Pierre précieuse

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L'appellation « pierre précieuse » est donnée à certaines gemmes (précisément quatre listées ci-dessous) considérées comme belles, d'une certaine dureté, et rares. Les pierres précieuses historiques et/ou d'une qualité, pureté, rareté exceptionnelles, peuvent aussi être qualifiées de « joyaux ».

Historiquement, quatre types de gemmes sont considérées comme pierres précieuses : diamants, rubis, saphirs et émeraudes naturels. En France, cette distinction a été abrogée par voie législative en janvier 2002[1].

Gîtologie[modifier | modifier le code]

Ces gemmes proviennent souvent de cristaux trouvés dans la roche, mais peuvent aussi être trouvés à la surface, dans des dépôts alluviaux, dans l'argile et la boue, et dans l'océan. Sous leur forme pure, ces minéraux sont parfois incolores ; ce sont alors les traces d'autres éléments chimiques qui se sont mélangés lors de leur formation qui leur confèrent une couleur. L'appellation "pierre précieuse" se justifie entre autres du fait que l'extraction de ces gemmes du sol est souvent un procédé aussi complexe que coûteux, voire dangereux. La pierre brute doit être taillée et parfois traitée pour obtenir une pierre finale ; ces étapes importantes sont cruciales et requièrent une expertise et/ou un équipement dispendieux. Les pierres précieuses doivent souvent être dures (en général au moins 7,5 sur l'échelle de Mohs), ce qui permet la réalisation de bijoux à la fois magnifiques et durables.

Depuis des siècles, les pierres précieuses sont considérées comme des objets de valeur, servant parfois de monnaie d'échange, portées par la royauté et les grands monarques, sur tous les continents. Elles sont aussi l'objet de plusieurs croyances folkloriques, partout à travers le monde, et on leur octroie parfois des pouvoirs magiques et médicinaux. Le système de classification des pierres précieuses a été révolutionné avec la venue de l'ère industrielle et de la science moderne, quand les éléments chimiques des cristaux ont pu être identifiés. Dès lors, nous sûmes que la couleur d'une pierre ne déterminait pas nécessairement son identité, comme il était usage autrefois ; toutes les pierres rouges n'étaient pas des rubis, toutes les bleues n'étaient pas des saphirs, etc. Avec le temps, un nouveau système de classification s'est développé, et avec lui, un nouveau système de valeur.

La qualité d'une pierre précieuse est évaluée selon une série de critères, lesquels sont principalement le poids en carat, la couleur, la coupe, et la clarté (les 4C). Mis ensemble en rapport avec l'offre et la demande du marché, ces critères déterminent la valeur d'une pierre précieuse. Une forte demande peut, par exemple, faire en sorte que la valeur d'une pierre augmente, en dépit de sa rareté moindre. La valeur des pierres précieuses dépend aussi de sa provenance et de son lieu de vente, car l'offre et la demande varient selon les pays.

La joaillerie est l'art de mettre en valeur des pierres précieuses ou fines sur un support en métal précieux.

Différents types de gemmes[modifier | modifier le code]

Quatre gemmes principales sont couramment considérées comme précieuses[2] :

  • le diamant, composé de carbone, généralement blanc avec une très légère teinte jaunâtre. Il existe des diamants de toutes les couleurs : noir, jaune canari, rose, vert, bleu, etc. Les diamants les plus populaires sont généralement les blancs de coupe dite « brillant » (ou coupe ronde).
  • l'émeraude, variété de béryl vert, comporte souvent des inclusions, ce qui la rend parfois fragile.
  • le saphir, variété de corindon, est généralement bleu, mais peut aussi être incolore ou de toute autre couleur (excepté le rouge, réservé au rubis).
  • le rubis, variété de corindon, est rouge.

En France, cette classification a été entérinée par le décret no 68-1089 du 29 novembre 1968 portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 1er août 1905[3], mais abrogée par le décret no 2002-65 du 14 janvier 2002 relatif au commerce des pierres gemmes et des perles[1].

Le diamant, le rubis, le saphir et l'émeraude peuvent être considérés comme fines ou non précieuses si leur qualité est moyenne ou médiocre (exemple : diamant brun de qualité industrielle), sauf s'ils ont une particularité rarissime (exemple : diamant rouge). Un rubis d'aspect pierreux n'est généralement pas considéré comme une pierre précieuse en raison de son abondance relativement aux rubis de meilleure qualité et d'un attrait supérieur, mais selon certaines écoles de pensée tout rubis est une pierre précieuse car plus rare que les autres pierres communes.

Une topaze ou une améthyste peut s'avérer avoir une certaine rareté, mais ces pierres sont plus communes ; elles doivent donc avoir une particularité (clarté élevée, très belle couleur ou couleur rare, taille considérable, proportions idéales, etc.) pour acquérir une valeur importante. Il existe une grande variété de pierres fines : topaze, citrine, grenat, chrysobéryls « œil-de-chat », ammolites colorées de l'Alberta, alexandrites à changement de couleur, rubis et saphirs étoilés, jadéite, péridot, etc.

Les pierres gemmes[modifier | modifier le code]

Dans la législation française, les appellations « pierre gemme », « pierre ornementale », « pierre précieuse » sont regroupées sous l'appellation unique de « pierres gemmes » par souci d'harmonisation avec la nomenclature de la CIBJO2 (commission internationale bijouterie, joaillerie, orfèvrerie) qui ne distingue pas entre les trois expressions3. « Pierre précieuse » ne peut s'appliquer qu'à un produit naturel. Cette commission traite à part le diamant.

