Marmotte

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La marmotte est un mammifère fouisseur de l'ordre des rongeurs, du genre Marmota.

L'espèce la plus connue en Europe est la marmotte vivant dans les montagnes (Marmota marmota), alors qu'en Amérique du Nord, c'est la Marmota monax, appelée familièrement au Canada siffleux.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Marmotte dans les Hautes-Alpes

Son poil peut être brun, noir, marron. Elle a un corps trapu, les oreilles rondes. La marmotte a des membres courts et puissants avec une longue queue. Sa taille est de 46 à 66 cm et elle pèse de 2 à 9 kg. On l'appelle le siffleux car quand il y a un danger, elle siffle pour donner l'alerte aux autres marmottes, qui vont se réfugier dans leur terrier. Elle vit de 4 à 10 ans en captivité et de 4 à 8 ans en liberté.

En Europe, la marmotte adulte pèse de 4 à 8 kg (vieux mâles) et s'accouple au mois de mai. Sa gestation dure 33 ou 34 jours alors qu'une portée peut compter 3 ou 5 petits[1].

Nourriture[modifier | modifier le code]

Les marmottes des Alpes se nourrissent de végétaux herbacés, de graines et de petits invertébrés (insectes, araignées, vers). Elles préfèrent les jeunes pousses et maintiennent leur nourriture avec leurs membres antérieurs. La marmotte est caecotrophe, c’est-à-dire qu'elle digère deux fois ses aliments en ingérant certaines de ses propres crottes.

Habitat[modifier | modifier le code]

Marmotte en Savoie

La marmotte vit dans les montagnes entre 1 300 et 3 000 mètres d'altitude. Cette amplitude altitudinale pourrait être due à la fraicheur hivernale qu'elle recherche ainsi qu'à la pression exercée par l'homme sur l'espèce. Les paléontologues avaient déjà au XIXe siècle trouvé des ossements de marmotte jusque dans les grandes plaine d'Europe de l'Ouest (dont en France[2], bassin parisien y compris[3],[4] et plus à l'ouest en Poitou-Charente[5] ou plus au nord en Belgique (au Paléolithique moyen selon les fossiles de la grotte Walou de Trooz par exemple[6]) où les premiers paléontologues ont été surpris de découvrir que la marmotte côtoyait autrefois en Belgique nos ancêtres préhistoriques, mais aussi l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame,l'hyène, le lion (qui ne survivent aujourd'hui qu'en zone tropicale) et le renne, le glouton, le renard argenté, le chamois (aujourd'hui réfugiés en montagne ou dans les zones circumpolaires)[7]. avant de disparaître de la plupart des régions d'Europe, dès la Préhistoire, sans doute en raison d'une pression de chasse excessive, l'espèce pouvant nuire aux premiers essais d'agriculture et constituant une source de protéines et de lipides relativement facile d'accès en hiver (il suffit de baliser les terriers à l'automne pour les retrouver dans la neige). La présence actuellement exclusivement montagnarde de la marmotte pourrait donc n'être que la conséquence de l'action de l'homme, lequel a cependant commencé à tenter d'améliorer le sort de l'espèce en la réintroduisant dans divers massifs montagneux (notamment en France). Toutefois le faible effectif de certaines de ces populations nouvelles, et leur isolement par rapport aux autres, pose le problème de leur fragilité et de leur consanguinité.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les marmottes juvéniles, appelés marmottons, naissent fin mai à début juin. Les marmottes ont de 3 à 5 petits par portée. À la naissance, les marmottons mesurent à peine 3 cm et pèsent environ 30 g. Ils ont les yeux fermés et n'ont pas encore de poils. Les petits restent un à deux mois dans leur terrier avant de sortir au mois de juillet.

Hibernation[modifier | modifier le code]

La marmotte hiberne presque 5 mois. En automne elle mange énormément pour constituer les réserves de graisse qui lui permettront de survivre. Pour ne pas brûler ses réserves trop vite elle vit au ralenti. Son cœur bat très lentement. Elle se réveille environ toutes les quatre semaines pour faire ses besoins. S'il fait moins de °C sous terre, la marmotte doit se réveiller et bouger pour ne pas mourir de froid.

Il semble que l'hibernation sociale (en groupe familiaux, dans l’hibernaculum, avec des individus âgés plus expérimentés), étudiée chez Marmota marmota, si elle est un facteur de risque éco-épidémiologique à cause de la promiscuité, puisse aussi procurer des avantages en termes de survie hivernale[8].

Populations[modifier | modifier le code]

Marmotte du lac Lauvitel.

Bien que la population de marmottes dans le monde ait connu une forte diminution depuis ces dix dernières années, et que sa présence reste très discrète, certains pays connaissent une population de marmottes relativement importante. C'est notamment le cas du Canada, de la Suisse et dans une moindre mesure, de la France où cependant, plusieurs populations sont isolées du noyau principal, ce qui interdit tout brassage génétique. Actuellement, on peut comptabiliser environ 16 000 marmottes en France[réf. nécessaire].

