Zoonose

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Zoonose
Classification et ressources externes
CIM-10 quelques zoonoses bactériennes sont codées de A20 à A28
DiseasesDB 28555
MeSH D015047
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Pour l'OMS[1], une zoonose (du grec zôon(το ζωον), « animal » et nosos, « maladie ») est une infection ou infestation naturellement transmissible de l'animal à l'homme et vice versa (par exemple la grippe aviaire ou encore la maladie de la vache folle, responsable chez l'humain de la maladie de Creutzfeldt-Jakob).

Les zoonoses sont causées par divers agents biologiques vivants (bactéries, champignons, parasites) ou non vivants (virus, prions...). Elles font partie du risque animal global. Toute personne peut les développer, souvent même sans contact avec les animaux. Leur histoire reflète, depuis la Préhistoire, les relations Homme-Animal. Certaines zoonoses sont aussi des maladies professionnelles (qui touchent par exemple les éboueurs, taxidermistes, agriculteurs, éleveurs, vétérinaires, forestiers...).

Le risque zoonotique est considéré comme augmentant, en raison d'une circulation dans le monde accrue et plus rapide des agents infectieux et parasitaires chez les animaux domestiques et sauvages.

Dans certains pays, dont en France, certaines maladies sont à déclaration obligatoire. En 1997, la CBB a publié un tableau de ces maladies animales pour la France, avec le nom de la maladie, les principales espèces touchées, l’existence ou non d'un vaccin, un indice de gravité par maladie[2]

Définitions[modifier | modifier le code]

Le terme de zoonose regroupe en fait deux modalités différentes de transmission de maladies infectieuses ou parasitaires des animaux vertébrés (domestiques ou non) :

  • une zooanthroponose qui est une maladie transmise de l'homme à l'animal, dans des conditions naturelles ;
  • une anthropozoonose (ou « zoonose inversée », qui est une maladie transmise de l'animal à l'homme, dans des conditions naturelles ;
  • Une zoonose est dite « bornée » si quand elle est transmise à l'Homme, elle est non contagieuse et constitue un « cul-de-sac » (sans possibilité de contamination interhumaine).
    Elle est dite « extensive » si la contamination interhumaine est possible[3].

« Les agents étiologiques des zoonoses sont des agents transmissibles qui ne sont pas inféodés à un seul hôte et qui peuvent provoquer une infection ou une infestation chez au moins deux espèces de vertébrés dont l’homme »[4]

Zoonoses et maladies « émergentes »[modifier | modifier le code]

Beaucoup des maladies émergentes sont des zoonoses. L'OMS, la FAO et l'OIE ainsi que de nombreux éco-épidémiologistes pensent que la circulation des humains et des animaux (d'élevage, domestiques) joue probablement un rôle majeur dans la diffusion et l'extension mondiale de nombreux pathogènes[5]

Au début des années 2000, une nouvelle maladie émergente est découverte tous les quatorze à seize mois (contre une tous les dix à quinze ans dans les années 1970). Cette augmentation s'explique par une veille épidémiologique plus intense, mais aussi par une aggravation des conditions favorisant ces émergences. Ce sont notamment des virus (ex : le virus Hendra en 1996, les souches hautement pathogènes du virus grippal H5N1 en 1997 puis 2003, le virus Nipah en 1999 ou le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003.
Les agents pathogènes non-conspécifiques, dits « pathogènes multi-hôtes non-humains », c'est-à-dire capables d'infecter un grand nombre d'espèces, sont ceux qui ont le plus de chance de conduire à une maladie émergente.
Ceux qui semblent le plus dangereux pour l'homme sont ceux qui peuvent infecter plusieurs espèces dont les ongulés, carnivores (chien et/ou chat en particulier), rongeurs et (pour les virus) chiroptères.

Certaines tiques sont pour cette raison des espèces vectrices « à haut risque », en particulier Ixodes ricinus dont les larves et nymphes peuvent piquer environ 300 espèces de vertébrés (à sang chaud ou froid). Parmi ces centaines d'hôtes, seuls quelques-uns sont infectés par les borrélies (agents de la maladie de Lyme) et parmi ces espèces seules quelques-unes jouent un rôle majeur en tant qu'espèces-réservoirs.
À titre d'exemple, en Auvergne, Chloé Boyard de l'INRA a montré que les micro mammifères joueraient un rôle important dans la dynamique de la tique Ixodes ricinus en prés pâturés et dans les bois des alentours de Combrailles (Puy-de-Dôme). Une autre étude de l'INRA a montré que sur sept espèces de micromammifères forestiers et périforestiers capturés dans des paysages forestiers, bocagers et de prés ou prairies, le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) était et de loin le principal vecteur de tiques, elles-mêmes vectrices de la maladie de Lyme, probablement en raison de son comportement et peut-être d'une susceptibilité particulière aux borrélies.

