblanc est un village perché sur un éperon rocheux.

Les communes limitrophes de Val-de-Chalvagne sont Entrevaux, La Rochette, Amirat, Briançonnet, Ubraye.

Le périmètre de protection de la Réserve naturelle géologique de Haute-Provence couvre également la commune de Val-de-Chalvagne.

Relief et environnement[modifier | modifier le code]

Le col du Trébuchet, et le pic de Chabran (1 541 m).

Points remarquables :

La commune compte 2 063 ha de bois et forêts, soit 63 % de sa superficie[1].

Hydrographie et les eaux souterraines[modifier | modifier le code]

Val de Chalvagne est la commune source de la rivière Chalvagne[2], un affluent droit du Var de rang de Strahler trois.

Cours d'eau sur la commune ou à son aval[3] :

  • ravins du riou, du ray, des tuves, des buis, du gros vallon, de la combe dorade, de paillon, des cognas, de l'ajas, de la pinée, de fontanil, de l'ubac, du tric, de gueidon, du farnet,
  • torrents la chalvagne, la ribière,
  • vallons du pestré, du castellet[4].

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton d’Entrevaux auquel appartient Val-de-Chalvagne est en zone 2 (risque moyen) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[5], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[6]. La commune de Val-de-Chalvagne est également exposée à trois autres risques naturels[6] :

  • feu de forêt,
  • inondation,
  • mouvement de terrain.

La commune de Val-de-Chalvagne n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture[7].

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[7] mais le Dicrim existe depuis 2011[8].

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en 1989 et en 1994 pour des inondations et des coulées de boue[6].

Économie[modifier | modifier le code]

Aperçu général[modifier | modifier le code]

En 2009, la population active s’élevait à 38 personnes, dont un chômeur[9] (sept chômeurs fin 2011[10]). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (26 sur 37)[11] et travaillent majoritairement hors de la commune (27 actifs sur 37)[11]. L’essentiel des emplois de la commune se trouvent dans le secteur tertiaire, qui concentre également plus de la moitié des établissements actifs[12].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait trois établissements actifs au sens de l’Insee[12], l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture ne recensant pour sa part aucune exploitation professionnelle depuis le début des années 2000[13], contre neuf en 1988. Ces neuf exploitations utilisaient une surface agricole utile (SAU) de 313 ha[14].

Industrie[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait six établissements, n’employant aucun salarié[12].

Activités de service[modifier | modifier le code]

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait six établissements (avec trois emplois salariés), auxquels s’ajoutent quatre établissements du secteur administratif (regroupé avec le secteur sanitaire et social et l’enseignement), salariant une personne[12].

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est importante pour la commune, avec plus de cinq touristes accueillis par habitant[15], l’essentiel de la capacité d'hébergement étant non-marchande[16]. Quelques structures d’hébergement à finalité touristique existent dans la commune :

  • en meublé[17] ;
  • un hébergement collectif existe[18].

Les résidences secondaires apportent un complément appréciable à la capacité d’accueil[19] : au nombre de 86, elles représentent les deux tiers des logements ; 25 résidences secondaires possèdent plus d’un logement[20],[21].

Les Gouttes d’O est une coopérative agricole, qui tient également un gîte et un camping[22].

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune résulte de la fusion des communes de Castellet-Saint-Cassien, Montblanc et Villevieille en 1973 : elle prend alors le nom de Val-de-Chalvagne[23].

Castellet-Saint-Cassien apparaît pour la première fois dans les chartes en 1043[24], sous différents noms : Mosterium de Sancto Honorato (« couvent Saint-Honorat ») et Castelletum S. Cassiani (XIIIe siècle)[25]. Il tire son nom du château des Glandevès (seigneurs du lieu à partir de 1231 et jusqu’à la Révolution)[26]. Selon Ernest Nègre, le nom apparaît vers 1200, sous le nom de Castelleto, qui signifie en occitan petit village fortifié[26]. Lorsqu’il en est fait don à l’abbaye Saint-Victor de Marseille en 1043, avec le château d’Amirat[24]un moulin est déjà installé[24]. Déserté en 1471 après la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans), il compte 75 habitants en 1765[25].