En France, l'espèce était éteinte, probablement depuis des millénaires, dans le massif des Pyrénées. Il est possible que cette disparition ait été consécutive à une pression de chasse trop importante. L'espèce a été réintroduite après la Seconde Guerre mondiale et la population ainsi formée est désormais pérenne, elle s'étend d'ailleurs progressivement et elle finira probablement par occuper la totalité du massif pyrénéen. Une réintroduction réussie a également été menée dans le Vercors et dans le Massif central. L'implantation de l'espèce a été envisagée dans les massifs où elle est absente, sans suite à ce jour[réf. souhaitée].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Marmotte d'Amérique

Autrefois[Quand ?], la marmotte était chassée pour sa fourrure, sa chair, sa graisse. La chasse est toujours autorisée en France bien que très strictement réglementée, sauf dans les Pyrénées et le Massif central où elle est strictement interdite[réf. à confirmer][9]. En Amérique du Nord, la chasse de la marmotte est libre, car l'espèce y est répandue et est classée comme nuisible. La fourrure des marmottes d'Asie et d'Amérique du Nord est toujours utilisée sous le nom de murmel.

Les montagnards émigrés dans les grandes villes présentaient aussi des individus dressés comme attraction foraine.

De nos jours, elle est devenue un des symboles majeurs des Alpes. On trouve de nombreuses représentations ou évocations de l'espèce sur des produits n'ayant d'ailleurs aucun lien avec elle, si ce n'est l'origine montagnarde (bonbons, gâteaux, fromages, etc.), ou sur des hébergements (dont l'on vante la qualité en convoquant la réputation de bonne dormeuse de la marmotte, et son goût pour un habitat confortable et sûr).

La marmotte en peluche, et sa version capable de siffler, voire équipée d'un détecteur de mouvement qui provoque le sifflement, est devenue des classiques des boutiques pour touristes dans les Alpes et les Pyrénées.

L'espèce jouit d'une image très positive auprès d'un large public en raison de son apparence de petit ours en peluche et de son caractère inoffensif. Il n'est pas rare, dans les vallées très fréquentées en été, que des marmottes viennent quémander des friandises auprès des randonneurs, parfois avec une certaine effronterie, et ceci contribue également à la popularité de l'espèce.

Folklore et expressions dérivées[modifier | modifier le code]

La marmotte américaine est sujet d'une tradition célébrée par les Nord-Américains (Américains et Canadiens) chaque année le 2 février appelée le jour de la marmotte (groundhog day) ; selon que celle-ci voit ou non son ombre, cela annoncera un printemps tardif ou précoce.

On utilise l'expression « dormir comme une marmotte » quand une personne dort paisiblement et profondément. Voir l'article consacré aux idiotismes animaliers.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Marmottons à proximité du refuge du Col de la Vanoise

Du latin mus montis, « souris de la montagne ».

D'après Émile Littré, auteur du Dictionnaire de la Langue Française, Marmontain est l'un des anciens noms français de la marmotte ; espagnol et portugais : marmota ; italien : marmotta, marmotto ; pays de Coire : murmont ; ancien haut allemand : muremanto, muremunti ; du latin murem montanum ou murem montis : rat de montagne[10].

La marmotte est appelée siffleux en Amérique du Nord, car elle siffle pour prévenir du danger. L'animal peut aussi être appelée bonhomme couèche, du micmac moonumkweck[11]. Les anglophones la nomment groundhog (littéralement : « cochon de terre ») ; en allemand c'est Murmeltier : littéralement l'« animal qui marmonne, marmotte ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Quid 2008 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  2. J. Chaline, Les rongeures du pléistocène moyen et supérieur de France:(systématique, biostratigraphie, paléoclimatologie), Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1972.
  3. Constant Prévost, Note sur les cavernes et les brèches à ossements des environs de Paris, Annal. des Sc. géolog, 4 avr 1842.
  4. Paul Gervais, Arthus Bertrand, Zoologie et Paléontologie françaises: Nouvelles recherches sur les animaux vertébrés dont on trouve les ossements enfouis dans le sol de la France, 1859
  5. J.-F. Tournepiche, Les grands mammifères pléistocènes de Poitou-Charente, Paleo, 8 (1), 1996, pages 109-141
  6. C. Draily, Les occupations moustériennes de la grotte Walou (Trooz). Le Paléolithique moyen en Belgique. Mélanges Marguerite Ulrix-Closset, Bulletin de la Société belge d'études Géologiques et Archéologiques Les Chercheurs de la Wallonie, hors série 4, 2011, pages 343-351.
  7. Édouard François Dupont, C. Muquardt, Les temps préhistoriques en Belgique: l'homme pendant les áges de la pierre dans les environs de Dinantsur-Meuse, 1873, p. 43
  8. Walter Arnold, « The évolution of the marmot sociality ; Cost and benefice of joint hibernation », Behavioral Ecology and Sociobiology, Vol. 27, no 4, 1990, pp. 239-246
  9. Les animaux des Pyrénées
  10. , Dictionnaire de la langue française d'Émile Littré.
  11. Yves Cormier, Dictionnaire du français acadien, Fides,‎ 2009 (ISBN 978-2-7621-3010-2), p. 98-99.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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