Archipel du Frioul

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Archipel du Frioul
L'archipel du Frioul
L'archipel du Frioul
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Ville Marseille
Canton Marseille-Saint-Lambert
Arrondissement municipal 7e
Code postal 13007
Démographie
Population 86 hab. (2006)
Géographie
Coordonnées 43° 16′ 38″ N 5° 18′ 24″ E / 43.2772, 5.30667 ()43° 16′ 38″ Nord 5° 18′ 24″ Est / 43.2772, 5.30667 ()  
Localisation

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Archipel du Frioul

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Archipel du Frioul

L'archipel du Frioul (en provençal Frieu) est un archipel situé environ à 4 km au large de Marseille constitué de quatre îles, l'ensemble atteignant 200 ha. Les Îles constituent un des 111 quartiers de Marseille rattaché au 7e arrondissement.

L'archipel[modifier | modifier le code]

Le Frioul est constitué de quatre îles  :

Les îles Pomègues et Ratonneau sont reliées par la digue Berry, qui a été construite dès 1822 sous Louis XVIII. Elle a été nommée ainsi en souvenir du duc de Berry, assassiné en 1820 par Louvel. Cette digue a transformé un mouillage forain utilisé depuis les Romains en port véritable.

La baie de Marseille et l'archipel du Frioul - carte du XVIIIe siècle

Histoire du Frioul[modifier | modifier le code]

Une histoire essentiellement militaire[modifier | modifier le code]

Ces îles, du fait de leur position stratégique en rade de Marseille, en ont constitué pendant longtemps les défenses avancées : chaque éminence porte un fort militaire, et les batteries, tranchées, postes d'observations, parsèment l'ensemble de l'archipel. Dès Henri IV, un fort très important couronne l'île Ratonneau, actuellement totalement enfoui sous les reconstructions successives. Puis ce fut l'île d'If qui est fortifiée et, sous Louis XIV, les fortifications sont étendues à l'ensemble de l'archipel par Vauban. D'autres constructions militaires sont édifiées sous Napoléon.

Sous la Troisième République avec le système Séré de Rivières, la majorité des fortifications de l'archipel sont reprise ou édifiée: les forts de Ratonneau et celui de Pomègues, le fort du Brégantin, la tour de Pomègues, les batteries du cap de Croix, du cap Caveaux, etc. Ces fortifications édifiées entre 1860 et 1900 donnent à l'archipel son paysage actuel. En 1902, l'armée édifie le dernier bâtiment militaire, le sémaphore de Pomègues, qui veille sur la rade pendant 90 ans.

Pendant la Première Guerre mondiale, des ballons d'observations sont stationnés avant d'être transférés à Gémenos, au quartier des Paluds, en 1923.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, et notamment lors de la libération de Marseille, le Frioul connait le feu des armes. L'occupation allemande investit les fortifications de l'île, et les modifie ou complète par la construction de batteries nouvelles, de redoutes, toujours clairement identifiables à ce jour par leur construction en béton armé, dont les batteries de marine du cap Caveau sont un exemple impressionnant. Ces travaux sont menés par le Service du travail obligatoire, pour lequel nombre de Marseillais sont réquisitionnés par les allemands. Les Alliés s'employent à bombarder massivement l'archipel, inhabité mais lourdement fortifié, pour détruire ces défenses avancées qui leur entravent l'accès à la ville. Aujourd'hui encore, malgré la végétation sauvage qui a repoussé, les photos aériennes montrent un sol lunaire parsemé de cratères de bombes, surtout à Ratonneau.

Après la guerre, les îles restent terrain militaire. En 1959, un hangar, toujours visible, est construit pour abriter les filets anti-sous-marins destinés à être mouillés devant la rade et le port, installés par la marine sur l'archipel à parti de 1928. Une rampe de mise à l'eau est édifiée sur le quai de Pomègues au sud du plan d'eau.

Dans les années 1950 et 1960, jusqu'à quatre escorteurs d'escadre et quatre chasseurs de mines de 1 500 tonnes peuvent être simultanément à quai[2].

L'archipel reste propriété de la Défense nationale et interdit au public jusqu'en 1975, année où le maire Gaston Defferre obtient de la Défense l'autorisation de transformer la rade militaire déclassée en port de plaisance, bordé d'un noyau urbain de 450 logements et quelques commerces et d'une caserne de pompiers. Un service de navettes maritimes est créé à cette occasion, pour permettre à ces habitants de vivre. Le reste des îles a été cédé à la commune de Marseille par le ministère de la défense à partir de 1995.

Terre d'immigration[modifier | modifier le code]

Lors de la peste de Marseille au XVIIIe siècle, l'île Ratonneau avait servi de lieu de quarantaine.

Pour l'accueil des réfugiés arméniens, dans les années 1920, les autorités installent un centre de tri sanitaire sur les îles.

Un quartier[modifier | modifier le code]

Le Frioul est un quartier de Marseille, administrativement rattaché au 7e arrondissement et au 1er secteur. Les îles du Frioul sont toutes sans voitures et même le vélo y est admis sous contrainte[3]. On y trouve un port de plaisance de plus de 600 places, bordé de constructions bétonnées des années 1970, avec des commerces longeant le port et des habitations au-dessus. Environ une centaine d'habitants vivent à l'année sur ces îles, enfants, adultes ou retraités, ainsi que des plaisanciers vivant sur leurs bateaux.

