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Oronge

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Amanita caesarea

Collection de sporophores de A. caesarea en Turquie.

Amanita caesarea, l'Amanite des Césars, plus familièrement l'Oronge[1], est une espèce de champignon appartenant aux basidiomycètes de la famille des Amanitaceae. Espèce à tendance méditerranéenne caractérisée par son chapeau orange vif, ses lames et pied jaune et son épaisse volve blanche, il s'agit d'un champignon très recherché avec une réputation d'excellent comestible.

Nomenclature

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Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Amanita caesarea (Scop.) Pers.[2].

L'espèce a été initialement classée dans le genre Agaricus sous le basionyme Agaricus caesareus Scop.[2].

Amanita caesarea a pour synonymes[2] :

  • Agaricus aurantiacus Bull.
  • Agaricus aurantius Bull., 1783
  • Agaricus aureus Batsch
  • Agaricus caesareus Schaeff.
  • Agaricus caesareus Scop.
  • Amanita aurantia Lam.
  • Amanita aurantiaca (Bull.) Lam.
  • Amanita aurantiaca Pers.
  • Amanita bulbosa var. alba Gillet, 1874
  • Fungus caesareus Kuntze
  • Helvella ciceronis Battarra
  • Hypophyllum caesareum (Scop.) Paulet
  • Venenarius caesareus (Scop.) Murrill
  • Volvoamanita caesarea (Scop.) Beck, 1922
  • Volvoamanita caesarea (Scop.) E.Horak

Phylogénie

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L'Oronge a été décrite pour la première fois par le mycologue italien Giovanni Antonio Scopoli en 1772 sous le nom d'Agaricus caesareus[3], avant d'être classée par la suite dans le genre Amanita par Persoon en 1801[4]. En Europe, c'est la seule espèce de la section Caesareae avec la Torrendie délicate (Amanita torrendii), une minuscule amanite blanche méditerranéenne sabulicole très rare à la morphologie très différente des autres amanites qui est néanmoins assez proche phylogénétiquement de A. caesarea pour être incluse dans la même section qu'elle[5].

Étymologie

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L'Amanite des Césars doit son qualificatif à ce qu'elle aurait été un mets de choix à la table des empereurs romains, qui a adopté le nom de César (à l'origine un nom de famille) comme titre. C'était l'un des noms préférés de l'empereur romain Claude[6]. Il semble qu'ils l'appelaient boletus[7], mot grec datant de -500 dérivé du grec ancien βωλίτης, nom donné à ce champignon par Galien[8], un des rares noms de champignon hérité de l'Antiquité et repris de nos jours pour désigner un genre tout à fait différent, mais également riche en espèces savoureuses[9].

Noms vulgaires et vernaculaires

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Son nom vernaculaire normalisé est l'Amanite des Césars, mais elle est plus couramment nommée sous son nom familier d'Oronge. Elle est aussi parfois nommée oronge vraie, par opposition au nom parfois utilisé de "fausse oronge" pour l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria) dont le chapeau rouge peut prêter à confusion.

Noms vernaculaires dans d'autres langues

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Modèle pédagogique en plâtre peint d'Amanita caesarea sur un socle en bois, en vue de dessous montrant un exemplaire mature avec détail des lames, de l'anneau et de la volve, et un exemplaire jeune au stade "oeuf"
Modèle pédagogique en plâtre d'Amanita caesarea (Scop.) Pers., au Droguier de l'ISPB.

Description du sporophore

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Jeunes Oronges émergeant de leur volve en Bulgarie, rappelant des œufs.

Le chapeau de l'oronge va de 8 à 15–20 cm, est charnu, épais, initialement ovoïde globuleux jeune puis hémisphérique et enfin convexe en s'étalant, rarement plat, jamais déprimé. La cuticule est rouge orangé vif uniforme, orange à rougeâtre, couleur ayant tendance à se délaver avec l'âge. Elle est luisante, glabre à sublubrifiée, séparable, habituellement nue ou rarement recouverte de quelques résidus blanchâtres épais du voile général membraneux rapidement évacués par la pluie. La marge est toujours nettement striée, concolore ou plus claire, jaune d'or[11].

Les lames sont libres, serrées, inégales, larges, ventrues, à arêtes érodées et de couleur jaune doré. Des lamelles tronquées sont intercalées entre elles. La sporée est blanche[11].

