Alexandre Yersin

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Alexandre Yersin

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Alexandre Yersin
Photo de Pierre Lanith Petit

Naissance
Aubonne, Canton de Vaud (Suisse)
Décès (à 79 ans)
Nha Trang (Indochine française)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse - Drapeau de la France France
Institutions Institut Pasteur
Renommé pour codécouvreur de la toxine diphtérique avec Émile Roux , découvreur du bacille de la peste, explorateur de l'Indochine

Alexandre Émile Jean Yersin, né le à Aubonne dans le canton de Vaud et mort le à Nha Trang, en Indochine française, est un médecin, bactériologiste et explorateur franco-suisse[1]. On lui doit notamment la découverte du bacille de la peste (Yersinia pestis).

Vie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Alexandre Yersin est le troisième et dernier d'une fratrie de trois enfants. Les Yersin sont membres de l'Église évangélique libre du canton de Vaud. Sa mère a une ancêtre originaire des Cévennes chassée par la Révocation de l’édit de Nantes. Son père, qui se prénomme également « Alexandre », intendant des poudres de la Suisse romande mais également professeur de sciences naturelles aux collèges d'Aubonne et de Morges, meurt d'une hémorragie cérébrale peu avant sa naissance. Sa mère élève donc seule ses trois enfants (Émilie, Franck et Alexandre) et s'installe à Morges, où elle ouvre une institution pour jeunes filles. En 1882, Alexandre Yersin obtient son baccalauréat ès lettres au Gymnase de Morges, et entame des études de médecine, en 1883, à l'ancienne Académie de Lausanne, où il porte les couleurs de la Société d'étudiants Stella Valdensis. Il part ensuite en Allemagne pour poursuivre sa formation à Marbourg. Puis, en 1885, Yersin arrive en France, où il continue ses études à l'Hôtel-Dieu de Paris. Là, il fait une des rencontres les plus importantes de sa vie en la personne d'Émile Roux, qui lui ouvre les portes de l'Institut Pasteur et avec qui il participe aux séances de vaccination contre la rage et découvre, en 1886, la toxine diphtérique. En 1888, il passe son doctorat avec une thèse sur la tuberculose expérimentale et suit à Berlin le cours de bactériologie de Robert Koch. En 1889, Yersin devient le premier préparateur du cours de microbiologie de l'Institut Pasteur, cours qui deviendra un facteur déterminant dans la recherche française à l'étranger. Après avoir accompli de lourdes formalités, il obtient la nationalité française cette même année.

Expéditions d’Indochine[modifier | modifier le code]