Quelques exemples :

Pierres précieuses le diamant, transparent (pratiquement toutes les couleurs peuvent être trouvées) l'émeraude (variété de béryl), transparente (vert, à vert-bleuté) le rubis (variété de corindon), transparent (rouge à écarlate) le saphir (variété de corindon), transparent (toutes les couleurs sauf rouge (réservé au rubis))

Pierres fines l'agate (variété de calcédoine), translucide (marron, bleu, blanc, rouge...) l'aigue-marine (variété de béryl), transparente (bleu vert pâle) l'alexandrite (variété de chrysobéryl), verte à rouge suivant le type d'éclairage l'améthyste (variété de quartz), transparente (violet) l'amétrine, transparente (mélange améthyste/citrine) la citrine (variété de quartz), transparente (jaune) la cordiérite, transparent (bleu foncé) la cornaline (variété de calcédoine), translucide (rouge, brun-rouge orange...) les grenats, (nom de famille de nombreux nésosilicates transparents (rouge, marron, vert ou violet) l'hématite, opaque (gris noir métallique) le jade (jadéite ou néphrite), translucide (vert pâle, foncé, vert et blanc) la jaspe (roche siliceuse) opaque (rouge, avec reflet noir à marron) le lapis-lazuli (roche contenant de la lazurite, de la calcite de la pyrite de la sodalite), opaque (bleu clair et foncé, taches dorée) la malachite, opaque (vert clair et foncé) l'obsidienne (roche volcanique), opaque (noir), translucide l'onyx (variété de calcédoine), transparent (très nombreuses couleurs) les opales, translucide (très nombreuses couleurs) le péridot (variété d'olivine), transparent (Vert à vert jaune) la pierre de lune (Adulaire variété d'orthose), translucide (blanche avec adularescence bleu pâle) le quartz fumé (variété de quartz), transparent (brun clair à noir) le quartz rose (variété de quartz), transparent (rose clair) la sardoine (variété de calcédoine), opaque (orange à marron rouge) les spinelles, transparent (rouge, marron, vert foncé) la tanzanite, transparente (bleu saphir, violet, brun) la topaze, transparente (jaune, bleu, rose, violet...) la tourmaline, transparente (vert, bleu, marron, rouge, noir...) la turquoise, opaque (bleu vert pâle) le zircon, transparent (incolore, bleu, vert pâle à vert, brun, etc. )

Organiques l'ambre, transparent (diverses nuances de jaune, mais aussi verte exceptionnellement bleue) le corail, opaque (rouge écarlate, rose, blanc) le jais, opaque (noir) la mellite, de couleur du miel la nacre (perle), translucide (blanc, jaune, rose, noire)

Définition de gemme[modifier | modifier le code]

Une gemme est une pierre fine, précieuse ou ornementale ou n'importe quelle matière très dure ou colorée ayant l'aspect de ces pierreries et utilisée comme ornement.

Pour mériter l'appellation de gemme, cette matière (minéral, roche ou une substance organique telle que perle, ambre ou corail) doit être attrayante, surtout par sa couleur. Elle doit être peu altérable, et assez solide pour survivre à un usage constant ou aux manipulations, sans se rayer ou s'endommager.

Pierre brute arrachée à la terre par le mineur, une gemme est souvent taillée par le lapidaire pour finir montée sur une bague, en boucle d'oreille ou tout autre ornements de joaillerie. Elle peut être naturelle, traitée ou fabriquée artificiellement (pierre synthétique).

La gemmologie est la science des gemmes.

Le nom "Gemme" vient du latin gemma qui signifie « bourgeon », au sens propre et « pierre précieuse », au sens figuré. Il est utilisé comme nom commun et, plus rarement, comme nom propre.

Autres appellations[modifier | modifier le code]

Les pierres fines (aigue-marine, citrine, péridot, améthyste) étaient appelées semi-précieuses. Ce terme est aujourd'hui interdit en France[1].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Arthur Thomas, Gemstones : properties, identification and use, New Holland, Londres, 2008, 256 p. (ISBN 978-1-8453-7602-4)
  • (fr) Mario Fontana, Pierres précieuses : comment les reconnaître et en estimer la valeur (traduit de l'italien par Isabelle Langlois-Lefebvre), De Vecchi, Paris, 2007, 159 p. (ISBN 978-2-7328-8877-4)
  • (fr) Cally Hall Pierres précieuses (photogr. de Harry Taylor ; conseiller Roger Harding), Larousse, Paris, 2004 (réimpr. 2007), 160 p. (ISBN 978-2-03-560406-4)
  • (fr) Marie-Hélène Moncel et François Fröhlich (dir.), L'homme et le précieux : matièrales minérales précieuses, John and Erica Hedges Ltd. (Hadrian Books), Oxford, 2009, 314 p. (ISBN 978-1-407-30248-5)
  • (fr) Walter Schumann, Guide des pierres précieuses : pierres fines et ornementales : 1900 échantillons photographiés, Delachaux et Niestlé, Lausanne, Paris, 2009 (trad. de la 14e éd. allemande), 319 p. (ISBN 978-2-603-01650-3)
  • (fr) Patrick Voillot, Pierres précieuses et terres d'aventure, Hermé, Paris, 2004, 191 p. (ISBN 2-86665-401-3)
  • (fr) Florence Mégemont, Petit Dico des Cristaux, Ed.Exclusif, Neuilly, 2010, 320 p. (ISBN 978-2848-910-77-2)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) A la poursuite des pierres précieuses, film réalisé par Patrick Voillot, Film Office, 2002, 312' (2 DVD)

Notes et références[modifier | modifier le code]