Le stipe, de 8 à 15 cm de hauteur pour un diamètre de 3 cm, est robuste, droit ou légèrement courbé, charnu, plein, subcylindrique, légèrement en massue, de surface plus ou moins lisse, de la couleur des lames, entièrement jaune clair à jaune doré. La base du stipe est ovoïde vers le sol. Il possède un anneau membraneux, large, pendant, persistant et strié sur sa face supérieure. Il est concolore au stipe soit jaune doré. La volve est épaisse, blanc grisâtre, membraneuse, tenace et en forme de sac à bords libres, s'écartant du stipe et ample. Elle est de couleur blanche en interne comme en externe et est systématiquement présente[11].

La chair est ferme, épaisse, blanche seulement dans les parties internes du champignon et jaune ailleurs, jaune sous la cuticule. Son odeur est douce et sa saveur est douce, très agréable[11].

Caractéristiques microscopiques

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Ses spores mesurent 10-12 x 6-8 µm, Qm = 1,3-1,6 . Elles sont ellipsoïdes, largement elliptiques, non amyloïdes[12], lisses, hyalines, gutulées. Les basides mesurent jusqu’à 60 × 15 µm, elles sont tétrasporiques. Les cheilocystides sont claviformes, mesurant 50 × 15 µm[13].

Variétés et formes

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  • Amanita caesarea f. alba, qui est une forme albinique entièrement blanche rarissime. Photo.
  • Amanita caesarea f. lutea, très rare aussi, qui a le chapeau de couleur jaune. Photo.

Habitat et distribution

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Distribution d'A. caesarea en Europe.

L'Oronge pousse sur sol acide, neutre, calcaire ou argileux, dès le mois de juillet et jusqu'à à la mi-novembre, sous les feuillus, notamment les chênes (caduques ; le chêne pubescent (Quercus pubescens), le chêne sessile (Quercus petraea), le chêne pédonculé (Quercus robur), le chêne chevelu (Quercus cerris), le chêne de Hongrie (Quercus frainetto), le chêne de Sicile (Quercus gussonei) et sempervirents ; le chêne vert (Quercus ilex) et le chêne-liège (Quercus suber)) mais aussi le châtaignier (Castanea sativa) et le hêtre (Fagus sylvatica), et ce également parfois en forêt mixte avec des conifères, particulièrement les pins (Pinus). Elle fructifie seule ou en groupes en forêt de plaine ou collinéenne, dans les taillis, les bords de chemin et les clairières. C'est un champignon thermophile, héliophile, qui apprécie de pousser sous un fort ensoleillement direct, et méditerranéen, qui apprécie les forêts chaudes, bien ensoleillées, sèches et bien aérées. Malgré cette préférence des environnements xérophiles, elle s'adapte aussi à la fructification dans les forêts denses, à condition que l'environnement soit chaud et sec, avec un cours d'eau à proximité. Elle ne supporte pas les températures froides ou fraîches, elle pousse toujours dans un climat chaud, jamais excessivement humide, même si un bon orage estival peut favoriser son apparition, à condition que l'eau soit rapidement absorbée par le sol, sans créer de stagnation. On la rencontre aussi dans la garrigue et le maquis méditerranéen, notamment parmi les arbousiers (Arbutus unedo), les lauriers, les cistes (Cistus) et les bruyères arborescentes (Erica arborea)[10], avec les chênes cités précédemment. On signale également qu'elle s'associerait rarement aux charmes (Carpinus), aux noisetiers (Corylus) en Espagne, aux Tilleuls (Tilia) en Serbie, à des forêts mixtes composées de feuillus et de sapin de Bulgarie (Abies borisii-regis) et de sapin de Céphalonie (Abies cephalonica) en Grèce, ou encore avec des épicéas (Picea) en Roumanie ou des pins (Pinus) par exemple en Italie et en Allemagne[14].