Mais, dès 1890, Yersin éprouve le besoin de changer d’air après des mois de travail acharné sur la tuberculose et la diphtérie à l’Institut Pasteur. Après de courts séjours en Normandie, où il découvre la mer, il décide de partir dans les colonies françaises et rejoint, en septembre, l’Indochine française, où il devient médecin des Messageries maritimes. Épris de ce pays, il réussit, en 1891, à obtenir des Messageries la permission d’explorer l’Indochine. De là, prendront naissance trois expéditions à travers la jungle d’Indochine, qui était, alors, une des terres les plus sauvages et dangereuses du monde. Durant l’année 1891, Alexandre Yersin va pouvoir, à travers fleuves et forêts tropicales, apprendre tout ce qu’il désire et résider par la suite dans un lieu qui lui deviendra cher : Nha Trang. C'est au cours de cette première expédition qu'il découvre le beau site et l'excellent climat de ce qui deviendra Đà Lạt. Cette expédition à peine achevée, il repart à sa demande, en 1892, mais cette fois officiellement mandaté pour explorer une région de l’Annam dans la montagne à la hauteur de Nha Trang. Alexandre Yersin se révèle être un excellent explorateur, par la réalisation de cartes d’une grande précision et par de nombreuses observations (populations locales, ressources, économie, etc.). À la fin de cette mission, Yersin rentre en France pour faire part de ses découvertes, et donne quelques conférences. Il repart rapidement, et prend, le 24 décembre, le bateau de Marseille à Saïgon. Là-bas, une mission scientifique lui a été confiée par l’Instruction publique afin d’explorer la jungle et les rivières de Cochinchine ; ces explorations dangereuses lui vaudront les compliments, entre autres, de Louis Pasteur lui-même, ce qui constitue, bien évidemment, un très grand honneur. Après sept mois de voyage à travers les populations indigènes, Yersin rentre à Saïgon, mais cette expédition se révèle n'être que partiellement réussie. En effet, il n’a pu explorer qu’une partie du territoire qui lui avait été demandé. Yersin a apporté une grande aide à la connaissance de la topographie du pays, mais également à l’anthropologie puisque, comme mentionné plus haut, il a pris l’habitude de décrire très précisément les habitats et peuplades rencontrés. En voici un court exemple : « Quoique formant pour ainsi dire une seule et même famille, les Moïs (nom couramment utilisé pour les populations des haut-plateaux) n’ont aucune espèce d’unité politique. Non seulement il n’y a pas de chef de tribu, mais on peut même dire qu’il n’y a pas de chef de village. » La rigueur avec laquelle Alexandre Yersin a exploré ces terres inconnues n’étonne pas, puisqu'il connaissait la rigueur des laboratoires ; on peut s'étonner, par contre, de sa surprenante condition physique, conservée dans des conditions de vie et climats aussi difficiles. À sa mère, qui lui demande par lettre s'il n'a pas maigri, il répond : « Je continue à me bien porter et je pèse comme toujours entre 58 et 60 kilos ! » En 1894, Yersin met fin à sa carrière de grand explorateur. Il se lance dans l'élevage de chevaux et de bovins pour ses sérums, et tente diverses cultures, dont l'hévéa, qu'il importe et acclimate. Il fournira alors Michelin en latex. Yersin suit alors de très près les problèmes agronomiques de ses hévéas et les problèmes techniques de son caoutchouc pour en tirer le maximum d'argent afin de financer ses recherches médicales[2]. C’est sous le képi rouge à l’ancre de marine qu'il a fait toute sa carrière en Indochine dans le Corps de santé colonial. Sur les conseils de Calmette, il s’y engagea le 30 décembre 1892 comme médecin de 2e classe, après avoir obtenu, étant né suisse, sa réintégration dans la nationalité française. Il franchit tous les grades, jusqu’à celui de médecin principal de 1re classe (cinq galons) le 23 juin 1913. avant d’être admis à la retraite en 1920, en qualité de médecin colonel. C’est à ce titre, et parce qu’il appartenait à ce service créé pour accompagner l’expansion coloniale de la France, qu’il put, en une vie d’homme, découvrir le bacille de la peste, créer le deuxième Institut Pasteur en Indochine, explorer la chaîne annamitique, être à l’origine de la ville de Dalat, ouvrir l’École de médecine de Hanoï, introduire la culture de l’hévéa, du quinquina, etc.

Le touriste moyen ne connaît principalement de ses explorations que la découverte du site sur lequel fut fondée la ville de Dalat.

Découverte du bacille de la peste[modifier | modifier le code]

Quand une épidémie de peste originaire de Mongolie atteint en 1894 la côte sud de la Chine et notamment Hong Kong, le Gouvernement français ainsi que l’Institut Pasteur mandatent Yersin pour y étudier les raisons de l’épidémie. Simultanément et dans le même but un groupe de chercheurs japonais s'y est rendu, dirigé par Kitasato Shibasaburō. Entre le 12 et le 15 juin, Yersin voyage à Hong Kong et emmène avec lui un matériel très précaire qu’il a emprunté auparavant au laboratoire de Microbiologie de l’Hôpital de Saïgon. À son arrivée, il apprend qu’une équipe de savants japonais est également présente pour étudier la nature de cette maladie. Du 17 au 19 juin, Yersin réalise plusieurs autopsies sur des cadavres de pestiférés qui s’avèreront infructueuses. Ces autopsies nécessitent des droits délivrés par l’État anglais et Yersin réalise bien vite que les Japonais en bénéficient plus fréquemment ; il apprendra par la suite que les japonais achetaient ces droits. Il décide alors de se faire construire une annexe à l’Hôpital de Hong Kong afin d'y travailler plus librement.

