Mélioïdose

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La mélioïdose est une zoonose bactérienne. Elle est due à un bacille tellurique, le Burkholderia pseudomallei (ou bacille de Whitmore[1]), un germe invasif transmis par voie aérienne ou cutanée[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le bacille responsable fut identifié pour la première fois en 1912 en Birmanie par un médecin militaire, le capitaine A. Whitmore et son assistant C.S. Krishnaswami dans des abcès d'opiomanes décédés[3],[4].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Burkholderia pseudomallei étant une bactérie saprophyte qui vit dans les sols et à la surface de l'eau, plusieurs cas ont été décrits après des catastrophes naturelles (inondations, tsunami ...).

C'est une maladie infectieuse qui est endémique en Asie du sud[5] et au nord de l'Australie, mais bien qu'elle soit rare, cette affection est également retrouvée en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Sa manifestation est plus fréquente chez le diabétique et l'alcoolique[6].,

Le mode de transmission reste mal connu, mais la transmission percutanée et plus souvent par l'intermédiaire d'une plaie est le plus souvent décrite. Le germe peut pénétrer dans les macrophages[7] et y rester quiescent de nombreuses années, pouvant expliquer une incubation qui peut atteindre quelques décennies[8].

Un cas mortel a été décrit chez un voyageur revenant de Martinique en novembre 2010[9].

Traitement[modifier | modifier le code]

Il consiste en une antibiothérapie intraveineuse d'une dizaine de jours par carbapenem ou ceftazidime suivie par plusieurs mois d'antibiotiques par voie orale (sulfaméthoxazole et triméthoprime)[10]. Des récidives sont possibles, souvent en rapport avec une antibiothérapie écourtée[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Mélioïdose - Définition », sur http://www.vulgaris-medical.com,‎ 2009 (consulté en 2 décembre 2009)
  2. Pierre Aubry, « Mélioïdose - Actualités 2005 », sur http://medecinetropicale.free.fr,‎ 8 janvier 2007 (consulté en 2 décembre 2009)
  3. Jean-Michel Alonso, « Mélioïdose », Encyclopedia Universalis,‎ 2009 (consulté en 2 décembre 2009)
  4. Y. Buisson, Mélioïdose. Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Maladies infectieuses [8-036-C-10], 2009. Elsevier Masson SAS.
  5. Wuthiekanun V, Chierakul W, Langa S et al. Development of antibodies to Burkholderia pseudomallei during childhood in melioidosis-endemic northeast Thailand, Am J Trop Med Hyg, 2006;74:1074-1075
  6. Currie BJ, Ward L, Cheng AC, The epidemiology and clinical spectrum of melioidosis: 540 cases from the 20 year Darwin prospective study. PLoS Negl Trop Dis, 2010;4:e900
  7. Jones AL, Beveridge TJ, Woods DE, Intracellular survival of Burkholderia pseudomallei, Infect Immun, 1996;64:782-790
  8. Ngauy V, Lemeshev Y, Sadkowski L, Crawford G, Cutaneous melioidosis in a man who was taken as a prisoner of war by the Japanese during World War II, J Clin Microbiol, 2005;43:970-972
  9. Article en ligne sur Eurosurveillance
  10. Wiersinga WJ, Currie BJ, Peacock SJ, Melioidosis, N Engl J Med, 2012;367:1035-1044
  11. Currie BJ, Fisher DA, Anstey NM, Jacups SP, Melioidosis: acute and chronic disease, relapse and re-activation, Trans R Soc Trop Med Hyg, 2000;94:301-304