Université de Lille

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Université de Lille
Image illustrative de l'article Université de Lille
Devise Universitas Insulensis Olim Duacensis
Informations
Fondation 1896
Dissolution 1968-1970
Type université française historique
Localisation
Coordonnées 50° 38′ 20″ N 3° 03′ 57″ E / 50.638888888889, 3.065833333333350° 38′ 20″ Nord 3° 03′ 57″ Est / 50.638888888889, 3.0658333333333  
Ville Lille
Pays Drapeau de la France France
Divers
Site web www.univ-lille.fr/

Géolocalisation sur la carte : Europe

(Voir situation sur carte : Europe)
Université de Lille

L’université de Lille est une université française située à Lille. Établie en 1896 en rassemblant les corps de facultés fondées à Lille et à Douai depuis 1559, elle est structurée en trois universités en 1970, situées sur des campus de Lille métropole : Lille I, Lille II et Lille III.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les prémices de l'université, de Douai à Lille[modifier | modifier le code]

Article connexe : Université de Douai.

L'essor du monachisme parallèle à la christianisation et urbanisation du Nord-Pas-de-Calais à partir du VIIe siècle, puis les foyers intellectuels animés par des écolâtres et des clercs issus d'abbayes et prieurés du XIe siècle au XVe siècle furent un terreau propice à l'établissement d'une université, équidistante de l'université de Louvain et de l'université de Paris. Initialement autorisée en 1559 par les papes Paul IV et Pie IV dans la mouvance de la Contre-Réforme et du Concile de Trente, créée effectivement par Philippe II d'Espagne en 1562 par l'installation des facultés de théologie et droit canon, droit civil, puis celle de médecine et des arts, l'organisation médiévale primitive rayonne à Douai[1] jusqu'à la Révolution française qui fit disparaître universités et facultés. La faculté des lettres et la faculté des sciences de Douai sont restaurées sous le Premier Empire en 1808, quand est créée l'Université impériale ; cependant « à Douai, par exemple, il n'y a en 1814, qu'un seul professeur à la faculté de lettres »[2]. Sous la Restauration, l'ordonnance du 17 février 1815 visant à remplacer l’Université impériale par dix-sept universités régionales, dont une université de Flandres[2], n'est pas appliquée en raison de l'interruption des Cent-Jours. Pire, l'arrêté de la Commission d'instruction publique du 31 octobre 1815 confirmée par l'ordonnance du roi du 18 janvier 1816, supprime dix sept facultés de lettres et trois facultés de sciences, par mesure d'économie[2]: les facultés de Douai disparaissent à nouveau[3].

À Lille, une école royale de chirurgie est créée en 1705 et est transformée en école préparatoire de médecine en 1805. À la suite de la disparition de la faculté des arts de l'université de Douai en 1795, une École centrale de Lille[4] est ouverte le 30 décembre 1796, rue des arts à Lille et ses enseignements sont assurés au travers de chaires municipales. Une chaire municipale de sciences est établie en 1817, suivie par une chaire de chimie en 1823. La loi du 14 juin 1854 et le décret du 22 août 1854 rétablissent la faculté de lettres à Douai[3] et conduisent à la création d'une faculté des sciences à Lille[5], à laquelle est juxtaposée une École des arts industriels et des mines pour les sciences appliquées. Le décret du 12 août 1854 institue l'école préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille[6]. La faculté de droit est rétablie à Douai en 1865[6]. L'école préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille est transformée en faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille par décret du 2 novembre 1875[6]. Par décret du 22 octobre 1887, les facultés de lettres et de droit sont transférées de Douai à Lille[7]. La loi du 10 juillet 1896 rétablit les universités en France, dont celle de Lille qui regroupe toutes les facultés publiques.

