Tularémie

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Tularémie
Classification et ressources externes
Tularemia lesion.jpg
Lésion tularémique sur la main droite.
CIM-10 A21
CIM-9 021
DiseasesDB 13454
MedlinePlus 000856
eMedicine med/2326  emerg/591ped/2327
MeSH D014406
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La tularémie est une maladie infectieuse provoquée par Francisella tularensis, le bacille de Francis (anciennement Pasteurella tularensis), une petite bactérie qui a la propriété de traverser la peau saine.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans un article de 2007, le biologiste moléculaire Siro Igino Trevisanato décrit une maladie qui a sévi en -1350 au Moyen-Orient et dont les symptômes et le mode d'infection, connus par des lettres envoyées au pharaon Akhénaton au sujet d'un fléau à Simyra (en), rappellent cette maladie. Une décennie plus tard, les hittites attaquent cette région et sont à leur tour contaminés. Les Arzawas voulant conquérir les terres de leur voisin hittite, ce dernier laisse volontairement dans ses villages pillés des moutons contaminés. Il s'agit du premier usage connu d'arme biologique. Cette arme se répand dès lors dans toute l'Anatolie puis sur le continent européen lors des guerres par les Égéens de la Grèce antique[1].

La maladie a été décrite pour la première fois en 1911 par George W.McCoy, un chirurgien militaire, sur des écureuils du lac de Tulare dans le Comté de Tulare en Californie. La bactérie Francisella tularensis est isolée l'année suivante chez un patient souffrant d'une deer fly fever (fièvre de la mouche du daim), sous le nom de Bacterium tularense. En 1921, Francis décrit précisément la maladie sous le nom de tularémie, mais différents synonymes persistent : rabbit fever (fièvre du lapin), hare fever (fièvre du lièvre), maladie de Ohara, maladie de Francis…

En 1924, Parker, Spencer et Francis isolent la bactérie chez la tique Dermacentor andersoni (en) et démontrent le rôle des tiques dans la transmission de la bactérie. Dès 1929, Parker montre qu'il existe une transmission transovarienne de la bactérie, établissant ainsi le rôle des tiques en tant que réservoir de la maladie.

Étiologie[modifier | modifier le code]

La tularémie est une zoonose due à un très petit coccobacille (0,3 - 0,6 microns) : Francisella tularensis. Le réservoir principal de la bactérie est constitué par les lagomorphes et les rongeurs, mais la bactérie peut infecter bien d'autres espèces de vertébrés et d'invertébrés. En France, elle atteint essentiellement les populations de lièvres et la maladie peut être transmise à l'homme par contact avec les viscères (chasse). Ainsi les lièvres et les tiques représentent les principaux vecteurs de l’infection humaine. Dans les trois quart des cas, elle est transmise par contact direct de la peau (pénétration du germe à travers la peau saine possible mais favorisée par des égratignures) avec des animaux infectés, des végétaux, le sol, le matériel contaminé (clous, lame, etc.) ou par des éclaboussures projetées dans l’œil ou sur des plaies cutanées. Plus rarement, la contamination peut être causée par des piqures d’insectes Tabanidae et par l'ingestion d’aliments ou d’eau contaminés.

Pathogénie[modifier | modifier le code]

Ce germe est très rare en Europe occidentale mais relativement fréquent en Europe orientale et en Scandinavie. La maladie peut revêtir une forme locale : ganglion qui évolue vers la suppuration (bubon) ou une forme typhoïde, généralisée, parfois avec éruption.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Une culture de Francisella tularensis.
  • Il y a une grande difficulté à mettre le germe en évidence par culture directe, même lorsqu'il est visible en grand nombre dans le pus ganglionnaire, il est rare d'obtenir un développement. Il en va de même de l'hémoculture qui est constamment négative. Pour cette raison, il est préférable d'inoculer le prélèvement à une souris ou un cobaye et de sub-cultiver la rate de l'animal sacrifié sur milieu artificiel.

Traitement[modifier | modifier le code]

Cyclines ou fluoroquinolones associés à un aminoside pendant 14 jours

Prophylaxie[modifier | modifier le code]

  • Surveillance dans l'importation de gibier pour repeupler les chasses.
  • Précaution dans les manipulations d'animaux malades. Ceci vaut également au laboratoire où ce germe donne facilement des infections accidentelles.

Divers[modifier | modifier le code]

Vu sa propriété de traverser la peau intacte, Francisella tularensis a été (ou est encore) une arme bactériologique possible.

En France, la tularémie fait partie des Maladies infectieuses à déclaration obligatoire depuis 2002[2] et depuis 2011 des dangers sanitaires de 2e catégorie[3]. La tularémie, sous toutes ses formes cliniques, est inscrite au tableau des maladies professionnelles sous le numéro 68 pour le régime général, et sous le numéro 7 pour le régime agricole[4].

Au Québec et en France, elle est une maladie à déclaration obligatoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Siro Igino Trevisanato, « The ‘Hittite plague’, an epidemic of tularemia and the first record of biological warfare », Medical Hypotheses, vol. 69, no 6,‎ 14 mai 2007, p. 1371-1374 (lire en ligne)
  2. http://www.invs.sante.fr/surveillance/tularemie/index.htm Surveillance de la tulérémie en France par l'InVS.
  3. Décret no 2012-845 du 30 juin 2012 relatif aux dispositions générales organisant la prévention, la surveillance et la lutte contre les dangers sanitaires de première et deuxième catégorie
  4. http://www.caducee.net/DossierSpecialises/infection/tularemie.asp