Étienne Lenoir

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Étienne Lenoir

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Étienne Lenoir

Naissance 12 janvier 1822
Mussy-la-Ville, Belgique
Décès 3 août 1900
Saint-Maur-des-Fossés, France
Nationalité Drapeau de la Belgique Belgique Drapeau de la France France (1870-1900)
Autres activités
réalise le premier moteur à combustion interne utilisable.

Étienne Lenoir, de son nom complet Jean-Joseph Étienne Lenoir, né à Mussy-la-Ville[1] le 12 janvier 1822 et mort à Saint-Maur-des-Fossés (plus précisément à La Varenne-Saint-Hilaire) le 3 août 1900[2], est un inventeur belge naturalisé français[3].

Autodidacte, et dépositaire de nombreux brevets dans des domaines divers, Lenoir est surtout connu pour être l'inventeur, en 1860, du premier moteur à allumage commandé opérationnel : un moteur à deux temps utilisant du gaz de houille comme carburant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étienne Lenoir est né le 12 janvier 1822 à Mussy-la-Ville, près de Virton ; troisième d'une famille qui comptera huit enfants, il est le fils de Jean-Louis Lenoir, un « marchand », et de Margot Magdelaine, son épouse[4].

En 1838, âgé de seize ans, il quitte son petit village natal et vient s'installer rue du Temple à Paris[5]. Il devient garçon de café à l'Auberge de l'Aigle d'or où, dans une cave, il réalise des expériences. Il fait breveter sa première invention – celle d'une hélice pour bateau – en 1845[6]. Engagé comme ouvrier chez un émailleur, il fait enregistrer, le 16 mai 1854, une patente concernant « l'application des métaux les uns sur les autres »[6]. Il dépose plusieurs autres brevets, relatifs à des inventions touchant à des domaines fort divers.

Créations et brevets[modifier | modifier le code]

Le moteur Lenoir[modifier | modifier le code]

Le 24 janvier 1860, Étienne Lenoir dépose le brevet n° 43 624 : « pour un moteur dilaté par la combustion du gaz de l'éclairage enflammé par l'électricité »[7],[8], un moteur à simple effet et à deux temps, dont le principe est le suivant :

Schéma du moteur à gaz de Lenoir.
Moteur à gaz de Lenoir au Musée des arts et métiers à Paris.

Dans le premier temps, le piston s'éloigne du fond du cylindre, aspire le mélange de gaz d'éclairage et d'air ; vers le milieu de sa course l'ouverture d'aspiration est fermée, une étincelle éclate au fond du cylindre et produit l'explosion ; la fin de la course est motrice du fait de la détente des gaz brûlés. Dans le second temps, le piston, en revenant sur ses pas, chasse dehors les gaz de combustion par une soupape d'échappement commandée mécaniquement par le moteur[9].

Le moteur consomme 3 000 litres par cheval-heure[9]. Lenoir le fabrique en 1860 en 400 exemplaires[10] qui servent notamment, l'année suivante, à faire fonctionner sur la Seine le premier bateau à moteur (en). Ce moteur consomme 18 l/h de mélange gazeux pour développer une puissance de deux chevaux.

Le brevet 43 624 sera « amendé » à six reprises : les 28 février, 5 et 17 avril 1860, le 5 janvier 1861 et les 22 juin et 13 septembre 1867[11]. Lenoir réalise un moteur à quatre temps en se basant sur le principe du cycle de Beau de Rochas : son automobile à moteur à gaz parcourt 9 kilomètres de Paris à Joinville-le-Pont en trois heures (3 km/h).

Brevets divers[modifier | modifier le code]

Durant sa vie, Lenoir dépose de nombreux autres brevets :