Essor des facultés à Lille (1854-1896)[modifier | modifier le code]

Voir également les historiques des universités Lille I, Lille II, Lille III

La faculté des sciences de Lille établie en 1854 a pour premier doyen Louis Pasteur, qui s'installe dans une aile du lycée, rue des arts et rue des Fleurs (actuel boulevard Carnot). Mais de nombreux bâtiments sont ensuite construits dans le quartier Saint-Michel pour accueillir les étudiants entre le boulevard Jean-Baptiste Lebas, la rue Jean Bart et la rue Jeanne d'Arc, la rue Gauthier de Châtillon (actuelle rue Angellier) et la place Philippe Lebon.

En 1875, l'institut industriel du Nord quitte la rue du Lombard et s'installe rue Jeanne d'Arc. Les locaux de la faculté des sciences de Lille place Philippe Lebon sont inaugurés par Géry Legrand en 1892. En 1894, l'institut de physique de la faculté des sciences de Lille quitte ses locaux rue des Fleurs utilisés depuis 1854 et s'installe rue Gauthier de Châtillon ; l'Institut de chimie de Lille s'installe rue Gauthier de Châtillon et rue Barthélémy Delespaul. En 1895, l'institut des sciences naturelles de Lille s'installe rue Malus, rue Nouvelle et rue Brûle-Maison.

Les premiers bâtiments de la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille sont inaugurés par Jules Ferry le 24 avril 1874, prenant la suite de l'école de préparation à la médecine et à la pharmacie créée en 1805. Les principaux locaux de recherche de la faculté de médecine et de pharmacie sont construits à l’angle de la rue Jean Bart et de la rue de Valmy, face à la place Philippe Lebon. Les travaux, confiés à l’architecte Carlos Batteur, se sont déroulés de 1876 à 1892.

En 1891, la faculté mixte de médecine et de pharmacie comprend 21 chaires, la faculté des sciences 9 chaires, la faculté de droit 9 chaires, la faculté de lettres 7 chaires[8].

La faculté de droit de Lille est installée dans des locaux rue Angelier, inaugurées en 1895, à proximité de la faculté de lettres de Lille présente depuis 1887.

L'université de Lille (1896-1970)[modifier | modifier le code]

L'Institut Pasteur de Lille est inauguré boulevard Louis XIV en 1899.

La faculté d'odontologie est d'abord liée à l'histoire de la faculté de médecine, au sein de laquelle est autorisée l'enseignement dentaire, le 30 novembre 1903. Lille devient ainsi la seconde ville, après Nancy, à posséder un tel enseignement. L'Institut de stomatologie, finalement ouvert en 1935, boulevard Paul-Painlevé, et détruit en 1944, est reconstruit en 1965 à son emplacement actuel, place de Verdun (proche du centre hospitalier).

À partir de 1913, l'université apporte son soutien à l'Institut français du Royaume-Uni, y envoyant des professeurs et accueillant des étudiants.

L'Institut d'électrotechnique s'installe rue des Fleurs en 1912. En 1930 a lieu l'inauguration de l'Institut de mécanique des fluides de Lille.

En 1949, la faculté de droit déménage rue Paul-Duez (siège actuel de l'université Lille II).

La faculté de médecine déménage partiellement à la cité hospitalière, achevée en 1953 à l'est de Lille.

À la suite de travaux débutés en 1962, la faculté des sciences de Lille est transférée à partir de 1967 du centre de Lille vers un campus scientifique construit dans l'est de la communauté urbaine de Lille, dans le quartier de la cité scientifique où est créée la technopole de Villeneuve-d'Ascq.

Les universités à Lille de 1971 à 2008[modifier | modifier le code]

La mise en œuvre de la loi Faure du 12 novembre 1968 conduit à la subdivision de l'université de Lille en trois entités autonomes fin 1970. La faculté des sciences de Lille devient l'université des sciences et technologies de Lille (Lille I) ; la faculté de droit et les facultés de médecine et pharmacie deviennent l'université du droit et de la santé (Lille II) ; les facultés de lettres et sciences humaines deviennent l'université Charles-de-Gaulle - Lille 3.

À la suite d'une décision en 1966, la faculté de lettres et sciences humaines de Lille devenue l'université Charles-de-Gaulle - Lille 3 est transférée en 1974 du centre de Lille vers un campus dédié à Villeneuve-d'Ascq, quartier Pont de Bois.

