Genièvre (boisson)

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Genièvre Carte Noire de Loos et Claeyssens de Wambrechies.
Hollandse Graanjenever.
Genièvre de Loos.

Le genièvre (peket en wallon, jenever en néerlandais) est un alcool fort (aux alentours de 20 [%Vol] s'il est aromatisé aux fruits, 40 [%Vol] s'il est pur) fabriqué à base d'eau-de-vie de grains (orge maltée, blé, seigle, parfois avoine) aromatisée à l'aide de baies de genévrier.

Cet alcool est une spécialité de Belgique (notamment à Hasselt et à Liège où il est connu sous le nom de peket), des Pays-Bas (notamment à Schiedam) et du nord de la France.

Pour certains, il serait aussi l'ancêtre du gin. Au Québec et Nouveau-Brunswick, il est appelé gros gin.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Le genièvre est un vin de malt à base d'orge et de seigle. De l'orge germée est posée sur le germoir perforé de la touraille afin de sécher. Ce malt d'orge et le seigle sont moulus pour libérer la fécule. Suit la macération (2/3 de seigle et 1/3 de malt d'orge) à 63 °C environ, qui permet aux enzymes de transformer la fécule en saccharose. En ajoutant de la levure, on obtient la transformation des sucres en alcool. L'étape suivante est la distillation : le moût est séparé de l'alcool, puis par une seconde distillation de ce genièvre brut, on obtient le vin de malt dont le goût varie selon les épices (baies de genévrier par exemple) ajoutées lors de la dernière distillation.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cet alcool semble fabriqué et bu depuis plusieurs siècles dans le nord de la France où les baies de genévrier étaient récoltés sur les coteaux calcaires. Il a très tôt été accusé de participer à un phénomène de mortalité anormalement élevée dans les populations qui en buvaient le plus. Voici ce qu'en disait François Joseph Grille (d'Angers), auteur d'une description du département du nord, vers 1825 : « Dans le département du Nord, on s'aperçoit que la mort est moins active, à mesure qu'on s'éloigne des bords de la mer pour se porter plus vers le sud. Ce n'est pas la mer qu'il faut fuir pourtant, mais les marais qui l'avoisinent. Ce sont eux, non pas elle, qui exhalent les principes délétères dont les habitants sont frappés. Ajoutons que dans les arrondissemens formés de l'ancienne Flandre, on fait abus de liqueurs fortes plus que dans le Hainaut et dans le Cambrésis. De là, disent les docteurs, viennent des maux sans nombre que la sobriété seule peut réparer. Ainsi, dans ces contrées, le genièvre et l'humidité se disputent le triste honneur de moissonner plus cruellement une population imprévoyante » [1].

Aujourd'hui des genièvres aromatisés à divers goût de fruits sont commercialisés.

Distilleries[modifier | modifier le code]

En 2005, on recensait 39 distilleries de genièvre réparties comme suit :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stefaan van Laere (trad. Michel Teller), Genièvre et pèkèt : notre eau de vie [« Jenever : van korrel tot borrel »], Leuven, Davidsfonds,‎ 2005, 176 p. (ISBN 90-5826-348-7, présentation en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Description du département du Nord Par François Joseph Grille (d'Angers) paris, Ed Sazerac & Duval, 1825-1830 (livre commencé en 1824,