Détoxication

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Cytochrome P450 1OG2. Les enzymes de la famille des cytochromes P450 sont responsables de 75 % des réactions métaboliques de détoxication[1].

La détoxication est le processus par lequel un organisme inactive les substances toxiques d'origine interne ou externe[2], qui consiste, d'une part, en la réduction de l'activité pharmacologique ou toxicologique de la substance, en général par un processus enzymatique et, d'autre part, par la solubilisation de la substance, ce qui en facilite élimination rénale[3].

L'augmentation pharmacologique des capacités de détoxication de l'organisme est un objectif à long terme de la recherche biomédicale[4]. La modulation des concentrations de molécules impliquées dans le métabolisme de détoxication (en particulier le glutathion[5] et la vitamine C[6]) font partie des objectifs de la nutrition clinique (en).

Plusieurs médecines traditionnelles recommandent des pratiques visant la stimulation de la détoxication.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Physiologiquement, le métabolisme produit des substances nocives (radicaux libres, acides organiques, etc.) qui sont rendues moins toxiques par réduction et oxydation (réactions d'oxydo-réduction) et par conjugaison. La détoxication inclut également les divers phénomènes d'excrétion des molécules toxiques de l'intérieur des cellules et des tissus. Les enzymes les plus importantes dans ce métabolisme sont les cytochromes oxydases de détoxication de type P450, les UDP-glucuronosyltransférases, et la glutathion S-transférase.

Pharmacologie[modifier | modifier le code]

La pharmacologie porte un intérêt particulier à la détoxication parce que les médicaments, étant des xénobiotiques, sont généralement éliminés comme des poisons. Le sexe, l'âge, plusieurs facteurs génétiques, l'alimentation et la consommation concomitante d'autres médicaments sont autant de facteurs qui, synergiquement, modulent la détoxication et, par conséquent, la pharmacocinétique des médicaments.

Médecine traditionnelle[modifier | modifier le code]

Plusieurs médecines traditionnelles sont fondées sur le postulat hygiéniste que la maladie survient quand l'organisme (ce qu'on appelle parfois le terrain) n'arrive plus à se détoxifier adéquatement. Il s'agit alors de stimuler les capacités internes du corps à se détoxifier et d'éviter les sources de toxines.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'organisme humain est le lieu de circulation de toute une palette de toxines :

  • toxines issues du fonctionnement normal du métabolisme (l’acide lactique par exemple),
  • en particulier celles sécrétées par les micro-organismes présents dans l'intestin,
  • toxines libérées par des micro-organismes migrés dans des organes de manière pathologique (par exemple douve du foie),
  • toxines ingérées, inspirées, absorbées par la peau et les muqueuses quotidiennement dans un univers pollué,
  • toxines reçues accidentellement,
  • toxines des affections ordinaires et des traitements allopathiques.

Stase des toxines[modifier | modifier le code]

La circulation des toxines vers les émonctoires (selles, urine, peau et muqueuses) peut ne pas fonctionner :

  • soit du fait d’un fonctionnement déficient d’un ou de plusieurs organes,
  • soit du fait de la nature de la toxine qui n’est pas spontanément éliminée.

Il s’ensuit une stase de petites ou grandes quantités de toxines soit dans un organe, soit dans des tissus musculaires, graisseux, cutanés, nerveux, etc..

Remobilisation des toxines[modifier | modifier le code]

La plus habituelle est celle qui se produit lorsque l’on masse à la main ou au jet d’eau thermale un organe ou tissus chargé de toxines.

La prise de certaines plantes et/ou de minéraux[Lesquels ?] (même à dose homéopathique[précision nécessaire]) peut libérer des toxines en stase.

Spirale de la détoxination[modifier | modifier le code]

Les tissus de l’organe libéré d’une première quantité de toxine retrouvent une vitalité qui les amène à se libérer encore plus[réf. nécessaire] : certains praticiens évoque l’effet de la spirale d’or.

Symptômes de la détoxination[modifier | modifier le code]

Si l'individu en détoxination présentait déjà un symptôme lié à la toxine, ce symptôme peut devenir plus spectaculaire. En effet, les « crises de nettoyage » prennent des formes tout à fait semblables aux maladies[7]. Si la présence de la toxine était asymptomatique ou causant un symptôme « lointain » le patient va avoir une nouvelle « maladie » de détoxination, prélude à l’amélioration de sa santé[réf. nécessaire].