À la suite d'une décision en 1966, la faculté de droit de Lille intégrée dans l'université du droit et de la santé (Lille II) est transférée en 1974 du centre de Lille vers le campus quartier Pont de Bois. En 1995, elle est déménagée dans le quartier Moulins, place Déliot. En 1971, le second campus de l'université Lille II est créé à Ronchin, au sud de Lille.

La délocalisation de laboratoires de l'université Lille I conduit à la création en 1968 de l'université de Valenciennes. Des antennes régionales des universités lilloises sont créées dans le Nord de la France entre 1988 et 1992 ; elles prennent leur autonomie entre 1991 et 1992 pour former l'université du Littoral et l'université d'Artois. Les universités de Lille et leurs trois consœurs du Nord de la France coopèrent au sein du 'pôle universitaire Lille Nord Pas de Calais'[9] créé en 1992 et remplacé en 2009 par le PRES Université Lille Nord de France.

La réunification (depuis 2008)[modifier | modifier le code]

Les trois universités envisageaient initialement une fusion devant intervenir avant 2013, dans le contexte du plan campus français. Si en 2010 le principe semblait s’éloigner[10], le processus de réunion des 3 établissements au sein d'une fédération "Université de Lille" a cependant été amorcé dès le 21 juillet 2011 à la suite d'un Conseil d'Administration simultané dans les universités concernées[11]. L'objectif était, à terme, d'intégrer également 6 Grandes Écoles publiques de la métropole lilloise (Centrale Lille, l'École nationale supérieure de chimie de Lille, Télécom Lille, l'ENSAIT (textile) de Roubaix, l'Institut d'études politiques de Lille et l'École supérieure de journalisme de Lille)[12]. Il s'agit alors principalement de mutualiser un certain nombre de compétences communes, notamment en matière de recherche et de formation tout au long de la vie, afin d'améliorer l'attractivité et la visibilité des établissements fondateurs.

Mais en 2014 la situation évolue et les trois universités décident de s'engager clairement vers une fusion[13] en vue de reconstituer l'Université de Lille, quand jusque-là il n'était question que de « fédération ». En conséquence les six grandes écoles, si elles restent associées au projet, n'en sont plus partie intégrante[13]. L'objectif est désormais de constituer « une grande université de recherche internationalement visible et reconnue et de développer un véritable modèle de formation tout au long de la vie »[13]. Le processus est articulé autour de projets communs touchant à toutes les compétences portées par une université[13]. Lors de la Conférence inaugurale des trois universités lilloises, le 22 septembre 2014, Lille 1, Lille 2, Lille 3 ont présenté une nouvelle identité graphique commune.

Composantes (1896-1970)[modifier | modifier le code]

Faculté des sciences[modifier | modifier le code]

Il y a continuité entre la faculté des sciences telle qu'établie à Lille en 1854 et ses évolutions administratives et l'accroissement du nombre de chaires jusqu'à 1970, puis avec l'Université Lille 1. La faculté des sciences s'établit en 1854 dans l'ancien couvent des Récollets, rue des arts et rue des Fleurs, au centre de Lille. De nombreux bâtiments sont ensuite construits dans le quartier Saint-Michel pour accueillir les étudiants entre le boulevard Jean-Baptiste Lebas et la rue Jeanne d'Arc, entre 1875 et 1895. La faculté des sciences comprend différents instituts créés successivement au XIXe siècle (institut de physique, institut de chimie, institut de sciences naturelles, institut de zoologie et station marine de Wimereux, observatoire, institut d'électrotechniques, institut Pasteur de Lille) et au XXe siècle (institut d'électromécanique, institut de mécanique des fluides de Lille, institut universitaire de technologie de Lille A).

Faculté de médecine et pharmacie[modifier | modifier le code]

L'école préparatoire de médecine et de pharmacie devient faculté et son développement est associé à l'organisation administrative de l'université de Lille jusqu'à 1970. La faculté mixte de médecine et de pharmacie s'implante rue Jean-Bart en 1874 et 1875. Elle déménage à la cité hospitalière, au sud de Lille, en 1951-1953.