Elle pousse surtout pendant les mois d'été ; juin, juillet, août, mais aussi en automne en septembre et octobre, surtout dans les régions méridionales, jamais trop en altitude, inférieure à 800-900m[11]. Les poussées se font souvent après les pluies d'orage au mois d'août. Elle pousse souvent en compagnie du Cèpe bronzé (Boletus aereus) qui partage son écologie et sa période de fructification en Méditerranée[15]. On peut même en trouver en grande quantité dans des sols très pauvres ou labourés. Son cycle de fructification est long, elle commence à produire des fructifications entre 18 et 21 jours, voire jusqu’à 40 ou 50 jours lorsque le sol est dur et sec et qu’on ne voit pratiquement aucune autre espèce dans la forêt, après de fortes précipitations survenant à la suite d’une période de chaleur, avec une abondance accrue en cas de choc thermique accompagné de précipitations sous forme de grêle. Il s'agit également d'une espèce au comportement inconstant, alterné, qui ne se manifeste pas avec la même abondance chaque année aux mêmes endroits, même si les conditions semblent favorables[16].

L'aire de répartition naturelle de cette espèce s'étend autour des bassins de la mer Méditerranée et de la mer Noire[14]. Elle se retrouve communément dans les régions des pays du pourtour méditerranéen ainsi que dans les régions continentales d'Espagne, France et Suisse, mais moins fréquemment. Elle est très commune au Nord de l'Italie. Sa pousse ne survient que très rarement au Nord, uniquement lors des années particulièrement chaudes, cependant le réchauffement climatique actuel tend à rendre ces évènements plus communs. On pense qu'elle a été introduite au nord des Alpes par les armées romaines, car on la trouve le plus souvent le long des anciennes voies romaines dans cette région[17]. Elle n'est pas présente en Belgique sauf quelques rares cas signalés en Gaume[18]. On la retrouve également dans les Balkans, en Hongrie[19], dans la région du Caucase (Géorgie, Turquie), en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie), en Ukraine, en Crimée, dans le Caucase russe, principalement dans le kraï de Krasnodar et la République d'Adyguée et enfin possiblement en Iran[20], bien que l'Iran ne soit pas une région très bien étudiée sur le plan mycologique, il se peut donc qu'il existe des espèces non décrites pour lesquelles ce taxon est utilisé à tort. L'espèce a disparu de Pologne. Elle est absente au Pays-bas, au Royaume-Uni et en Scandinavie. Son aire de répartition est vaste et son éventail d'hôtes est large ; rien n'indique un déclin à grande échelle de ses populations. Elle peut être très abondante localement là où l'habitat est propice, principalement dans la région méditerranéenne. Contrairement à certaines informations, des études récentes ont démontré que l'espèce n'est présente ni en Amérique du Nord ni en Amérique centrale, ni en Asie de l'Est[21],[14].

Statut de conservation

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En Europe, les tendances démographiques rapportées divergent : alors que l’espèce figure sur la liste rouge nationale de nombreux pays où elle est présente en raison d’un déclin de ses populations (par exemple en Autriche, en Suisse et en Bulgarie), certains pays font état de populations stables (par exemple en France et en Grèce), tandis que la Roumanie et la Belgique signalent des augmentations[14],[22]. La taille et les tendances des populations en Afrique du Nord, en Turquie et dans le Caucase sont inconnues[14]. Les menaces identifiées en Europe concernent principalement la sylviculture (par exemple, l'augmentation de la fertilisation) et les dépôts atmosphériques d'azote. Des pratiques de récoltes intensives non durables ont également été signalées[22]. Malgré tout cela, le comité scientifique de l’Initiative de la Liste rouge mondiale des champignons a estimé qu’elle n’était pas menacée à l’échelle mondiale, la classant comme « préoccupation mineure » en raison de la grande diversité de ses habitats et de sa large répartition. Il semble que la meilleure solution consiste à favoriser les reboisements avec des fagacées indigènes telles que le chêne vert, le chêne rouvre ou le châtaignier, au détriment des conifères à croissance rapide, et à renforcer les soins sylvicoles des forêts par des coupes sélectives, des labourages superficiels et du débroussaillage[16].

L'Amanite des Césars figure sur la liste rouge des espèces menacées de Suisse en catégorie VU (Vulnérable)[23] et se retrouve également sur les listes rouges d'Ukraine[24], d'Albanie, d'Autriche, de Bulgarie, de République Tchèque, de France (certaines listes régionales), d'Allemagne, d'Hongrie, du Monténégro, de Pologne, de Russie (certaines listes régionales), de Serbie et de Slovaquie[14]. De plus, c'est une espèce protégée par la loi en Croatie[25], en Slovénie[26], en République tchèque[27], en Russie (certaines régions), en Serbie, en Slovaquie, en Ukraine[14] et en Allemagne[28].