Article détaillé : Maladie émergente.

Connaissance encore partielle[modifier | modifier le code]

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La connaissance des zoonoses est encore très lacunaire.

Par exemple, 1 400 virus pathogènes sont répertoriés chez l'homme, et 1 000 chez les espèces domestiques[réf. nécessaire], mais il en existe probablement bien plus dans la faune sauvage, et certains d'entre eux (grippe par exemple) présentent de nombreux variants et créent constamment et naturellement des souches mutantes. Certains agents mutagènes pourraient aussi faciliter l'apparition de certaines mutations et renforcer le risque nosocomial.
Une récente étude sur les virus de la faune sauvage africaine a identifiée plus de 39 nouveaux virus chez des animaux domestiques, dont 11 chez des oiseaux[réf. nécessaire]. Il en existe sans doute bien plus dans la faune sauvage.

Des problèmes sont posés par le manque de naturalistes systématiciens : par exemple, les tiques sont réputées être le principal vecteur d'une trentaine de maladies, souvent graves, mais l'enquête de Cuisance et Rioux (2004) a montré qu'il n'existait en 2003 plus que deux spécialistes en systématique des tiques en France (parti à la retraite depuis), mais dans le même temps de nouvelles méthodes (biologie moléculaire, système d'information géographique… surtout) facilitent les études, pour certains groupes et facteurs biologiques, et pour les acteurs qui ont les moyens financiers, techniques et scientifiques d'y accéder.

Zoonoses, agents zoonotiques et espèces (« vectrices » ou « réservoirs ») introduites[modifier | modifier le code]

Nombre de zoonoses peuvent voir leur aire d'endémie s'élargir par les introductions d'espèces, volontaires ou involontaires.

Par exemple, le tamia de Sibérie (Tamias sibiricus) récemment introduit en France dans plusieurs forêts suburbaines étant souvent trouvé porteur de nombreuses tiques, il a été étudié de ce point de vue en 2007. L'étude a confirmé que ces tamias portent en moyenne beaucoup plus de tiques que les autres espèces, et notamment plus de larves et de nymphes que le campagnol roussâtre (Myodes glareolus) ou le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) qui sont les deux autres espèces-réservoir connues et qui - de par leur mode de vie - sont pourtant théoriquement plus exposés aux tiques que les écureuils tamias. Ces tamias étaient en outre beaucoup plus souvent infectés par des borrélies ; 61 % des tamias étudiés en 2007 étaient infectés et jusqu'à 80 % au mois de juin ! contre un pour cent des autres espèces. L'étude doit se poursuivre avec un projet multidisciplinaire (écoépidémiologie), avec étude de la variabilité des borréliequ'ils portent et véhicule.

Article détaillé : Maladie vectorielle.

Exemples de zoonoses[modifier | modifier le code]

Zoonoses bactériennes[modifier | modifier le code]

Zoonoses virales[modifier | modifier le code]

Zoonoses parasitaires[modifier | modifier le code]

Parmi les spécialistes mondiaux des zoonoses parasitaires, citons Jacques Euzéby, professeur à l'École nationale vétérinaire de Lyon.

Zoonoses dues à des agents transmissibles non conventionnels[modifier | modifier le code]

On connait trois formes de maladies à prion

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Un suivi, via l'OMS et l'OIE aux échelles internationales, permet de mieux détecter et suivre les zoonoses. Dans le même temps les progrès de l'épidémiologie descriptive, de la biologie moléculaire et phénotypique, des modélisations ont permis, dans de nombreux cas de mieux caractériser l'origine des pathogènes et de l'exposition des hommes ou animaux. Cependant de nouveaux risques, dont l'antibiorésistance et le risque nosocomial compliquent le travail des épidémiologistes.

Réactions[modifier | modifier le code]

L'OMS, L'OIE et la FAO travaillent de plus en plus de concert pour identifier les facteurs de risques et de maîtrise du risque, avec une plus grande pluridisciplinarité (diverses études laissent penser que l'écoépidémiologie peut apporter une contribution importante à la connaissance des zoonoses et du risque épidémique ou pandémique lié).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Organization World Health Joint WHO/FAAO expert committee on zoonoses : WHO technical report series no. 169; 1959. - Genève : The Organization, 1959.
  2. Commission de génie génétique (1997), Principes de classement et guides officiels de la Commission de génie génétique
  3. Vocabulaire, glossaire constitué dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire ; Office québécois de la langue Française
  4. Dufour B. and Savey M. Approche épidémiologique des zoonoses ; Bulletin épidémiologique. - mars 2006. - 20/2006. - pp. 5-6. - (en ligne sur le site de l'Afssa au 23/02/2007).
  5. Vidéo mise en ligne par l'Inra Importance de la circulation d'agents pathogènes entre la faune sauvage et domestique dans l'émergence de maladies infectieuses

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]