Faculté de droit[modifier | modifier le code]

Il y a continuité entre la faculté de droit rétablie à Douai en 1865, transférée à Lille en 1887, et ses évolutions administratives jusqu'à 1970. Après le transfert de la faculté de droit à Lille en 1887, elle obtient en 1895 des locaux rue Angelier, puis déménage en 1949 rue Paul-Duez. Les sciences économiques sont rattachées à la faculté jusqu'en 1970. Un « Institut de Préparation aux Affaires » y est créé en 1958.

Faculté de lettres[modifier | modifier le code]

Il y a continuité entre la faculté de lettres rétablie à Douai en 1854, transférée à Lille en 1887, et ses évolutions administratives jusqu'à 1970. La faculté de lettres de Lille intègre en 1895 des locaux dédiés situés à proximité de la rue Gauthier de Châtillon (actuelle rue Angellier) et de la rue Jean-Bart .

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Campus[modifier | modifier le code]

Entre 1950 et 1953 puis entre 1962 et 1974, des campus ont été constitués en périphérique de Lille, pour surmonter la croissance des effectifs étudiants. L'identification de leur accès en métro facilite leur localisation dans la métropole de Lille.

Campus Cité Scientifique (Lille I)[modifier | modifier le code]

Btâiment M1 - Campus Lille I (1969)

Planifié depuis 1962, le transfert de la faculté des sciences sur un campus moderne de 110 hectares dans le quartier de la Cité scientifique à Villeneuve-d'Ascq a lieu de 1967 à 1971.

Ce site est desservi par les stations de métro Quatre Cantons - Stade Pierre-Mauroy et Cité Scientifique - Professeur Gabillard.

Campus Santé (Lille II)[modifier | modifier le code]

Faculté de médecine et de pharmacie de Lille (1953)

C'est le premier campus à avoir été délocalisé, les travaux débutant dans les années 1930 pour ne se terminer que dans les années 1950 après une interruption due à la Seconde Guerre Mondiale. La faculté de médecine et pharmacie quitte alors le centre de Lille (en 1953) pour le quartier de la Cité Hospitalière où se trouve le centre hospitalier de la ville, aujourd'hui devenu l'un des plus grands complexes hospitalo-universitaires européens sur plus de 300 hectares[14]. La faculté d'odontologie se trouve à proximité, place Verdun, depuis 1965. La faculté de management et ingénierie de la santé (ex-ILIS) y est également présente depuis sa création en 1992. Le parc d'activité Eurasanté, dédié aux biotechnologies, voit le jour en 1996.

Ce site est desservi par les stations de métro CHR Oscar-Lambret et CHR B-Calmette.

Campus Pont de Bois (Lille III)[modifier | modifier le code]

Après un transfert planifié en 1966, le campus du Pont de Bois à Villeneuve-d'Ascq accueille la faculté de droit de 1975 à 1995. La faculté des lettres s'y trouve depuis son déménagement du centre de Lille, achevé en 1974.

Ce site est desservi par la station de métro Pont de Bois.

Campus Droit-Gestion (Lille II)[modifier | modifier le code]

Après avoir été quartier Saint-Michel de 1887 à 1975, puis sur le campus Lille III, la faculté de droit retrouve un site dans le centre de Lille en 1995, place Déliot. La faculté de Finance, Banque, Comptabilité s'y trouve aussi. Antérieurement localisé rue Gauthier de Châtillon, l'Institut d'études politiques de Lille se trouve rue de Trévise.

Ce site est desservi par les stations de métro Porte de Douai et Porte de Valenciennes.

Campus Sport (Lille II)[modifier | modifier le code]

La faculté des sciences du sport et de l'éducation physique se trouve à Ronchin, dans le sud ouest de la métropole de Lille. Ce campus concentre la plupart des équipements sportifs de l'université Lille II, bien que d'autres installations soient également présentes sur le campus santé et au siège de l'établissement. Ces équipements sont prêtés au Lille Université Club par l'université Lille II, qui par ailleurs siège à son conseil d'administration[15].

