Institut industriel du Nord
| Institut industriel du Nord (IDN) | ||
| Nom original | 1854 : École des arts industriels et des mines 1872 : Institut industriel du Nord 1991 : École centrale de Lille |
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| Informations | ||
| Fondation | 1854 - 1872 | |
| Fondateur | Frédéric Kuhlmann, Henri Masquelez | |
| Type | École d'ingénieurs | |
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| Coordonnées | ||
| Ville | Lille | |
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| Campus | Cité scientifique Villeneuve-d'Ascq | |
| Direction | ||
| Directeur | Henri Masquelez, Albert Olry, Achille Étienne, Alfred Soubeiran, Henri Gruson, Émile Naudé, René Paillot, Cyrille Grimpret, Fournier[G 1], Paul Genêt, Étienne, Poisson, Robert Bossut, Michel Moriamez , Jean-Claude Gentina | |
| Divers | ||
| Affiliation | École centrale de Lille | |
| Site web | www.ec-lille.fr/10956135/0/fiche pagelibre/ | |
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L’Institut industriel du Nord de la France, appelé couramment Institut industriel du Nord ou I.D.N., est l'entité de recherche et de formation des ingénieurs à l’École centrale de Lille de 1872 à 1991.
Initialement établis dans les locaux de l'École des arts industriels et des mines fondée en 1854, l'enseignement et les laboratoires se développent dans l'Institut industriel, construit entre 1873 et 1875 rue Jeanne-d'Arc dans le quartier universitaire de Lille, jusqu'à son déménagement en 1968 sur le campus de l’université des sciences et technologies de Lille, à Villeneuve-d’Ascq.
La formation des élèves-ingénieurs s'effectue en trois années, comprenant un socle de formation scientifique technique et managériale et des options d'approfondissement. Les options sont initialement centrées sur la mécanique, l'électricité et la chimie au XIXe siècle ; la pluridisciplinarité s'accroit progressivement avec l'essor technologique du XXe siècle pour couvrir les génie civil, génie mécanique, génie des procédés, électronique industrielle, automatique, informatique de gestion, informatique industrielle, aménagement, transport-logistique, production industrielle, génie informatique, ondes micro-électronique et télécommunications. Ce cursus est devenu le programme de formation d'ingénieurs Centraliens de Lille (Master).
L'Institut industriel du Nord a été pionnier avec un laboratoire d'électrotechnique dès 1893, dirigé par Bernard Brunhes. Y est établi le premier laboratoire d'essais mécaniques de France en 1894. Des recherches en mécanique des milieux continus y ont été initiées dès 1872 avec Joseph Boussinesq, poursuivies par Joseph Kampé de Fériet en mécanique des fluides et aérodynamique après 1930. Henri Padé y est professeur de mécanique rationnelle. Le génie des procédés, la chimie et la métallurgie y sont développés par les successeurs de Frédéric Kuhlmann et Louis Pasteur, notamment Camille Matignon et Paul Pascal. L'automatique et l'informatique y sont enseignés dès 1957. L'évolution de la micro-électronique vers les nanotechnologies y date de 1992.
Sommaire |
Histoire de l'École centrale de Lille et de l'Institut industriel du Nord [modifier]
Essor des sciences et technologies aux XIXe et XXe siècles [modifier]
L'école d'ingénieurs de Lille[1] a été fondée en 1854, au début d'une période de plus d'un siècle caractérisée par un essor prodigieux des technologies, du commerce mondial et du rôle des ingénieurs[2], marquée par deux phases d'accélération 1896-1914 et 1947-1973[N 1], entrecoupée de périodes heurtées de guerres[N 2], d'effondrement de la croissance et des échanges commerciaux internationaux[N 3],[A 1]. « C’est durant cette période de première, puis de seconde industrialisation que le dynamisme innovateur a été, en Europe du Nord-Ouest, l’un des principaux moteurs de la croissance, léguant ainsi aux régions concernées un héritage qu’il revenait au siècle suivant de renouveler[N 4] ».
Sous sa dénomination École des arts industriels et des mines avec les parrainages de Frédéric Kuhlmann et Louis Pasteur, promoteurs des sciences appliquées à l'industrie dès 1854, l'École accompagne la première révolution industrielle fondée sur la thermodynamique, l'énergie issue des mines de charbon, la machine à vapeur inventée par Denis Papin et dont le développement est d'origine anglaise[N 5], la métallurgie, la mécanisation de l'industrie textile[N 6], le développement des procédés chimiques et des colorants, l'essor des transports[N 5] et les chemins de fer[N 7], les structures métalliques et béton de ciment[3], ainsi que les transformations sociales associées à l'exode rural consécutif à l'augmentation des rendements provoquée par la mécanisation et la chimie agricole. La crise de 1870-1871 est un tournant pour l'École, le sursaut économique et la notoriété des ingénieurs en découlent[N 8],[B 1].
Au travers de son Institut industriel du Nord (IDN)[4],[U 1] à partir de 1872[B 2], l'École assure le développement de la grande industrie mécanique actionnée par des moteurs électriques et thermiques, de la pétrochimie et sidérurgie, de l'automobile, des systèmes et réseaux électriques, de l'électromécanique et de l'automatisation de l'industrie manufacturière[N 4],[5], traduisant l'augmentation généralisée de la productivité des différents secteurs de l'industrie et des services[6]. Un coup d'arrêt à la prospérité et à l'expansion des promotions d'ingénieurs a lieu en 1914. La croissance des échanges économiques et l'augmentation de la taille des promotions d'ingénieurs reprennent durant les Trente Glorieuses avec l'urbanisation accélérée, l'énergie bon marché permettant l'essor des infrastructures, des services et la consommation de masse entre 1950 et 1973. Des mutations industrielles[N 5] commencent à se dessiner vers 1967 dans le Nord de la France et précèdent les premières ruptures monétaires (1971) et énergétiques (1973,1979).
L'évolution de la société industrielle vers une société de l'information se traduit par l'ère des innovations en informatique et automatique (1957), micro-électronique (1971), télécommunications (1975-1996), micro-systèmes et nanomatériaux (1992) et la transition vers le XXIe siècle où l'École centrale de Lille s'adapte aux mutations des modes de croissance, de mobilité et de services, de conversion d'énergie et de production durables[7],[N 4].
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Bâtiment historique de l'École des arts industriels et des mines (1854-1871) et de l'Institut industriel du Nord (IDN) de 1872 à 1875, rue du Lombard (Lille)
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Bâtiment historique de l'Institut industriel du Nord (IDN) de 1875 à 1968, rue Jeanne-d'Arc (Lille)
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Bâtiments C et E de l'Institut industriel du Nord (IDN) entre 1968 et 1991, avenue Paul-Langevin, Cité scientifique
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Bâtiment A de l'Institut industriel du Nord (IDN) en 1990, avenue Paul-Langevin, Cité scientifique
Développements au XIXe siècle [modifier]
L'École des arts industriels et des mines de Lille, fondée sous le Second Empire et dirigée par Edmond Bernot, évolue dans son organisation au début de la Troisième République[8].
La loi du 10 août 1871[9] relative aux conseils généraux permet une certaine décentralisation des décisions, indépendamment des ministères parisiens[10]. Dès la première session du conseil général du Nord le 15 octobre 1871, le conseiller général Bergerot[11] présente le projet de réforme des études à l'École qui prendrait alors « le titre d'École centrale de Lille[Nord 1] », proposé par Edmond Bernot et Adolphe Matrot[12]. Entre avril[Nord 2] et octobre 1872[Nord 3], le conseil général du Nord et la ville de Lille se concertent pour réorganiser l'École des arts industriels et des mines. Une commission spéciale[N 9] approuve les préconisations du rapport[Nord 3] d'Henri Masquelez, polytechnicien et directeur des travaux municipaux de Lille : le nom officiel de l'établissement devient « Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France », abrégé en Institut du Nord dont le sigle est IDN ; il absorbe l'ancienne École des arts industriels et des mines, mais l'envergure de l'Institut est celle d'une université polytechnique, à l'image des universités techniques allemandes : il comprend une école industrielle, une école d'agronomie et une école de commerce. Les domaines de formation incluent, en plus de la formation principale d'ingénieurs civils en trois ans (division G1-G2-G3), une filière de formation technologique en deux ans couvrant la mécanique, l'agronomie, la filature et le tissage (division T1-T2) et une section de commerce[Nord 4].
Le rapport de l'exposition universelle de 1878[13] note que « tout en développant le plus possible le côté pratique de l'enseignement (...), on a compris dans les programmes toutes les matières théoriques nécessaires pour donner aux élèves une instruction scientifique assez générale et assez élevée. » Suite à des réformes des études en 1881, 1883, 1889 et 1891, l'Institut se concentre sur la formation d'ingénieurs civils (division G) en 3 ans et sa dénomination est simplifiée en « Institut industriel du Nord de la France », abrégé en Institut industriel du Nord (IDN). Plus précisément, la section de commerce est fermée en 1881, celle d'agronomie en 1883, la section des mines en 1889, l'option de filature et tissage[N 10] en 1892, la division de technologie en 1895[B 3].
Jusqu'en 1895, l'Institut industriel du Nord est organisé en deux divisions[14],[N 11] : une division de technologie (T) de type Arts et métiers en deux ou trois années d'études et une division de génie civil (G) assurant un enseignement supérieur en trois ans de formation d'ingénieurs civils sur le modèle de l'École centrale des arts et manufactures[N 12]. Le rapport de l'exposition universelle de 1885[15] note que la division de technologie sert principalement de classe préparatoire à l'entrée dans la division de génie civil. La division de technologie est supprimée lors de l'établissement du centre lillois de l'École nationale des arts et métiers, construit à quelques centaines de mètres de l'Institut industriel du Nord[Nord 5],[B 4],[B 5],[16][N 13].
Le dictionnaire encyclopédique Nouveau Larousse illustré décrit la formation d'ingénieur dispensée par l'École vers 1897 : « Institut industriel du Nord de la France, à Lille. Il est entretenu par le département du Nord, la ville de Lille et subventionné par l'État, pour former des ingénieurs civils, des directeurs d'usines et des chefs d'ateliers pour les principales industries de la région du Nord. L'enseignement se divise en trois sections : mécanique, électricité, chimie. Les études durent trois ans[N 14], précédées d'une année préparatoire[B 6],[B 7] ; elles ont pour conclusion un diplôme d'ingénieur civil, ou, à défaut, un certificat de capacité de génie civil. L'institut admet des internes, des demi-pensionnaires et des externes, qui payent respectivement 1 100, 200 et 100 francs par an. Il y a des bourses fondées par les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Aisne, les principales villes et l'État. (...) »[17]. Conformément au principe de méritocratie républicaine rendant l'enseignement accessible aux élèves issus de familles modestes, les frais d'études à l'IDN sont réduits comparés à ceux de l'École centrale de Paris ou d'écoles privées qui réclament près de 1 000 francs par an pour des élèves externes. L'Encyclopædia Britannica 1911 cite aussi l'Institut du Nord dans son article « Technical Education »[N 15].
Évolution au XXe siècle [modifier]
La vocation principale de l'Institut industriel du Nord (IDN) est de former des ingénieurs, recrutés sur concours en sortie des lycées et classes préparatoires aux grandes écoles.
Le diplôme d'ingénieur civil IDN délivré par l'Institut industriel du Nord est contresigné par le ministre du commerce et de l'industrie à partir de 1913[18],[A 2], la protection de l'usage du titre d'ingénieur IDN est assurée par décret en 1922[19],[N 16].
Le programme des études est adapté par Albert Châtelet en 1929 pour accroître le nombre d'élèves-ingénieurs qui présentent des certificats de licence ès-sciences en double diplôme[20],[G 2]. Jusqu'en 1932, le diplôme d'ingénieur IDN est délivré dans l'une des trois spécialités : ingénieur-électricien, ingénieur-mécanicien, ingénieur-chimiste[N 17]. Suite à un accord avec la faculté des sciences de Lille en 1932, le diplôme d’ingénieur IDN est ultérieurement délivré sans mention de spécialité[21]. L'âge moyen d'entrée à l'École passe progressivement de 17 ans au XIXe siècle à 20 ans mi-XXe siècle[22].
À partir de 1935, les épreuves orales d'admission se passent à Lille ou à Paris. Suite au décret du 11 août 1947 sur les licences et à une décision du conseil de perfectionnement de l'IDN en avril 1948, les modalités du concours d'entrée, ouvert aux élèves de Mathématiques spéciales et aux étudiants titulaires d'un certificat propédeutique M.P.C., sont adaptées à partir de l'année 1949. En 1972, le concours d'entrée à l'IDN est intégré dans le concours Centrale-Supélec[L 1].
La charte de l'intergroupe des Écoles centrales est signée le 5 décembre 1990 à l'initiative de Daniel Gourisse[23]. À partir du 10 septembre 1991, les dénominations IDN et Institut industriel du Nord ne sont plus utilisées pour identifier l'École, qui utilise alors l'appellation École centrale de Lille[24].
Le cursus historique de formation d'ingénieurs de Lille, initié en 1854[A 3], réformé en 1860[A 4] (diplôme d'ingénieur industriel[N 18]), rénové en 1872[A 5] (diplôme d'ingénieur civil IDN[N 19]) lors de la création de l'Institut industriel du Nord (IDN) dans les locaux de l'École, est devenu en 1991 le programme de formation d'ingénieurs Centraliens de Lille (Master).
Périodes de guerres [modifier]
Depuis sa fondation en 1854, l'École a d'abord subi les événements consécutifs à la guerre franco-allemande de 1870-71, d'où découlent la réforme des études de 1872 et l'établissement de l'Institut industriel du Nord dans ses locaux.
