Valernes

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Valernes
Pont de Fombeton.
Pont de Fombeton.
Blason de Valernes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Forcalquier
Canton Seyne
Intercommunalité Communauté de communes Sisteronais-Buëch
Maire
Mandat
Gérard Euloge
2014-2020
Code postal 04200
Code commune 04231
Démographie
Gentilé Valernois
Population
municipale
255 hab. (2014)
Densité 9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 15′ 47″ nord, 5° 57′ 32″ est
Altitude Min. 460 m
Max. 1 357 m
Superficie 28,49 km2
Localisation

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Valernes (Valèrna en occitan vivaro-alpin) est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom des habitants de Valernes est Valernais[1],[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

 Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Valernes et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Le village est situé à proximité du confluent de la Durance et du Sasse, à 600 mètres d’altitude. Il est construit à l’extrémité d’une terrasse, entre les torrents du Sasse et de la Gourre qui ont creusé des vallées profondes. Le site est donc un site défensif en forme d’éperon barré[3].

Les communes limitrophes de Valernes sont Vaumeilh, Nibles, Châteaufort (Alpes-de-Haute-Provence), Saint-Geniez, Entrepierres, Sisteron et Le Poët (cette dernière commune située dans le département voisin des Hautes-Alpes).

Géologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Géologie des Alpes.
Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne.

Le territoire se situe à l’est des Baronnies orientales, sur les formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des Alpes[4] :

  • la nappe de Digne à l'est[5], au niveau du lobe de Valavoire[6] : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de 5 000 m qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ;
  • la faille de la Durance à l’ouest.

Lors de la glaciation de Riss, le glacier de la Durance recouvre le plateau au nord du Sasse, et la plus grande partie du terrain qui se trouve au Sud, s’arrêtant sur les premières pentes de la montagne de Gâche. Lors de la glaciation de Würm, le glacier a une extension bien moins importante et ne fait qu’approcher les limites occidentales de la commune[7].

Relief[modifier | modifier le code]

Rochers de Hongrie (1 189 m).

Le territoire de Valernes est situé à la confluence de deux torrents importants, le Sasse et la Durance, qui coule en limite ouest de la commune. Quelques basses plaines alluviales, étroites, bordent ces deux torrents. Des terrasses, à une altitude de 520/530 m dominent la confluence. Au nord du Sasse, d’autres terrasses s’étagent jusqu’à 670 m d’altitude, profondément entaillées par des torrents. Ces terrasses s’élèvent jusqu’au pied des Rochers de Hongrie, 1 189 m, qui forment la limite avec la commune de Nibles[3].

Au sud du Sasse, en-dehors de la terrasse de la Durance, le terrain est très vallonné. Il est dominé au sud par la montagne de Gâche, une longue crête orientée est-ouest à 1 300 m d’altitude environ (1 357 m en son point culminant à l’ouest)[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Vallée du Sasse.

La Durance est le principal cours d’eau de la commune, qu’elle borde en limite ouest. Le Sasse est son affluent : il traverse Valernes d’est en ouest dans un lit tressé. Il reçoit plusieurs torrents plus ou moins intermittents dans sa traversée de Valernes dont les principaux sont[3] :

  • en rive droite, le ravin de Riou Pugues et le ravin de la Gourre ;
  • en rive gauche, le ravin de Fonssouret et le ravin de Peire.

Le seul affluent notable du Sasse est le torrent de Syriez, en rive gauche, peu avant le confluent avec la Durance, et qui fait la limite entre Vaumeilh et Valernes. La terrasse au sud du Sasse est également drainée par le ravin du Riau, qui se jette dans la Durance en empruntant une gorge encaissée. Il collecte également les eaux pluviales du versant ouest de la montagne de Gâche et forme la limite avec la commune de Sisteron[3].

Enfin, dévalant les pentes des Rochers de Hongrie, le torrent d’Engériès forme la limite avec Vaumeilh, avant de se jeter dans le torrent de Syriez[3].

Un petit canal d’irrigation prend ses eaux du Sasse et traverse toute la partie sud de Valernes, avant de rejoindre la Baume de Sisteron[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat des Alpes-de-Haute-Provence.

Valernes n'ayant pas de station météo, la plus proche est celle de Sisteron, à 100 m d’altitude plus bas, Ribiers (station manuelle située dans le département voisin des Hautes-Alpes) et La Motte-du-Caire[8].