Autres sites universitaires[modifier | modifier le code]

Le premier site décentré de l'université de Lille est la station marine de Wimereux en 1874, au nord de Boulogne-sur-Mer, suivie fin du XIXe siècle par le laboratoire du Portel, au sud de Boulogne-sur-Mer. Outre l'université de Valenciennes créée en 1968, l'université de Lille a développé de multiples antennes universitaires et laboratoires de recherches décentrés dans le département du Nord. Ces sites deviendront indépendants fin du XXe siècle et formeront les université d'Artois et université du Littoral ultérieurement. L'ensemble de ces sites universitaires sont associés au XXIe siècle dans le PRES Université Lille Nord de France.

Patrimoine et collections[modifier | modifier le code]

Les collections botaniques constituées depuis l'époque de Jean-Baptiste Lestiboudois, les collections minéralogiques et paléontologiques rassemblées par Jules Gosselet, Charles Barrois et leur successeurs ont formé au début du XXe siècle des musées : musée régional de zoologie appliquée, musée de géologie et de minéralogie, musée houiller. Les collections sont ensuite partiellement centralisées au muséum d'histoire naturelle de Lille.

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

De 1854 à 1896[modifier | modifier le code]

Les soubresauts de la vie étudiante à Lille ne sont pas différents de ceux des autres universités françaises, à l'exception de la période entre 1875 et 1905 où l'opposition entre étudiants de l'université et étudiants de l'institut catholique de Lille est exacerbée. Après un long article d'Ernest Lavisse dans la Revue internationale de l'enseignement[16] le 15 décembre 1886 qui justifie le transfert à Lille, et la signature le 12 mars 1887 de la convention entre le maire Géry Legrand et Louis Liard, directeur de l'enseignement supérieur pour le transfert des deux facultés et la construction de quatre instituts à Lille, et enfin le 23 octobre 1887 la publication au Journal officiel de la République française de deux décrets qui officialisent le transfert des deux facultés de Douai à Lille, des fêtes universitaires sont organisées à Lille les 6 et 7 novembre 1887, avec la venue du ministre Eugène Spuller. A nouveau, les 1 et 2 juin 1895 ont lieu de grandes fêtes universitaires de Lille avec le Ministre du Commerce et Louis Liard, directeur de l'enseignement supérieur[17].

« L'Union des étudiants et étudiantes de l'État, fondée en 1881, reconnue d'utilité publique le 17 février 1930, a son siège à la Maison des Étudiants au 49 rue de Valmy. »[18].

De 1896 à 1968[modifier | modifier le code]

Des manifestations étudiantes ont lieu entre le 15 et le 21 janvier 1898 après la publication le 13 janvier 1898 de l'article J'accuse…! par Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus[19].

L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) est constituée le 4 mai 1907 lors d'un rassemblement des Association générale des étudiants (AGE) à Lille. Le Stade universitaire lillois est créé en 1913.

Pendant la Première Guerre mondiale, Lille est occupée par les Allemands entre le 13 octobre 1914 et 17 octobre 1918, l'université subit des pillages et réquisitions ; l'explosion du dépôt de munition des dix-huit ponts en 1916 détruit des laboratoires ; le nombre d'étudiants et de professeur est au plus bas. « Dans cette lutte permanente pour la survie afin d’affirmer « l’existence et l’action morale de l’Université », le recteur Georges Lyon, président du Conseil de l’Université joue un rôle capital et mobilise les énergies encore présentes à Lille. »[20]