Lors de la Première Guerre mondiale, l'École est occupée par l'autorité allemande entre 1914 et 1918 [Nord 6]. Il n'y a pas de cours dans l'année 1914-15. Les cours reprennent le 10 novembre 1915 : il n'y a alors que 20 élèves dans une partie des locaux non-occupée par l'armée allemande. Des laboratoires de l'École sont détruits le 11 janvier 1916 par l'explosion du dépôt de munition des dix-huit ponts. À la rentrée 1916, il n'y a que 34 élèves, dont 5 élèves-ingénieurs de première année et 29 élèves en année préparatoire. L'École est fermée en février 1917 et les cours ont lieu chez les professeurs. En octobre 1918, 112 élèves sont présents. À la rentrée de 1919, l'effectif est de 332 élèves. 31 % des élèves âgés de 18 à 20 ans lors de la mobilisation ont été tués sur les champs de bataille[25]. « 50 % des ingénieurs diplômés de l'IDN depuis le milieu du XIXe siècle ont été mobilisés durant la Première Guerre mondiale, 18 % ont été tués, 26 % blessés, 45 % ont été cités, 8,6 % ont reçu la légion d'honneur et 7,1 % la médaille militaire[26]. »
Est attribuée à l'IDN la croix de guerre avec citation à l'ordre de l'Armée :
« Occupé militairement par l'ennemi pendant la plus grande partie des hostilités et dépouillé de la presque totalité de son matériel, s'est rapidement relevé aussitôt délivré, pour reprendre parmi les grandes écoles d'enseignement supérieur, la place qu'il occupait avant la guerre, au cours de laquelle ses anciens élèves se sont signalés à la reconnaissance du pays par leurs qualités morales, leur valeur technique et leur esprit de sacrifice. »
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'École est à nouveau occupée par l'armée allemande. Des élèves-ingénieurs en cours de scolarité participent à des actions de résistance ; certains sont fusillés. Le conseil d'administration de l'IDN décide d'honorer la mémoire de trois victimes de la guerre en donnant leur nom aux trois amphithéâtres de l'École : Georges Poirier (1908), décédé dans une prison allemande, Pierre Goubet (1926), fusillé par l'autorité occupante, et Jean Boda, élève-ingénieur lieutenant FFI mort en déportation à Dachau[27].
Administration de 1872 à 1991 [modifier]
Localisation et aménagements [modifier]
L'École assure ses enseignements[28] aux élèves-ingénieurs dans le cadre de son Institut industriel du Nord (IDN), localisé à Lille, 2 rue du Lombard de 1872 à 1875[B 8], puis 17 rue Jeanne-d'Arc[29] de 1875 à 1968, et enfin avenue Paul Langevin sur le campus de l'université des Sciences et Technologies de Lille depuis 1968.
Les cours sont assurés aux élèves-ingénieurs à Lille, initialement rue du Lombard[30] de 1872 à 1875[A 6] dans les locaux d'une surface de 1 978 m² antérieurement affectés à l'École impériale des arts industriels et des mines de 1854 à 1872[B 9], quand bien même le directeur de ladite École impériale, Edmond Bernot, ait indiqué dès 1868 que ses locaux sont insuffisants pour ses quatre vingt dix élèves et ait suggéré en 1869 une nouvelle construction. La perspective d'un nouveau bâtiment d'enseignement est discutée en 1871 et 1872 au conseil général du Nord.
Des locaux adaptés à l'expansion de l'École sont finalement construits sur financement du conseil général du Nord[N 20] rue Jeanne-d'Arc[31] de 1873 à 1875 sur un terrain de 7 716 m², dont 6 959 m² affectés à l'enseignement[B 10], cédé gracieusement par la municipalité de Lille[32]. De nouveaux laboratoires y sont ajoutés en 1878[Nord 7] ainsi qu'un internat en 1884[B 11] ; un laboratoire d'électricité industrielle est créé en 1893[B 12],[33]. C'est en 1934 que les élèves ingénieurs sont logés dans une toute nouvelle résidence universitaire, ce qui permet de transformer l'internat en de nouveaux laboratoires. Un troisième amphithéâtre est construit en 1935 au fond de la cours centrale. Un accord avec la faculté des sciences de Lille le 3 mars 1938 permet à l'École d'assurer les travaux pratiques de mécaniques rationnelle et appliquée, électrotechnique et chimie-métallurgie des étudiants de la faculté dans les locaux de l'École et à la faculté des sciences de mettre à disposition ses laboratoires de physique-chimie pour les élèves-ingénieurs. Les cours sont assurés rue Jeanne-d'Arc, au centre de Lille, de 1875 à 1968.
La décision du déménagement de l'IDN sur le campus de l'université de Lille, à 6 km au sud-est de la rue Jeanne-d'Arc, est prise le 29 janvier 1968 par le recteur Guy Debeyre, confirmée le 19 juin 1968 par le ministère de l'éducation nationale, qui assigne à l'IDN les bâtiments initialement prévus pour un Institut national des sciences appliquées[A 7],[34], ce qui permet d'accroître la taille des promotions d'ingénieurs. Depuis 1968, les cours et la recherche sont assurés avenue Paul Langevin sur le campus de l'université des sciences et techniques de Lille (cité scientifique)[35], où un ensemble immobilier de formation et de recherche et une résidence Camus pour les élèves, construits entre 1965 et 1968, sont étendus en 1988 et où une technopole scientifique pluridisciplinaire s'est constituée à proximité de l'École. Une nouvelle résidence Léonard de Vinci est construite pour les élèves-ingénieurs en 1993.
Organisation et statuts [modifier]
De 1872 à 1972, l'IDN est sous la tutelle du conseil général du Nord : son statut est celui d'une école d'ingénieurs publique dépendant budgétairement d'une collectivité territoriale. Son conseil d'administration est présidé par le préfet du département du Nord. Le personnel enseignant comprend des professeurs de la faculté des sciences de Lille, des ingénieurs des corps de l'État, des ingénieurs civils, techniciens et praticiens. En 1872 sont dénombrés vingt-et-un intervenants[B 13] dans l'enseignement aux élèves-ingénieurs, il y en a quarante[36] en 1909.
Dès 1879, le conseil général du Nord « exprime le vœux qu'il soit classé au rang d'école nationale, aussitôt que le gouvernement donnera satisfaction aux industriels du Nord en décentralisant l'enseignement technique supérieur[37] », en proclamant la nécessité de l'IDN en tant qu'École centrale du Nord.
En 1886, Ernest Lavisse suggère dans la Revue internationale de l'enseignement[38] que l'IDN soit rattaché à la faculté des sciences pour renforcer la constitution de l'université d'État face à l'université catholique de Lille. L'IDN préserve néanmoins son statut d'école indépendante de l'université. Des tentatives initiées par le directeur général de l'enseignement technique et par l'université de Lille pour fusionner l'IDN avec ses propres instituts de faculté sont déjouées en 1926 et 1930. Le recrutement national et l'insertion professionnelle sur tout le territoire favorisent l'indépendance de l'IDN, mais apparaissent incohérents avec son statut administratif régional.
« À partir de 1956 apparait à nouveau mais d'une manière plus précise la demande du conseil d'administration concernant la transformation de l'IDN en une École nationale. Certains font alors remarquer que le statut actuel de l'IDN peut être comparé à celui de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris. (...) Le vice-président du conseil général souhaite cependant que la gestion reste au conseil général pour maintenir l'adaptation de l'IDN à l'économie générale du Nord de la France. En 1963, la direction de l'Enseignement supérieur (...) propose un rattachement à l'Enseignement supérieur sous une forme d'une convention analogue à celle qui devait définir la situation de l'École supérieure d'électricité. (...) En juin 1966, la section permanente du Conseil de l'Enseignement supérieur donne un avis favorable à ce texte qui est approuvé à l'unanimité par le conseil général du Nord le 4 novembre 1966 (...) Par décret du 24 septembre 1968[39],[A 8], l'Institut industriel du Nord de la France est réuni à l'université de Lille, conformément aux conditions de la convention du 15 novembre 1966 (...) en application des dispositions de l'article 1er du décret du 31 juillet 1920[40]. (...) Après avoir voté pendant près d'un siècle les subventions nécessaires au fonctionnement de l'IDN, (...) le conseil général du Nord a demandé la prise en charge par l'État de l'établissement[41] »: l'annonce officielle de la nationalisation et du transfert de compétences a lieu le 28 octobre 1972. L'IDN devient un établissement public national à caractère administratif par décret promulgué le 23 avril 1975[42],[A 9].
Le statut des enseignants à l'IDN évolue en 1968[39] et en 1975[42], où un groupe d'enseignants-chercheurs permanents est affecté en propre à l'IDN par la direction de l'enseignement supérieur du ministère de l'éducation nationale pour l'enseignement et pour développer les laboratoires de recherche ; en 1991, l'effectif atteint cent vingt personnes en poste à l'IDN, comprenant des personnels administratifs et quarante neuf enseignants-chercheurs permanents, maîtres de conférences et professeurs, ainsi qu'environ deux cent vacataires d'enseignement[43].
Jusqu'au milieu du XXe siècle, ce sont principalement des ingénieurs du corps des mines et des ingénieurs du corps des ponts et chaussées qui ont dirigé l'Institut industriel du Nord[N 21],[B 14]. L'organisation de l'École a été marquée successivement par Adolphe Matrot, ingénieur des mines, professeur à l'École des arts industriels et des mines de 1864 à 1872, auteur de la réforme des études qui conduit à l'établissement de l'Institut industriel du Nord (IDN) dont il est directeur des études de 1872 à 1878, Henri Masquelez, ingénieur en chef des ponts et chaussées et directeur de l'IDN de 1872 à 1885, qui obtient le financement et supervise les travaux du nouvel immeuble de l'IDN entre 1872 et 1875 et organise le transfert de la rue du Lombard à la rue Jeanne-d'Arc en 1875, Albert Olry, ingénieur des mines, professeur de mécanique et directeur des études de 1878 à 1885 puis directeur de l'IDN de 1885 à 1887, qui développe l'enseignement de la construction de machines à vapeur et obtient des subventions privées et publiques qui permettent l'aménagement de laboratoires de l'École avant de devenir membre du conseil d'administration de l'IDN de 1905 à 1913. Alfred Soubeiran, ingénieur des mines, lui succède comme sous-directeur et inspecteur des études en 1885, puis directeur de l'IDN de 1886 à 1891 (Achille Étienne, ingénieur des ponts et chaussées, étant entre temps directeur en 1885). Arthur-Ghislain Stoclet, ingénieur des ponts et chaussées, enseigne un cours de mécanique appliquée, de chemin de fer et de constructions industrielles à l'IDN à partir de 1883, il est directeur des études de 1886 à 1898 ; il associe l'IDN à l'étude de grands travaux d'urbanisme. Henri Gruson, ingénieur en chef des ponts et chaussées, spécialiste d'hydraulique, est directeur de l'IDN du 25 juin 1892 jusqu'à son décès accidentel en gare de Lille en décembre 1908 ; il est remplacé par Émile Naudé, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Paul Edouard Bienvaux, ingénieur des ponts et chaussées, devient sous-directeur de l'IDN en 1898. Pierre Anglès d'Auriac[44], ingénieur des mines, enseigne la métallurgie à l’IDN de 1905 à 1912, et devient sous-directeur à l’IDN en 1906. Cyrille Grimpret, ingénieur des ponts et chaussées, est sous-directeur avant 1914 puis directeur de l'IDN de 1918 à 1928 où il développe les coopérations avec l'industrie ferroviaire. Paul Genêt, ingénieur des ponts et chaussées, est directeur de l'IDN vers 1935. D'autres polytechniciens ont été simplement chargés de cours à l'IDN, à l'occasion de leur affectation à Lille dans un service de l'État[N 22].
Dans les deux premiers tiers du XXe siècle, des normaliens et professeurs de la faculté des sciences de Lille assurent la direction des études, tels que Henri Douxami, directeur des études de 1902 à 1913, Henri Pariselle, directeur des études jusqu'en 1936, suivi dans ce rôle par Robert Mazet de 1936 à 1944[N 23] et par Jean Roig de 1944 à 1962[45]. René Paillot est le premier maître de conférence de la faculté des sciences de Lille qui devienne directeur par intérim de 1914 à 1918 puis sous-directeur de l'IDN en 1918 . Grâce à leur rôle prépondérant dans la direction scientifique de l'IDN, les enseignants-chercheurs deviennent les acteurs principaux de l'administration de l'IDN après la seconde guerre mondiale[N 24]. Robert Bossut[U 2], chargé de cours puis professeur en mécanique rationnelle et mécanique des solides (1942-1967) est directeur de l'IDN de 1966 à 1978 ; de 1968 à 1975, il négocie la transformation du statut de l'IDN, passant de la tutelle du conseil général du Nord à celle de la direction de l'enseignement supérieur du ministère de l'éducation nationale ; il insère l'IDN dans le concours Centrale-Supélec en 1972.
Des ingénieurs centraliens enseignent à l'École depuis 1866, sans rôle de direction administrative de l'IDN[N 25]. À partir de 1968, la part des anciens élèves parmi les enseignants-chercheurs s'accroit ; dès 1978, l'équipe de direction comprend notamment plusieurs ingénieurs diplômés IDN. Jean-Claude Gentina (promotion 1968), professeur en informatique industrielle[46] à l'IDN (1970-2007), directeur des études de 1978 à 1982, est directeur de l'IDN (École centrale de Lille) de 1982 à 2005 ; Philippe Deshayes (promotion 1972), ingénieur-architecte, professeur d'aménagement urbain, épistémologiste de la modélisation de systèmes et de l'ingénierie de projets, est directeur des études de l'IDN de 1982 à 1999, directeur des relations internationales de l'École centrale de Lille de 1999 à 2008 ; avec Pierre Borne (promotion 1968), directeur scientifique de l'IDN[47], ils assurent le développement des formations des ingénieurs et de la recherche, ainsi que l'association de l'IDN au groupe des Écoles centrales en 1990.
Élèves-ingénieurs [modifier]
Recrutement [modifier]
De 1872 jusqu'à la Première Guerre mondiale, comme dans les universités techniques allemandes, l'admission en année préparatoire et le recrutement en première année du cursus de formation d'ingénieur en trois ans s'effectuent sur examen d'aptitude.