Relevé météorologique de Sisteron
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0 0,5 3 5,4 9,1 12,7 15,4 15,3 12 8,2 3,7 1,1 7,2
Température moyenne (°C) 4,3 5,7 8,7 11,2 15,3 19,2 22,4 22,1 18 13,4 8,2 5,2 12,8
Température maximale moyenne (°C) 8,6 10,9 14,4 16,9 21,4 25,7 29,3 28,9 24 18,5 12,6 9,3 18,4
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44 40 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 423
Source : Relevé météo de Sisteron[9][réf. à confirmer]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
8,6
0
26,9
 
 
 
10,9
0,5
24,3
 
 
 
14,4
3
23,8
 
 
 
16,9
5,4
44
 
 
 
21,4
9,1
40
 
 
 
25,7
12,7
27,9
 
 
 
29,3
15,4
20,9
 
 
 
28,9
15,3
32,7
 
 
 
24
12
45,9
 
 
 
18,5
8,2
53,5
 
 
 
12,6
3,7
52,4
 
 
 
9,3
1,1
30,7
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune compte 868 ha de bois et forêts, soit 30 % de sa superficie[1].

Transports[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par trois routes départementales, dont deux qui se croisent au pied du village, dans la vallée du Sasse[3] :

  • la RD 951, qui vient de Sisteron en rive gauche de la Durance, traverse le Sasse puis remonte sa vallée en rive droite ;
  • la RD 304, qui vient de la RD 1085 (ancienne route nationale 85), rive droite de la Durance, pénètre dans la commune au confluent du Sasse et de la Durance par le pont de Fombeton, remonte le Sasse rive droite, croise la RD 951 puis monte au village et se dirige ensuite vers le nord, en direction de Vaumeilh ;
  • enfin, la RD 804, qui s’embranche sur la RD 951 et dessert la rive gauche du Sasse et entre dans le territoire de Châteaufort.

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de La Motte-du-Caire auquel appartient Valernes est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[10], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[11]. La commune de Valernes est également exposée à trois autres risques naturels[11] :

  • feu de forêt,
  • inondation,
  • mouvement de terrain.

La commune de Valernes est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de rupture de barrage[12],[13]. Valernes se trouve dans la zone d’inondation spécifique du barrage de Serre-Ponçon, c’est-à-dire que la disparition brutale de ce barrage provoquerait une crue supérieure à la plus haute crue possible de la Durance. Concrètement, en cas de rupture, l’onde de submersion mettrait environ deux heures à parvenir à Valernes, puis le niveau de l’eau continuerait à monter pendant plus de deux heures, jusqu’à atteindre la cote de 516 m, soit l’altitude de la terrasse qui domine la vallée de la Durance[14]. Elle remonterait également dans la vallée du Sasse[15]. Au maximum, avant la décrue, la hauteur d’eau pourrait atteindre selon les endroits 38 à 50 mètres[14].

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[12] et le Dicrim n’existe pas non plus[16].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 739 (Corte mea Valerignaca), fait l’objet de différentes interprétations :

  • selon Charles Rostaing, qui suit Skok sur ce sujet, le nom du village est tiré de celui d’un Romain, Valerinius[17] ;
  • selon Ernest Nègre, le nom du village n’est pas tiré d’un nom latin, mais germanique, Waleranus[18].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans l’Antiquité, le territoire de Valernes fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance, et recouvre une partie du massif des Monges. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au IIe siècle, ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron)[19].

Des céramiques des Ier et IIe siècle ont été retrouvées au Lausis, derniers vestiges de la présence gallo-romaine à Valernes[20].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La localité est signalée pour la première fois dans les chartes en 739[21],[18], puis à nouveau au XIe siècle[22]. Le nom (corte, « cour », c’est-à-dire une grande villa avec une cour entourée de bâtiments) indique un grand domaine de type carolingien, dirigé par des hommes libres pour le compte de l’abbaye de Novalaise, et exploité par des esclaves ou des serfs[21]. Quand ce domaine est cité pour la première fois, il appartient à Abbon, dernier patrice de Provence et neveu de l’évêque de Gap et de l’archevêque d'Embrun et principal personnage du sud-est de la Gaule à cette époque. Il lègue sa corte mea Valerignaca à l’abbaye de la Novalaise[20].

En 1069, le prieuré Saint-Heyriès (en référence à saint Arey, évêque de Gap) est donné avec la dîme et autres droits afférents à l’abbaye Saint-Victor de Marseille, ainsi que des terres. À cette époque, l’église du prieuré est aussi celle de la paroisse, jusqu’au début du XIIe siècle[21]. Il est donné aux chanoines de Chardavon au XVe siècle[23]. Au sud de la commune, le prieuré Saint-Didier appartient à l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert jusqu’au XVe siècle, quand il passe à l’abbaye Sainte-Claire de Sisteron. Le prieuré Saint-Marcellin (au lieu-dit actuel les Monges) suit le même chemin[21],[24].

