Streptococcus pyogenes

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Streptococcus pyogenes est une bactérie appartenant au genre Streptococcus.

Il s'agit de cocci à Gram positif se présentant sous forme de chaînettes. Ils sont dépourvus de catalase et d'oxydase et sont anaérobies préférentiels aérotolérants. Sur gélose au sang, ils développent une large zone d'hémolyse complète (= hémolyse de type bêta). Ce sont donc des streptocoques bêta-hémolytiques. Dans les produits pathologiques, ils peuvent avoir une capsule ou non.

Ils appartiennent au groupe A de Lancefield.

Pouvoir pathogène[modifier | modifier le code]

Hémolyses par Streptococcus spp. :
α — S. mitis
β — S. pyogenes
γ — S. salivarius

Streptococcus pyogenes peut être à l'origine de :

Traitement[modifier | modifier le code]

Les streptocoques du groupe A sont en général sensibles à la pénicilline.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

  • Mise en culture de prélèvements (gorge, hémoculture,...) :

La culture se fait sur gélose au sang et donne une beta-hémolyse. L'identification de l'espèce se fait par sérogroupage des colonies hémolytiques qui doivent agglutiner des particules de latex sensibilisées avec des anticorps anti-streptocoques du groupe A. La croissance des colonies de Streptococcus pyogenes est inhibée autour d'un disque de bacitracine.

  • Diagnostic antigénique direct :

Il s'agit d'un examen rapide (doctor's test) qui permet la recherche de Streptococcus pyogenes à partir d'un prélèvement de gorge.

  • Sérologie :

Les anticorps anti-streptolysine O (ASLO) et les anticorps anti-hyaluronidase peuvent être recherchés. Ils donnent des indications sur l'origine de l'infection. Les ASH augmentent plus dans les infections cutanées. Le taux d'anticorps anti-streptolysine O n'augmente pas après une infection cutanée à Streptococcus pyogenes car la streptolysine O sécrétée est rapidement neutralisée par le cholestérol membranaire des cellules épidermiques, si bien qu’il n’y a pas de stimulation d’une réponse en anticorps.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1924 William Coley, chirurgien des os et cancérologue observe qu'un de ses patients qui souffrait d'un cancer, le sarcome, et de la scarlatine a guéri de son cancer une fois sorti de la scarlatine. Il a alors fait l'hypothèse que la bactérie était en cause et a alors injecté des streptocoques à des patients atteints de cancers avec de bons résultats, quoique moins bons que pour le sarcome. De nos jours cette solution est abandonnée par les laboratoires parce que les normes de sécurité exigées pour injecter une bactérie, même morte, demandent des millions voire des milliards d'euros d'investissement[1],[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sarah DeWeerdt, « Bacteriology: A caring culture », Nature vol. 504, p. S4–S5, 2013
  2. Didier Raoult, « Ce vaccin contre le cancer... qui ne sera pas commercialisé », Lepoint.fr, 2014