Le lien avec les classes préparatoires des lycées et d'autres institutions comme source de candidats est identifié dès 1879[N 14], mais n'est pas immédiatement exploité en raison de leur faible effectif. Outre le recrutement direct d'élèves issus des lycées dans la division de génie civil formant des ingénieurs, un drainage du vivier de candidats non bacheliers, issus d'écoles primaires supérieures, est effectué vers la division de technologie dont la première année sert alors d'année préparatoire pour postuler à l'examen d'entrée dans la division de génie civil : c'est le cursus suivi notamment par Louis Dollo entré en 1873 en année préparatoire et qui devient major de la promotion d'ingénieurs en 1877.
Ainsi, selon les conditions d'admission applicables en 1914, l'entrée en première année d'élève-ingénieur s'effectue sur examen écrit et oral pour les candidats des lycées et d'année préparatoire ; les candidats titulaires du baccalauréat mention mathématiques sont admis en première année ; les admissibles à Polytechnique et les titulaires d'une licence ès sciences sont admis en deuxième année[48]. L'âge moyen d'entrée à l'École passe progressivement de 17 ans au XIXe siècle à 20 ans mi-XXe siècle[22] et l'année préparatoire est transférée aux classes du lycée.
C'est à partir de la crise économique vers 1935 que s'impose le modèle du concours d'entrée national avec numerus clausus, sur le programme de la classe de mathématiques élémentaires pour l'entrée en première année et sur le programme de mathématiques spéciales pour l'entrée en seconde année, avec des centres d'écrit dans diverses villes de France, dont Paris et Lille, et des épreuves orales d'admission à Lille[22].
Suite au décret du 11 août 1947 sur les licences[N 26], le conseil de perfectionnement de l'IDN adapte les modalités du concours d'entrée en première année, ouvert aux élèves de mathématiques spéciales et aux étudiants titulaires d'un certificat propédeutique M.P.C. à partir de l'année 1949. Le recrutement de titulaires de M.P.C étant marginal[N 27], le programme d'admission en première année s'identifie au programme A de mathématiques spéciales[49] qui devient le programme M ultérieurement. En 1950, les parisiens fournissent plus de la moitié des candidats au concours d'entrée à l'IDN.
En 1972, le concours d'entrée à l'IDN est intégré dans le concours Centrale-Supélec[L 2] et les épreuves orales ont lieu à Paris. L'admission en première année des élèves-ingénieurs s'effectue principalement sur les programmes de mathématiques spéciales M, P' et TA ; les admissibles à Polytechnique sont admis de droit en première année ; une dizaine de places est associée au concours réservé aux titulaires du diplôme d'études universitaires générales mention sciences ; quelques places sont réservées aux titulaires de diplômes universitaires de technologie ou de brevets de techniciens supérieurs. En deuxième année sont admis une dizaine de titulaires d'une maîtrise ès sciences[50].
Effectif étudiant et diplômés [modifier]
Alors que l'École des arts industriels et des mines avait atteint un pic de 126 élèves à la rentrée de 1869 avant de décroitre à 90 en 1870 et 26 en 1871[N 28], les effectifs de l'Institut industriel du Nord sont croissants de 1872 à 1914, passant de 15 élèves issus de l'École des arts industriels et des mines et acceptés en 1872 à 83 élèves en 1875, 102 élèves en 1878 et 172 élèves en 1891[N 29],[N 30]. Les effectifs de l'IDN dépassent les cent élèves en 1878[B 15], atteignent les deux cents en 1892[B 16], dépassent les trois cents élèves en 1900, approchent les quatre cent élèves en 1909[51] et en font l'une des plus grandes écoles d'ingénieurs de France[52].
Une statistique de 1894 sur l'origine de 1 109 anciens élèves indique une provenance de tous les départements français métropolitains et d'outremer (dont 698 du département du Nord) et 6 % de l'étranger (68 dont 25 Belges, 7 Russes et 4 Brésiliens)[B 17]. En 1892, 6 % des anciens élèves résident hors de la France et de ses colonies[B 18].
Les 162 élèves présents en 1889[Nord 8] sont issus de 21 départements (dont 111 du Nord-Pas de Calais) et 8 de l'étranger ; en 1900, l'effectif de 272 élèves comprend un tiers de pensionnaires, 108 sont issus du Nord-Pas de Calais et 24 sont étrangers, ils se répartissent entre 72 en année préparatoire, et respectivement 94, 49 et 57 dans les trois années d'études d'élèves-ingénieurs ; la moitié de l'effectif de troisième année en 1900 est en section d'ingénieurs-électriciens[Nord 9].
La promotion 1888 comprend 23 diplômés et 8 bénéficiaires de certificats, la promotion 1891 35 diplômés et 6 bénéficiaires de certificats, la promotion 1899 43 diplômés et 11 bénéficiaires de certificats.
Le nombre d'anciens élèves diplômés ou certifiés, identifiés dans les annuaires de l'association IDN, est d'une trentaine par promotion jusqu'à 1890 et inférieur à cinquante jusqu'en 1898 alors qu'une nouvelle vague d'industrialisation émerge en France. Il dépasse soixante en 1902 et quatre vingt en 1906.
L'année scolaire 1899-1900 a un effectif de 308 élèves à la rentrée de 1899, dont 86 en année préparatoire et 222 élèves-ingénieurs, comprenant 106 en première année, 56 en seconde année et 60 en troisième année parmi lesquels 40 % suivent l'option des électriciens, 35 % l'option des mécaniciens constructeurs et 25 % celle des chimistes[53]. Il descend à 272 en cours d'année ; on y compte 188 élèves-ingénieurs qui seront effectivement diplômés au terme de leurs trois ans d'études, les autres élèves présents en 1900 (15 % de l'effectif) n'obtenant au mieux que des certificats de capacité. La sélectivité de délivrance du diplôme d'ingénieur IDN est importante : en 1928, 32 élèves seulement sont diplômés ingénieurs, les 23 autres obtenant un certificat de capacité à la fin des trois années d'études[G 3].
Le concours d'entrée est ouvert aux femmes à partir de 1919 ; la première femme est diplômée ingénieur IDN en 1925, les deux suivantes en 1929[54]. La mixité des promotions n'est significative qu'à partir de 1965[55].
La reprise économique des années 1920 conduit à une croissance de la taille des promotions : 80 anciens élèves diplômés ou certifiés en 1922, 75 en 1925, 63 en 1929.
Après un pic à 113 en 1914 et à 110 en 1924, la taille des promotions d'anciens élèves diplômés ou certifiés se contracte durant l'entre-deux-guerres avec des effectifs d'une trentaine annuellement entre 1930 et 1944[L 3], puis suit les vagues de développement économique et de démocratisation de l'enseignement supérieur français[56] avec 77 ingénieurs diplômés en 1950, 73 en 1960, 111 en 1970, 147 en 1980, 206 en 1990[57] et 201 en l'an 2000[58].
Sursis et service national [modifier]
Pour les élèves et diplômés de l'IDN soumis au service militaire en France, sa forme et sa durée ainsi que la possibilité de sursis sont déterminées par la loi, qui tient compte des études et du diplôme.
La loi du 27 juillet 1872 établit un service militaire universel obligatoire, d’une durée fixée par tirage au sort d'un ou de trois ans ; elle stipule que « tout Français (...) peut être appelé, depuis l'âge de vingt ans. » Au XIXe siècle, les élèves à l'IDN recrutés vers seize ans terminent leur études à dix neuf ou vingt ans ; l'appel sous les drapeaux suit la fin des études.
La loi du 15 juillet 1889 sur le recrutement de l'armée accorde une année de service militaire actif au lieu de trois, au titre notamment de son article 23 concernant les dispenses universitaires. Cela s'applique aux étudiants en licence et aux élèves d'écoles nationales supérieures d'ingénieurs et des écoles supérieures de commerce reconnues par l’État[59]. Selon les vœux exprimés par le conseil général du Nord en août 1888[Nord 10], les autorités régionales (députés et conseil général) effectuent des demandent afin que l'IDN soit comprise dans le paragraphe 2 de l'article 23[60]. Les directeurs de l'IDN Alfred Soubeiran puis Henri Gruson, ainsi que Arthur Stoclet, Paul Parsy (1881), président de l'Association des anciens élèves, Léon Francq (1867) et le député Pierre Legrand rencontrent les ministres concernés entre 1888 et 1894. Malgré divers amendements à la loi soumis par des députés du Nord, les diplômés IDN ne jouissent pas automatiquement de la dispense de deux des trois années de service militaire accordée aux élèves de diverses écoles par l'article 23 de la loi du 15 juillet 1889 sur le recrutement de l'armée, et doivent faire état de l'obtention de certificats de licence à la faculté des sciences de Lille pour en bénéficier. « Dans le contexte d'un débat controversé sur les sciences appliquées enseignées en facultés, le conseil de l'université de Lille institue en 1898 le diplôme de licencié mécanicien, qui exige trois certificats d'études supérieures : mécanique rationnelle, mécanique appliquée, physique industrielle ou physique générale[61] », dont les enseignants sont ceux qui officient à l'IDN pour les élèves-ingénieurs. Indépendamment de ce palliatif, le directeur Henri Gruson constate en 1900 qu'une modification de la loi militaire pour obtenir une dispense semble difficile au moment où le service militaire de deux ans est en discussion au parlement.
La loi du 21 mars 1905 modifiant la loi du 15 juillet 1889 sur le recrutement de l'armée supprime le système de tirage au sort, impose un service personnel, égal et obligatoire de deux ans ; elle introduit la notion de sursis, nécessaire pour achever les études des élèves ingénieurs IDN dont l'âge moyen au diplôme passe progressivement à vingt-trois ans au XXe siècle. La loi du 9 juillet 1970 supprime les sursis pour le service national d'un an qui sont néanmoins peu à peu rétablis. La loi du 8 juillet 1983 autorise les reports d'incorporation automatiques jusqu'à 22 ans et la possibilité de report jusqu'à la fin des études est généralisée.
Le décret du 21 décembre 1963 et loi du 9 juillet 1965 introduisent des formes de service national valorisant les ingénieurs diplômés : de nombreux ingénieurs IDN français font alors leur service national comme scientifiques du contingent ou comme volontaires pour l'aide technique et la coopération entre la France et des pays en développement.
Enseignement et recherche [modifier]
Formation des ingénieurs [modifier]
La formation des élèves-ingénieurs à l'IDN couvre toute la palette des sciences pour l’ingénieur en relation étroite avec les besoins des acteurs économiques.
Dès 1872, le cursus de formation couvre le génie civil et les constructions, la mécanique, la chimie industrielle[N 31] et les machines à vapeurs[N 32], l'industrie de transformation et la métallurgie, l'industrie manufacturière [N 33].
Un témoignage de l'expertise en machines et de la notoriété des ingénieurs de l'Institut industriel du Nord est donné dans un article du journal The New York Times dans son édition du 3 juillet 1880[N 34] consacré à la déclaration d'utilité publique de l'association des propriétaires d'appareils à vapeur du Nord, créée par la Société industrielle du Nord de la France[B 19].
À partir de 1892 sont ajoutées à la formation des ingénieurs l'électricité industrielle et les applications électrotechniques[Nord 11], permettant de former des ingénieurs-électriciens[N 35], soit neuf ans après l'Institut Montefiore à Liège et deux ans avant la création de l'École supérieure d'électricité à Paris. L'institut industriel du Nord est l'une des premières écoles d'ingénieurs françaises à posséder un laboratoire d'électrotechnique[62] dès le XIXe siècle[63]. À l'exposition universelle de 1900, « de tous les instituts français d'électricité, il est le premier à disposer pour la formation des élèves d'un groupe électrogène actionné par turbine à vapeur[64] ».
En 1914, les cours théoriques correspondent à des certificats d'études supérieures[N 36] professés par des enseignants de la faculté des sciences de Lille, les enseignements industriels et les travaux pratiques sont assurés principalement par des ingénieurs ; au début de la seconde année les élèves sont répartis en trois sections [65],[66] : mécanique, chimie et électricité[67]. L'enseignement des applications automobiles prend son essor dès 1899[N 37] et l'aérodynamique en 1930 [N 38]. L'IDN assure une formation d'ingénieur généraliste polyvalent[N 4], sans spécialité dominante : à partir de 1932, l'option d'approfondissement est centrée sur la troisième année et n'est plus mentionnée sur les diplômes IDN délivrés [68].
En 1937 sont introduits les stages de vacances dans les milieux industriels.
En 1945, les élèves de première année suivent « un complément de formation théorique en faculté (MPC), une deuxième année commune, une troisième année répartie en trois options : électricité, chimie, mécanique[L 4]. ». La décision d'ouvrir une quatrième option de troisième année en électronique est prise en mars 1956[69].
En 1957, l'automatique devient un des nouveaux domaines majeurs[70], suivie par l'informatique dès 1958 : Lille en devient un site pionnier en France.
La formation couvre l'ensemble des sciences de l'ingénieur, prenant en compte les aspects liés à la gestion économique et à l'environnement industriel, par un cursus comprenant deux années de tronc commun et une année d'option d'approfondissement, dont la diversité est augmentée en corrélation avec le développement des secteurs économiques. L'année précédant le transfert sur le campus (1967), les options sont génie civil, mécanique, chimie et génie des procédés, électricité industrielle[N 39], automatique, informatique, aménagement urbain. D'autres options d'approfondissement sont établies successivement : transport-logistique (1968), informatique industrielle (1981), production industrielle (1984), génie informatique (1989), ondes, micro-électronique et télécommunications (1994), pour accroître la pluridisciplinarité et l'adaptation de la formation des éléves-ingénieurs aux évolutions technico-économiques[L 5].
 la fin du XXe siècle, les douze options sont génie civil, génie mécanique, génie des procédés chimiques et agro-alimentaires, électronique industrielle, automatique, informatique de gestion, informatique industrielle, aménagement, transport-logistique, production industrielle, génie informatique, ondes micro-électronique et télécommunications.