Montblanc apparaît pour la première fois dans les chartes vers 1200[24] (Monte Albo[24]). La communauté comptait 5 feux en 1471 et 155 habitants en 1765[27].

Villevieille apparaît pour la première fois dans les chartes en 1137, sous le même nom (Villa Vetus)[28],[29]. La communauté a occupé plusieurs sites successivement : tout d’abord, à l’âge du fer, la colline où se trouve la chapelle Saint-Nicolas[30],[31]accueille l’habitat. À l’époque gallo-romaine, il descend du côté Est de ce sommet, au lieu-dit Fontantige, avant de revenir au Moyen Âge sur la colline. Enfin, à la fin du Moyen Âge, la communauté recrée son village au pied de la colline, mais du côté ouest[24]. Il y a probablement eu une installation gallo-romaine au Villars[24]. Elle comptait 14 maisons habitées en 1540, et 159 habitants en 1765[29]. Durant la Révolution, une société patriotique s’y crée après la fin de 1792[32].

Les trois communes ont toutes été fief des Glandevès : Castellet-Saint-Cassien dès le XIIIe siècle et jusqu’à la Révolution[25], Montblanc était un fief qui dépendait de la baronnie des Glandevès[27], et les Glandevès furent seigneurs de Villevieille du XIIe au XVe siècle, avant que les Villeneuve leur succèdent du XVIe au XVIIe siècles, puis les Sabran au XVIIIe[29]. Jusqu’en 1245, les trois communautés relevaient de la baillie d’Outre-Siagne, circonscription administrative du comté de Provence. Celle-ci est ensuite démembrée en plusieurs circonscriptions plus petites, et après une période de stabilisation, on sait qu’en 1264 les trois communautés faisaient partie de la viguerie de Puget-Théniers[33]. Elles ont ensuite été rattachées à celle d’Annot à sa création au XVIIIe siècle[24].

La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du 15 septembre 1807 précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. En 1817, les cadastres dit napoléoniens de Castellet-Saint-Cassien et de Villevieille sont achevés. Celui de Montblanc attend 1830[34].

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression s’abat sur ceux qui se sont levés pour défendre la République, dont un habitant de Castellet-Saint-Cassien[35].

Comme de nombreuses communes du département, celles de Castellet-Saint-Cassien, Montblanc et Villevieille se dotent d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle comptent chacune leur école dispensant une instruction primaire aux garçons, au village chef-lieu[36]. Aucune instruction n’est donnée aux filles : ni la loi Falloux (1851), qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants[37], ni la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concernent les trois communes[38]. Si Castellet-Saint-Cassien profite de la deuxième loi Duruy (1877) pour rénover son école, ce n’est qu’avec les lois Ferry que les filles des trois communes sont scolarisées.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Val-de-Chalvagne Blason De gueules au château de trois tours d’or posé en perspective chargé en pointe d’une fusée d’argent brochante, à l’aigle d’azur, la poitrine surchargée de la lettre capitale V d’or et brochant sur le tout en pointe[39],[40].
Détails Issue de la fusion de trois communes en 1973 : Castellet-Saint-Cassien, Montblanc et Villevieille.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Castellet-Saint-Cassien, puis de Val-de-Chalvagne
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Édouard Jean[41]    
         
mars 1973   Germaine Léon    
avant 2005 en cours
(au 21 octobre 2014)
Christian Gatti[42],[43] sans étiquette Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Budget et fiscalité 2016[modifier | modifier le code]

En 2015, le budget de la commune était constitué ainsi[44] :

