Typhus exanthématique

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Typhus exanthématique
Classification et ressources externes
Epidemic typhus Burundi.jpg
Malade atteint du typhus exanthématique au Burundi
CIM-10 A75.1
CIM-9 080 - 083
MedlinePlus 001363
eMedicine med/2332 
MeSH D014438
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Le typhus exanthématique est une rickettsiose purement humaine, endémo-épidémique, due au bacille Rickettsia prowazekii, véhiculé d'homme à homme par le pou (Pediculus humanus humanus), hôte intermédiaire et vecteur. Cette anthropozoonose est transmise à l'homme par grattage de la piqûre de son arthropode vecteur[1]. Il en existe une forme résurgente, atténuée, la maladie de Brill-Zinsser, survenant jusqu'à quarante ans après l'infection aiguë, pouvant être à l'origine d'épidémies[2].

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Typhus à poux[3].
  • Typhus européen[4].
  • Typhus historique[3].
  • Typhus épidémique[3].
  • Typhus ancien monde[3].
  • Typhus des camps[3].
  • Peste à pétéchies[5].
  • Peste d'Athènes[5].

Distribution géographique et importance[modifier | modifier le code]

Sa distribution était autrefois mondiale. On peut par exemple citer l'épidémie de typhus à Nantes durant la Guerre de Vendée[6],[7].

Aujourd'hui, la maladie existe encore dans les régions à mauvaise hygiène (où l'on change rarement de vêtements) :

  • Afrique ;
  • Amérique central ;
  • Amérique du sud ;
  • Asie.

Des épidémies sont toujours à craindre dès que les conditions de vie deviennent misérables : famine, guerres, catastrophes naturelles comme un tremblement de terre par exemple.

Cette maladie, mortelle dans 10 à 30 % des cas, a été responsable d'une épidémie de plus de 100 000 cas en Afrique centrale en 1997[8].

L'antibiothérapie l'a rendue moins redoutable que par le passé.

Biologie[modifier | modifier le code]

Fourmillant de rickettsies, le contenu intestinal du pou infecte l'homme selon trois processus :

  • déjections déposées sur la peau près du point de piqûre lorsque le pou se nourrit et que le grattage entraîne vers cette porte d'entrée,
  • contenu intestinal libéré par l'écrasement du pou et souillant les doigts qui seront portés ensuite vers la bouche ou les yeux,
  • poussières des déjections déposées par le pou sur le linge et infectant les muqueuses respiratoires lors de manipulations de ce linge.

Clinique[modifier | modifier le code]

Après une incubation muette longue de deux semaines, l'invasion est souvent très spectaculaire :

  • frissons, céphalées violentes et rachialgies (douleurs siégeant le long de la colonne vertébrale) accompagnant une ascension thermique rapide le premier jour ; cette fièvre brutale (elle est qualifiée de « frisson solennel ») est le témoin d'une forte infection généralisée : les rickettsies se multiplient dans les cellules endothéliales des petits vaisseaux, provoquant une angéite thrombosante ;
  • habitus (apparence générale du corps, considérée comme expression extérieure de l'état de santé ou de maladie) caractéristique dès le deuxième jour, avec conjonctives injectées, regard brillant et anxieux dans un faciès rouge et gonflé ;
  • puis trémulations (tremblements) de la langue.

La période d'état est caractérisée par

  • un exanthème important, respectant la face, la paume des mains et la plante des pieds, rapidement pétéchial ;
  • un tuphos se matérialisant un à deux jours après l'exanthème ;
  • de la constipation ;
  • un assourdissement des bruits du cœur ;
  • un syndrome infectieux grave : fièvre en plateau à 40 °C avec pouls en rapport, bouche sèche aux dents et muqueuses couvertes de fuliginosités (dépôts noirâtres caractéristiques dans certaines maladies comme le typhus).

Après deux semaines, on observe une chute brutale de la température. Si le malade surmonte la crise, c'est la guérison avec asthénie marquée et menace de maladies intercurrentes.

L'antibiothérapie a modifié ce tableau : son instauration précoce bloque le syndrome infectieux au deuxième ou troisième jour, améliore l'état général et sort le malade de son tuphos mais laisse persister l'exanthème pendant les deux semaines classiques. La convalescence est celle d'une maladie bénigne.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

L'habitus du malade, facilement reconnaissable, et les caractéristiques de l'exanthème et de la température font poser le diagnostic clinique.

Il faudra éliminer :

  • une fièvre typhoïde (Salmonella typhi), mais elle aurait dissocié pouls et température et son exanthème serait très discret,
  • un typhus murin (Rickettsia typhi), mais alors l'exanthème n'aurait pas atteint paume des mains et plante des pieds,
  • d'autres rickettsioses, mais toutes ont des signes assez différents.

Le laboratoire ne pourra donner que des confirmations indirectes (le plus souvent anémie avec neutropénie ou polynucléose), les rickettsies n'étant, en pratique, jamais retrouvées chez l'homme et l'hémoculture étant impossible.

Après le sixième jour, le sérum du malade donnera une réaction de Weil-Félix positive, en agglutinant le proteus X19 (antigènes communs) et une réaction de Paul Giroud positive par micro-agglutination de R. prowazeki formolées (obtenues par inoculation à la souris) par le sérum du malade et lecture au microscope.

Traitement[modifier | modifier le code]

Utilisation d'antibiotiques à bonne pénétration intracellulaire[1] :

Une dose unique de 200 mg de doxycycline (deux comprimés)[1],[9].

Cas particuliers[1] :

  • enfants de plus de 8 ans : 100 mg en prise unique.

Contre-indications[1] :

Dans tous ces cas, les macrolides type josamycine (pouvant être associés à la rifampicine) sont alors préférés.

L'antibiothérapie doit être poursuivie sept jours au moins et associée à la rééquilibration hydroélectrique, aux tonicardiaques et parfois à la corticothérapie[10].

Ce traitement permet une défervescence thermique rapide (48 h)[1]. Aucune résistance acquise à ces antibiotiques n'a été caractérisée à ce jour[1]. Il faut isoler le malade, désinfecter les locaux et les vêtements, utiliser les insecticides (DDT). Une vaccination existe en cas d'épidémie (vaccin de Blanc).

Des traitements à visée symptomatique (antipyrétique, antalgique,..) ainsi qu'une réanimation, peuvent s'avérer nécessaires en fonction de l'état des patients[1].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean G. Dhombres, La Bretagne des savants et des ingénieurs, 1750-1825, Ouest-France,‎ 1991 (ISBN 9782737308710)
  • Gérard Emptoz, Guy Saupin, Anne-Claire Déré, Jean-Paul Molinari, Histoire de l'université de Nantes : 1460-1993, Presses universitaires de Rennes,‎ 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]