Coopérations universitaires et internationales [modifier]
La possibilité pour les élèves-ingénieurs de suivre une année de spécialisation post-diplôme d'ingénieur ou d'obtenir un double-diplôme de spécialité en troisième année en suivant des cours communs avec la faculté des sciences de Lille existe structurellement[N 40] depuis l'origine de l'École au XIXe siècle où les professeurs de la faculté des sciences contribuent à l'enseignement à l'École et fut renforcée notamment en 1929 et 1932[71] : ce sont d'abord des certificats d'études supérieures et la licence ès-sciences, accessibles aux élèves-ingénieurs de troisième année à partir de 1929. Cela permet aux élèves titulaires du baccalauréat d'acquérir simultanément, en trois ans, le diplôme d'ingénieur IDN et la licence ès-sciences. Notamment, la décision ministérielle de création de l'Institut de mécanique des fluides de Lille en 1930 permet aux élèves-ingénieurs de troisième année d'option mécanique de préparer un double diplôme sous la forme d'un certificat de licence en mécanique des fluides et aérodynamique[72]. La faculté des sciences de Lille ouvre un Institut de chimie théorique et appliquée en 1894 avec des professeurs de la chaire de chimie, tels que Alphonse Buisine qui assure par ailleurs des cours de chimie industrielle à l'IDN ; les cours à l'IDN sont alors recentrés sur les procédés de génie chimique et de catalyse. À partir de 1938, les travaux pratiques de M.P.C., mécanique rationnelle et mécanique appliquée deviennent communs aux élèves-ingénieurs de l'IDN et aux étudiants de la faculté des sciences et ont lieu dans les laboratoires de l'IDN[73]. Vers 1956 à la faculté des sciences de Lille, « les certificats de licence (électrotechnique, électronique industrielle) ne fonctionnaient que grâce à l'apport des élèves de l'IDN qui venaient suivre les cours[74] », associés à leur option de troisième année. Un certificat de licence en automatique appliquée est créé par la faculté en 1956[75] ; « L’IDN, qui crée simultanément des options « électronique » et « servomécanismes » en 3e année, envoie ses élèves-ingénieurs suivre ces cours, et fait bénéficier en retour (...) la faculté (...) de ses appareils et de ses locaux[76]. » Après 1964 apparaissent de multiples diplômes d'études approfondies cohabilités par l'IDN et l'université, soutenus par des laboratoires de recherche communs.
Des accords avec d'autres instituts et écoles supérieures françaises sont aussi établis pour accéder à leurs spécialités. Des programmes de troisième année validée dans des universités européennes, à l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs à partir de 1962, à l'École centrale Paris à partir de 1985, et de poursuite d'études dans des universités européennes et nord-américaines se développent essentiellement dans le dernier quart du XXè siècle. L'accueil d'élèves ingénieurs en mobilité internationale se développe symétriquement, suivant une tradition initiée dès le XIXe siècle[B 20].
L'IDN établit un réseau d'universités technologiques partenaires pour la recherche et la mobilité étudiante en Europe, notamment avec l'Université technologique de Munich en génie électrique, l'Université de Manchester (UMIST) en automatique et informatique, l'Université Brunel en mécanique, production manufacturière et génie civil, la Faculté polytechnique de Mons en architecture, l'Université polytechnique de Catalogne à Barcelone et le Centro Politécnico Superior de Saragosse en informatique industrielle, l'Université polytechnique de Madrid et l'Université technique d'État de Moscou-Bauman, qui seront intégrées dans le réseau TIME en 1994. En 1990, l'IDN est à l'initiative du réseau de mobilité universitaire transatlantique IMCC-USA, basé sur une décennie de relations avec l'Université du Texas à Austin et l'Université de Virginie à Charlottesville.
Recherche [modifier]
L'application des sciences à l'industrie s'est développée précocement à Lille dès le début du XIXè siècle, notamment avec Frédéric Kuhlmann puis avec Louis Pasteur, qui font bénéficier leurs auditeurs des résultats concrets de leurs recherches. L’idée que la recherche nourrisse le développement industriel régional remonte en fait à 1817 et 1823 à Lille, au travers des chaires municipales de physique appliquée et de chimie appliquée aux arts industriels d'où est issue l'École des arts industriels et des mines en 1854[77].
Clément Codron met en place à l'Institut industriel du Nord en 1894 le premier laboratoire d'essais de France[78],[79] à l'instar des universités de recherche technique allemandes et américaines[53]. Au début du XXè siècle, certains professeurs, tels que Clément Codron et René Paillot, associent les élèves-ingénieurs à des expérimentations menées pour des industriels dans le laboratoire d'essais de l'IDN[B 21]. Les élèves-ingénieurs sont sensibilisés à l'état de l'art de l'industrie, comme en témoigne le journal des élèves-ingénieurs qui rend compte des innovations des sciences pour l'ingénieur dès 1894[B 22]. Néanmoins, les activités de recherche industrielle menées par les professeurs dans les laboratoires de l'IDN n'imprègnent guère la pédagogie des expérimentations effectuées par les élèves-ingénieurs, jusqu'au milieu du XXe siècle. Les premiers ingénieurs-docteurs[80] issus de l'IDN et les premiers ingénieurs IDN qui poursuivent une thèse de doctorat ès-sciences datent des années 1930, tels que Antoine Bonte (1932) en hydrogéologie, Jean Vanier (1930)[81] en mécanique des fluides, Jean Demontis (1931)[82] et André Fauquet (1936)[83] en mécanique aéronautique.
La période qui débute en 1972 marque un changement d’échelle quantitatif en termes de moyens matériels et de personnels permanents affectés à l'IDN, tandis que l'État impulse des recherches universitaires et des plans industriels et d'aménagement régional depuis 1957. Répondant au besoin croissant d'ingénieurs d'études et de recherche pour une industrie moins dépendante de licences technologiques d'innovations importées, une formation par la recherche émerge progressivement dans le dernier quart du XXe siècle. L'insertion de la recherche dans le cursus des élèves-ingénieurs apparait notamment en électrotechnique et en automatique à partir de 1957. Des options de troisième année des élèves-ingénieurs sont adossées à des diplômes d'études approfondies cohabilités avec l'université de Lille. Un groupement d'études, de recherches et de formation GERFIDN est alors créé comme structure de valorisation de la recherche des laboratoires de l'École. Les premiers docteurs-ingénieurs sont issus de l'École dès avant 1970 ; durant la décennie suivante, des convention industrielle de formation par la recherche sont mis en œuvre, initialement avec Usinor-Sollac, CdF-Chimie, Fives-Lille, Alsthom, Peugeot Citroën, Française de Mécanique, EdF, Télémécanique, Bull.
Les laboratoires et instituts de l'École centrale de Lille sont les héritiers de l'Institut industriel du Nord[L 6] :
- Le laboratoire d'électricité industrielle créé en 1892 au sein de l'Institut industriel du Nord, renommé laboratoire d'électronique industrielle et électrotechnique, a fédéré les efforts de recherches lilloises et est devenu le laboratoire d'électrotechnique et d'électronique de puissance de Lille (LEEP puis L2EP) ;
- Le laboratoire d'essais de l'Institut industriel du Nord créé en 1894, issus des recherches initiées dès 1872, est scindé en laboratoire de mécanique et matériaux, laboratoire de mécanique des matériaux fragiles, laboratoire de mécanique des fluides et laboratoire de mécanique des sols et des structures, qui sont ultérieurement rassemblés dans le laboratoire de mécanique de Lille (LML) (URA CNRS 1441) ;
- la coopération initiée en 1934 entre l'Institut de mécanique des fluides de Lille et l'Institut industriel du Nord se poursuit aujourd'hui entre le laboratoire de mécanique de Lille (LML), l'ONERA Lille et le centre de Lille de l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS-IFSTTAR) ;
- l'Institut des molécules et de la matière condensée de Lille incarne la coopération entre l'Institut industriel du Nord et l'Institut chimique de Lille initiée fin du XIXe siècle, poursuivie au XXe siècle notamment au travers du laboratoire de génie chimique et automatique (LGCA) à partir de 1975, puis du laboratoire de catalyse de Lille - Unité de catalyse et de chimie du solide (UCCS) ;
- Le laboratoire d'automatique et d'informatique industrielle de Lille (LAII - UA CNRS 370 puis LAIL - URA CNRS 1440), créé en 1982 au sein de l'Institut industriel du Nord est devenu le laboratoire d'automatique, génie informatique et signal (LAGIS) ;
- l'Institut d'électronique de microélectronique et de nanotechnologie (IEMN) a absorbé en 1992 le laboratoire de physique des vibrations et d'acoustique de l'IDN, dont les recherches initiées à l'université de Lille en 1963 sont introduites à l'IDN en 1978 par Michel Moriamez, rattaché au laboratoire d'opto-acousto-électronique de Valenciennes (LPVA - URA CNRS 832) ;
- l'Institut de génie informatique et industriel (IG2I) a été développé en 1992 à partir des équipes pédagogiques d'informatique et de recherche de l'Institut industriel du Nord actives depuis 1957 ;
- l'Institut technologique européen d'entrepreneuriat et de management (ITEEM) fondé en 2003 reprend des actifs de l'institut industriel du Nord ; l'équipe de recherche associée est aujourd'hui connue comme laboratoire de modélisation et de management des organisations (LM2O) ;
- Le laboratoire d'aménagement régional et urbain (LARU)[84] créé en 1964 au sein de l'Institut industriel du Nord a été absorbé vers 1994 par le Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (CLERSE) de l'université de Lille.
Vie étudiante [modifier]
Vie associative [modifier]
De 1875 à 1968, la vie étudiante des élèves-ingénieurs est mêlée à celle du quartier universitaire autour de la rue Jeanne d'Arc dans Lille. Des fêtes ont lieu le jour de la Saint-Éloi (1er décembre). Les élèves-ingénieurs IDN se distinguent néanmoins par leurs propres clubs et un local associatif dans la rue Jean Bart. À partir de 1968, c'est la vie associative dans le campus universitaire, notamment dans le couloir des associations au rez de chaussée de la tour IDN et dans la résidence Camus. Vers 1991, une soixantaine d'associations et de clubs sportifs, humanitaires et culturels[43] ponctuent la vie associative, coordonnés par le bureau des élèves et le bureau des sports. Parmi les associations phares de l'IDN, Lille aux échecs assure depuis 1987 un festival sur les jeux de réflexions en plein coeur de Lille ; les montgolfiades sont une compétition aérostatique organisée par les élèves ingénieurs depuis 1988 et réunit une vingtaine de montgolfières parrainées par des entreprises.
La publication d'un journal édité par les élèves-ingénieurs est attestée dès 1894. Il est d'abord nommée « L'Élève-ingénieur. Journal hebdomadaire des élèves de l'Institut industriel du Nord de la France (IDN)[85] » ; sa dénomination évolue vers « Fourre-tout[86] », abrégé FT, pendant la seconde moitié du XXe siècle. Outre des articles représentatifs du quotidien des élèves-ingénieurs, des articles de personnalités notoires y sont publiés, telles que l'architecte Le Corbusier en 1959[87] et le cinéaste Cyril Collard en 1978[86].
Relation entreprises [modifier]
Depuis 1937, le cursus de formation des élèves-ingénieurs inclut des périodes de stages en entreprises. En outre, des sociétés assurent un soutien financier à certaines activités associatives organisées par les élèves-ingénieurs.
Depuis 1874, les élèves-ingénieurs sont en contact avec les entreprises, par l'intermédiaire de la Société industrielle du Nord de la France qui accorde des médailles et des prix aux élèves-ingénieurs. Entre les années 1930 et 1960, une journée de recrutement est organisée dans les locaux de la chambre de commerce de Lille. Depuis 1980, les élèves-ingénieurs prennent eux-mêmes la charge d'organiser un forum d'entreprises dans les locaux de l'École : le « forum rencontre » rassemble chaque année en octobre une centaine d'entreprises et professionnels du recrutement.
La junior entreprise, IDN projets, est créée en 1973 et permet aux élèves-ingénieurs de réaliser des projets rémunérés.
Chant de l'Institut industriel du Nord [modifier]
Un chant de l'Institut industriel du Nord, incluant musique et paroles, est enregistré sur disque vinyle vers 1953[88].
| Chant de l'Institut Industriel du Nord |
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Dernier berceau de la jeunesse, temple qui nous a vu grandir, |
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Quand viendra l'hiver de la vie, nous nous souviendrons du printemps, |
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Que les promotions chaque année, des traditions suivant la loi, |
Personnalités liées à l'Institut industriel du Nord [modifier]
Professeurs [modifier]
Certains enseignants-chercheurs ont eu un rôle marquant dans le développement de l'École aux XIXe et XXe siècles.
En mathématiques et traitement de l'information, les personnalités notoires sont Henri Padé, doctorant à Lille puis professeur de mécanique rationnelle à l'IDN de 1897 à 1902, qui a donné son nom aux approximants de Padé pour la décomposition en fractions rationnelles et a obtenu le grand prix de l'Académie des sciences (1906), et le mathématicien Albert Châtelet, chargé d'un cours de 1913 à 1921. En automatique, notons Pierre Borne (promotion 1968), professeur à l'IDN de 1976 à 2008, prix Kuhlmann (1994), IEEE Fellow et « IEEE-SMC Norbert Wiener Award » (1998), directeur scientifique de l'École centrale de Lille de 1982 à 2005, Geneviève Dauphin-Tanguy (promotion 1979), professeur en modélisation mécatronique par Bond Graph, Jean-Pierre Richard (promotion 1979), professeur d'automatique et chercheur en systèmes non-linéaires et à retard.
