Procédé Martin-Siemens

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Four Martin-Siemens du musée de l'industrie de Brandebourg.

Le four Martin-Siemens ou four Martin est un four à réverbère doté de régénérateurs, utilisé à la fois pour la fusion de ferrailles de recyclage et pour l'affinage de la fonte brute. Le procédé, aujourd'hui abandonné, porte le nom des inventeurs qui l'ont mis au point : Pierre-Émile Martin qui, en 1864, adapte à la fusion de ferrailles la technologie de régénérateurs que Carl Wilhelm Siemens avait brevetée en 1856.

L'utilisation du procédé Martin-Siemens a présenté un grand intérêt économique grâce à l'utilisation des déchets de fer et d'acier qui, du fait du développement de la production de l'acier, commencent à représenter des quantités importantes. La durée de l'opération d'affinage est plus longue que le soufflage des convertisseurs Bessemer et Thomas. Ce point, s'il est un inconvénient pour la productivité, présente le grand avantage de permettre une meilleure maîtrise du procédé et d'obtenir ainsi des aciers de meilleure qualité.

Expansion et déclin[modifier | modifier le code]

Les conséquences sur l'économie[modifier | modifier le code]

Compte tenu de l'antériorité de l'industrialisation de l'Angleterre, la ferraille y a été abondante très tôt. La généralisation du procédé Siemens-Martin va s'accompagner d'une réorganisation spatiale de la sidérurgie de l'île. Les usines littorales sont favorisées au détriment des anciens centres de production. L'Écosse qui produissait 26% de la production en 1854, ne produit plus que 18,4% de l'acier anglais en 1913. Inversement la cote Nord-Est passe de 9 à 26,5%[1]. En France, la polyvalence du four Martin lui assure une diffusion plus large et indépendante de la présence des minerais : en 1913, 24 départements possédaient des fours Martin, 7 seulement avaient installé des convertisseurs Thomas ou Bessemer[2].

Évolutions et disparition[modifier | modifier le code]

Part des différents procédés d'élaboration dans la production mondiale de l'acier.

En France, les derniers convertisseurs Thomas et Martin disparaissent vers 1980[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Mioche, « Et l'acier créa l'Europe », Matériaux pour l'histoire de notre temps, vol. 47,‎ 1997, p. 29-36 (lire en ligne)
  2. J. Levainville, L'Industrie du Fer en France, Paris, Armand Colin, coll. « Armand Colin » (no 19),‎ 1922, 210 p. (lire en ligne), p. 71
  3. « Le fer », Société Chimique de France (consulté le 03/02/2011)

Références[modifier | modifier le code]