  • total des produits de fonctionnement : 172 000 €, soit 1 315 € par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 97 000 €, soit 743 € par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 75 000 €, soit 573 € par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 74 000 €, soit 563 € par habitant.
  • endettement : 83 000 €, soit 632 € par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 14,37 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 18,91 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 59,32 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 58,73 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 25,47 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2014[45].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Val-de-Chalvagne fait partie:

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La Communauté de communes Alpes Provence Verdon - Sources de Lumière, créée le avec effet le , regroupe désormais 41 communes. Cet Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) s'est engagé dans une démarche d’élaboration d’un Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi)[47].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014 en augmentation de 26,87 % par rapport à 2009, Val-de-Chalvagne comptait 85 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2008, 2013, 2018, etc. pour Val-de-Chalvagne). Depuis 2004, les autres chiffres sont des estimations.

Évolution démographique de Castellet-Saint-Cassien jusqu'en 1975, puis de Val-de-Chalvagne
1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846
inhabité 75 47 70 80 56 139 106 89 82
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
83 90 90 90 86 71 75 74 62 68
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
81 55 50 40 44 41 44 45 37 21
1968 1975 1982 1990 1999 2008 - - - -
11 52 68 38 48 65 - - - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
(Sources : EHESS[23], base Insee à partir de 1968[48],[49],[50])
Liste des erreurs :
• Le paramètre >>2014 en augmentation de 26,87 % par rapport à 2009<< (81/81 est inconnu

L’histoire démographique de Castellet-Saint-Cassien est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure de 1831 à 1866, l’exode rural ne commençant véritablement qu’après. Dotée de faibles effectifs, la commune perd très rapidement la moitié de sa population (dès 1906)[51]. La décroissance continue sans s’interrompre jusque dans les années 1960 et la fusion avec Villevieille et Montblanc. Depuis, la population a crû légèrement.

Histogramme de l'évolution démographique

Montblanc[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de Montblanc
1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
5 feux 155 150 125 129 148 178 181 155
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886
164 163 121 141 127 120 125 116 112
1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936
91 98 96 89 84 83 70 65 57
1946 1954 1962 1968 - - - - -
37 30 5 10 - - - - -
Population sans doubles comptes pour 1962 et 1968
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[27], EHESS[52])

L’histoire démographique de Montblanc est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période, plus précoce qu’à Castellet-Saint-Cassien et Villevieille, dure des années 1810 à 1851. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique, rapide et de longue durée. Dès 1891, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1836[51]. Le mouvement de baisse ne poursuit et pousse à la fusion de Montblanc avec Villevieille et Castellet-Saint-Cassien en 1974.

Villevieille[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de Villevieille
1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
159 189 191 150 174 236 200 180 216 192
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
189 189 176 172 168 167 154 145 125 129
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
125 125 89 91 75 66 59 54 46 29
Population sans doubles comptes pour 1962 et 1968
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[29], EHESS[53])

Villevieille connaît elle aussi une période d’« étale », plus tardive que celle de Montblanc mais presque exactement contemporaine de celle de Castellet-Saint-Cassien : son apogée démographique dure de 1831 à 1861. L’exode rural est moins rapide également : ce n’est qu’en 1921, après la Première Guerre mondiale, que Villevieille enregistre la perte de plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1846[51]. Le mouvement de baisse se poursuit jusqu’à la fusion avec Castellet-Saint-Cassien et Montblanc.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Castellet-Saint-Cassien[modifier | modifier le code]