  • un procédé de production d'émail blanc ;
  • l'amélioration de la galvanoplastie (20 juillet 1854)[12] ;
  • le freinage électrique pour wagons (1855) ;
  • la signalisation pour voies ferrées (26 octobre 1857) ;
  • l'étamage du verre (1857) ;
  • le tannage du cuir (20 juillet 1876) ;
  • la bougie d'allumage pour moteur en 1876.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À l'époque situé dans le grand-duché de Luxembourg (période néerlandaise), puis en Belgique en 1839.
  2. a et b Pelseneer, 1964, col. 355.
  3. Lenoir, né dans l'actuelle province de Luxembourg au moment où le territoire était encore luxembourgeois (jusqu'en 1839), est naturalisé français en 1870 pour son aide à la France lors du siège de Paris. Au moment de l'invention de son moteur, il était belge.
  4. Retranscription de l'acte de naissance d'Étienne Lenoir, dans J.-P. Monhonval, 1985, p. 33.
  5. Richard, 1990, p. 1-2 (16-17).
  6. a et b Pelseneer, 1964, col. 356.
  7. Pelseneer, 1964, col. 357.
  8. G. Lefebvre, 1864, p. 11.
  9. a et b C. Martinot-Lagarde, Le moteur à explosion, Paris, Berger-Levrault, 1912, p. 2. - En ligne sur Gallica.
  10. « Liste des moteurs placés dans Paris », avec indication de leur usage (130 moteurs listés), dans G. Lefebvre, 1864, p. 40-44.
  11. Pelseneer, 1964, col. 357.
  12. « Reproduction en ronde bosse par la galvanoplastie. Par M. Lenoir », dans Le Génie industriel : revue des inventions françaises et étrangères…, Paris, 1856, t. 12, p. 135. – En ligne sur Gallica.
  13. Timbre à l'effigie de Lenoir (erreur dans le nom indiqué…), sur le site Colnect.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eugène Armengaud (en), Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l'industrie française et étrangère. Tome treizième. Paris, Armengaud, 1861, p. 62-63 et 230-253. – En ligne sur Google Books.
  • Eugène Armengaud, Traité théorique et pratique des moteurs à vapeur… Tome 2, Paris, Armengaud, 1862. Chap. « Moteur Lenoir », p. 441-455. – En ligne sur Gallica.
  • Gustave Lefebvre, Moteur Lenoir. Notice et instruction pratique sur le moteur à air dilaté par la combustion du gaz d'éclairage, Paris, Dentu, 1864, 57 p., p. d'ill. – En ligne sur Gallica. – Publication à caractère commercial.
  • Fernand Forest, Les Bateaux automobiles, Paris, H. Dunod - E. Pinat, 1906, XIV-703 p.
  • Pierre Souvestre, Histoire de l'automobile, Paris, H. Dunod - E. Pinat, 1907. Chap. « L'invention de Lenoir - Aventures du premier canot - Question de priorité », p. 104-108. – En ligne sur Gallica.
  • Louis Lefebvre, « Étienne Lenoir, fils illustre de la Gaume », dans Bulletin trimestriel de l'Institut archéologique du Luxembourg, 1948, n° 3-4, p. 64-66. 2 1/2 p. – Article repris entièrement dans Monhonval, cfr. infra.
  • Yves Le Gallec, « Les origines du moteur à combustion interne…, 4 : Le moteur à gaz de Lenoir », dans Techniques et Civilisations, 1951, vol. 2, fasc. 7, p. 30-38.
  • E.-P. Fouss, « Etienne Lenoir 1822-1900. Inventeur du moteur à gaz », dans Le Pays gaumais, 1959, n° 1-4, p. 93-108. – Article repris en partie dans Monhonval, cfr. infra.
  • Jean Pelseneer, « LENOIR (Jean-Joseph-Etienne) », dans Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-arts de Belgique, Biographie nationale, Bruxelles, Bruylant, 1964, t. 32, fasc. 34 (suppl. t. 4 fasc. 1), col. 355-364. – En ligne (pdf). – Recense notamment la plupart des inventions de Lenoir, une liste reproduite dans J.-P. Monhonval, p. 27-29 (cfr. infra), citant comme source à ladite liste Description des machines, 1850-1884, 1874-1889.
  • Jacques Ickx, Ainsi naquit l'automobile, Lausanne, Edita, 1971. 2 vol.
  • (en)David Burgess Wise, « Lenoir : The Motoring Pioneer », dans Ian Ward (dir.), The World of Automobiles, Londres, Orbis, 1974, p. 1181-1182.
  • Jean-Pierre Monhonval (préf. Christian Calmes, André Desvallées, Jacques Planchard), Étienne Lenoir : Un moteur en héritage, Virton, Musée Gaumais - Direction générale de la Culture du Ministère de la Communauté française, 1985. 123 p. – Publié à l'occasion du 125e anniversaire du moteur Lenoir.
  • Richard, « Jean-Joseph Lenoir (1822-1900) Inventeur du moteur à explosion (1860) Chevalier de la Légion d'Honneur », dans Revue de la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur, n° 107, mai 1990, p. 16-18. – En ligne (pdf).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]