Le Frioul abrite également un centre de vacances Léo Lagrange, une caserne de marins-pompiers, l'une des stations du service du pilotage de Marseille-Fos, et une ferme marine bio, installée dans l'ancien port de quarantaine de Pomègues[4], probablement la seule activité économique de production du quartier.

Les services publics sont peu présents : en l'absence de police, d'école, de médecin, les habitants doivent se rendre quotidiennement en ville pour ces besoins. Cet état de fait, et une desserte maritime contestée, créent un certain ressentiment des insulaires à l'égard de leur cité-mère.

Des projets de doublement du port, ainsi que de bâtis complémentaires à but touristique, sont régulièrement évoqués par la Communauté urbaine.

Le festival MIMI[modifier | modifier le code]

Le festival-atelier musical MIMI a lieu chaque été dans la cour de l’ancien hôpital Caroline. Ce festival est organisée par l'Association d’Aide aux Musiques Innovatrices, centre de développement des musiques actuelles, installée à la friche la Belle de Mai).

Micronations[modifier | modifier le code]

En juillet 1997, Jean-Claude Mayo, propriétaire du fort de Brégantin sur Ratonneau, et quelques amis décident de fonder la République libre du Frioul, une galéjade sous forme de micronation, car « dans notre société, on n'a jamais le droit de faire le con ». Le président, nommé à vie, est Egrégore le Virtuel, tandis que Jean-Claude Mayo en devient le ministre « convoyeur du verbe ». La petite république édite sa propre monnaie, la polymonnaie qui n'a cours légal que dans la république.

Cette première République libre du Frioul s'éteint en 2000. En 2012 voit le jour la République du Frioul[5]. Sa devise est : « Pour l'art et l'insolence, sans insolation ». Des ambassades sont ouvertes partout en France et sur l'île du Frioul. Elle se dote de son drapeau, son blason, sa monnaie, le PAGA, ses ministres, etc. L'objectif de cette deuxième République est de favoriser l'investissement culturel et artistique sur l'île du Frioul.

Environnement[modifier | modifier le code]

Sur le plan géologique, l'archipel date de l'Urgonien. Semblable en cela aux calanques de Marseille et aux madragues de l'Estaque, il présente des falaises de calcaire blanc stratifié tombant dans la mer. Mais au Frioul, ce paysage a été profondément remanié par l'homme, tant durant l'époque des grands travaux militaires que durant celle des constructions récentes. L'activité militaire a laissé en de nombreux endroits des bâtis éboulés, des gravats et une pollution métallique de munitions lourdes ou légères sur l'ensemble de l'archipel.

Sur le plan floristique, on retrouve toutes les espèces endémiques du littoral provençal, ainsi que quelques espèces rares et protégées, propres aux îles de Marseille.

La faune est assez pauvre, essentiellement représentée par l'avifaune, en particulier des oiseaux de mer dont la plupart sont rares et protégés. Il n'y a pas de grands mammifères, mais par contre des espèces introduites comme le lapin et le rat, ainsi que de nombreux chats harets.

L'archipel est très sec car il y pleut moins qu'à Marseille. Le faible relief des îles et leur étendue déchiquetée expliquent cette pluviométrie déficitaire. Combinée aux vents souvent violents qui peuvent y souffler, cette météo particulière a permis le développement d'un végétation rare avec 13 espèces protégé au niveau national ou régional.

Ces paysages, et la très faible fréquentation humaine durant le XXe siècle, ont évidemment privilégié les oiseaux de mer les plus farouches, parmi les espèces animales qui occupent ce biotope très remanié par l'homme.

Avenir du site[modifier | modifier le code]

L'archipel du Frioul est actuellement confronté à des perspectives contradictoires quant à son avenir. Il présente la particularité administrative d'être la propriété foncière de la commune pour plus de 90 % de son sol, ce qui est rarissime pour un espace urbain de cette taille. Des promoteurs souhaitent en faire un paradis insulaire pour milliardaires, des écologistes préfèrent y restreindre la fréquentation humaine.

Natura 2000[modifier | modifier le code]

L'archipel a été proposé par l'État français comme zone "Natura 2000". Le site, en vertu de son patrimoine naturel exceptionnel, a été retenu par l'Europe pour intégrer ce réseau européen dont l'objectif est de concilier activités humaines et protection de la nature. Dans le cadre de cette démarche des réunions de concertation avec l'ensemble des usagers du site ont permis d'élaborer un plan d'action pour la préservation de cet espace naturel.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral donne pour ce nom l'étymologie grecque αντι πολιν, « devant la ville ».
  2. in La Provence, 28 juillet 2012, P. 6
  3. Marcel Robert, Iles sans voitures, 2013
  4. Charpentier C., 2011 : « Les poissons bio du Frioul, ferme aquacole marine » Alim'agri, magazine du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire no 1550 (octobre-novembre-décembre 2011) - pp. 45-47
  5. la république du Frioul

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]