Le 20 juin, Yersin isole un microbe inconnu sur des cadavres de soldats anglais alors en garnison à Hong Kong, lequel microbe s’avère être le bacille de la peste bubonique. Peu après, il parvient à communiquer la maladie à des souris et à des cochons d'Inde. Le fait que le groupe ne disposa pas d'un incubateur, à la différence de Kitasato, et qu'il eut à faire ses cultures bactériennes à température ambiante, dans une cabane de bambou, fut en réalité une circonstance favorable car dans des conditions de laboratoire Yersinia pestis se développe mieux à des températures plus basses que celle du corps humain.

Le 3 août, Alexandre Yersin quitte Hong Kong pour l’Indochine satisfait d’avoir pu isoler le microbe de la peste et de l’avoir envoyé en France. Il annonce alors au monde entier la découverte en collaboration avec le savant japonais Kitasato du « bacille Kitasato - Yersin » responsable de la peste. On remarquera par la suite que Kitasato n’a, en fait, découvert qu’un streptocoque et que le microbe isolé par Yersin le 20 juin est le réel agent de la peste. Selon certaines sources, Kitasato aurait reconnu son erreur en privé, mais aucune de ses publications ne contient une véritable rétractation[3]. Le mérite de Yersin sera officiellement reconnu en 1970. Le « bacille de Yersin » fut d'ailleurs toujours le seul utilisé pour la préparation du vaccin contre la peste.

Bien qu’ayant réussi à isoler ce microbe responsable de millions de morts durant l’histoire, Yersin ne parviendra jamais à résoudre le problème de la transmission de la maladie du rat à l’homme. Atteint d'un paludisme sévère, il doit quitter la région. Il faut attendre 1898 pour voir un autre pasteurien, Paul-Louis Simond établir avec certitude à Karachi que c’est la puce qui transmet le bacille par sa piqûre.

Mise au point du sérum antipesteux[modifier | modifier le code]

En octobre 1894, Yersin entre dans une période d’activité relativement fébrile et réfléchit sérieusement à la possibilité de créer un vaccin pour prévenir la peste et un sérum pour la guérir. Les chances de réussite paraissent particulièrement bonnes puisque Yersin a auparavant réussi à immuniser des lapins ainsi que de nombreux autres animaux. Il repart donc pour l’Indochine et s’installe à Nha Trang en Annam, endroit qu’il avait déjà visité durant ses expéditions. Cet endroit était judicieux pour plusieurs raisons. Il offrait la possibilité d’être isolé tout en restant proche de Saïgon et donc en communication avec la Chine et l’Inde, deux grands foyers de la peste. En 1895, il crée l'Institut Pasteur à Nha Trang et met en place un laboratoire et tous les équipements nécessaires à la préparation du vaccin contre la peste. L’année 1896 voit une nouvelle grande épidémie de peste se déclarer à Canton, en Chine. Yersin décide alors de s'y rendre pour tester son sérum antipesteux, fraîchement préparé par l’Institut Pasteur de Paris sur des humains infectés par le microbe. Cela fait, il retourne en août à Nha Trang puis à Paris pour bénéficier des conseils d’Émile Roux. De juin 1897 à juin 1898, Alexandre Yersin sillonne l’Inde en suivant les différentes épidémies de peste afin de perfectionner son sérum qui s’avère trop peu efficace et met, de ce fait, de nombreuses vies humaines en danger. Yersin n’y parvient que partiellement et P.L. Simond vient le relayer pour tenter de mieux faire. Car, comme l'a souligné Jean-Jacques Dreifuss, dans le 24 heures (Suisse) du jeudi , « Identifier le bacille ne signifie hélas pas encore trouver le traitement de la maladie[4]».

