Chanterelle

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Chanterelle
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Chanterelle » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après
Chanterelle jaune (Craterellus lutescens).

Taxons concernés

Chanterelle est un nom français de champignons d'origine vernaculaire, attesté depuis 1651[1], comme étant « utilisé fréquemment à Montbéliard[2] » et recouvrant, au sens large, plusieurs taxons distincts dont les caractères communs seraient l'hyménophore plissé (absence de véritables lamelles) et la forme du chapeau creusé-évasé, souvent lobé, selon l'étymologie : Kantharos, en grec ancien, coupe à boire[3].

Il désigne en priorité et sans aucune ambiguïté, les très bons comestibles[4] du genre « Chanterel » proposé par Adanson en 1763[5] pour y ranger la girolle[6] et ses ressemblants. En [4]1753, Linné nommait l'espèce type Agaricus chantarellus L.[7], qu'il rectifie en « A. cantharellus » à partir de la réédition de 1763[8].

Le genre Chanterel Adans. 1763 est à son tour sanctionné par Fries en 1821[9] sous la graphie rectifiée « Cantharellus Adans. : Fr. ». L'espèce est enfin recombinée par Fries Cantharellus cibarius (ses noms vernaculaires étant « Chanterelle, Chanterelle comestible, Chanterelle commune, Chanterelle ciboire »[10], etc.[11]), ainsi que sa variété, la girolle améthyste, var. amethysteus[12],[13].

Assorti d'une épithète, le nom de « Chanterelle » fut étendu à d'autres espèces des genres Cantharellus et Craterellus, traduction pure et simple des noms latins, telles que la chanterelle en tubes (Craterellus tubaeformis) ou la chanterelle jaune (Craterellus lutescens) et généralement vendues sous le nom générique de chanterelles, notamment au Royaume-Uni, en Belgique et en Suisse romande.

Enfin, le nom de chanterelle a été appliqué dans la langue vulgaire à des espèces d'autres genres, qui s'en rapprochent par leur forme évasée, comme la chanterelle violette (Gomphus clavatus), la fausse-chanterelle des charbonnières, Faerberia carbonaria, anciennement dite chanterelle des charbonnières et la fausse chanterelle (Hygrophoropsis aurantiaca).

Liste des noms normalisés[modifier | modifier le code]

Chanterelles[modifier | modifier le code]

Chanterelles en tube.

La Société mycologique de France[14] et les mycologues du Québec[15] proposent un certain nombre de noms normalisés pour les différentes espèces de chanterelles les plus connues :

Voir aussi les « fausses-chanterelles » :

Girolles[modifier | modifier le code]

Pour les champignons du genre Cantharellus, ce même comité recommande les noms suivants :

Commerce[modifier | modifier le code]

La norme CEE-ONU FFV-55e de la Commission économique pour l'Europe des Nations unies « concernant la commercialisation et le contrôle de la qualité commerciale de la famille des chanterelles » est consacrée à ces champignons. Ce document, dans son édition de 2014, cite plusieurs espèces du genre Cantharellus comme appartenant au type commercial « girolle » et cite Craterellus lutescens et Craterellus tubaeformis comme appartenant au type commercial « chanterelle ». Il cite enfin la trompette des morts (Craterellus cornucopioides) comme appartenant au type commercial « trompette »[17].