Comestibilité

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Panier d'Oronges en Italie.

C'est un délicieux comestible, très recherché pour sa saveur subtile de noisette, considéré comme le meilleur qui soit. Il peut être consommé cru en carpaccio, s'il est très frais (à consommer dans les deux jours après la récolte), quand la cuticule est encore lisse et évoque, par ses belles couleurs, un œuf au plat, brossé ou délicatement lavé[31], en salade avec un filet de citron et d'huile d'olive, ou à la croque au sel, ou simplement du sel avec une huile neutre, car des huiles trop marquées peuvent masquer son goût délicat. Cuit, poêlé ou au four, grillé quelques minutes, il peut agrémenter de nombreux plats : en soupe ou en garniture de diverses viandes ou poissons, seul ou avec des légumes sautés, pâtes, etc.[32]. Elle se prête à une multitude de préparations ; les plus courantes consistent à l’accompagner de toutes sortes de plats à base de riz, de pâtes, de crèmes, de bouillons et de soupes. Elle peut également être utilisée pour accompagner des escargots, des tripes, divers ragoûts de viande, et même caramélisée dans des desserts.

Poêlée d'Oronges en France.
Carpaccio d'Oronges croque-au-sel et citron en France.

Comme pour tous les champignons sauvages, il est conseillé d’éviter une consommation répétée et excessive, car elle accumule facilement certains métaux lourds comme le cadmium, qui ne se dégrade pas à la cuisson et dont l’excès peut provoquer des troubles gastro-intestinaux, des problèmes rénaux, l’infertilité, des fractures osseuses et le cancer. De plus, il faut éviter de consommer des spécimens qui poussent au bord des routes, car ils accumulent de grandes quantités de métaux lourds et de toxines provenant des voitures. Avant de commencer la cueillette, il est recommandé de vérifier le stade de développement des spécimens. Il est déconseillé de cueillir des spécimens à l’état d’œuf entièrement blancs, car cela peut entraîner de dangereuses confusions ; leur commercialisation n’est d’ailleurs pas autorisée à ce stade, et ils n’apportent pas non plus l’arôme ni le potentiel nutritionnel d’un spécimen adulte. Il convient donc de ne cueillir que les spécimens mûrs dont la volve est ouverte ou entrouverte, laissant entrevoir leur cuticule caractéristique de couleur rouge-orange[16].

De plus, il faut éviter de cueillir des spécimens parasités par Mycogone rosea, un champignon ascomycète qui recouvre les lamelles, le pied et le chapeau d’une sorte de moisissure rose, tant au stade d’œuf qu’au stade adulte, déformant et ramollissant le champignon, comme sur cette image, et le rendant impropre à la consommation et à la commercialisation.

Commercialisation

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Oronges sur un marché en Italie.

L'Oronge est commercialisable à l'état frais dans de nombreux pays, notamment en France[33], en Espagne[16] et en Italie[34]. Pour ces deux derniers, la commercialisation des spécimens dont l'œuf est entièrement blanc, ne laissant pas entrevoir son chapeau rouge-orangé caractéristique, est interdite, car ils peuvent être confondus avec des "œufs" d'autres Amanites toxiques, voire potentiellement mortelles[34],[16]. Les spécimens parasités par Mycogone rosea, ainsi que les spécimens albinos ou jaunes, n’ont pas non plus de valeur commerciale, car ils peuvent entraîner des confusions dangereuses[16]. En Italie, les spécimens vendus doivent respecter la taille minimale de 4cm[35]. Pour l'Espagne, les grossistes achètent aux cueilleurs à des prix oscillant entre 5 et 15 €/kg, en fonction de l’abondance, de la qualité, de l’offre et de la demande. Ensuite, le grossiste trie les spécimens en fonction de leur qualité et de leur calibre, qu’il classe généralement en trois catégories différentes :

  • "Œuf" fermé, mais laissant tout de même entrevoir la cuticule rouge-orangée caractéristique. 25-50 €/kg.
  • "Œuf" entrouvert, dont le voile est rompu, laissant apparaître le pied, la volve semi-ouverte et l'anneau qui recouvre entièrement les lamelles. 20 à 40 €/kg.
  • Spécimens adultes, avec la volve entièrement ouverte. 10 à 25 €/kg[16].