Hameau de Castellet Saint-Cassien.
  • L’agglomération de Castellet-Saint-Cassien est constituée uniquement du château[54] (le fief appartint aux Glandevez de 1384 à 1789), d’une ferme installée dans les communs, de l’église et de la mairie installée dans l’ancienne sacristie.
La façade du château, construit au XVIIe siècle, est nue et encadrée de tours rondes. L’avancée du toit est supportée par une génoise. L’intérieur est orné de gypseries élégantes :
L’escalier est décrit comme le plus beau de Provence, dans un style maniériste ;
La grande cheminée est ornée des armoiries des Glandevès et d’une scène orphique ;
L’autre cheminée en gypserie est ornée d’une scène biblique[55],[56].
Jean-Loup Fontana a décrit les gypseries du château. Un mascaron orne le cul-de-lampe supportant de la poivrière sud-est[57]. L'escalier en colimaçon, son cœur était évidé et formait un jour souligné par la main courante soutenue par des balustres[57]. Il est orné d'une Aphrodite nue en haut-relief, sous un voile gonflé qui est « une invite à gagner les étages supérieurs, accès à toutes les félicités du plaisir », sculpture aujourd'hui mutilée[58]. Le décor enroulé autour du jour central de l'escalier est composé de pampres de vigne, orné d'un Cupidon dont le sexe a été martelé. De nombreux animaux anodins accompagnent la vigne[59]. Les voûtes du premier palier sont elles aussi ornées de feuillages symétriquement disposés pour le fond, encadrant deux couples, une femme vêtue d'un voile et un adolescent qui se tiennent dans les bras l'un de l'autre, et un satyre enlevant une jeune femme nue. Les poitrines dénudées des deux femmes ont été bûchées[60]. Au dernier étage, les dessus-de-portes sont ornés de masques fantastiques, en partie animaux, végétaux et humains, évoquant le dieu Pan à la sexualité insatiable et personnification de la Nature à la fécondité sans limites[60]. Un manteau de cheminée est orné de la scène de l'enlèvement de Io par Zeus, sur fonds de cuirs découpés et enroulés et dans un encadrement de décor végétal[61], scène interprétée comme étant une bataille par Collier et comme le sacrifice d'Isaac par la comtesse du Chaffaut. Le retour droit porte un putto surmonté d'un cartouche permettant d'identifier le commanditaire comme un des membres de la famille Glandevès, et de dater les gypseries de 1659[62]. Une autre cheminée porte une scène figurant l'embarquement d'un homme se séparant de son aimée[63].
Enfin, l'escalier est orné d'un trois-mats sous voiles, dessiné au crayon sur l'enduit mural[64], voisinant avec deux mats de la liberté couronnés de bonnets phrygiens et ornés de drapeaux bicolores[65].

Montblanc[modifier | modifier le code]

Le château de Montblanc (XIVe et XVe siècles) est en ruines[28].

L'église de l’Annonciation de la Vierge abrite une statue de l’évêque saint Éloi du XVIIe siècle[71].

Une chapelle et un joli oratoire se trouvent à Montblanc, sous le vocable de saint Elzéar de Sabran[28]. Elle est restaurée de 2005 à 2013 : façades, toiture, décoration intérieure, porte, électrification... Un buste de saint Elzéar, don d'une fidèle, orne la chapelle[72].

Villevieille[modifier | modifier le code]

Le village médiéval de Villevieille est sur la colline qui domine le village actuel, avec une église Saint-Nicolas fortifiée dotée d’un clocher-arcade. L’église Saint-Nicolas a été restaurée en 1978[73]. Elle date du XVIIe siècle ; la courbe de la voûte rejoint progressivement la verticale du mur. L’ancien chœur a été transformé en sacristie[74]. Elle abrite un buste de saint Nicolas de Myre[75].

