Rickettsia conorii

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Rickettsia conorii est une bactérie. N'entraînant chez le chien qu'une affection inapparente, Rickettsia conorii peut être transmise à l'homme par la piqûre de la tique du chien, Rhipicephalus sanguineus, hôte intermédiaire et vecteur, déterminant chez lui une fièvre exanthématique du groupe des « fièvres pourprées » : la fièvre boutonneuse méditerranéenne.

Distribution géographique et importance[modifier | modifier le code]

Elle a d'abord été reconnue sur le pourtour du bassin méditerranéen et en particulier dans le Sud de la France où son apparition, en été, lui a fait donner le nom de « typhus des vendanges ». On sait qu'elle existe aussi en Asie Mineure, en Afrique, du bassin congolais au Kenya (« typhus du Kenya ») et même en Amérique.
Bien que pénible pour le malade, c'est une affection relativement bénigne, dont la mortalité atteint rarement 2 %.
Comme pour Rickettsia rickettsii, l'antibiothérapie amoindrit les symptômes et raccourcit l'évolution et la convalescence.

Clinique[modifier | modifier le code]

Après une incubation muette d'une semaine en moyenne, l'invasion peut être progressive, de type pseudo-grippal, ou brutale, avec frissons, fatigue, maux de tête, courbatures et fièvre à 39 - 39,5 °C en quelques heures.

A la période d'état, on retrouve la triade symptomatique : fièvre, exanthème et "tache noire".

  • la fièvre se maintient à 40 °C mais avec des rémissions matinales de 7 à 8 dixièmes de degré,
  • la "tache noire", croutelle noirâtre de 5 à 8 mm de diamètre, escarre au point d'inoculation, est à rechercher aux zones d'élection : membres inférieurs, plis de l'aine, scrotum et verge, cou et oreilles. Elle est accompagnée d'une grosse adénopathie satellite douloureuse,
  • l'exanthème n'apparaît qu'au 6e jour, aux membres et au tronc, puis se généralise, par poussées successives, atteignant aussi bien le cuir chevelu et la face que la paume des mains et la plante des pieds. Le malade présente donc simultanément tous les stades évolutifs, depuis la macule rose, rouge puis cuivrée, jusqu'aux papulo-nodules du volume d'un pois appelés, improprement, les "boutons".

De plus, le malade souffre de violents maux de tête, sa nuque est raide, il a de la photophobie, des insomnies et des bouffées délirantes.
Après 10 à 12 jours, la fièvre tombe, une crise urinaire importante se déclenche, l'exanthème et la croutelle de la "tache noire" disparaissent en laissant des taches pigmentées.
Le malade guérit, mais au prix d'une convalescence pénible avec asthénie prolongée.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic clinique est facile en zone d'endémie mais, ailleurs, la confusion avec la grippe est courante.
Le laboratoire, du fait de l'immunité croisée, ne peut que dire « fièvre du groupe pourpré », après agglutination de proteus X2.

Le diagnostic moléculaire est possible sur le sérum ou la biopsie cutanée avec des sondes spécifiques pour la rt-PCR voire le séquençage avec les gènes cibles suivants :

  • ompA : gène codant l'« outer membrane protein A » - protéine membranaire spécifique des rickettsies du groupe boutonneux
  • ompB: gène codant l'« outer membrane protein B » - protéine membranaire existant chez toutes les espèces de rickettsie
  • gltA : gène codant la citrate synthétase

Traitement[modifier | modifier le code]

Le chloramphénicol était le traitement de choix en 1980 mais actuellement la doxycycline est le traitement de référence pour une durée conditionnée par l'évolution clinique.