Dans le domaine sportif[21], « en 1921, l'union des étudiants de l'Université de Lille crée son association sportive : le Lille Université Club, qui succède au Stade universitaire lillois fondé huit ans plus tôt »[22].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lille est occupée par les Allemands et se trouve dans la zone interdite. « Le maire de Lille doit écrire aux doyens le 18 octobre 1940 pour leur signaler qu’il a reçu des observations très sévères des autorités allemandes au sujet d’inscriptions offensantes dessinées sur les murs des facultés. De nombreux étudiants participent à cette longue « bataille de l’écrit » qui fait se multiplier les inscriptions à la craie sur les murs ou l’apposition d’affichettes anti-allemandes et antivichyssoises. Ils sont aussi souvent fortement présents dans les cérémonies patriotiques clandestines ou déguisées qui font célébrer la fête de Jeanne d’Arc, le 1er mai ou le 11 novembre. Quelques-uns rejoignent les groupes de résistance active qui sont nombreux et précoces dans la région. Les enseignants Vladimir Jankélévitch, Edouard Perroy et le professeur Gaillard jouent quant à eux un rôle important dans la résistance. La libération de Lille, le 3 septembre, après les combats du début septembre 1944, marque alors une réelle délivrance. »[23].

Lors de la guerre d'Algérie, « la manifestation du 27 octobre 1960 marque un tournant. Le meeting salle Roger Salengro rassemble plus de 3000 personnes, surtout des étudiants des diverses facultés, pour réclamer une solution négociée. Si la faculté ne réagit pas collectivement face au 13 mai 1958 et au retour de Charles de Gaulle, elle se mobilise par contre face au putsch des généraux en avril 1961. (...) Face au développement des attentats de l’O.A.S, les universitaires poursuivent ensuite leur mobilisation dans plusieurs grèves et manifestations (16 novembre, 6 décembre 1961). Dès lors, le monde universitaire lillois est identifié à un pôle fort dans le combat contre la poursuite de la Guerre. Le lundi 15 janvier 1962, un attentat par explosifs vise la Maison des étudiants, rue de Valmy et cause d’importants dommages. Le même jour, un grand meeting de protestation est organisé où l’on dénonce ces actes qui sont « un défi au bon sens ». Le 6 février 1962, une nouvelle manifestation est ensuite organisée à Lille. »[24]

L'accroissement des effectifs étudiants sature les capacités de l'université, tandis que les premiers transferts vers des campus modernes sont initiés en 1966. Les facultés sont occupées en Mai 68[25].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution démographique de la population étudiante inscrite dans les facultés publiques de Lille puis à l'université de Lille comprend plusieurs phases, qui ne sont pas corrélées avec les paliers d'accroissement de la population de Lille.

  • Entre 1854 et 1875, l'effectif comprend les seuls étudiants de la faculté des sciences de Lille (école préparatoire de médecine et pharmacie, facultés de Douai non comprises dans le décompte).
  • Entre 1875 et 1887, l'effectif étudiant est le cumul de celui de la faculté des sciences et de la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille (facultés de Douai non comprises dans le décompte)
  • Entre 1887 et 1968, l'université de Lille couvre l'ensemble des champs disciplinaires de ses 4 facultés (effectif en formation continue non compris).
Évolution démographique de la population étudiante inscrite à Lille
1854 1886-87 1887-88 1911 1912-13 1913-14 1945-46 1947
10[26] 1 134[27] 784[27] 1 801[28] 1 700[29] 1 402[29] 5 326 5 000[29]
1967-68 1968 1970-2000 2008 - - - -
23 927 29 478 ----- 65 604 - - - -


Personnalités liées à l'université[modifier | modifier le code]

Voir également les personnalités distinguées dans les historiques des universités Lille I, Lille II, Lille III

Plusieurs anciens enseignants-chercheurs ou docteurs de l'université de Lille ont obtenu la médaille d'or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française : Émile Borel (1954), Raoul Blanchard (1960), Paul Pascal (1966), Georges Chaudron (1969), Henri Cartan (1976), Jacques Le Goff (1991), Pierre Bourdieu (1993).

René Cassin a obtenu un prix Nobel (1968).