Le château de Villevieille (premier tiers du XVIIe siècle), dont les Glandevès furent seigneurs (1232-1672), possède une tour en milieu de façade, à trois étages dont un ajouté après la construction. Les latrines sont en encorbellement sur la façade. Les cheminées sont ornées de gypseries[76]. Celles du premier étage sont placées dans le salon et la chambre. Réalisées par le même atelier de stucateurs que celles du Castellet-Saint-Cassien, elles ont une composition baroque utilisant des motifs classiques. Les piédroits de la cheminée du salon sont ornés chacun d'une tête de monstre tenant un drapé dans la gueule. L'ornement majeur de la hotte est un quadrilobe vide, mais entouré d'une riche décoration[77]. Le travail porte essentiellement sur le dessin et les proportions, les artistes ont su donner une dimension monumentale à cet élément de décor mal placé dans la pièce (dans un angle) et mal éclairé[78]. La cheminée de la chambre ne possède pas de tablette horizontale. Sa hotte porte elle aussi un médaillon central de forme ovale, encadré de nymphes ailées[79] évoquant la légende des filles du roi Mynias[80]. Au-dessus, un mascaron souriant ; au-dessous, un masque grimaçant dont les cornes forment la pointe de la mèche dont s'extraient les nymphes[79]. Enfin, la hotte est cantonnée de décors végétaux, dont des fruits évoquant la féminité picorés par des oiseaux[80]. Les piédroits sont ornés de mascarons souriants sous des caryatides[79].