Aux XIe et XIIe siècles, c’est une dynastie locale qui règne sur le fief, et qui tire son nom du fief : les Valernes[25].

Au début du XIIIe siècle, l’habitat s’est concentré dans le village, qui forme un castrum. Valernes fait partie du douaire attribué à Béatrice de Savoie[26]. Ensuite, les Laveno sont seigneurs du lieu (XIIIe siècle)[25].

En 1335, la cour royale d’Aix achète la seigneurie[25], qui est offerte dès 1348 par la reine Jeanne, à Guillaume II Roger, frère du pape. Pour le remercier, elle érige le fief en vicomté par lettres patentes en 1350[25],[27]. La nouvelle vicomté comprenait les communautés de Bayons, Vaumeilh, la Motte, Bellaffaire, Gigors, Lauzet, les Mées, Mézel, Entrevennes et le Castellet, avec leurs juridictions et dépendances[28].

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Le vicomte de Valernes, Raymond de Beaufort, se rallie aux Angevins en 1385, après la mort de Louis Ier[29].

En 1391, le routier Guilhin Camisard, basé à Lazer est capturé par le vicomte de Valernes, Raymond de Beaufort, et enfermé au château de Valernes, où il meurt[26].

Au début du XIVe siècle, le château abrite une importante activité : si le vicomte ne réside pas à Valernes, sa troisième épouse, Catherine de La Garde, y est à demeure, avec une domesticité d’une quarantaine de personnes. C’est l’époque où le château atteint son plus haut niveau de splendeur : il ouvrait par deux portes, nommées Revellin et Pascal. Il disposait d’une salle d’apparat, d’une salle d’armes, d’appartements, de pièces destinées aux réserves, au cellier, d’une boulangerie avec son four, de caves, d’écuries. Le grenier était placé sous la chambre de la vicomtesse[26].

La communauté voisine de Vaux, qui comptait 9 feux au dénombrement de 1315, est fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et annexée par celle de Valernes au XVe siècle[22]. Les deux communautés relevaient de la baillie de Sisteron[21].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1561, une chapelle Notre-Dame-et-Saint-Étienne est construite dans l’enceinte du château[26]. Le village, qui compte 90 maisons, est équipé d’un hôpital, d’écoles, plus un four et un moulin à huile[30].

En 1579, la vicomté de Valernes est divisée en de multiples parts, les Mas-Castellane étant les principaux bénéficiaires[25]. Ils héritent notamment du fief de Valernes, qui reste dans leur famille jusqu’en 1625. Il passe ensuite aux Bernardi, qui le conservent jusqu’à la Révolution[25]. Un nouveau fief est constitué à partir du prieuré de Saint-Didier, propriété de l’évêque de Gap Pierre Paparin de Chaumont, qui le fait élever au rang de fief pour son neveu, Claude de Château-Gaillard, en 1590. Le fief reste ensuite dans la famille jusqu’à la Révolution française[24],[22].

Pendant les guerres de religion, le village est occupé par les protestants, et a ses murailles démolies en 1586[26]. À la veille de la Révolution française, il existait deux fiefs sur le territoire de Valernes : le fief de Valernes proprement dit et celui de Saint-Didier, dont le siège est situé au château qui domine la Durance (d’après l’état d’afflorinement de 1783)[31].

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le domaine du château Saint-Didier, des ursulines de Gap, est vendu comme bien national en février 1791[21].

Le château est pillé en mars 1792[32]. La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, le 11 mai 1792 ; elle s’affilie à la société de Marseille en août[33]. Environ 60 à 80 % de la population masculine la fréquente[34]. En 1793, le château est mis aux enchères pour démolition par les administrateurs du district de Sisteron, et entièrement mis à bas[35],[26].

Pendant la Révolution, le prieuré Saint-Heyriès, déclaré bien national, est vendu comme tel[23].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Un bac permettant de traverser la Durance existe de 1809 à 1840[36].

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 8 habitants de Valernes sont traduits devant la commission mixte, la peine la plus courante étant la déportation en Algérie[37].

