Pile Zoé

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48° 47′ 26″ N 2° 16′ 34″ E / 48.7906, 2.27611 ()

Plaque sur la prison de Riom

La pile Z.O.E. (Z comme zéro (puissance très faible, inférieure à celle consommée par ses accessoires), O comme oxyde d'uranium et E comme eau lourde) est la première pile atomique française. Elle initie la filière française des réacteurs à eau lourde refroidis au gaz.

La pile Zoé était constituée de 1950 kg d'oxyde d'uranium plongé dans 5 tonnes d'eau lourde contenue dans une cuve d'aluminium entouré d'un mur de graphite de 90 cm d'épaisseur. Ce graphite très pur, dit de qualité nucléaire, est entouré d'une enceinte en béton d'1,5 mètre d'épaisseur destinée à absorber les rayonnements. Le refroidissement de cette pile de puissance très faible est assuré simplement par la convection de l'eau lourde dans la cuve et par une circulation forcée d'air autour de la cuve. Plus tard, un système de circulation de l'eau lourde autorisera une montée en puissance jusqu'à 150 kW[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Installée dans le fort de Châtillon, situé à 5 km au sud de Paris, elle fonctionna pour la première fois le et vit, en 1953, sa puissance portée à 150 kW.

La réalisation de ce réacteur nucléaire fut lancée en 1947 par Frédéric Joliot-Curie, Haut Commissaire du CEA. C'est Lew Kowarski, de retour du Canada où il venait de réaliser la pile ZEEP, qui dirigea la mise au point de la pile Zoé, assisté de célèbres savants tels que Bertrand Goldschmidt, Jules Guéron, Francis Perrin, Raoul Dautry et Irène Curie, la fille de Pierre et Marie Curie. En 1952, Kowarski quitte le CEA pour le CERN et Jacques Yvon prend sa succession, devenant Chef du Département d'Etudes des Piles[2].

Le combustible de Zoé provenait de l'usine du Bouchet (près de Ballancourt-sur-Essonne) qui retraitait également le combustible irradié et permit l'extraction des premiers milligrammes de plutonium français en 1949.

Cette première pile, par la suite dénommée EL1 pour eau lourde n°1, fut suivie par la construction une seconde pile à eau lourde EL2 qui divergea en 1952 dans le Centre CEA de Saclay, dont la construction datait de 1949. Dans le fort de Châtillon, la pile Zoé fut suivi de trois réacteurs nucléaires de recherche à eau légère : Minerve (1959), Triton et Néréide (1959)[3].

La pile Zoé fut définitivement arrêtée en et confinée en 1977, puis déclassée en 1978[4]. Le bâtiment qui abritait la pile Zoé a été reconverti en "musée de l'atome".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Joliot-Curie - Par Michel Pinault, Editions Odile Jacob, avril 2000
  2. Histoire de la sureté de l'énergie nucléaire civile en France (1945-2000) - Thèse de Cyrille Foasso - 2003 - Université Lumière Lyon 2
  3. http://www.iaea.org/Publications/Magazines/Bulletin/Bull274/French/27404692326_fr.pdf
  4. http://www.hctisn.fr/article.php3?id_article=130