Une manière importante qu’a l’organisme de libérer des toxines est la diarrhée ; c’est pourquoi certains praticiens de la détoxination préconisent une « diarrhée modérée » liée à une forte hydratation du patient (deux litres d’eau par jour par exemple pour un adulte)[réf. souhaitée].

La pratique[modifier | modifier le code]

Préparation[modifier | modifier le code]

Deux jours avant l’élimination des toxines, il convient d’éviter de manger des protéines ; la veille du début du régime désintoxiquant, il est recommandé de ne consommer que des fibres végétales et de boire le soir un demi-verre de solution magnésienne[8].

Périodicité[modifier | modifier le code]

Les cures de détoxination se font généralement au printemps et à l'automne et s'étalent sur une période d'une à trois semaines. Une monodiète de trois ou quatre jours permet d'obtenir le processus de lyse ; mais pour de nombreuses situations, la phase de désintoxication peut durer de 21 à 28 jours[9].

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques avancent que la détoxication est souvent inutile et basée sur des affirmations questionnables et sans fondements scientifiques[10],[11],[12],[13]. On peut aussi parler d’effet placebo.

En 2010, en France, « Le rapport annuel de la mission de lutte contre les sectes (Miviludes) met en garde contre les dangers de certaines pratiques alimentaires. »[14]

Sans fondements scientifiques les résultats de la détoxication sont peu quantifiables et beaucoup critiqués par les laboratoires scientifiques. Des études montrent l’inefficacité de bon nombre de produits[15],[16],[17].

En 2009, le magazine Que choisir Santé dénonçait « L'intox des méthodes « détox » »[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Guengerich FP, « Cytochrome p450 and chemical toxicology », Chem. Res. Toxicol., vol. 21, no 1,‎ janvier 2008, p. 70–83 (PMID 18052394, DOI 10.1021/tx700079z)
  2. « détoxication - Encyclopédie Larousse ». Larousse.fr - Encyclopédie.
  3. Détoxication métabolique d'une substance. CISMeF. CHU de Rouen.
  4. Gueguen, Y., K. Mouzat, L. Ferrari, E. Tissandie, J. M. A. Lobaccaro, A.-M. Batt, F. Paquet, et al. « Les cytochromes P450 : métabolisme des xénobiotiques, régulation et rôle en clinique ». Annales de biologie clinique 64, nᵒ 6 (s. d.): 535‑548
  5. R. Franco, OJ. Schoneveld, A. Pappa et MI. Panayiotidis, « The central role of glutathione in the pathophysiology of human diseases », Arch Physiol Biochem, vol. 113, no 4-5,‎ 2007, p. 234-58 (DOI 10.1080/13813450701661198)
  6. M. Wojcik, I. Burzynska-Pedziwiatr et LA. Wozniak, « A review of natural and synthetic antioxidants important for health and longevity. », Curr Med Chem, vol. 17, no 28,‎ 2010, p. 3262-88
  7. Cures et monodiètes, Jean-Claude Rodet, éd. Marcel Broquet, coll. Santé bien-être, 2012 (ISBN 978-2-923860-88-6), p. 16
  8. 30 grammes de Chlorure de magnésium par litre d’eau
  9. Cures et monodiètes, Jean-Claude Rodet, éd. Marcel Broquet, coll. Santé bien-être, 2012 (ISBN 978-2-923860-88-6), p. 21 et 22
  10. The Times - Detox diets are a waste of time and money, say scientists
  11. Washington Times - Scientists call detox fad waste of money
  12. BBC News - Scientists dismiss detox schemes
  13. The Guardian - Detox remedies are a waste of money, say scientists
  14. « Le rapport annuel de la mission de lutte contre les sectes met en garde contre les dangers de certaines pratiques alimentaires », Rue89,‎ 10 avril 2010
  15. « Le bain de pieds détoxifiant », www.charlatans.info,‎ 2 septembre 2004
  16. http://www.mirror.co.uk/news/top-stories/tm_headline=toxic-waste&method=full&objectid=21016704&siteid=115875-name_page.html
  17. « Evacuer toxines par les pieds : attention arnaque ! », Bio santé bien-être,‎ 12 juin 2009
  18. « Que choisir Santé n° 25 février 2009 », Que choisir Santé,‎ 25 février 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]