La France est un grand importateur de chanterelles. En 2014 ont été exportées mensuellement en moyenne 25 tonnes et importés 104 tonnes, pour un prix moyen observé à la frontière de 5 200 €/t[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les premiers auteurs à citer le nom français de « chanterelle » sont Bauhin, J. et Cherler, J.-H. (1651), comme en usage très fréquent dans la région de Montbéliard. D'après Becker, G., il pourrait s'agir d'une allusion à la marge lobée-sinueuse du chapeau, parfois déchiquetée comme une crête de coq. Le nom vernaculaire aurait été latinisé par Linné, Agaricus chantarellus soit une démarche inverse du processus habituel. Singer R. a créé un genre Cantharellula qu'il désigne comme « petite chanterelle ».
  2. BAUHIN Jean & CHERLER Johann Heinrich : Historia plantarum universalis, nova, et absolutissima, cum consensu et dissensu circa eas. Ebroduni - 1650-1651 : 3 vol. : "Histoire universelle des plantes". - Classification des plantes. – Description de plus de 5000 plantes ; plus de 3500 illustrations
  3. Le nom grec kantharos (en grec ancien κάνθαρος / kàntharos, en latin cantharus), pour la ressemblance du chapeau creusé en entonnoir de ce champignon avec un canthare, sorte de coupe profonde pour servir le vin, utilisée dans la Grèce antique, souvent associée aux rituels initiatiques du culte de Dionysos.
  4. a et b Fungus luteus sive pallidus, Chanterelle dictus [...] Fungorum Chanterelle apud Montbelgardenses creber usus. Bauhin, J. et Cherler, J.H., 1650 [1651]. Historia plantarum universalis. loc. cit.
  5. Adanson M. 1763— Familles des plantes. Chez Vincent, Imprimeur-Libraire de Mgr le Comte de Provence, rue S. Séverin, Paris.
  6. Il existe plusieurs graphies « girole », « girolle », « gyrolle » dont la première variante était plus fréquente au siècle dernier et dans le monde de la cuisine française.↵↵Roger Heim Champignons d'Europe, Paris 1984, Boubée p. 325.
  7. a et b (en) Ibai Olariaga, Gabriel Moreno, Jose Luis Manjón et Isabel Salcedo, « Cantharellus (Cantharellales, Basidiomycota) revisited in Europe through a multigene phylogeny », Fungal Diversity, vol. 83, no 1,‎ , p. 263–292 (ISSN 1560-2745 et 1878-9129, DOI 10.1007/s13225-016-0376-7, lire en ligne, consulté le )
  8. Eyssartier, G. & Buyck, B., 2000— Le genre Cantharellus en Europe. Nomenclature et taxinomie, Bulletin de la Société mycologique de France 116 (2) : 91-137
  9. Fries E.M. (1821) Systema mycologicum. I. Lund, Berlin
  10. Le saint ciboire : « vase sacré renfermant l'Eucharistie » en forme de calice couvert, fait de métal précieux, où sont déposées les hosties consacrées destinées à la communion des fidèles. « fruit du nénuphar » et « coupe ayant la forme de ce fruit » Peut-être une interprétation par attraction, ou confusion le latin étant ciborium, et non pas cibarius = « mangeable ». cf. "mangez, ceci est mon corps" https://www.cnrtl.fr/definition/ciboire
  11. Henri Romagnesi, à la réputation de recherches fouillées, fournit une liste impressionnante de synonymes dans la langue vulgaire et les patois de France : Chanterelle, chanterelle comestible, chanterelle commune, aoureilleto, areglietta, boulingoulo, cassine, cheveline, chevrelle, chevrille, chevrette, chevrotte, chevrotine, crête de coq, cresta del Gal, crobilio (ou crobillo), escraville, escrobillo, essau, gallet, gallinace, gerille, ginestrolle, gingoule, ginistrolle, ginistrolle,giraudet, giraudelle, girolle, gyrolle, girole, girondelle, grillo, jaunelet, jaunette, jaunire, jaunotte, jeannelet, jerilia, jirboulette, jorille, lacesseno, lechocendres (ou lechocendré), mousseline, oreille de lièvre, roubellou, roussette, roussotte, roussonne, tournebous (ou tornebous). Anglais : chanterelle H. Romagnesi, Nouvel Atlas des Champignons, t. II, Paris, Bordas, (OCLC 1120886407), planche 91
  12. Synonymie : Cantharellus cibarius var. amethysteus Quél., 1883 (Espèce CD_NOM = 29907) Craterellus cibarius var. amethysteus (Quél.) Quél. (Espèce CD_NOM = 509294) Cantharellus amethysteus (Quél.) Sacc., 1887 : Craterellus cibarius var. amethysteus (Quél.) Quél. : [Source de l'enregistrement] Courtecuisse, R. 2009. Référentiel taxonomique des Basidiomycètes de France métropolitaine. Office National des Forêts (Réseau naturaliste mycologie), Société Mycologique de France.
  13. Index Fungorum: Cantharellus amethysteus (Quél.) Sacc. 1887 (+ MycoBank) https://www.mycobank.org/MB/154816
  14. a b c d e f g h i et j Société mycologique de France, « Les noms français des champignons », sur Mycofrance.fr (consulté le ).
  15. a b c d e f g h i j k et l « Index des noms français », sur Mycoquebec.org (consulté le ).
  16. Chapeau jusqu'à 13 cm ; stipe jusqu'à 2 cm d'épaisseur; au moins quelques hyphes de pileipellis de surface à parois épaisses (8 µm), réaction avec Fe SO4 : gris rougeâtre ou gris ...... Chapeau orange rosé à rouge orangé ; ne tache pas à la manipulation ; base du pied concolore, principalement sous Fagus (si pilepellis hyphes à paroi épaisse, voir C. rose-ofagetorum) ................................. ..........C. friesii
  17. norme CEE-ONU FFV-55 «concernant la commercialisation et le contrôle de la qualité commerciale de la famille des chanterelles, Commission économique pour l'Europe des Nations unies, diffusé le 10 novembre 2014, consulté le 8 novembre 2017
  18. Douane française, Statistiques nationales du commerce extérieur

Galerie[modifier | modifier le code]