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée dans la commune, uniquement pour l’autoconsommation. Cette culture a depuis été abandonnée[38],[39].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de 11 membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales[40]). Lors du scrutin de 2008, il y eut deux tours (dix élus au premier tour et un au second) et Joël Corbon a été élu conseiller municipal avec le sixième total de 110 voix, soit 58,21 % des suffrages exprimés. La participation a été de 84,38 %. Il a ensuite été nommé maire par le conseil municipal[41].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des maires de France.

L'élection du maire est la grande innovation de la Révolution de 1789. De 1790 à 1795, les maires sont élus au suffrage censitaire pour 2 ans. De 1795 à 1800, il n’y a pas de maires, la commune se contente de désigner un agent municipal qui est délégué à la municipalité de canton.

En 1799-1800, le Consulat revient sur l'élection des maires, qui sont désormais nommés par le pouvoir central. Ce système est conservé par les régimes suivants, à l'exception de la Deuxième République (1848-1851). Après avoir conservé le système autoritaire, la Troisième République libéralise par la loi du 5 avril 1884 l'administration des communes : le conseil municipal, élu au suffrage universel, élit le maire en son sein.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Clovis Parraud[42]    
         
1983   Marc Jourdan[43]    
avant 2005 en cours
(au 21 octobre 2014)
Gérard Euloge[44],[45] DVD Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Valernes fait partie :

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Valernes est une des 34 communes du canton de Seyne depuis 2015, qui totalise 8 377 habitants en 2012. La commune fait partie de l’Arrondissement de Sisteron du au , date de son rattachement à l'arrondissement de Forcalquier.et de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Valernes fait partie du canton de La Motte-du-Caire de 1793 à 2015 (Lamotte de 1793 à 1801)[46]. La commune fait partie des juridictions d’instance de Forcalquier, de la prud'hommale de Manosque, et de grande instance de Digne-les-Bains[47].

Fiscalité locale[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Valernes en 2009[48]
Taxe Part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation 1,00 % 0,66 % 5,53 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties 7,72 % 1,94 % 14,49 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties 19,50 % 4,07 % 47,16 % 8,85 %
Taxe professionnelle 5,59 % 1,21 % 10,80 % 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises (CFE) portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (les deux formant la contribution économique territoriale (CET) qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[49]).

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, Valernes comptait 255 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2008, 2013, 2018, etc. pour Valernes). Depuis 2004, les autres chiffres sont des estimations.

Évolution démographique
1315 1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
168 feux 82 feux 541 686 646 658 643 687 701 702
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
711 681 707 662 591 623 590 583 572 488
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
497 437 431 412 316 300 285 252 229 218
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2014 - -
191 174 142 178 222 231 241 255 - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale à partir de 2006
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[22], EHESS[46], Insee à partir de 1968[50],[51],[52])

L’histoire démographique de Valernes, après la saignée des XIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu’au début du XIXe siècle, est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure très longtemps à Valernes, de la fin du XVIIIe siècle à 1861. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique important. En 1921, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1846[53]. Le mouvement de baisse se poursuit jusqu’aux années 1970. Depuis, le mouvement s'est inversé, et la population croît depuis quarante ans.

Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune est dotée d’une école primaire publique[54],[55]. Ensuite les élèves sont affectés au collège Marcel-Massot[56]. Puis ils poursuivent au lycée de la cité scolaire Paul-Arène à Sisteron[57],[58].

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les agriculteurs de la commune de Valernes ont droit à un label appellation d'origine contrôlée (AOC) (huile essentielle de lavande de Haute-Provence) et à neuf labels indication géographique protégée (IGP) (pommes des Alpes de Haute-Durance, miel de Provence, agneau de Sisteron, alpes-de-haute-provence (IGP) blanc, rouge et rosé et VDP de Méditerranée blanc, rouge et rosé)[59].

Productions agricoles de Valernes[réf. nécessaire].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Architecture civile[modifier | modifier le code]

Deux ponts assez anciens et importants sont remarquables :

  • le pont de Fombeton, sur la Durance, proche du confluent de la Sasse, est construit par Boniface de Fombeton dans les années 1840. Il est mis en service en 1847, avec une concession de 60 ans. Le péage est racheté en 1880. C’est un pont suspendu de 71 m de long. Actuellement fermé à la circulation, ses voies d’accès sont envahies par la végétation[60] ;
  • le pont sur le Sasse est emprunté par la RD 951[61].
Détail d’une façade ancienne du village : les meneaux des croisées sont sculptés.

