Clostridium botulinum

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Clostridium botulinum

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Photographie au microscope de
bactéries Clostridium botulinum
(corps végétatifs, endospores et spores)

Classification
Règne Bacteria
Division Firmicutes
Classe Clostridia
Ordre Clostridiales
Famille Clostridiaceae
Genre Clostridium

Nom binominal

Clostridium botulinum
(van Ermengem, 1896) Bergey et al., 1923

Clostridium botulinum est une bactérie : un bacille gram positif anaérobie, du genre Clostridium, responsable du botulisme. Clostridium botulinum est une bactérie productrice de spores qui représentent la forme de résistance de la bactérie. Cette spore peut résister à de faibles traitements thermiques (ex : pasteurisation) et germer (c'est-à-dire donner une cellule métaboliquement active) ce qui peut poser des problèmes en sécurité alimentaire.

Il sécrète une des toxines les plus puissantes du monde vivant[1]. Active par ingestion, cette toxine diffuse ensuite dans l'organisme et agit en bloquant la transmission neuromusculaire  : elle inhibe les neurones moteurs de la contraction musculaire. On dit alors que la toxine provoque une paralysie généralisée flasque (contrairement à la toxine tétanique qui inhibe les neurones inhibiteurs de la contraction musculaire, induisant ainsi une paralysie généralisée spastique). Cette infection peut entraîner la mort par paralysie des muscles respiratoires si aucun traitement n'est mis en place. Il existe quatre formes de botulisme humain  : le botulisme alimentaire (ingestion de la toxine pré-formée dans l'aliment), le botulisme infantile (colonisation de l'intestin par la bactérie), le botulisme par blessure et le botulisme par inhalation. L'intoxination fait souvent suite à la consommation de conserves ou de jambon et salaison « maison » mal stérilisés. La toxine est thermolabile et une simple cuisson à ébullition suffit à prévenir les risques.

Cette même toxine botulinique en injection localisée permet de réduire les rides de façon transitoire (2-3 mois) par paralysie des muscles responsables de la ride : le botox.

Écologie et rôle pathogène[modifier | modifier le code]

Assez répandu dans la terre, parfois présent dans l'intestin de certains animaux (porc : type B, poissons : type E), c'est le seul microbe exclusivement saprophyte (c'est-à-dire incapable de s'implanter et de se multiplier dans l'organisme) qui peut toutefois provoquer une maladie grave, due à la toxine qu'il élabore dans un aliment contaminé et conservé dans des conditions (anaérobiose) lui permettant de s'y multiplier. C'est donc essentiellement une intoxication alimentaire - en fait la plus grave - mais heureusement la plus rare des intoxications alimentaires d'origine bactérienne.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Trois particularités sont importantes en fonction de l'épidémiologie du botulisme :

  • la bactérie ne peut survivre dans un milieu ayant un pH inférieur à 4,6 (c'est pourquoi les aliments acides nécessitent seulement une pasteurisation)
  • la thermo-résistance de la spore : elle résiste des heures à 100 °C ; il faut au moins 10 minutes à 120 °C pour la tuer,
  • la toxine résiste à l'acidité gastrique mais est relativement thermolabile (détruite vers 80 à 90 °C) : il en résulte que si un aliment suspect est chauffé à ébullition juste avant d'être consommé, tout danger disparaît.

Les conserves préparées industriellement sont généralement sans danger, l'expérience ayant appris à maitriser les temps de chauffage et les températures nécessaires à éliminer les spores. Par contre, les conserves artisanales ou ménagères sont éventuellement dangereuses.

Propriétés bactériologiques[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Similaire à celle de la plupart des clostridies : bacilles mobiles, de 4 à 8 microns sur 0,75 à 1,00 microns ; spores ovalaires subterminales.

Culture[modifier | modifier le code]

Colonies chevelues très protéolytiques et glucidolytiques, dégagement de gaz à odeur de beurre rance. Le dégagement de gaz doit attirer l'attention sur les boîtes de conserve bombées bien que d'autres germes peuvent en être la cause.

Toxines[modifier | modifier le code]

C'est une toxine de nature protéique qui agit en bloquant l'acétylcholine au niveau de la jonction neuromusculaire, provoquant ainsi des paralysies flasques.

Après une incubation de 12 à 48 h., des symptômes digestifs discrets (parfois quelques vomissements, constipation habituelle) apparaissent, la paralysie se manifeste d'abord par des troubles de l'accommodation et de la déglutition (muscles oculomoteurs et muscles pharyngés) pour s'étendre ensuite aux muscles respiratoires.

La toxine botulique est une des toxines les plus actives : la dose mortelle pour l'homme est d'environ 0,1 microgramme.

Méthodes de diagnostic[modifier | modifier le code]

Chez l'homme, il n'y a guère de possibilité de diagnostic bactériologique ou sérologique.

C'est seulement dans l'aliment suspect que l'on peut rechercher le bacille ou de préférence sa toxine (plus facile et plus rapide).

Prophylaxie[modifier | modifier le code]

Le chauffage avant consommation détruit la toxine.

La technique de mise en conserve nécessite :

  • soit une chaleur de 120 °C pendant au moins 10 minutes,
  • soit une concentration de NaCl d'au moins 15 %,
  • soit une concentration en acide acétique (vinaigre) d'au moins 2 %.

Avant la mise en conserve, les fruits et légumes doivent être débarrassés de toute terre par lavage soigneux.

Les porcs doivent être abattus à jeun pour éviter la période de bactériémie digestive, toutes précautions étant prises pour ne pas souiller la viande avec le contenu intestinal (ces précautions sont valables aussi pour la prophylaxie des salmonelloses).

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement du malade est décevant pour la raison suivante : contrairement aux autres maladies à toxine (diphtérie, tétanos) où la toxine est élaborée in vivo et résorbée au fur et à mesure de sa production, dans le botulisme toute la toxine est ingérée et résorbée en une fois. Quand apparaissent les premières paralysies, il y a de grandes chances que toute la toxine soit déjà fixée. Or, l'antitoxine ne neutralise que les toxines non encore fixées. Le sérum pourra évidemment protéger plus efficacement les personnes encore en incubation (c'est-à-dire qui ont consommé le même aliment à un repas plus tardif que le ou les malades).

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Communiqué de l'Agence française de la sécurité sanitaire alimentaire