Dans le domaine de la mécanique des fluides, la figure marquante à l'École est Joseph Boussinesq, professeur de mécanique rationnelle à l'IDN de 1872 jusqu'à son élection à l'Académie des sciences en 1886, et qui a donné son nom à l'approximation de Boussinesq ; parmi ses successeurs notons Joseph Kampé de Fériet, professeur de mécanique, mécanique des fluides, aérodynamique, théorie de l’information, cybernétique à l'IDN de 1930 à 1969, qui est fondateur de l'Institut de mécanique des fluides de Lille (ONERA Lille) en 1930, André Martinot Lagarde, enseignant chercheur et professeur de mécanique des fluides et d'automatique à l'IDN de 1945 à 1968, qui développe les enseignements d'automatique à l'École et obtient le prix Kuhlmann (1954) et le prix Gegner de l'Académie des sciences (1958), Michel Stanislas (promotion 1975), professeur en écoulements turbulents, chercheur à l'Institut de mécanique des fluides de Lille (ONERA Lille) et à l'IDN, directeur du Laboratoire de mécanique de Lille, prix Edmond Brun de l'Académie des sciences[89] pour le développement d'une soufflerie à très grand nombre de Reynolds en 2012.
Dans le domaine du génie civil, outre Joseph Boussinesq, notons Alfred-Aimé Flamant, professeur d'architecture, de constructions civiles et chemin de fer[N 41] de 1872 à 1879, chargé de cours de physique industrielle à l'IDN de 1879 à 1883, prix Montyon de mécanique de l'Académie des sciences.
En mécanique, Clément Codron[79], professeur du cours des arts mécaniques, du cours des organes de machines et de fonderie de 1872 à 1922, lauréat du prix Plumey de l'Académie des sciences, met en place à l'IDN en 1894 le premier laboratoire d'essais de France ; Gaston Du Bousquet assure un cours de machines et turbines à vapeur aux élèves-ingénieurs de l'IDN[90], est président de la Société des ingénieurs civils de France[N 42] en 1894. Notons aussi Auguste Boulanger, professeur de mécanique du solide, élasticité et résistance des matériaux, hydraulique à l'IDN de 1893 à 1914, Albert Petot, professeur de mécanique (1894), de thermodynamique (1896) et d'applications automobiles (1899) à l'IDN, Robert Mazet, professeur de mécanique des solides et tribologie (1929-1936), directeur des études de l'IDN de 1936 à 1944, qui met en place à partir de 1931 le laboratoire de mécanique expérimentale.
En physique-chimie et sciences des matériaux, des enseignants-chercheurs tels que Alfred Giard, zoologiste, enseignant en sciences physiques et naturelles à l'IDN de 1873 à 1882, élu en 1900 à l'Académie des sciences, Alphonse Buisine, professeur de chimie industrielle[91] à l'IDN de 1887 à 1890, prix Jecker de l'Académie des sciences (1898), Gustave Flourens (chimiste), qui enseigne la chimie analytique à l'IDN de 1890 à 1897, Camille Matignon, directeur de travaux pratiques de teintures et apprêts à l'IDN de 1893 à 1898, chercheur en thermo-chimie à Lille, prix Kuhlmann (1895), qui est élu en 1917 à l'Académie des sciences, Henri Pariselle, professeur en génie des procédés et matériaux, puis directeur des études de l'IDN de 1912 à 1936, Paul Pascal, professeur de métallurgie et sidérurgie à l'IDN de 1919 à 1927, élu en 1945 à l'Académie des sciences, Médaille d'or du CNRS laissent une trace notable dans l'enseignement et la recherche à l'École.
Un pionnier de l'électricité à l'École est Bernard Brunhes, qui enseigne la physique et l'électricité industrielle (1892-1893) à l'IDN puis est chargé d'un cours d'électrotechnique à l'IDN de 1893 à 1895[92] ; son successeur est Charles Camichel, qui enseigne l'électricité industrielle à l'IDN de 1895 à 1900, élu en 1936 à l'Académie des sciences. Notons Jean Roig[45], professeur de physique et d'électronique à l'IDN, directeur des études de 1944 à 1962, René Jean Schiltz, professeur d'optique-physique à l'IDN de 1950 à 1977.
D'autres figures notables de l'École incluent le linguiste Victor Henry, qui enseigne la législation, l'économie et la géographie commerciale[93] à l'IDN de 1872 à 1883, prix Volney de l'Institut de France en 1883, Auguste Deschamps, professeur de droit et d'économie à l'IDN (1890-1896), qui devient membre de l'Académie des sciences morales et politiques[94].
Anciens élèves [modifier]
L'association des anciens élèves de l'Institut industriel du Nord de la France et de l'École des arts industriels et des mines[N 43] a été fondée le 13 novembre 1877[B 23], son premier président élu le 18 novembre 1877 est Alfred Goblet de la promotion 1864[95]. L'association a 82 membres fondateurs en 1877[96] ; elle atteint 346 membres cotisants en 1889, 651 membres cotisants en 1899 ; le millier de membres cotisants est dépassé en 1910, trois mille en 1977. L'association est reconnue d'utilité publique le 7 juillet 1913 et est aujourd'hui l'association des Centraliens de Lille[97].
L'association a été très active dans les débats sur le statut des ingénieurs diplômés, en promouvant le concept égalitaire d'un titre unique délivré par l'État aux élèves sortant de toutes les écoles d'ingénieurs reconnues, face aux grandes écoles parisiennes voulant préserver leur préséance malthusienne et la reproduction des élites économiques[98]. Ainsi, en 1921, Jacques Vandier (1895), président de l'association des anciens élèves de l'IDN, définit l'ingénieur non comme une fonction ou une profession mais comme « une formation spéciale à l'esprit[A 10] », cette formule constitue la base de la pensée de l'Union des syndicats d'ingénieurs français (USIF)[99]. Vandier est l'un des dix-neuf membres de la commission de réglementation du titre d'ingénieurs qui se réunit entre février 1929 et avril 1931 pour élaborer un avant projet de loi[A 11] ; cette loi relative aux conditions de délivrance et à l'usage du titre d'ingénieur diplômé est votée le 10 juillet 1934[N 16] ; elle définit un titre d'ingénieur diplômé pour chaque école habilitée et non pas un titre national d'ingénieur civil.
L'association est d'un des sept membres fondateurs de la Fédération des associations, sociétés et syndicats français d'ingénieurs ( FASSFI) en 1929[A 12]. Henri Godfroid (1905) est président-fondateur du syndicat professionnel des ingénieurs diplômés salariés (SPID) créé en 1936 et soutenu par la FASSFI[100]. Il est vice-président de la FASSFI et promoteur du premier accord sur le régime de retraite des ingénieurs en 1937. Léon Arnaud (1906), ancien membre dirigeant de la chambre syndicale des ingénieurs (CSI) dissoute en 1938, devient président de la Chambre des ingénieurs-conseils et ingénieurs-experts de France (CICIEF) et tente vainement d'établir un ordre des ingénieurs-conseils dont il élabore les statuts au printemps 1941, alors que nombre d'autres professions intellectuelles telles que les architectes se dotent d'un ordre professionnel[98]. La FASSFI devient FASFI puis FASFID ; Yvan Mirochnikoff (1949) est président de la FASFID de 1974 à 1977[A 13], président de la FEANI et de la Commission des titres d'ingénieur. Gérard Delannoy (1947) préside la Caisse autonome de prévoyance et de retraite des industries et de la construction électriques et électroniques (Groupe Magdebourg-Capricel)[N 44].
Depuis 1878, l'association édite une revue périodique : d'abord appelée « Annales de l'Association amicale des anciens élèves de l'Institut du Nord[101],[102] » jusqu'en 1898, puis « Bulletin de l'association amicale des anciens élèves de l'Institut du Nord[103] » entre 1899 et 1900, « Bulletin de l'Association des ingénieurs de l'Institut industriel du Nord de la France[104] » de janvier 1900 à mars 1940 et de mai 1945 à décembre 1965[105],[106], « Revue de l'association des ingénieurs IDN[107],[108] à partir de janvier 1966, « L'Ingénieur I.D.N[109]. » de 1977 à 1991, puis renommée « L'Ingénieur, revue des Centraliens de Lille - IDN[110] ».
La quinzaine de milliers d'entrepreneurs et acteurs industriels référencés dans l'annuaire de l'Association des Centraliens de Lille - IDN [111] comprend de nombreuses personnalités notables dont les profils et parcours professionnels sont diversifiés.
Entrepreneurs et inventeurs [modifier]
Parmi les entrepreneurs et inventeurs formés à l'IDN,
- Paul Gaillet (1875) est spécialiste reconnu du traitement des eaux[112], associé au chimiste Louis Huet (1874)[113]
- Hector Franchomme (1879) est un industriel des sucreries et confiseries, propriétaire du Chocolat Delespaul-Havez où sera inventé le Carambar,
- Victor Huglo (1881) est le premier constructeur français de machines à sérancer, de filtration et de dépoussiéreurs industriels[114],
- Joseph Allard (1886) est un entrepreneur en travaux publics internationaux, inventeur d'un excavateur à godets[115],
- Charles Deldique (1890) est directeur des manufactures de produits chimiques du Nord (établissements Kuhlmann, fondation de Pechiney Ugine Kuhlmann et de Produits chimiques Ugine Kuhlmann (devenus Elf Atochem puis Arkema)),
- Charles Roger (1890) est le fondateur de la Société électrique d'éclairage et de force des Bouches-du-Rhône[116],
- Jean Faure (1891) est un entrepreneur international, constructeur-exploitant de chemins de fer en Turquie, Russie et France[117],
- Jules Delannoy (1893) chimiste[118],
- Jacques Vandier (1895), fondateur de la société La Plastose à Niort en 1916, puis à Saint-Ouen et Cachan en 1919, premier fabricant français de résines phénoliques, fabricant de poudre pour garnitures de freins et produits moulés à partir de 1922, absorbé en 1928 par la Société anonyme française du Ferodo (renommée Valeo en 1980) dont il devient administrateur délégué, Louis Vandier (1908) étant administrateur-directeur [119].
- Henri Godfroid (1905) est un métallurgiste[120], cofondateur et directeur des laboratoires automobiles Citroën[G 4], quai de Javel à Paris, Henri Godfroid est aussi directeur technique de l'Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle (UTAC) ;
- Étienne Dormoy (1906), concepteur d'avions franco-américain, ingénieur aéronautique, constructeur du premier fuselage monocoque pour la société Deperdussin (Deperdussin Monocoque), concepteur du chasseur SPAD, d'un épandeur aérien pour l'armée américaine, ingénieur en chef chez Buhl Aircraft Company, membre de l'équipe de conception du Boeing P-26 Peashooter, puis chez Convair ;
- Yves Zuber (1906) est l'inventeur de mécanismes pour porte-mine et d'un stylo-plume en 1925 et est fondateur de l'entreprise Stylomine[121],[122],[123],
- André Mannschott (1926) est le directeur de la conserverie Saupiquet, pionnier du froid industriel et de la congélation rapide[124],
- Jean Korner (1926), responsable de la construction de centrales thermiques[125], directeur de la région d'équipement thermique IV (Nord) d'EDF
- Henri Giron (1927) est un entrepreneur et l'inventeur du procédé de fondation par injection Solétanche,
- Jacques Bataille (1944) et Pierre Bataille (1946) sont deux frères de la famille fondatrice de Poclain, entreprise de matériels de travaux publics, inventeurs de la pelle mécanique hydraulique,
- Gilles de Maublanc (1964) est un constructeur d'ouvrages d'art (GTM-Vinci),
- Patrick Cocquet (1979)[126] est passé de la direction technique de Dassault Electronique puis Thomson-CSF aux rôles de cofondateur de la société 6WIND, vice-président de l'IPv6 Forum, directeur général du pôle de compétitivité Cap Digital.
-
Locomotive à vapeur de Léon Francq (1864), inventeur et entrepreneur des tramways à vapeur puis électriques
-
Louis Dollo (1877), paléontologue découvreur d'ignanodons et de l'irréversibilité de l'évolution
-
Alfred Meunier (1871), directeur du réseau téléphonique de la Société Générale des Téléphones (SGT/SIT/CIT-Alcatel)
-
Eugène Lefebvre (1898), pilote d'essais et pionnier de l'aviation
Monde des affaires [modifier]
L'École a formé des ingénieurs qui sont devenus directeurs généraux et administrateurs de groupes industriels, tels que:
- Léon Delesalle (1874), héritier d'une grande entreprise de filature de lin et de coton qui est vendue en 1910 aux établissements Schwob d'Héricourt, puis à Boussac[127] ;
- George Gaberel (1880), important constructeur en béton armé dans le Nord de la France
- Omer Bigo (1892), administrateur de la Compagnie des mines de Lens[128] ;
- Louis Delfosse (1903), ingénieur en chef des établissements textiles Prouvost
- Paul Mottez (1904), organisateur du réseau de concessionnaires du procédé de béton armé Hennebique dans le Nord de la France, membre du comité de la revue Le Béton Armé
- Henri Rabot (1905), ingénieur dans l'entreprise de béton armé Gaberel & Lorsignol en 1911, fondateur de l'entreprise de construction de bâtiments industriels en béton armé Rabot Dutilleul en 1920, dirigée par André Chantraine (1937) à partir de 1940
- Robert Fiévet (1929), administrateur délégué, puis PDG des Fromageries Bel de 1936 à 1996, gérant commandité d'Unibel ;
- Gérard Carnaille (1943) membre du directoire d'APC - CdF chimie ;
- Henri Delhaye (1954), président d'honneur et administrateur de Vinci Énergies ;
- Bernard Cambier (1956), directeur des affaires internationales de Thomson-CSF, membre du conseil d'administration de Thomson-CSF ;
- Edmond Vachiery (1957), PDG de Affival-Ferrotitane[129] ;
- Michel Lucas (1965), président du Crédit mutuel ;
- Robert Castaigne (1968), ancien directeur financier du groupe Total[130], administrateur du groupe Société générale et du groupe Vinci ;
- Jean-Paul Giraud (1969) président de la Fnac de 2000 à 2003 ;
- Georges Leblon (1970), fondateur de Segin (Société d'Études et de Gestion Informatique Nouvelle), fusionnée dans Axime, devenue Atos
- Claude Graff (1970)[131] directeur général activité Energies renouvelables Schneider Electric ;
- Bernard Becquart (1970)[132] PDG de Generix Group ;
- Jean-Pierre Sternheim (1970) Directeur Général Rabot Dutilleul ;
- Jean-Charles Pauze (1971) président du directoire de Rexel ;
- Abdoulaye Diao (1971), IFP (enspm 1972), PDG fondateur du groupe pétrolier ITOC SA à Dakar, président fondateur de la société de navigation/consignation ITOC Shipping Dakar Sénégal et administrateur-fondateur du holding pétrolier « The Addax and Oryx Group » à Genève, fondateur du Groupe Agro-Industruel Fappo et Emap à Pout (Sénégal) ;
- Olivier Jacquesson (1973)[133], ancien DG de Roussel-Uclaf et senior VP Sanofi Aventis ;
- Jacques Leost (1975)[134] PDG Bouygues Offshore, PDG Saipem SA ;
- Philippe Bonnave (1977)[135] directeur de Bouygues Entreprises France-Europe et président de Bouygues Travaux Publics ;
- Jean Pierre Pulles (1977)[136] PDG de Coved, filiale du Groupe SAUR ;
- Luc Valaize (1978), Directeur Général du Groupe TIRU[137] ;
- Hubert Sagnières (1980), PDG[138] d'Essilor ;
- Rémy de Tonnac (1981), PDG d'Inside Secure[139] ;
- Laurent Gautier (1981), PDG d'Ilex[140] ;
- Alain Thibault (1981), PDG de Bernard Julhiet Group[141] ;
- Philippe Auroy (1982), Directeur général délégué du Stade de France chargé des opérations et des développements ;
- Rémy Maitam(1982), Président de Triumph Aviation Services[142] ;
- Renaud Presberg (1982), président de Vinci Technologies ;
- Christophe Talon (1984), président du fonds Green Recovery ;
- Diogo Da Silveira (1984), CEO Açoreana Seguros (Banque Banif) ;
- Pierre Nuyts (1985), directeur finances du Groupe Malakoff Médéric[143] ;
- Benoît Louvet (1986), directeur général adjoint[144], chargé du négoce des droits audiovisuels du groupe TF1.