Nha Trang, ses élevages animaliers et ses cultures[modifier | modifier le code]

La maison de Yersin à Nha Trang, vers 1900.

Son laboratoire de Nha Trang s’oriente donc vers les maladies infectieuses chez les animaux, et Yersin étudie activement une autre sorte de peste, la peste bovine, avec laquelle il obtient beaucoup plus de succès. Bien qu'échouant à isoler l’agent de cette seconde peste, il réussit à préparer de grandes quantités de sérum antipestique, à ne pas confondre avec le sérum antipesteux qui soigne la peste « humaine » dite bubonique. Un élevage étant nécessaire pour la création de ce sérum, Alexandre Yersin tente, avec peu de succès, de faire venir des vaches et des poules de Suisse afin d'améliorer le cheptel local par croisements. Tout ceci ayant un prix, Yersin se lance également dans la culture pour trouver les financements nécessaires. Ainsi, dès 1898, Yersin s’intéresse à la culture d’Hevea brasiliensis, autrement dit l'arbre à caoutchouc. Il réussit à l'introduire en 1899 après plusieurs essais, et ses récoltes de latex sont achetées dès 1894 par Michelin. Cet arbre est encore à l’heure actuelle l'une des ressources du Viêt Nam. Yersin essaye d’autres cultures comme celle du cacao, du café, du manioc, du palmier à huile, du cocotier ainsi que de plusieurs espèces tropicales aux vertus thérapeutiques. Ces différents essais rencontrent un succès mitigé et Yersin se tourne, en 1915, vers la plantation des Cinchonas pour produire la quinine qui permet de traiter le paludisme. Ces plantations lui permettent de subvenir à ses besoins en bétail et matériel, et de développer l’agriculture indochinoise.

Durant cette période s'est développé Dalat, tout d'abord un centre de sanatoriums, devenu par la suite une station de villégiatue d'altitude pour les riches saïgonnais, d'où la multitude de superbes villas coloniales et autres bâtiments Art Déco. Yersin développe les cultures florales, maraïchères, de caféiers et d'hévéas dans les collines autour de Dalat, encore aujourd'hui grand centre de ces productions. Une avenue Yersin, une université Yersin, et autres[réf. nécessaire] illustrent la reconnaissance qu'en ont encore les vietnamiens.

Nombreuses nominations et récompenses[modifier | modifier le code]

Il obtient la Légion d'Honneur. Parallèlement à ses activités agricoles, Yersin reste présent dans le monde scientifique indochinois. En 1902, le Gouverneur général de l’Indochine française appelle Yersin à Hanoï afin de créer l’École de Médecine et d’en prendre la direction. Après deux années passées en tant que Doyen de cette institution, Yersin désire être remplacé et retourne à Nha Trang où il poursuit ses activités de recherche. En 1904, son laboratoire reçoit le nom d’ « Institut Pasteur » et l’Institut Pasteur de Paris lui donne la responsabilité de l'Institut Pasteur de Saïgon fondé en 1890 par Albert Calmette. Yersin accepte cette responsabilité et délègue P. Brau pour l’Institut de Saïgon. À cela, on peut ajouter le fait qu’il est élu correspondant pour la section de médecine et de chirurgie de l’Académie des sciences. Il exercera la charge de directeur des Instituts Pasteur d’Indochine jusqu’en 1924, année où il devient, à titre honorifique, inspecteur général des établissements de l’Institut Pasteur d’Indochine. À la suite du décès d' A. Calmette et de E. Roux, fidèle pasteurien et ami de Yersin, le conseil d’administration de l’Institut Pasteur crée le Conseil scientifique de l’Institut Pasteur et prend pour membre, entre autres, Alexandre Yersin. Par ailleurs, il est nommé, dans les mêmes temps, directeur honoraire de l’Institut Pasteur de Paris où il doit venir chaque année pour en présider l’assemblée générale.