Au village, la plus ancienne maison, dont plusieurs fenêtres ont des meneaux, date de 1611 ; une pièce de la maison avait été aménagée en pigeonnier[62],[63]. Au troisième étage, une pièce est dotée d'une cheminée monumentale. Haute de 2,6 m, elle est large de 2,25 m, et profonde de 1,3 m. Les piédroits soutenant le manteau sont ornés de gypseries à figures féminines. Elles sont probablement de la main du gypier Alexandre Augienne, qui a pu vivre au Forest d’Augienne dans le massif de Gâche, et a travaillé à Riez et au château de Laragne[63]. La maison a été restaurée en 2008[64].

Un pigeonnier logé dans une tour à double toit se trouve route de Vaumeilh[65].

Le château de Saint-Didier est situé à proximité d'un pont de pierre qui était emprunté par l’ancienne route suivant la rive gauche de la Durance : sa voûte est à 15 m au-dessus du torrent du Riau[24].

Châteaux et fortifications[modifier | modifier le code]

Château Saint-Didier.

L’ancien château fort des vicomtes de Valernes a été rasé : il ne reste d’ancien que les soubassements[66]. Il a été reconstruit récemment.

Les murailles du castrum qui subsistent indiquent une fortification imposante, à la fois par le fruit de la base de la courtine, que les deux tours circulaires du XIIIe siècle (abaissées ultérieurement)[26].

Le château ou bastide de Bagnols est construit à différentes époques : les murs sont du XVIe[67].

Les châteaux de Fombeton et de Saint-Didier sont des résidences campagnardes du XVIIe siècle[68].

Art religieux[modifier | modifier le code]

Chapelle privée du château Saint-Didier.

L’église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine, romane tardive : la nef est sans travées ; exceptionnellement pour le département, elle est accostée de deux collatéraux. Les deux travées du collatéral nord sont voûtées en berceau, celles du collatéral sud sont voûtées d’arêtes. Travée du chœur et des collatéraux ont un chevet plat ; le chœur est voûté sous croisée d’ogives. Au total, l’église mêle différents styles, et il est possible que le chœur soit un reste d’un état précédent, de la fin du Moyen Âge. L’essentiel, sinon la totalité de la construction date des dernières années du XVIe siècle, et du début du XVIIe[69]. Elle est dotée d’un clocher romano-lombard : carré, dont les trois niveaux sont soulignés d’un cordon et ouverts de baies, coiffé d’une flèche de pierre cantonnée de quatre pyramidions[23].

Les ruines de l’ancien prieuré Saint-Marcellin permettent d’envisager un bâtiment de prestige, construit au début du XIIIe siècle[21].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Valernes

