Hyperémie

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L’hyperémie (qui peut aussi s'écrire « hyperhémie ») est un terme médical peu précis qui désignait autrefois une hausse anormale de l'afflux de sang dans un organe. En 1866 hyperémie du poumon est synonyme de congestion pulmonaire[1].

On parle plutôt aujourd'hui de congestion sanguine, mais le terme reste utilisé. Elle peut être extérieurement visible (rougeur, peau moite et chaude) ou non (ex : hyperémie cérébrale déjà étudiée dans les années 1800[2],[3]), hyperémie coronaire)

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme est forgé sur le grec ὑπερ- (au-dessus, au-delà) et αῖμα (sang).

Causes[modifier | modifier le code]

L’hyperémie est généralement réactionnelle et peut avoir plusieurs causes dont par exemple

  • une hausse d'activité (par exemple musculaire) ;
  • une inflammation ;
  • certaines affections ;
  • l'application de chaleur sur un organe
  • l'application d'une substance chimique vasodilatatrice sur la peau ou son introduction percutanée ou dans un organe, avec par exemple l'histamine ou l'acide nicotique (source d'hyperémie périarticulaire[4]) ;
  • la ligature d'un membre (qui en bloquant la circulation provoque un afflux de sang) ;
  • une hyperémie réactionnelle peut être induite par une ischémie suivie d'une hypérémie (double stimulus).
    Ce phénomène est par exemple produit par le rétablissement brusque de la circulation sanguine, par exemple au moment du dégonflement d'une manchette gonflable d'un sphygmomanomètre faisant garrot, qui peut aussi générer des phénomènes sensoriels locaux et distant particuliers, certains de nature psychologique. C'est sur cette base qu'a été créé en 1954 par la médecine psychosomatique le "Test psychosomatique de l'Ischémie"[5] ;
  • en réanimation ; le réveil d'un patient suite à une opération neurochirurgicale (« hyperémie cérébrale du réveil »[6])

Soins[modifier | modifier le code]

Elle a en Europe autrefois été soignée par la saignée, puis à partir du XIXe siècle par la saignée, des alcalis et/ou le Nitrate de potasse[7] ou encore par application de froid, puis au XXe siècle par divers médicaments, sur la base de diagnostics plus précis ou simplement par application de froid[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. .Gondouin, J. A. A. (1866). Essai sur la congestion pulmonaire ou hyperémie du poumon (Doctoral dissertation)
  2. Haspel JA (1838) De l'hyperémie cérébrale et de son traitement.(Cand. Joseph-Auguste Haspel) (Thèse de doctorat de médecine).
  3. Dautheville A (1879) Considérations sur l'ischémie et l'hyperémie cérébrales (Thèse de doctorat de médecine).
  4. ASK‐UPMARK erik (1943). Sur un effet curieux de l'acide nicotique (hyperémie périarticulaire). Acta Medica Scandinavica, 114(1), 1-5.
  5. Barahona-Fernandes HJ (1967) Le Test psychosomatique de l’Ischémie. In Hypnosis and Psychosomatic Medicine (pp. 25-28). Springer Berlin Heidelberg (résumé).
  6. Bruder, N., & Ravussin, P. (2004, April). Modifications hémodynamiques cérébrales et systémiques au moment du réveil en neurochirurgie. In Annales francaises d'anesthesie et de reanimation (Vol. 23, No. 4, pp. 410-416). Elsevier Masson.
  7. Sélade Grégoir E (1846) Considérations générales sur le mode d'action des principes morbides, des médicaments et des poisons, suivies du mode d'action du nitrate de potasse (Livre numérique Google)
  8. Krähenbühl, B. (1977). Une méthode utile pour le diagnostic du phénomène de Raynaud: la suppression par le froid de l'hyperémie réactionnelle post-ischémique digitale. Schweiz Med Wochenschr, 107(49), 1831-1833.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Delon A (1907) De l'hyperémie passive par stase veineuse employée comme agent thérapeutique (Thèse de doctorat de médecine).
  • Humeau A.(2001) Contribution à l'appréhension des signaux d'hyperémie réactionnelle détectés par effet Doppler laser: modélisation, traitement des signaux et implications cliniques (Thèse de doctorat de médecine, Angers).
  • Klein M (1927) Le mécanisme d'action de l'hormone ovarienne se réduit à une simple hypérémie.
  • Koscheleff M (1897) De l'influence de hyperémie et de l'auémie de la rate sur la constitution morphologique des globules blancs du sang. Arch. d. scienc. biolog. Petersbourg6, 17.
  • WELCH, H., BELKIN, M., KESSLER, R., MILLAN, V., MACKEY, W., & O'DONNELL, T. F. (1993). Visualisation des artères distales des membres inférieurs: supériorité de l'artériographie avec occlusion sur l'artériographie avec hyperémie réactive. In Annales de chirurgie vasculaire (Vol. 7, No. 1, pp. 83-87). Annales de chirurgie vasculaire (résumé).
  • Daniel-William-Raoul-Edouard Laparra (1906) De la méthode de Bier: de l'emploi de la méthode de Bier (hyperémie passive) dans le traitement des affections articulaires. Delbrel.
  • Sentou Y (1979) Apport de l'épreuve d'hyperémie réactionnelle à l'étude irrigraphique de la vascularisation des membres inférieurs (Thèse de doctorat de médecine).