Homme vénéré[modifier | modifier le code]

Alexandre Yersin décède le dans sa maison de Nha Trang. Le cercueil est suivi par une foule immense qui tient à rendre hommage à cet homme qui respectait les personnes âgées, soignait gratuitement les plus démunis et adorait les enfants. Il avait, en effet, toujours une friandise pour eux ou les aidait volontiers à construire des cerfs-volants. Son corps est inhumé sur une petite colline de laquelle il pouvait contempler la montagne où il avait réussi à faire pousser l’arbre à quinine. En 1943-1944, la poste de l'Indochine a émis un timbre à son effigie. Actuellement encore, il est reconnu comme le principal acteur du gigantesque développement qu’a connu l’Indochine. Mais bien qu'ayant, à son nom, une rue à Aubonne (avec plaque sur sa maison), à Morges et à Lille, la place du Docteur-Yersin à Paris dans le 13e arrondissement, une place Alexandre-Yersin à Montpellier, un auditoire au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne et une plaque sur le Gymnase de la Cité à Lausanne, Alexandre Yersin reste « méconnu » en Suisse et en France, son pays d’adoption. En revanche, au Viêt Nam, comme le prouve ce témoignage de M. Dang Anh Trai, dernier survivant à avoir travaillé avec le docteur Yersin, dans le 24 Heures du samedi et dimanche 7-8 juillet 1996 : « On le considérait comme un Bouddha vivant[5]». On peut également remarquer que ce pays, à l’histoire pour le moins mouvementée, possède encore deux rues aux noms d’étrangers : celles de Pasteur et de Yersin. De plus, Alexandre Yersin possède, à côté de sa tombe, un petit pagodon toujours orné de fleurs et d’encens, ce qui représente un honneur sans précédent pour un étranger. En septembre 2012 était présentée une statue de granite de 4,6 m de hauteur (piédestal de 0,6 m compris) d’Alexandre Yersin, devant être installée dans le parc Yersin de Nha Trang, en témoignage de la reconnaissance de la population de la province de Khánh Hòa[6].

Un musée lui est consacré dans l'enceinte de l'Institut Pasteur de Nha Trang[7].

Alexandre Yersin a donné son nom aux lycées français de l'Institut Pasteur Đà Lạt et de Hanoï. Le Consulat Général de France à Hong Kong a également baptisé sa bourse d'excellence Alexandre Yersin.

Au Vietnam, il est surnommé Ong Nam ou Monsieur Nam. En fait Ong Nam veut dire « Monsieur Cinq » en rapport avec ses cinq galons de Médecin-Colonel du Service de Santé Colonial dans lequel il s'était engagé en 1892 pour assurer son avenir et sur les instances de Calmette lui-même médecin militaire, il sera admis à la retraite en 1920 après 28 ans de service.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Henri Mollaret et Jacqueline Brossolet notent le caractère « secret jusqu’à l’outrance » de Yersin dont « assurément [la] vocation n’était pas matrimoniale. » Ils notent qu'il a été soupçonné de pédérastie, puis écartent cette hypothèse. Celle-ci a cependant été reprise et argumentée par la suite sur la base de leur propre ouvrage[8], [9].

Citations[modifier | modifier le code]

Dans une des lettres à sa mère il écrit : « Tu me demandes si je prends goût à la pratique médicale. Oui et non. J'ai beaucoup de plaisir à soigner ceux qui viennent me demander conseil, mais je ne voudrais pas faire de la médecine un métier, c'est-à-dire que je ne pourrais jamais demander à un malade de me payer pour des soins. » Plus tard dans une autre lettre, alors qu'il soigne gratuitement des Annamites, il écrit encore : « Je ne fais pas payer ces gens, la médecine c'est mon pastorat. Demander de l'argent pour soigner un de ces malades, c'est un peu lui dire la bourse ou la vie[10]. »