Au hameau le Champ, près de Villevieille, se trouve la chapelle Saint-Joseph[24],[81].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Roger Brunet, « Canton d’Entrevaux », Le Trésor des régions, consultée le 9 juin 2013.
  2. Pont routier sur la Chalvagne
  3. L'eau dans la commune
  4. Pont de la Serre
  5. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39.
  6. a, b et c Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 22 novembre 2011, consultée le 5 juillet 2012.
  7. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 95.
  8. Dicrim communal, base Dicrim, consultée le 5 juillet 2011.
  9. Insee, Dossier local - Commune : Val-de-Chalvagne (04043), p. 5.
  10. Insee, Dossier local, p. 8.
  11. a et b Insee, Dossier local, p. 7.
  12. a, b, c et d Insee, Dossier local, p. 16.
  13. Ministère de l'Agriculture, « Orientation technico-économique de l’exploitation », Recensements agricoles 2010 et 2000. (lien : attention, le fichier fait 4,4 Mio).
  14. Insee, « Exploitations agricoles en 1988 et 2000 », Insee, 2012 (fichier de 24,6 Mio).
  15. Observatoire départemental du tourisme, Atlas de l'hébergement touristique, décembre 2008, p. 6.
  16. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 7.
  17. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 32.
  18. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 30.
  19. Atlas de l'hébergement..., op. cit., p. 44.
  20. Insee, Dossier local, p. 17.
  21. Insee, « Hébergements touristiques des communes, 2008, 2009 et 2012 », Insee, 2012 (fichier de 20,8 Mio).
  22. Les gouttes d’O.
  23. a et b EHESS, notice communale de Val-de-Chalvagne sur le site Cassini, consultée le 19 juillet 2009.
  24. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Daniel Thiery, « Val-de-Chalvagne », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 23 décembre 2011, mis à jour le 24 décembre 2011, consulté le 5 juillet 2012.
  25. a, b et c Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (notice BnF no FRBNF35450017), p. 169.
  26. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 3 : Formations dialectales (suite) ; formations françaises, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 195), , 1852 p. (lire en ligne). § 26665, p. 1466.
  27. a, b et c Baratier, Duby, Hildesheimer, op. cit., p. 185.
  28. a, b et c Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7).
  29. a, b, c et d Baratier, Duby, Hildesheimer, op. cit., p. 207.
  30. Le mobilier de la chapelle Saint-Nicolas
  31. Tableau : Saint Nicolas et saint Christophe avec la sainte Famille
  32. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p. 296-298.
  33. Philippe Jansen, « Les droits comtaux dans les vigueries de Provence orientale d’après l’enquête de 1333 », Rives méditerranéennes, 37 | 2010, mis en ligne le 15 octobre 2011, p. 3-4.
  34. Alexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du XIXe siècle dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, XVIIIe-XXIe siècle, actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013. (ISBN 978-2-86004-016-7), p. 10.
  35. Henri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, p. 72.
  36. Jean-Christophe Labadie (directeur), Les Maisons d’école, Digne-les-Bains, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013, (ISBN 978-2-86-004-015-0), p. 9.
  37. Labadie, op. cit., p. 16.
  38. Labadie, op. cit., p. 18.
  39. Blason et Armoiries Val-de-Chalmagne
  40. Pays d'Entrevaux : Val-de-Chalvagne, Vexillologie Provençale, sur le site personnel de Dominique Cureau
  41. [Sébastien Thébault, Thérèse Dumont], « La Libération », Basses-Alpes 39-45, publié le 31 mars 2014, consulté le 2 avril 2014.
  42. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, De La Bréole à Corbières (liste 2), consulté le 7 mars 2013.
  43. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, « Liste des maires », 2014, consultée le 20 octobre 2014.
  44. Les comptes de la commune.
  45. Chiffres clés Évolution et structure de la population. Dossier complet
  46. Communauté de communes du Pays d'Entrevaux, consulté le 24 août 2013
  47. Communauté de Communes Alpes Provence Verdon « Sources de Lumière » : Lancement du PLUi du Moyen Verdon
  48. « Résultats du recensement de la population - Val-de-Chalvagne », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  49. « Recensement de la population au 1er janvier 2006 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  50. « Populations légales 2011 en vigueur le 1er janvier 2014 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2014)
  51. a, b et c Christiane Vidal, « Chronologie et rythmes du dépeuplement dans le département des Alpes de Haute- Provence depuis le début du XIX' siècle. », Provence historique, tome 21, no 85, 1971, p. 287.
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  53. EHESS, notice communale de Villevieille sur la base de données Cassini, consultée le 5 janvier 2014.
  54. Château de Castellet-Saint-Cassien
  55. Comtesse du Chaffaut, Gypseries en Haute-Provence : cheminées et escaliers (XVIe – XVIIe siècles), Turriers, Naturalia publications, 1995, (ISBN 2-909717-22-4), p. 32-34.
  56. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, , 559 p., p. 256-257 et 497-498.
  57. a et b Fontana, op. cit., p. 11.
  58. Fontana, op. cit., p. 12.
  59. Jean-Loup Fontana, « Décors de gypserie dans des résidences seigneuriales de Provence orientale », Chroniques de Haute Provence, Digne-les-Bains, Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 2010, no 365, p. 13, ISSN 0240-4672.
  60. a et b Fontana, op. cit., p. 15.
  61. Fontana, op. cit., p. 16.
  62. Fontana, op. cit., p. 17.
  63. Fontana, op. cit., p. 19.
  64. a et b Fontana, op. cit., p. 25.
  65. Fontana, op. cit., p. 26.
  66. a et b Raymond Collier, op. cit., p. 378.
  67. Raymond Collier, op. cit., p. 529.
  68. Arrêté du 11 décembre 1980, Notice no PM04000489, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 29 octobre 2008.
  69. Moulin à farine
  70. Fontaine-lavoir
  71. Raymond Collier, op. cit., p. 468.
  72. « L'église de Montblanc à Val-de-Chalvagne a été inaugurée par Mgr Loiseau », La Provence, 11 août 2013, p. 10.
  73. Raymond Collier, op. cit., p. 149.
  74. Raymond Collier, op. cit., p. 218.
  75. Raymond Collier, op. cit., p. 470.
  76. Raymond Collier, op. cit., p. 257.
  77. Fontana, op. cit., p. 23.
  78. Fontana, op. cit., p. 24.
  79. a, b et c Fontana, op. cit., p. 27.
  80. a et b Fontana, op. cit., p. 28.
  81. Le mobilier de la chapelle Saint-Joseph
  82. Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit., p. 147.
  83. Au pied du mur, Éditions Eyrolles, Centre européen de formation P.A.R.T.I.R. (Patrimoine Architectural et Rural - Techniques d'Identification et de Restauration)