Ces spécimens triés sont soigneusement placés dans des caisses en plastique ou en bois d’une capacité d’environ 3 kg, en vue de leur vente directe au frais dans les magasins de fruits et légumes, les restaurants ou les marchés nationaux, où leurs prix varient en fonction de leur calibre et de leur qualité. Certaines entreprises les commercialisent toute l’année, surgelées ou déshydratées[16].

Composition chimique

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Une étude portant sur des isolats provenant des fructifications d'A. caesarea a montré que la croissance radiale (augmentation du diamètre des axones) de cette espèce était possible à un pH compris entre 6 et 7, et que la croissance optimale se situait à une température comprise entre 24 et 28 °C (75–82 °F), selon l'isolat[36]. Une autre étude portant sur la teneur en métaux lourds d’échantillons de champignons a révélé que les concentrations de cadmium dans A. caesarea étaient quatre fois supérieures aux limites autorisées par les normes de l’Union européenne pour les champignons de culture. La teneur en plomb de A. caesarea dépassait également les limites autorisées. L’étude a conclu que l’accumulation de métaux lourds pourrait être une caractéristique propre à certaines espèces de champignons et que la consommation chronique de certaines variétés de champignons pourrait s’avérer nocive[37].Encore une autre étude portant sur la composition en acides organiques des champignons a révélé une teneur relativement élevée, d'environ 6 g/kg chez A. caesarea. De l'acide malique, de l'acide ascorbique, de l'acide citrique, de l'acide cétoglutarique, de l'acide fumarique, de l'acide shikimique et des traces d'acide succinique ont été détectés. Les acides malique et ascorbique étaient les composés les plus abondants[38]. De l'ergostérol a également été isolé à partir d'A. caesarea[39].

Confusions possibles

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L'Oronge peut se confondre avec diverses espèces en Europe, surtout d'autres amanites. Cependant ces confusions possibles sont relativement faciles à lever et peuvent facilement s'éviter en retenant les critères des lames et pied jaune, volve blanche ample et épaisse et habitat thermophile méditerranéen sous feuillus. Les confusions possibles de l'Oronge sont les suivantes :