Hommage[modifier | modifier le code]

L'ancien lycée Yersin de Dalat, aujourd'hui collège pédagogique de Dalat

Prix Alexandre Yersin[modifier | modifier le code]

En 2013 pour les célébrations anniversaires de la naissance et du décès du savant humaniste, l'association caritative le Liseron de France créé le prix Alexandre Yersin. Ce prix s'inscrit dans le cadre de l'année croisée France-Viêt Nam, sur la base d'un concours de nouvelles, il récompense les étudiants vietnamiens francophone de moins de 23 ans. En aout 2013, la première remise du prix s'est déroulée à Hanoï à l'Espace de l'institut français en présence des représentants du ministère de la culture et du tourisme vietnamien, de l'ambassade de France au Viêt Nam et de madame Hoàng Thị Phượng vice présidente de l'Association d'Amitié et de Coopération Viêt Nam-France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un Franco-Suisse aimé des Vietnamiens herodote.net
  2. Saveurs et Traditions du Viêt Nam, par Jean-Baptiste Serier (1996), Montpellier - CIRAD
  3. En particulier, l'affirmation d'Émile Lagrange, selon laquelle Kitasato aurait rendu justice à Yersin lors d'un congrès de 1925, semble démentie par les documents ; voir là-dessus (en) D. J. Bibel et T. H. Chen « Diagnosis of plague : an analysis of the Yersin - Kitasato controversy », Bacteriological Reviews 1976;40(3):633-651, spéc. pp. 639 et 647, en ligne
  4. Francine BRUNSCHWIG, « Petite plaque pour un extraordinaire destin », in 24 Heures, Lausanne, Edipresse, 27 octobre 1994, 1 p.
  5. Marie AMSTEL, « Parcours d’un humaniste vaudois », Journal 24 Heures, Lausanne, Edipresse, 6-7 juillet 1996, 1 p.
  6. Une statue de Yersin à Nha Trang sur Le Courrier du Viêt Nam. Éditeur : Agence Vietnamienne d'Information - 21 septembre 2012.
  7. Musée Yersin
  8. Henri H. Mollaret et Jacqueline Brossollet, Alexandre Yersin ou le vainqueur de la peste, Fayard, 1985.
  9. [PDF]Un savant estimable peut-il être pédophile ? Le cas Alexandre Yersin, par Louis Geschenk, 2009.
  10. [PDF]Alexandre Yersin v/o Ozone (1863-1943).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noël Bernard, Yersin : pionnier, savant, explorateur, La Colombe, 1955.
  • Bertil Galland, L’Histoire Vaudoise, 24 Heure édition, 1973.
  • Eugène Olivier, Pestes dans les pays de Vaud, F. Rouge & Cie, 1944.
  • Guy Saudan, La médecine à Lausanne du XVIe au XXe siècle, Le Verseau, 1991.
  • Christian Colombani, « Saint Yersin de Nha-Trang », in Le Monde du 28 décembre 91
  • Emile C. Bonard, « La peste et Alexandre Yersin (1863-1943) », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 389-391
  • Alexandre Yersin, « La peste bubonique à Hong Kong », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 393-395
  • Vera Koebling-Waldis, « La peste en Suisse », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 397-403
  • Bernardino Fantini, « Un jeune pastorien chez Koch : Yersin, 1888 », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 429-437
  • Jacqueline Brossolet, « Autour des lettres d’Alexandre Yersin à sa famille », in Revue Médicale de la Suisse romande, 1994, p. 445-450
  • Henri H. Mollaret et Jacqueline Brossollet, Alexandre Yersin ou le vainqueur de la peste, Fayard, 1985.
  • Patrick Deville, Peste et Choléra (roman), éditions du Seuil, collection « Fiction & Cie », 2012.
  • Elisabeth Du Closel, Docteur Nam , éditions Albin Michel, 1996.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]