-
Automobile issue des laboratoires Citroën, cofondés par Henri Godfroid (1905)
-
Jacques Vandier (1895), administrateur délégué de la Société anonyme française du Ferodo (Valeo)
-
Pelle mécanique hydraulique Poclain, invention des frères Jacques (1944) et Pierre Bataille (1945)
-
Hubert Sagnières (1980), directeur général d'Essilor
Scientifiques [modifier]
Parmi les scientifiques issus de l'École, notons Louis Dollo (1877), boursier en année préparatoire en 1873-1874, major de la promotion d'ingénieurs IDN 1877 et qui devient un paléontologue, connu pour ses travaux sur les dinosaures et pour une conjecture sur l'irréversibilité de l'évolution des espèces ; Charles David (1896), pionnier de l'électrotechnique, membre de la première Commission électrotechnique internationale en 1906, professeur à l'École supérieure d'électricité ; Jean Groff (1914), directeur à la société Texaco, chef du département des lubrifiants à l'Institut français du pétrole, auteur d'abaques de référence sur le graissage et la tribologie ; Antoine Bonte (1932), géologue ; André Fauquet (1934), chercheur en aéronautique et directeur-adjoint de l'Institut de mécanique des fluides de Lille (ONERA Lille), modélisateur[83] de la portance des ailes d'avions et des spoilers ; Francis Dupriez (1964), directeur de l'ONERA Lille de 1995 à 2001 ; Pierre Borne (1968)[145] professeur-chercheur en automatique, IEEE Fellow et « IEEE-SMC Norbert Wiener Award » (1998) ; Geneviève Dauphin-Tanguy (1979)[146] professeur-chercheur en modélisation mécatronique par Bond Graph ; Jean-Pierre Richard (1979)[147] - Chercheur en systèmes complexes non linéaires
Artistes [modifier]
Des anciens élèves de l'IDN sont connus comme artistes, tels que Jean Hélion (au civil Jean Bichier, non diplômé), peintre figuratif (1904-1987) qui introduisit l’Art abstrait aux États-Unis[148] ; Cyril Collard (non diplômé), acteur, auteur et réalisateur des Nuits Fauves, film ayant gagné quatre Césars notamment celui du meilleur film en 1993.
Hommes politiques [modifier]
Des ingénieurs sont devenus des hommes politiques, tels que Jules Sirot (1860), député et conseiller général du Nord[149], maître de forges à Saint-Amand-les-Eaux[150] et Marc-Philippe Daubresse (1976)[151] ancien ministre, député[152], maire de Lambersart.
En 1892, le conseil d'administration de l'IDN comprend quatre membres du conseil général du Nord, dont deux sont des anciens élèves : Jules Sirot (1860) et Georges Vancauwenberghe (1875).
Journalistes [modifier]
Des journalistes sont anciens élèves de l'École, tels que Bernard Wouts (1963)[153], ancien administrateur général du quotidien Le Monde, ancien PDG de l'hebdomadaire Le Point, Jean-Pierre Caffin (1967), directeur général du groupe Prisma presse[154].
Autres parcours [modifier]
D'autres anciens élèves ont eu des parcours atypiques, tels que Eugène Lefebvre (1898), pionnier de l'aviation, auteur du premier vol acrobatique de l'histoire (18 juillet 1909) et premier pilote au monde à mourir aux commandes d'un avion motorisé (7 septembre 1909)[155],[156], Paul Béard (1912), directeur de la Manufacture lilloise de chaînes, professeur à l'École d'organisation scientifique du travail de Paris et de Lille[157] et ingénieur-conseil en organisation[158],[159], apôtre du taylorisme.
Tableau chronologique [modifier]
La dénomination Institut industriel du Nord a été choisie pour l’École d’ingénieurs de Lille[160] au début de la Troisième République et succède à l'École des arts industriels et des mines de Lille créée en 1854[G 5],[161]. Cette dénomination fut remplacée par celle d’École centrale de Lille en 1991 lors de la formation de l'intergroupe des Écoles centrales. La dénomination officielle de l’École a donc varié selon la période historique[162] :
- École professionnelle du Nord, de 1854 à 1856, sous la tutelle du ministère de l'instruction publique ;
- École des arts industriels et des mines de Lille, de 1854 à 1862[163], sous la tutelle du ministère de l'instruction publique ;
- École impériale des arts industriels et des mines de Lille, de 1862 à 1871, sous la tutelle du ministère du commerce et des travaux publics ;
- École spéciale des arts industriels et des mines de Lille, en 1871-1872[Nord 1]
- Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France (IDN) de 1872 à 1874[Nord 4], sous la tutelle du conseil général du Nord ;
- Institut industriel du Nord de la France (IDN), de 1875 à 1991, sous la tutelle du conseil général du Nord[Nord 9], puis du ministère de l'éducation nationale[164] ;
- École centrale de Lille, depuis 1991[L 7], sous la tutelle du ministère de l'éducation nationale.

Image et communication [modifier]
Le logo de l'École en 1902 comprend une roue dentée soutenue par deux branches de laurier surélevée par deux outils. La couleur associée à l'IDN est le violet dès le début du XXe siècle ; c'est notamment la couleur utilisée pour les maillots d'équipes IDN lors de compétitions sportives. Dans la seconde partie du XXe siècle, le logo est le sigle IDN à l'intérieur d'une forme oblongue de couleur violette.
L'Institut industriel du Nord participe aux expositions universelles en Europe ; il reçoit une grande médaille d'or à l'exposition universelle de 1878 à Paris[13] ; à l'exposition universelle de Paris de 1889, il doit lutter avec l'École centrale de Paris et le jury lui décerne la grande médaille d'or[165]. L'institut industriel du Nord obtient un diplôme d'honneur et trois médailles d'or de collaborateurs[B 24] à l'exposition universelle de 1885[166], il est classé hors concours à l'exposition universelle de 1894. À l'exposition universelle de 1900[167] à Paris, il obtient des médailles d'or[168] pour les travaux de ses professeurs[79] et des anciens élèves sont aussi récompensés pour leurs activités professionnelles.
L'École communique auprès des entreprises et organismes susceptibles de lui affecter une part de leur taxe d'apprentissage ou de participer à des activités de recherche conjointes. Le vecteur de communication est le magazine IDN entreprises[169].
L'École communique auprès des candidats au concours d'entrée : cela se traduit de 1896 à 1971 par la diffusion du programme d'admission et organisation du concours IDN[170], cette tâche étant déléguée ensuite à l'administration du concours Centrale-Supélec ; une plaquette alpha est distribuée aux admissibles ; enfin en 1990, l'École a suscité la création de l'association Oraux'scope[171] chargée de la publication annuelle de la brochure éponyme à destination de plus d'une dizaine de milliers d'élèves de classes préparatoires afin de les aider à passer les oraux des concours.
Sources [modifier]
Notes [modifier]
- Périodes d'expansion économique accélérée, notamment l'essor de la période 1896-1914, la croissance économique de 1926-1930 associée au redressement financier opéré par Raymond Poincaré, la reconstruction et les Trente Glorieuses (1945-1973), l'essor de la société numérique post 1995.
- Périodes de guerre sur le territoire français métropolitain, provoquant des saignées démographiques et détruisant les infrastructures industrielles et le patrimoine économique et financier national : Guerre franco-allemande de 1870, Première Guerre mondiale (1914-1918), Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
- Périodes de crises économiques, notamment en temps de paix durant la Grande dépression (1873-1896), en particulier le ralentissement économique de 1873-1885 et la stagnation jusqu'en 1896, la Grande Dépression (1930), puis les crises économiques et énergétiques post-1973.
- Eck et Tilly 2011, p. 18-22
« Les écoles assurant une formation polyvalente seraient-elles davantage des foyers d’innovation ? (...) Stéphane Lembré examine dans cette perspective le cas de l’Institut industriel du Nord, fondé à Lille après la défaite de 1870-1871 pour assurer un meilleur encadrement des entreprises dans les secteurs alors pilotes de l’économie nordiste (textile et métallurgie). Il insiste sur les difficultés, voire les contradictions auxquelles se heurtent les dirigeants de l’établissement. Incapables d’opter franchement entre deux options différentes – la formation de directeurs d’usines polyvalents ou bien celle d’un personnel d’encadrement spécialisé –, la confrontation dans laquelle ils s’engagent avec des établissements voisins plus anciens ou de meilleure renommée tels ceux de Liège (École industrielle fondée dès 1825, Institut électro-technique établi depuis 1883) ne tourne pas à leur avantage, tout au moins pendant la période étudiée. Et cependant, l’Institut joue un rôle non négligeable dans la diffusion de l’innovation, grâce notamment à un corps enseignant composé majoritairement d’ingénieurs qui sont ou ont été en activité dans les entreprises de la région appartenant à des secteurs à la pointe du progrès technique comme les raffineries de sucre, les amidonneries, la construction ferroviaire, le matériel électrique. (...) Les élèves de l’Institut industriel du Nord de la France sont conduits par leurs professeurs dans les filatures et usines de construction mécanique de la conurbation lilloise où ils examinent les applications récentes de l’électricité aux techniques de fabrication. (...) Enfin le rôle des associations dans la diffusion des innovations paraît souvent essentiel. Il peut s’agir d’associations d’anciens élèves de tel ou tel établissement. (...) L’article de Stéphane Lembré montre l’importance de l’association fondée à Lille dès 1878, qui (...) contribue à doter l’Institut de matériel d’enseignement technique performant, ainsi que, bien sûr, à placer les anciens élèves dans des emplois qui répondent à leurs aptitudes et aux besoins de l’économie régionale. (...) Enfin, on ne saurait négliger les associations, parfois très anciennes, qui promeuvent les progrès techniques et scientifiques comme la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, fondée en 1801. (...) Elle possède des émules en province, comme la Société industrielle du Nord de la France, longtemps présidée par le grand chimiste et manufacturier lillois Frédéric Kuhlmann. »
— Jean-François Eck, Innovations et transferts de technologie en Europe du Nord-Ouest aux XIXe et XXe siècles, 2011
Notons qu'à Lille, dans une démarche précoce d'application des sciences aux arts industriels, en liaison avec la société des sciences de Lille et la chambre de commerce de Lille, les chaires municipales lilloises contribuent à sensibiliser les acteurs de l’industrie et promouvoir les nouveaux procédés, [[rue des Arts (Lille)|]] dès 1796 et surtout d'une part avec la chaire de physique et mécanique appliquée (1817-1854), tenue par Charles Delezenne puis par Claude Auguste Lamy, et d'autre part avec la chaire de chimie appliquée aux arts industriels (1824-1854), tenue par Frédéric Kuhlmann rue du Lombard (Lille) ; les chaires sont transformées en l'École des arts industriels et des mines (1854-1871) et l'Institut industriel du Nord à partir de 1872. Entre 1883 et 1893, l'Institut industriel du Nord subit la concurrence de l'Institut électrotechnique Montefiore de l'université de Liège, jusqu'à la création à l'initiative de Albert Olry de l'option de troisième année en électrotechnique, dirigée par Bernard Brunhes qui était déjà responsable du cours d'électricité industrielle pour les deux premières années de la formation d'ingénieurs, avec le soutien financier de la Société industrielle du Nord de la France (SINF), société savante créée en 1873, et de l'association des anciens élèves dont les statuts sont publiés le 13 novembre 1877. - Maurice Lauré, « La fin de l'avantage comparatif de la Révolution industrielle », La Jaune et la Rouge, janvier 1997, p. 3-15 (ISSN 0021-5554)
« Ce n'est pas le fait lui même de l'invention de la machine à vapeur qui a déclenché la révolution industrielle. (...) C'est en Angleterre qu'a été prise l'initiative de rendre cette machine mobile en la mettant sur des rails, ce qui a donné naissance au chemin de fer. Ce fut une révolution considérable. En effet, le chemin de fer a permis de déplacer aisément des masses très pondéreuses, ce qui a favorisé les productions en grandes séries et ce qui a orienté, cette fois, les applications de la machine à vapeur vers des industries fortement mécanisées. (...) Ces productions devenaient réalisables dès lors que l'on pouvait approvisionner des matières premières et du charbon en grande quantité grâce au chemin de fer, et actionner les engrenages grâce à des machines à vapeur. Des applications innombrables se sont alors développées, desservies par une industrie d'équipement lourd centrée sur les bassins houillers, fournisseurs de la matière première de cette civilisation énergétique. (...) Malgré les progrès des machines à vapeurs puis des moteurs à essence ou à diesel, la distance est restée longtemps un handicap sérieux aux échanges. En Europe même, les transports sont restés longtemps un élément de coût important qui limitait le volume des échanges. (...) Le tableau général des relations entre l'Asie, Japon excepté, et les pays industrialisés s'est trouvé partiellement modifié dans les années 1970 grâce à des révolutions simultanées dans les moyens de transport et de télécommunications. (...) C'est à 1974 que remontent les Airbus (...) C'est de 1965 à 1970 qu'ont été lancés les satellites de télécommunications. Ces facilités révolutionnaires venaient couronner une évolution elle-même sensationnelle, qui venait de s'accomplir dans le domaine de la marine marchande. (Dans les années 1960,) les transports de vrac de 100 000 tonnes étaient (devenus) monnaie courante, sans parler de navires pétroliers encore beaucoup plus imposants. (...) Les plus dynamiques des industriels manufacturiers européens à gros effectifs se sont immédiatement répandus en Asie du Sud-Est. (...) D'autres pays plus tardivement industrialisés, font également la preuve de leur capacité dans des domaines autres que l'utilisation pure et simple d'une main-d’œuvre peu qualifiée. (...) Nos capacités (...) sont mises à contribution par un autre phénomène lui-même de nature révolutionnaire : l'explosion informatique. »
— Maurice Lauré, La fin de l'avantage comparatif de la Révolution industrielle, 1997
- La navette volante (1733) de John Kay est la première des innovations de l'industrie textile qui enclenche la Révolution industrielle ; elle sera suivie d'autres innovations dans le domaine du tissage et de la filature, notamment la machine à filer le lin de Philippe de Girard, répandue en France par l'action du lillois Antoine Scrive-Labbe (Rue du Lombard (Lille)).