  • L'Amanite safran (Amanita crocea), comestible cuite.
    L'Amanite safran (Amanita crocea), qui lui ressemble en certains points et qui est l'amanite la plus souvent confondue avec l'Oronge car elle est relativement commune et largement répartie. Les différences principales sont surtout que l'Amanite safran n'a pas d'anneau (ou parfois un faible bourrelet annulaire rudimentaire), a des lames blanches et non pas jaunes, un pied beige un peu zébré et une volve beaucoup moins épaisse, de forme dite "vaginée", ouverte en V. De plus, sa stature est plus élancée et son chapeau est plus conique qu'hémisphérique. Bien qu'elle soit une espèce comestible et consommée en tant que telle par certains, elle et ses espèces proches peuvent être dangereuses dans le cas de cueilleurs la prenant pour A. caesarea, la préparant crue en carpaccio comme ils le feraient avec une Oronge, car l'Amanite safran est toxique si consommée crue ou mal cuite. En effet, comme les Morilles ou l'Amanite rougissante, elle contient des toxines hémolytiques qui ne peuvent être détruites que par la cuisson. C'est pour cela qu'il faut également mettre en garde quant à ce cas avec les trois espèces suivantes, qui sont aussi des Amanites sans anneau à chapeau orangé du groupe des Amanites vaginées, qui sont toutes comestibles cuites mais toxiques crues. Comestible cuite, toxique crue ou mal cuite.
  • L'Amanite fauve (Amanita fulva), qui est très semblable à l'amanite safran mais qui a un chapeau plutôt brun orangé et un pied plus clair avec sa volve se tachant de rouille. Elle n'est pas méridionale. Comestible cuite, toxique crue ou mal cuite.
  • L'Amanite à pied nu (Amanita subnudipes), comestible cuite.
    L'Amanite à pied nu (Amanita subnudipes), qui est aussi très semblable à l'amanite safran mais qui a un pied blanc et lisse, de plus, elle est encore plus thermophile que cette dernière, et est donc plus susceptible de pousser aux mêmes endroits que l'Oronge, cependant, elle est généralement plus rare. Comestible cuite, toxique crue ou mal cuite.
  • L'Amanite jaunâtre (Amanita contui), qui est très semblable à l'amanite à pied nu ci-dessus mais qui a un chapeau plus pâle, de plus elle est très rare. Elle est plutôt nordique et ne partage pas du tout l'habitat de l'Oronge. Bien qu'elle soit en théorie comestible cuite, sa grande rareté et sa difficulté d'identification ne lui octroient pas de pertinence alimentaire. Sans intérêt alimentaire cuite, toxique crue ou mal cuite.
  • L'Amanite tue-mouches (Amanita muscaria), toxique.
    Amanite tue-mouches aux écailles délavées et chapeau désaturé par la pluie, ressemblant à celui d'une Oronge.
    L'Amanite tue-mouches (Amanita muscaria), toxique, qui est généralement très reconnaissable avec son chapeau rouge à points blancs (restes de sa volve). Cependant, lors de périodes pluvieuses, ses flocons blancs peuvent se délaver (être emportés par l'eau) et son chapeau pâlir et désaturer avec la pluie, de sorte qu'il en résulte une sorte de chapeau plus ou moins orangé sans écailles blanches, pouvant assez ressembler à celui de l'Oronge. Ce cas génère relativement fréquemment chaque année de nombreuses intoxications, les cueilleurs observant le chapeau délavé de l'amanite tue-mouches et pensant voir une Oronge. Cependant, d'autres critères évidents et non influencés par la pluie suffisent à facilement et sûrement les différencier, il suffit juste de ne pas s'arrêter à la couleur du chapeau. Le critère de différenciation le plus frappant et évident est la couleur des lames et du pied, jaunes chez l'Oronge, blancs chez l'amanite tue-mouches. L'Oronge est la seule amanite européenne avec des lames jaunes. De plus, alors que l'Oronge possède une très ample et épaisse volve contenant la base de son pied et l'entourant largement, l'amanite tue-mouches, elle, ne possède pas de volve de cette sorte ; son pied se termine en bourrelet épineux avec quelques bracelets annulaires juste au dessus. Enfin, elles ne partagent généralement pas du tout le même habitat, l'Oronge se limitant principalement aux habitats thermophiles méditerranéens et l'amanite tue-mouches étant plus largement répartie, même communément jusqu'au pays froids de la Scandinavie, mais n'appréciant pas particulièrement les régions chaudes et préférant les habitats frais et humides.
  • L'Amanite d'Inzenga (Amanita inzengae), toxique.
    L'Amanite d'Inzenga (Amanita inzengae), toxique. Alors que l'amanite tue-mouches ne partage généralement pas l'habitat trop méridional et chaud de l'Oronge, l'amanite d'Inzenga, quant à elle, est une espèce purement méditerranéenne, partageant les mêmes contraintes écologiques que l'Oronge, et pouvant se retrouver à ses côtés sur les régions du littoral. L'amanite d'inzenga est morphologiquement un sosie de l'amanite tue-mouches, extrêmement ressemblante. Elle se distingue de la tue-mouches par son voile général (volve et écailles du chapeau) jaunâtre à beige jaunâtre devenant gris-beige à maturité ainsi que par ses bracelets annulaires généralement plus nombreux et pouvant monter bien plus haut sur le stipe. Cependant, sa différence principale réside dans son habitat, elle pousse dans les régions du littoral méditerranéen en association avec les Cistes, autant en pleine forêt de pins ou de chênes sempervirents (chêne vert, chêne-liège) que dans le maquis haut et bas, et même en plein dans le sable. Il faut noter que l’effet de la pluie sur l’amanite tue-mouches décrit ci-dessus, entraînant une désaturation du chapeau et un délavage des écailles, au point de lui donner un aspect proche de celui de l’Oronge, est un phénomène qui peut tout aussi bien affecter l’amanite d’Inzenga. Sa toxicité est identique à celle de l'amanite tue-mouche.
  • L'Amanite à chapeau rouge (Amanita erythrocephala), qui ressemble à un mélange entre l'Oronge et l'amanite tue-mouches. Son chapeau est orange à rougeâtre, parfois orné de quelques flocons jaunes. Ses lames et son anneau sont blancs et son pied est jaune, pied dont la base se termine en bourrelet circoncis. Comme l'Oronge, c'est une espèce méditerranéenne thermophile. C'est également une espèce rarissime en danger, dont ses seules stations connues, en Italie, se comptent sur les doigts d'une main. Faisant partie de la section Validae, elle est probablement toxique crue ou mal cuite, mais vu son immense rareté, la question de la pertinence de sa comestibilité ne se pose pas. Photo d'une collection représentative d'A. erythrocephala sur le site de la Global Fungi Red List Initiative, prise d'une station italienne de l'espèce proche de la bordure française.
  • La Russule dorée (Russula aurea), dont la morphologie trapue et compacte de russule, sans anneau et sans volve, avec un pied simple et pas de lamellules dans son hyménophore, n'a finalement rien rappelant une amanite. Cependant elle rappelle tout de même l'Oronge de par ses teintes chaudes avec son chapeau orange et ses lames et pied dorés. De plus, elle partage l'écologie de l'Oronge. Comestible.
  • Similitude entre A. phalloides en œuf à gauche et A. caesarea en œuf à droite.
    L'Amanite phalloïde (Amanita phalloides), et d'autres amanites en général au stade d'œuf. Même si la distinction est facile une fois le champignon développé et hors de sa volve, il est déjà arrivé que des intoxications très graves surviennent à la suite de consommation d'amanites encore au stade d'œufs. En effet, lorsque l'Oronge est au stade d'œuf, encore très jeune et enveloppée entièrement dans sa volve, il faut être extrêmement prudent lors de la récolte, où même ne pas la récolter du tout, car à ce stade sa morphologie est quasiment identique à bien d'autres amanites passant par cette phase de primordium, dont la mortelle amanite phalloïde. Aucun des critères distinctifs de l'Oronge n'étant développés ou visibles à ce stade, il devient particulièrement particulièrement hasardeux d'essayer de la séparer d'autres amanites étant également à ce stade de croissance. En effet la majorité des espèces d'amanites commencent leur croissance sous la forme d'un oeuf. C'est pour cette raison qu'il est recommandé d'éviter de cueillir A. caesarea lorsqu'elle est trop jeune, avertissement particulièrement pertinent pour cette espèce car les cueilleurs ont tendance à privilégier les très jeunes spécimens qui sont plus fermes et plus frais.