Professeurs[modifier | modifier le code]

Étudiants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trénard 1978
  2. a, b et c Louis Liard, L'Enseignement supérieur en France, 1789-1893, Armand Colin et Cie,‎ 1894, 522 p. (lire en ligne), p. 121, 129-136
  3. a et b « CNE - L'université du droit et de la santé Lille II ; Rapport d'évaluation Septembre 1995 », sur www.cne-evaluation.fr, Comité National d'Evaluation des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel,‎ 1995
  4. Albert Mathiez et Georges Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, vol. 46, Firmin-Didot, coll. « Société des études robespierristes »,‎ 1974, p. 236 :

    « Seule la candidature de Lille fut retenue et, le 10 nivôse an V (30 décembre 1796), l'Ecole centrale de Lille ouvrit ses portes dans les locaux de l'ancien couvent des Récollets »

  5. Université Lille I, « Historique de l'université Lille I », sur www.univ-lille1.fr
  6. a, b et c Trénard 1978, p. 80
  7. « Programme « Villes et institutions scientifiques » Rapport final 1996 ] ; Programme Interdisciplinaire de Recherche Sur les Villes (PIR-VILLES - CNRS) », sur http://w3.cers.univ-tlse2.fr/
  8. Paul Melon, L'enseignement supérieur et l'enseignement technique en France, Paris, Librairie classique Armand Collin et Cie,‎ 1891 (lire en ligne)
  9. « Pôle universitaire Lille Nord Pas de Calais », sur www.poleuniv-lille-npdc.fr (consulté le 30 mars 2010) : « Avec la création du Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur « Université Lille Nord de France », les activités du Pôle Universitaire Nord-Pas de Calais prennent fin. Les missions du Pôle Universitaire qui s'inscrivaient dans les priorités du PRES ont été redéfinies et transférées à l'Université Lille Nord de France. »
  10. Pascal Aimé, Thierry Berthé et Jean-Pierre Korolitski, Développement des PRES et reconfiguration des sites universitaires,‎ mars 2010, 112 p. (lire en ligne) (rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche); p 67
  11. Université Lille 2, « Lille 1, Lille 2 et Lille 3 fédèrent leurs forces »,‎ 2011 (consulté le 23 juillet 2011)
  12. « Lille : l'enseignement supérieur fusionne », La Voix du Nord,‎ 2011 (consulté le 8 novembre 2011)
  13. a, b, c et d « Construction de l'Université de Lille », Université Lille 2,‎ 2014 (consulté le 31 juiller 2014)
  14. « Le Parc Eurasanté », sur www.eurasante.com (consulté le 30 avril 2014)
  15. « Organigramme du LUC », sur Site internet du LUC (consulté le 10 mars 2013)
  16. Ernest Lavisse, « La Question des universités françaises : Le transfert des Facultés de Douai à Lille », Revue internationale de l'enseignement, Paris, Armand Colin, vol. douzième,‎ 15 décembre 1886, p. 473-493 (ISSN 1775-6014, notice BnF no FRBNF32860199, lire en ligne)
  17. IRHIS, « Chronologie de l'université de Lille III », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  18. IRHIS, « Lille : 1887-1968 - Vie associative », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  19. IRHIS, « Lille : 1887-1968 - L'affaire Dreyfus », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  20. IRHIS, « Lille : 1887-1968 - La Première Guerre mondiale », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  21. IRHIS, « Lille : 1887-1968 - Lille université Club », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  22. « Lille université Club », sur www.lucaccueil.fr
  23. IRHIS, « Lille : 1887-1968 - La Seconde Guerre mondiale », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  24. IRHIS, « Lille : 1887-1968 - La guerre d'Algérie », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  25. IRHIS, « Lille : 1887-1968 - Mai 1968 », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr
  26. René Fouret, revu par Henri Dubois, « La physique à Lille, depuis le début du XIXe siècle jusqu'à 1970 », sur asa3.univ-lille1.fr
  27. a et b Jean-François Condette, Une faculté dans l'histoire: la Faculté des lettres de Lille de 1887 à 1945, Lille, Presses universitaires du Septentrion,‎ 1999 (ISBN 285939592X et 9782859395926, lire en ligne)
  28. Trénard 1978, p. 105
  29. a, b et c IRHIS, « Chronologie de l'université Lille 3 », sur irhis.recherche.univ-lille3.fr

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Louis Trénard, De Douai à Lille, une université et son histoire, Presses Universitaires du Septentrion,,‎ 1978 (ISBN 2859390987 et 9782859390983, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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