- La Compagnie des chemins de fer du Nord, devenue SNCF sous l'impulsion de Cyrille Grimpret ancien directeur de l'IDN, le constructeur de locomotives et société d'ingénierie Fives-Lille, les établissements Kuhlmann et manufactures de produits chimiques du Nord issus des travaux du cofondateur de l'École Frédéric Kuhlmann et devenus Pechiney Ugine Kuhlmann, les forges et aciéries du Nord devenues Usinor englobant des sociétés dont des anciens élèves furent les entrepreneurs et fondateurs, les sociétés de production d'énergie électrique, fusionnées dans EdF, la société d'automatismes Télémécanique, ainsi que Citroën et d'autres constructeurs automobiles, sont de gros employeurs d'ingénieurs IDN et soutiennent l'enseignement à l'École.
- Réforme des études en 1871-1872 :
« Au cours de la première session, ouverte le 25 octobre 1871, le conseiller Bergerot présente le projet de création d'une école centrale du Nord. C'est le début de l'institut industriel du Nord. Le conseil général du Nord prend connaissance du rapport de M.Bernot, directeur de l'École spéciale des arts industriels et des Mines de Lille. (...) L'École (...) recevrait les élèves au sortir de l'enseignement classique ou de l'enseignement secondaire spécial des lycées. (...) L'IDN s'expliquait surtout par des préoccupations en rapport avec l'industrie régionale et ses besoins en hommes compétents. Rapidement, le placement des anciens élèves devait montrer que leur formation avait une valeur universelle, tant au point de vue professionnel que par un esprit vivant d'entreprise. La diffusion des ingénieurs IDN dans les diverses régions de France et même dans toutes les parties du monde permit de faire apprécier la valeur de l'enseignement donné à Lille. Il en résulta une extension rapide du recrutement. En 1914, on comptait près de 400 élèves. »
— Brenne 1980, p. (64)30
- La commission spéciale du conseil général en 1872 comprend le banquier Édouard Hamoir, le maire André Catel Béghin, le professeur-industriel et ancien président de la chambre de commerce Frédéric Kuhlmann, les manufacturiers Émile Delesalle, Henri Bernard et Auguste Scrive Wallaert.
- L'option de filature et tissage est fermée en 1892 par manque de débouchés pour des ingénieurs, car les manufacturiers préfèrent s'appuyer sur des techniciens praticiens formés sur le tas. Cependant des cours et travaux pratiques concernant l'industrie manufacturière de cardage, filature et tissage (cf. Paul Goguel, Théorie du cardage, Lille, Société industrielle du nord de la France, impr. de L. Danel, 1885 (notice BnF no FRBNF30518623p)) ainsi que des cours sur les colorants et la chimie du textile sont conservés jusqu'au milieu du XXe siècle, respectivement inclus dans les sections mécanique et chimie industrielle.
- Existait initialement une seconde filière de formation pour techniciens et contre-maîtres (filière T - Technologies), cette filière secondaire recrutant des élèves à partir de l'âge de 15 ans fut supprimée en 1895 lors de la décision de créer à Lille un centre de formation de l'École nationale des arts et métiers, et remplacée par une année préparatoire aux études d'ingénieurs ((notice BnF no FRBNF33636117w) p.194-202) et au concours d'entrée à l'Institut industriel du Nord.
« L'enseignement de l'École (...) a pour but de former les chefs d'établissements et les directeurs ou chefs d'ateliers pour les principales industries de la région du Nord. (...) L'enseignement industriel comporte deux degrés auxquels correspondent deux divisions distinctes : la première dite technologique (enseignement moyen) comprend deux années d'études, la seconde dite du génie civil (enseignement supérieur) comprend trois années d'études. »
— L'étude de L'enseignement professionnel (réimpr. BiblioBazaar, LLC, 2009) (ISBN 1115051288 et 9781115051286) [lire en ligne (page consultée le 7 décembre 2009)]
. -
« Les deux sections se distinguaient par leur initiale T ou G et le numéro de l'année, habitude qui s'est perpétrée jusqu'à nos jours malgré la disparition de la section Technologie en 1895, celle-ci étant trop proche de l'enseignement dispensé à l'École des Arts et Métiers. »
— Histoire de l'École centrale de Lille - De 1872 à 1881 : naissance et succès sur www.ec-lille.fr.
- L'École nationale d'arts et métiers de Lille est prévue dans la loi du 10 mai 1881 ; les contraintes du budget d'investissement de l'État font qu'elle n'ouvre effectivement qu'en 1900.
-
« La prospérité de l'Institut s'est consolidée d'année en année, malgré toutes les difficultés qu'il a eu à surmonter, malgré surtout la difficulté de son recrutement, car on ne remarque pas assez que contrairement à toutes les Écoles qui se fondent, l'Institut n'avait pas d'École préparatoire. L'École centrale, l'École polytechnique se recrutent dans les lycées dans les classes de mathématiques spéciales ; l'École des mines de Paris, l'École des ponts et chaussées, parmi les jeunes gens sortant de l'École polytechnique, l'École des mineurs de Saint-Étienne parmi les élèves des Écoles d'arts et métiers ou autres, les Écoles d'arts et métiers elles -mêmes sont pourvues d'écoles préparatoires. C'est ce qui n'existait pas à Lille. »
— Rapports et délibérations du conseil général du Nord 1879/08(D), séance du 28 août 1879, page 211
- (en) Encyclopædia Britannica 1911
« Higher technical training in France. In France, the institutions in which the highest technical instruction is given are concentrated in the capital. There are a large number of provincial colleges such as the École Centrale at Lyon, the École des Mineurs at St Étienne and the Institut du Nord at Lille, where the education is somewhat more practical, but where the mathematical and scientific teaching is not carried to so high a point. Several of the French provincial colleges in which the higher forms of technical instruction are well developed became in 1898, under the law of 1896, separate universities. The École Centrale of Paris, in which the majority of French engineers who are not employed in the government service are trained, is a rare instance of an institution for higher technical instruction which is self-supporting and independent of government aid. Other special institutions in Paris, some of which are associated with the university of Paris, are the École des Mines, the École des Ponts et Chaussées, and the Collège de France, an old foundation in which facilities are afforded for the highest scientific research. »
— Technical Education, Encyclopædia Britannica 1911
- L'institut industriel du Nord est habilité par l'État à délivrer le titre d'ingénieur longtemps avant la création de la Commission des titres d'ingénieur suite à la loi du 10 juillet 1934 (JORF) relative aux conditions de délivrance et à l'usage du titre d'ingénieur diplômé, ce qui est apparent dans les liste d'écoles habilitées publiées par cette commission depuis 1936 (JORF 26 juillet 1936 n°174 page 7867).
- Génie des procédés : Durant la crise de l'entre-deux-guerres, les associations professionnelle organisent la reconnaissance des diplômes et des compétences. La section de chimie de l'Institut industriel du Nord est l'une des dix formations d'ingénieurs chimistes françaises reconnues en 1929 dans le règlement intérieur du syndicat des ingénieurs chimistes affilié à la Société de chimie industrielle ; Cf. René Sordes (préf. Georges Urbain), Histoire de l'Enseignement de la chimie en France, Paris, Chimie et industrie, 1928, 208 p. (notice BnF no FRBNF31385329f), p. 181
- Diplôme d'ingénieur industriel, délivré aux promotions 1860 à 1871 de l'École des arts industriels et des mines créée en 1854
- Diplôme d'ingénieur civil de l'Institut industriel du Nord délivré à partir de 1872, puis diplôme d'ingénieur IDN
- Architecte de l'Institut industriel du Nord, rue Jeanne d'Arc : Charles Alexandre Marteau
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« L'action formatrice des ingénieurs des mines fut particulièrement importante dans les Écoles créées et gérées directement par le corps, mais le rôle de celui ci ne se limita pas à celà. À ce titre, la part prise dans la création, la gestion et l'enseignement de l'Institut industriel du Nord est particulièrement intéressante. L'origine de cet établissement remonte en fait à 1854. »
— André Thépot, Les ingénieurs des mines du XIXe siècle : histoire d'un corps technique d’État, 1810-1914 : F - L'Institut industriel du Nord, Eska, 1998 (ISBN 2869114281 et 9782869114289) (notice BnF no FRBNF37011808r), p. 237-238
. - Le premier directeur de l'Institut industriel du Nord (IDN) en 1872 fut Henri Masquelez, X 1837 Ingénieur des ponts et chaussées, et le premier directeur des études fut Adolphe Matrot, X 1860 ingénieur du corps des mines (Adolphe Matrot sur www.annales.org.) et qui était l'un des professeurs à l'École des arts industriels et des mines,fondée en 1854 et renommée Institut industriel du Nord en 1872. Albert Charles Nicolas Olry X 1866 (Albert Charles Nicolas Olry sur www.annales.org.) est chargé de cours en 1878.
« Il succéda rapidement à son chef comme sous-directeur et directeur des études (1878) puis devint directeur (1885). Dans ces fonctions, il créa un internat et obtint des subventions privées et publiques qui permirent un nouvel essor à l'École. (...) Devenu ingénieur en chef, Olry quitta, pour un temps, la région du Nord pour assurer d'autres fonctions à Nancy, puis à Saint-Étienne où il dirigea pendant un an l'École des Mines en 1887-88. Il avait cependant gardé des liens avec le milieu industriel du Nord qui le choisit en 1892 comme ingénieur conseil de l'Association des propriétaires d'appareils à Vapeur du Nord de la France. Et tout naturellement, il devenait administrateur de l'Institut Industriel du Nord en 1905 et le restait jusqu'à sa mort en 1913. »
— Albert Charles Nicolas Olry, administrateur de l'Institut industriel du Nord sur sippaf.ish-lyon.cnrs.fr.
Ses actions contribuèrent au développement de la science industrielle à Lille au tournant du siècle. Alfred Soubeiran (X 1875 Corps des mines) lui succède comme sous-directeur et inspecteur des études en 1885, puis directeur de l'IDN de 1886 à 1891 (Achille Étienne, X 1862 Corps des ponts et chaussées, étant entre temps directeur en 1885) ; Alfred-Aimé Flamant (X 1857 Corps des ponts et chaussées) professe la mécanique, les constructions et la résistance des matériaux de 1872 à 1883 ; Arthur-Ghislain Stoclet (X 1875 Corps des Ponts et Chaussées) enseigne un cours de mécanique appliquée, de chemin de fer et de constructions industrielles à l'IDN à partir de 1883, il est directeur des études de 1886 à 1898. Il collabore avec Alfred Mongy aux grands travaux d'aménagement de Lille. Paul Chapuy (X 1882 Corps des mines) enseigne un cours de machines (notice BnF no FRBNF30222201h) à l'IDN de 1890 à 1897. Eugène Charles Ernest Herscher (X 1887 Corps des mines) enseigne à l'IDN de 1897 à 1902. Pierre Alphonse Edmond Bellanger (X 1891 Corps des mines) enseigne à l'IDN de 1901 à 1903. Ernest Cuvelette (X 1889 Corps des mines) enseigne à l'IDN de 1903 à 1905. Henri Gruson (X 1859 corps des ponts et chaussées) est directeur de l'IDN du 25 juin 1892 jusqu'à son décès accidentel en gare de Lille en décembre 1908 ; il est remplacé par Émile Jean Joseph Naudé (X 1883 corps des ponts et chaussées). Paul Edouard Bienvaux (X1881 Corps des ponts et chaussées) devient sous-directeur de l'IDN en 1898. Pierre Anglès d'Auriac (X 1892 Corps des mines) enseigne la métallurgie à l’IDN de 1905 à 1912, et devient sous-directeur à l’IDN en 1906. Louis Gabriel Rémy (X 1901 Corps des mines) enseigne à l'IDN de 1912 à 1914. Il est suivi par Jean François Georges René Vigier (X 1916 Corps des mines) qui enseigne à l'IDN de 1924 à 1936. Notons aussi Cyrille Grimpret (X 1896 Corps des ponts et chaussées), sous-directeur avant la guerre puis directeur de l'IDN de 1918 à 1928 ; Raymond Broquaire (X 1906 Corps des Ponts et Chaussées), directeur des ports de Dunkerque et professeur à l'IDN vers 1936 ; Évariste Ernotte (X 1865 ingénieur civil des mines) ingénieur aux mines de Lens et professeur de métallurgie et d'exploitation des mines à l'IDN ; Auguste Boulanger (X 1885) professant la mécanique, la résistance des matériaux et l'hydraulique de 1893 à 1914 ; Paul Genêt (X 1906 Corps des ponts et chaussées), directeur de l'IDN vers 1935, Romain Zaleski (X 1953 Corps des mines) qui y est chargé de cours entre 1963 et 1966 - Une trentaine d'anciens élèves des Écoles normales supérieures ont été professeurs à l'IDN, essentiellement au XXe siècle, les premiers normaliens qui enseignent à l'IDN dès 1872 sont Alexandre Guiraudet, Albert Terquem, Cyrille Souillart et Alfred Giard, puis Benoît Damien et Camille Matignon.
