Noma (maladie)

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Noma
Classification et ressources externes
Noma.jpg
Noma (1836)
CIM-10 A69.0
CIM-9 528.1
DiseasesDB 30727001342
MedlinePlus D009625
MeSH D009625
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Le Cancrus Oris ou plus simplement Noma (du grec numein : dévorer) est une forme de stomatite gangrèneuse foudroyante qui se développe dans la bouche et ravage atrocement le visage en détruisant, à la fois, les tissus mous et osseux de la face. Il touche principalement les enfants en bas âge (moins de 6 ans). Ses causes sont principalement le manque d'hygiène, la malnutrition ainsi que les maladies infectieuses (qui induisent une baisse des défenses immunitaire et facilitent l'installation et le développement du Cancrus Oris). Par ailleurs, le noma est souvent associé à des conditions de pauvreté extrême.

Historique[modifier | modifier le code]

Le noma est déjà connu dans l'Antiquité de médecins comme Hippocrate et Galien. Il est décrit pour la première fois en Hollande par Bathus en 1595. Pour certains, le terme de noma a été inventé par Cornelis Van Voorde en 1680,il signifie au sens métaphorique : s'étendre dans le pus. Pour d'autres, c'est en 1762 que Lund utilise le terme noma pour la première fois pour décrire une gangrène de la bouche chez deux enfants. En 1776, Joseph Plenck le citait comme une maladie s'observant chez les enfants de cinq ans, le plus souvent dans les orphelinats. La première monographie sur le noma est publiée par Richter en 1829, il le décrivait comme étendu dans toute l'Europe depuis plusieurs siècles. En 1848, Tourdes utilise pour la première fois le terme latin : cancrum oris et donne une description claire de la maladie. Au XXe siècle, avec le développement de l'hygiène, le noma a disparu des pays industrialisés, à l'exception des cas décrits dans les camps de concentration nazis d'Auschwitz et de Bergen-Belsen pendant la Seconde Guerre mondiale. Des cas sporadiques ont été décrits chez des patients atteints du SIDA.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le noma est une maladie touchant de nombreux pays pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud. Dans ces pays, le noma est un problème de santé publique.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Le nombre d'enfants touchés dans le monde est estimé à environ 500 000 par an. S'ils ne sont pas pris en charge rapidement par antibiothérapie, le taux de mortalité peut atteindre 80 %. L'affection atteint essentiellement le jeune enfant (2 à 6 ans) mais des cas plus tardifs ont été décrits.

Le noma est présent dans tous les pays du tiers-monde, mais particulièrement en Afrique subsaharienne où son taux d'incidence atteint 1 pour 1 000 par an.

Mécanisme[modifier | modifier le code]

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Une origine infectieuse a été suspectée dès 1907. La lésion elle-même regorge de bactéries diverses mais qui sont également présentes sur la peau d'enfants dénutris mais indemne de noma. Certaines bactéries, voire virus, pourraient jouer un rôle dans la genèse de l'affection tels que Prevotella intermedia (en), Fusobacterium necrophorum

Le rôle de la pauvreté est prédominant : plus fréquent au cours de la saison sèche lorsque le risque de famine est maximal, il n'a jamais été décrit chez l'enfant bien nourri. Le rôle respectif de la dénutrition et des mauvaises conditions d'hygiène reste cependant à déterminer.

Le rôle d'un déficit immunitaire a été évoqué, pouvant être secondaire à la dénutrition mais aussi consécutif à certaines maladies (SIDA).

Description[modifier | modifier le code]

La maladie se présente essentiellement par une ulcération extensive, le plus souvent unilatérale, débutant au niveau des gencives et s'étendant aux lèvres et à la joue. L'ulcération atteint couramment les muscles sous-jacents laissant une plaie béante et parfois les tissus mous et osseux de la face. Elle survient chez un enfant en mauvais état général :enfant souffrant de sous nutrition et vivant dans des conditions de précarité extrême.

Évolution[modifier | modifier le code]

La maladie aboutit, sans traitement, au décès dans près de 80 % des cas. Elle laisse, sinon, de lourdes séquelles fonctionnelles (difficulté de mastication, d'élocution…), esthétiques et psychologiques (défiguration). Les premiers signes du Noma se manifestent par petites plaies (lésions ulcéreuses) très douloureuses à l‘intérieur des joues ou sur les gencives qui peuvent saigner (gingivite ulcéro-nécrotique), et peuvent être associées a de la fièvre; et une perte d’appétit; Si la victime n’est pas prise en charge avec un traitement, les tissus commencent à se nécroser et à se décomposer et commencent à apparaitre des boursouflures avec des marques sombres sur les chairs. La nécrose détruit alors en quelques jours la chair et souvent les parties osseuses. Une croûte se forme qui, après sa chute, laisse un trou béant dans le visage. C’est la fin de la phase aiguë de la maladie.

Principes du traitement[modifier | modifier le code]

Une réhydratation et une réalimentation restent impératives. La voie orale (par la bouche) est préférée mais peut être rendue difficile par les douleurs causées par la maladie.

L'ulcère doit être nettoyé régulièrement avec des antiseptiques. Si la maladie est détectée à temps, il peut suffire de quelques bains de bouches désinfectants et une dizaine de jours d'antibiotiques pour guérir un enfant. Des antibiotiques sont administrés : du metronidazole ou d'autres antibiotiques à large spectre (efficaces sur une grande variété de germes). Une rééducation est nécessaire lors de la cicatrisation afin d'éviter des problèmes d'ouverture de la bouche. La réparation chirurgicale des lésions du visage est difficile, avec des résultats imparfaits.

Prévention[modifier | modifier le code]

La Noma reste une maladie encore méconnue dans les zones géographiques où elle sévit. Il parait donc essentiel d'informer les populations touchées des moyens de prévention et de détection des premiers symptômes, ainsi que la nécessité de soins urgents. La prévention de la maladie se fait par une alimentation équilibrée (évitant ainsi la malnutrition) et la pratique régulière habitudes d'hygiène buccale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]