Blasonnement :
« D'azur à un croissant d'argent, surmonté de deux étoiles d'or l'une sur l'autre. »[70].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Roger Brunet, « Canton de La Motte-du-Caire », Le Trésor des régions, consultée le 11 juin 2013
  2. « Habitants de Valernes », sur habitants.fr
  3. a, b, c, d, e, f, g et h IGN, Carte topographique de Valernes sur Géoportail (consulté le 119 novembre 2013)..
  4. Maurice Gidon, Les chaînons de Digne, Carte schématique, montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale).
  5. Carte géologique de la France au 1:1 000 000
  6. Maurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes.
  7. Maurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Nicole Michel d’Annoville, Marc de Leeuw (directeurs) (photogr. Gérald Lucas, dessin. Michel Crespin), Les Hautes Terres de Provence : itinérances médiévales, Le Caire : Association Les hautes terres de Provence ; Saint-Michel-l'Observatoire : C'est-à-dire, 2008, 223 p. (ISBN 978-2-952756-43-3). p. 33.
  8. « Station météo la plus proche : Sisteron », MSN Météo
  9. « Relevé météo de Sisteron », MSN Météo
  10. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39.
  11. a et b Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 2 septembre 2012.
  12. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 98.
  13. DREAL, « Cartographie de l’onde de submersion des grands barrages », Région PACA, consulté le 9 août 2012.
  14. a et b Préfecture des Hautes-Alpes, Plan particulier d'intervention du barrage de Serre-Ponçon, version de 2012, p. 40.
  15. Préfecture des Hautes-Alpes, PPI de Serre-Ponçon, p. 34.
  16. Formulaire de recherche, base Dicrim, consultée le 2 septembre 2012.
  17. Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares), Laffite Reprints, Marseille, 1973 (1re édition 1950), p. 285.
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  19. Brigitte Beaujard, « Les cités de la Gaule méridionale du IIIe au VIIe s. », Gallia, 63, 2006, CNRS éditions, p. 18-19.
  20. a et b Michel d’Annoville, op. cit., p. 76.
  21. a, b, c, d, e, f et g Daniel Thiery, « Valernes », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 23 décembre 2011, mis à jour le 24 décembre 2011, consulté le 2 septembre 2012.
  22. a, b, c et d Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (notice BnF no FRBNF35450017), p. 205.
  23. a, b et c Michel d’Annoville, op. cit., p. 79.
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  27. Jean-Marie Schio, Guillaume II Roger de Beaufort
  28. Édouard de Laplane, Histoire de Sisteron, tirée de ses archives, Digne, 1845, T. I, p. 126.
  29. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, p. 412 (note 55).
  30. Michel d’Annoville, op. cit., p. 80-81.
  31. Édouard Baratier et Ernest Hildesheimer, « Les fiefs provençaux au XVIIIe siècle », carte 111 et commentaire in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit..
  32. La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p. 15.
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  34. Patrice Alphand, op. cit., p. 320
  35. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, , 559 p., p. 243
  36. Catherine Lonchambon, « D’une rive à l’autre de la Durance : d’étranges bateaux », in Guy Barruol, Denis Furestier, Catherine Lonchambon, Cécile Miramont, La Durance de long en large : bacs, barques et radeaux dans l’histoire d’une rivière capricieuse, Les Alpes de lumière no 149, Forcalquier 2005, (ISBN 2-906162-71-X), p. 56.
  37. Henri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, p. 71.
  38. André de Réparaz, « Terroirs perdus, terroirs constants, terroirs conquis : vigne et olivier en Haute-Provence XIXe-XXIe siècles », Méditerranée, 109 | 2007, p. 56 et 59.
  39. Paul Minvielle, « La viticulture dans les Alpes du Sud entre nature et culture », Méditerranée, 107 | 2006, mis en ligne le 1er décembre 2008, consulté le 12 juillet 2013.
  40. « nombre des membres du conseil municipal des communes », Legifrance
  41. « Résultats élections municipales 2008 à Valernes », sur linternaute.com
  42. [Sébastien Thébault, Thérèse Dumont], « La Libération », Basses-Alpes 39-45, publié le 31 mars 2014, consulté le 3 avril 2014.
  43. Marc Jourdan est l’un des 500 élus qui ont parrainé la candidature d’Antoine Waechter (Les Verts) à l’élection présidentielle de 1988, cf Conseil constitutionnel, liste des citoyens ayant présenté les candidats à l’élection du Président de la République, Journal officiel de la République française du 12 avril 1988, page 4797, disponible en ligne, consulté le 29 juillet 2010.
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  49. Loi no 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 (Légifrance)
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  51. « Recensement de la population au 1er janvier 2008 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  52. « Populations légales 2011 en vigueur le 1er janvier 2014 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2014)
  53. Christiane Vidal, « Chronologie et rythmes du dépeuplement dans le département des Alpes de Haute- Provence depuis le début du XIX' siècle. », Provence historique, tome 21, no 85, 1971, p. 288.
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  55. Inspection académique des Alpes-de-Haute-Provence, Liste des écoles de la circonscription de Sisteron, publiée le 27 avril 2010, consultée le 31 octobre 2010.
  56. « Sectorisation des collèges des Alpes-de-Haute-Provence », Académie Aix-Marseille,
  57. « Sectorisation des lycées des Alpes-de-Haute-Provence », Académie Aix-Marseille,
  58. « Site de la cité scolaire [[Paul Arène]] », Académie Aix-Marseille,
  59. « Liste des appellations AOC et IGP à Valernes », sur INAO
  60. Notice qui lui est consacrée par Guy Barruol in Guy Barruol, Philippe Autran et Jacqueline Ursch, D'une rive à l'autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours, Les Alpes de Lumière no 153, Forcalquier 2006, p. 125.
  61. Cité dans Autran, Barruol, Ursch, op. cit..
  62. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, , 559 p., p. 369 et 443.
  63. a et b Michel d’Annoville, op. cit., p. 81.
  64. les étapes de la restauration.
  65. Raymond Collier, op. cit., p. 444.
  66. Raymond Collier, op. cit., p. 273.
  67. Raymond Collier, op. cit., p. 251.
  68. Raymond Collier, op. cit., p. 272.
  69. Raymond Collier, op. cit., p. 210.
  70. Louis de Bresc, Armorial des communes de Provence, 1866. Réédition : Marcel Petit CPM, Raphèle-lès-Arles, 1994