Haemophilus influenzae

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Haemophilus influenzae

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Haemophilus influenzae sur un milieu de culture au sang

Classification
Règne Bacteria
Embranchement Proteobacteria
Classe Gamma Proteobacteria
Ordre Pasteurellales
Famille Pasteurellaceae
Genre Haemophilus

Nom binominal

Haemophilus influenzae
(Lehmann & Neumann 1896)
Winslow et al. 1917

Haemophilus influenzae, jadis appelé bacille de Pfeiffer, est une bactérie de la famille des Pasteurellacae et de la classe des Gamma Proteobacteria. Les cellules sont des coccobacilles ou de petits bâtonnets immobiles à Gram négatif. C'est le docteur Robert Pfeiffer qui a été le premier à les décrire en 1892 à partir d'une pandémie de grippe (influenza) de 1889-1892. On a longtemps cru qu'il était le responsable de la grippe, jusqu'à ce que l'on mette en évidence en 1931 l'étiologie virale de la grippe, Richard Shope (en) isolant un virus à partir de filtrats de broyats de poumons de porcs à l'occasion d'une grippe porcine proche de la grippe humaine[1]. Le génome est entièrement séquencé en 1995 (1 830 140 paires de base et 1 740 gènes).

Formes[modifier | modifier le code]

C'est une bactérie isolée à partir des voies respiratoires chez l'Homme.

Haemophilus influenzae représente près de 40 % des causes bactériennes des otites moyennes (infection suppurée de l’oreille moyenne).

  • La forme capsulée peut être responsable d'otites, de méningites, survenant presque exclusivement chez les enfants jusqu'à l'âge de six ans, de l'épiglottite aiguë qui peut entraîner la mort par asphyxie et qui se voit surtout chez les enfants (dans ce cas, ne pas coucher un petit enfant qui respire mal et reste assis : cela peut faire basculer son épiglotte et l'étouffer), de septicémies, de pneumonies (la bronchopneumonie post-grippale était fréquemment due aux Haemophilus influenzae qui ont toutefois été détrônés par les staphylocoques dans cette manifestation. Par contre, Haemophilus influenzae reste fréquemment en cause, avec le pneumocoque, dans les poussées aiguës chez les bronchitiques).

En dehors du tractus respiratoire, H. influenzae peut se voir dans certaines ostéites et arthrites.

Caractères bactériologiques[modifier | modifier le code]

Petit bacille à Gram négatif, les souches virulentes sont fréquemment encapsulées mais la capsule est difficilement visible.

Haemophilus influenzae exige deux facteurs de croissance : les facteurs X (hémine) et V (NAD).

Sur un milieu où l'on dépose un disque contenant ces facteurs X+V, les colonies ne poussent qu'autour du disque.

Le facteur X (hémine) peut être apporté par un milieu enrichi au sang. Le facteur V (NAD) peut être apporté par l'ajout d'extrait de levure par exemple ou par des colonies de Staphylococcus aureus. Le chauffage du sang libère le facteur V et inactive les inhibiteurs de ce dernier pouvant-être présent dans certains sang animaux comme celui du mouton.

Le camp-test consiste à ensemencer une suspension d'Haemophilus sur un milieu gélosé au sang (facteur X) et puis à ajouter une strie de S. aureus (facteur V). Ceci induit un satellitisme typique, Haemophilus influenzae poussant autour de la strie de staphylocoques.

Sérovar[modifier | modifier le code]

Maladies[modifier | modifier le code]

Voir plus haut (forme capsulée).

Remarques :

Interactions avec Streptococcus pneumoniae[modifier | modifier le code]

Haemophilus influenzae est souvent associé à Streptococcus pneumoniae dans les infections des voies respiratoires.

Traitement[modifier | modifier le code]

L'Haemophilus influenzae présente une résistance acquise aux bêta-lactamines en produisant des pénicillinases.

En revanche, il peut être traité par de l'amoxicilline associée à un inhibiteur des pénicillinases. Il est également sensible aux céphalosporines de 3e génération et aux fluoroquinolones.

Prévention[modifier | modifier le code]

Nombre de décès par Haemophilus influenzae en France de 1925 à 1999[2]

Des vaccins contre Haemophilus influenzae b sont disponibles depuis le début des années 1990. La couverture vaccinale des pays développés est de 92 %, alors qu'elle n'est que de 42 % dans les pays en voie de développement et 8 % dans les pays les plus pauvres[3]. Les vaccins protégeant d’haemophilus influenzae sont les suivants :

Le tableau vaccinal pour Haemophilus influenzae est le suivant :

  • 1re injection : à partir de 2 mois
  • 1er rappel : entre 16 et 18 mois.

Trois vaccinations sont recommandées en France[4]. Aux États-Unis, depuis la vaccination les progrès ont été spectaculaires pour les enfants (2008, 2009), mais semblent sans effets chez les adultes (avec un nombre de cas en augmentation dans l'Ohio par exemple[5].

Utilisation en recherche[modifier | modifier le code]

Les recherches sur Haemophilus influenzae ont permis d'isoler une série d'enzymes de restriction nommés Hind, dont le troisième découvert HindIII est l'un des enzymes de restriction les plus utilisés en biologie moléculaire. Son site de restriction à bouts cohésifs est palindromique :

5'---A AGCTT---3'

3'---TTCGA A---5'

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) RE Shope, « Swine influenza. III. Filtration experiments and etiology », J Exp Med, vol. 54,‎ 1931, p. 373 - 380
  2. « Les causes de décès en France depuis 1925 » INED, consulté le 7 juin 2013
  3. (en) « Haemophilus influenzae type B (HiB) », Health Topics A to Z (consulté le 2011-03-29)
  4. « Vaccinations obligatoires et vaccinations recommandées » (consulté le 23 avril 2013)
  5. (en) Rubach MP, Bender JM, Mottice S, Hanson K, Weng HYC, Korgenski K. et al. « Increasing incidence of invasive Haemophilus influenzae disease in adults, Utah, USA » Emerg Infect Dis. 2011;17(9). DOI:10.3201/eid1709.101991

Liens externes[modifier | modifier le code]