- Afred Evrard publie son Traité pratique de l'exploitation des mines leçons professées à l'Institut industriel du nord de la France en 1879 (notice BnF no FRBNF30411406p) ; Eugène Hermant assure un cours de physique industrielle vers 1890-1891, mais enseigne à l'École depuis 1867 (notice BnF no FRBNF30597248b) ; Paul Hallez assure un cours de minéralogie et de géologie publié en 1909 (notice BnF no FRBNF305710316) ; René Paillot assure un cours de chimie générale (notice BnF no FRBNF31050779r) publié en 1911 et un cours d'électricité théorique (notice BnF no FRBNF31050778d) publié en 1910, il est directeur par intérim de l'IDN de 1914 à 1918 puis sous-directeur de l'IDN en 1918 ; Gustave Demartres publie son cours de calcul différentiel et intégral en 1909 (notice BnF no FRBNF32014201q) ; Alphonse Defretin assure un cours d'électricité industrielle (notice BnF no FRBNF320049917) publié en 1929.
- Les quatre premiers ingénieurs centraliens qui sont enseignants à l'IDN dès 1872 sont Gaston Du Bousquet, Claude Keromnès (notice BnF no FRBNF306791369) et Louis Poillon (mécanique appliquée et construction de machines ; cours théorique et pratique des chaudières et machines à vapeur (notice BnF no FRBNF311273536) ; traité théorique et pratique des pompes et machines à élever les eaux (notice BnF no FRBNF31127364v)) et Gilbert Lacombe (cours de chimie analytique (notice BnF no FRBNF307087322)). Ultérieurement Hervé Le Goaster fera un cours de chemin de fer à l'IDN.
- Le décret du 11 août 1947 sur les licences institue une année universitaire de préparation de certificats propédeutiques.
- À partir de 1957, les candidats admis au concours d'entrée à l'IDN obtiennent l'équivalence du certificat de propédeutique Bossut 1972, p. 13
- Les effectifs de l'École des arts industriels et des mines chutent de 1870 à 1872. C'est aussi le cas à la faculté des sciences de Lille. « Bien que la région ait été relativement épargnée des humiliations de la guerre et des déchirements sociaux, la faculté a vécu deux années terribles entre 1870 et 1872 avec une diminution des effectifs et des interruptions de cours et de manipulations. » Pourprix 2009, p. 29
- Effectifs annuels 1872 : 15 - 1878 : 102 - 1891 : 172 - 1899 : 275 (Cantineau 1899)
- Taille des promotions d'ingénieurs diplômés : 1874 : 22 - 1900 : 51 - 1914 : 124 - 1947 : 72 - 1975 : 151 - 1991 : 164 (source : Annuaire des Centraliens de Lille). Évolution des effectifs (toutes sections cumulées) : 83 élèves en 1875, 98 en 1878, 157 en 1889, 230 en 1900, 331 en 1903, 395 en 1909.
- L'enseignement du génie chimique et des procédés de catalyse à l'Institut industriel du Nord est stimulé par les coopérations avec les industriels régionaux depuis le milieu du XIXe siècle, comme en témoignent les recherches en sciences appliquées des successeurs de Frédéric Kuhlmann et Gustave Flourens.
- L'enseignement de la construction de machines à vapeur à l'IDN en 1872 est l'héritier de celui initié dès 1854 à l'École des arts industriels et des mines par Gabriel Alcippe Mahistre, dans les mêmes locaux de la rue du Lombard à Lille.
- Paul Melon, L'enseignement supérieur et l'enseignement technique en France : groupes universitaires, facultés, écoles spéciales, techniques, Bibliothèque nationale de France, 1891 [lire en ligne] :
« Cet établissement est destiné à former des ingénieurs civils. Il forme comme une espèce de faculté de sciences appliquées. Il est entretenu aux frais du conseil général du Nord et est dirigé par des ingénieurs des ponts et chaussées ou des mines. Il comprend des cours élémentaires de mathématiques et des cours spéciaux de mécanique appliquée, de machines à vapeur, de construction de machines, de filatures, tissage, métallurgie, sucrerie, distillerie, industrie chimique et teinture. »
- (en) « Steam user association of the North of France », The New York Times, 3 juillet 1880 [texte intégral]
« Steam-users'association of the North (...) The engineers are selected from among the old pupils of the École polytechnique and the Institut Industriel du Nord »
— 3/7/1880, The New York Times
- Les cours d'électrotechniques pour les élèves ingénieurs deviendront communs avec le certificat de licence de la faculté des sciences de Lille à partir de 1904.
- Le décret du 22 janvier 1896 institue des certificats d'études supérieures pour l'ensemble des matières enseignées dans une faculté des sciences ; lorsqu'un étudiant a obtenu trois certificats, il peut demander le diplôme de licencié ès sciences.
- Cours d'Albert Petot à l'IDN sur la mécanique appliquée (1894), thermodynamique (1896), les moteurs thermiques et la dynamique automobile (à partir de 1899). Notons qu'en 1896, Armand Peugeot fonde la société des automobiles Peugeot avec des usines à Audincourt (1897) et à Lille, quartier de Fives (1899), spécialisée dans les grosses cylindrées. L'usine de Fives-Lille deviendra la CLM (Compagnie lilloise de moteurs). À partir de 1928, la Compagnie lilloise des moteurs (CLM), devenue filiale de Peugeot, assure la production de moteurs Diesel pour avions, camions, locomotives et navires, avec une usine dans le quartier lillois de Fives ; elle est renommée en 1943 Compagnie générale de moteurs ; elle devient ensuite Indenor.
- C'est le professeur Kampé de Feriet, enseignant la mécanique à l'Institut industriel du Nord depuis 1919, qui crée un certificat d'aérodynamique commun avec la faculté des sciences de Lille ; simultanément est créé l'Institut de mécanique des fluides de Lille (ONERA Lille)
- L'électricité, créée en option à part entière en 1892, fut remaniée en 1956 pour devenir électrotechnique, puis électronique industrielle.
- Paul Appell, L'enseignement supérieur des sciences, Bibliothèque nationale de France, 1905 [lire en ligne], p. 32,33 :
« A Lille, les rapports les plus étroits ont été établis entre l'Institut industriel du Nord de la France et la Faculté des sciences. (...) Les cours théoriques y sont donnés par des membres de la Faculté (...) mathématiques spéciales, analyse, mécanique, physique, électricité, et y donnent des conférences et des interrogations. (...) Les meilleurs élèves de l'Institut prennent (...) des certificats de mathématiques générale, mécanique rationnelle, mécanique appliquée, de physique industrielle, de chimie générale, de chimie industrielle »
- Les activités industrielles liées aux ouvrages d'art et au chemin de fer se développent à Lille, en particulier au travers de la société Fives-Lille (Fives (entreprise))
- Société des ingénieurs civils de France
- Le comité élu pour la fondation de l'association des anciens élèves est présidé par Paul Bonet (1875).
- Gérard Delannoy est aussi fondateur d’ASIRC 50 - Point 32, Association Sportive des Ingénieurs, des Retraités, des Cadres de plus de 50 ans, cofondée par le Groupe d'assurance Magdebourg et l’Association des Ingénieurs Centrale Lille IDN, au 32 bis rue de Lübeck 75016 Paris
Références [modifier]
- Henri Bourdon, Monographie historique de l'Institut industriel du Nord de la France, Lille, Institut industriel du Nord de la France, coll. « L'Élève-ingénieur. Journal hebdomadaire des élèves de l'Institut industriel du Nord de la France (IDN) », 1894-1895 (notice BnF no FRBNF32766138h)
- Bourdon 1894, p. 22
- Bourdon 1894, p. 22
- Bourdon 1894, p. 62
- Bourdon 1894, p. 38-39
- Bourdon 1894, p. 71
- Bourdon 1894, p. 48
- Bourdon 1894, p. 71
- Bourdon 1894, p. 29
- Bourdon 1894, p. 38
- Bourdon 1894, p. 38
- Bourdon 1894, p. 62
- Bourdon 1895, p. 112
- Bourdon 1895, p. 112
- Bourdon 1895, p. 135
- Bourdon 1894, p. 48
- Bourdon 1895, p. 134
- Bourdon 1894, p. 229
- Bourdon 1894, p. 230
- Bourdon 1894, p. 30
- Bourdon 1895, p. 229
- Bourdon 1894, p. 39
- Bourdon 1894
- Bourdon 1895, p. 229
- Bourdon 1894, p. 62
- Henri Godfroid, Groupe de Paris de l'association des ingénieurs de l'Institut industriel du Nord - 31 mars 1928, banquet des 75 ans de l'École, présidé par Paul Doumer, t. mai 1928, Paris, Société d'encouragement pour l'industrie nationale (notice BnF no FRBNF32705167m), p. 438-440
- Godfroid 1928, p. 439
- Godfroid 1928, p. 439
- Godfroid 1928, p. 439
- Godfroid 1928, p. 438
- Godfroid 1928, p. 438-440
- Robert Bossut, I.D.N. L'Institut industriel du Nord de la France, préf. de Pierre Dumont et Guy Debeyre, t. 1967, Lille, impr. Douriez-Bataille, 34 p. (notice BnF no FRBNF33201867v) BM Lille cote 32805
- André Grelon (dir.), Les ingénieurs de la crise : titre et profession entre les deux guerres, Paris, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, 1986, 461 p. (ISBN 2713208750 et 9782713208751) (notice BnF no FRBNF34879216v) [présentation en ligne]
- Ternier et Grelon 1986
- Ternier et Grelon 1986, p. 383
- Ternier et Grelon 1986, p. 363
- Ternier et Grelon 1986, p. 364
- Ternier et Grelon 1986, p. 368
- Ternier et Grelon 1986, p. 369
- Ternier et Grelon 1986, p. 407
- Ternier et Grelon 1986, p. 413
- Ternier et Grelon 1986, p. 419
- Grelon 1986, p. 146
- Grelon 1986, p. 182
- Grelon 1986, p. 31
- Grelon 1986, p. 425
- René Leleu, Historique : les débuts de l'enseignement technique à Lille ; l'Institut industriel du Nord, l'École centrale de Lille, t. 1992, Lille, Association des ingénieurs de l'École centrale de Lille-IDN (ISSN 1287-809X) (notice BnF no FRBNF36596518t)
- Rapports et délibérations du conseil général du Nord (ISSN 1262-6546) (notice BnF no FRBNF345253545)
- Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1871 (RD) : École spéciale des arts industriels et des mines de Lille (p. 175) ; rapport de M. Bernot (p. 748), Lille, 1871 [lire en ligne], p. 175-176, 748-750
- Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1872/04 (RD) : École spéciale des arts industriels et des mines de Lille (p. 30, 94) ; projet de M.Ernotte : remaniement des bâtiments de l'école et programme des études (p.86), Lille, 1872 [lire en ligne], p. 30-31, 86-87, 94-99
- Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1872/08 : École spéciale des arts industriels de Lille (p. 907) ; rapport de M. Masquelez sur les résultats de l'enquête et sur la création, projetée à Lille, d'un Institut industriel, agronomique et commercial (p. 597), Lille, 1872 (notice BnF no FRBNF30901777p) [lire en ligne], p. 597-632, 907-909
- Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1873 ; Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France, rapport du directeur, situation au 1er mars 1873, Lille, 1873 [lire en ligne], p. 39-53
- Rapports et délibérations du conseil général du Nord 1879/08(D) Séance du 28 août 1879. Création d'une école d'Arts et métiers à Lille et classement de l'Institut comme école nationale de génie civil., Lille, 28 août 1879 (notice BnF no FRBNF341410810) [lire en ligne], p. 203-218-219
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Bibliographie [modifier]
: ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article
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- Henri Masquelez, Note contenant l'historique de la création de l'Institut industriel, agronomique et commercial du nord de la France, vol. Association française pour l'avancement des sciences. 3e session, 20-27 août 1874, Lille, impr. de L. Danel, 1874 (notice BnF no FRBNF30901776b) [lire en ligne], p. 62-67

Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- École centrale de Lille
- École des arts industriels et des mines
- Société industrielle du Nord de la France
Liens externes [modifier]
- Association des Ingénieurs Centrale Lille - IDN sur www.centraliens-lille.org.
- Archives de l'École centrale de Lille : Institut industriel du Nord (IDN) sur www.ec-lille.fr.
- Photos de l'Institut industriel du Nord, à Lille sur www.lilledantan.com.
- Bibliothèque numérique de Lille : élévation et plan de l'Institut industriel du Nord de la France (1873) sur numerique.bibliotheque.bm-lille.fr.
- Association des Centraliens de Lille, « Club Histoire et Prospective des Centraliens de Lille », sur www.centraliens-lille.org