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  3. (la) Scopoli JA., Flora Carniolica exhibiens Plantas Carnioliae Indigenas et Distributas in Classes, Genera, Species, Varietates ordine Linnaeano. Vol. 2, Vienna, Johann Paul Krauss, , p. 419
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  6. Greg A. Marley, Chanterelle dreams, amanita nightmares: the love, lore, and mystique of mushrooms, White River Junction, Vt., Chelsea Green Pub., (ISBN 978-1-60358-214-8), p. 112
  7. Boletos est un mot grec datant de -500 qui désignait l'Amanite. Il est attesté sous la variante latine Bolitus apparue chez Gallien en +197 toujours pour désigner une Amanite. Le nom savant actuel Boletus (Bolet en français) ne désigne plus des Amanites, mais un genre de champignons ayant des tubes sous le chapeau et non des lamelles comme les Agarics. On le trouve chez Pline en - 78, où il désigne très précisément l'Amanite tue-mouches, Amanita muscaria.
  8. Ramsbottom J., Mushrooms & Toadstools, Collins, (ISBN 1-870630-09-2), p. 6
  9. Origine des noms de champignons, Marcel V. LOCQUIN ; Champignons d'hier, Bull. Fédér. Mycol. Dauphiné-Savoie, 1980, no.79 pp. 4-7. Lire en ligne http://enfantdesarbres.canalblog.com/archives/2015/06/29/32285762.html
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  31. Attention : si, à l'instar de l'oronge ou de quelques agarics comestibles et de boletus edulis, très peu de champignons peuvent se déguster crus, certains, et notamment d'autres amanites ou les morilles, ne doivent être consommés qu'après une cuisson soigneuse, soit 20 minutes à 70 °C.
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