Pechiney

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Pechiney

Création 1855 (« Henry Merle et Compagnie »)
Dates clés 1995 : Privatisation
1988 : Rachat de l'activité d'emballage de Triangle
Disparition 2003 (rachat par Alcan)
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Activité Métallurgie
Effectif n/a
Chiffre d’affaires n/a
Résultat net n/a

Pechiney était un groupe industriel français, actif de 1950 à 2003 dans les domaines de l'aluminium (production et transformation), de l'électrométallurgie, de l'emballage, de la chimie, et du combustible nucléaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création de Pechiney[modifier | modifier le code]

L'origine du groupe Pechiney remonte à la création par Henry Merle et Jean-Baptiste Guimet, le 24 août 1855, de la Compagnie des produits chimiques d'Alais et de la Camargue pour produire de la soude à Salindres, le « berceau de l'aluminium » dans le Gard. En 1860, le chimiste Henry Merle décide de diversifier les activités de son entreprise et se lance dans l'aluminium. L'aluminium est alors un métal onéreux et peu utilisé. L'entreprise aura le quasi-monopole de sa production en France pendant trois décennies[1].

Au cours de son existence, ce groupe, initialement centré sur l'aluminium, aura eu un périmètre très variable car il s'est diversifié, a absorbé ou fusionné avec d'autres entreprises, s'est recentré sur certaines activités. L'aluminium est toujours resté une de ses activités essentielles, à laquelle se sont ajoutées d'autres métallurgies, de la chimie, du nucléaire, de l'emballage.

En 1936, Péchiney devient la dixième capitalisation boursière française, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la Bourse.

Pechiney[modifier | modifier le code]

En 1950, la Compagnie Alais, Froges et Camargue (AFC)[2], ex-Compagnie des Produits Chimiques d'Alais et de la Camargue, issue de concentrations dans l'aluminium français, se rebaptise Pechiney. À ce moment-là, un nouveau procédé de fabrication, l'électrolyse, fait chuter les coûts de production de l'aluminium et le marché décolle. Pechiney entreprend de se développer à l'étranger et ouvre une première usine au Cameroun en 1954. Pechiney cherche à utiliser des sources d'électricité compétitives et à élargir son portefeuille d'activités. En 1962, Pechiney acquiert Howe Sound (devenu Howmet) aux États-Unis. En 1965, la société se diversifie dans l'emballage en créant la société Cebal. En 1967, Pechiney rachète Tréfimétaux, un transformateur de métaux non ferreux[1].

Selon les archives du monde du travail, « aux côtés de la COGEMA (Compagnie générale des matières nucléaires), parfois en collaboration avec elle, Ugine-Kuhlmann fut le seul industriel français à assurer le traitement de l’uranium de l’extraction du minerai à sa conversion en hexafluorure, tout en ayant participé à des études et des réalisations sur tous les continents »[3].

Pechiney Ugine Kuhlmann[modifier | modifier le code]

En 1971, Pechiney fusionne avec Ugine Kuhlmann, lui-même issu du regroupement d'Ugine aciers et des Établissements Kuhlmann. PUK devient le premier groupe industriel privé français et est présent dans l'aluminium, la chimie, le cuivre, le combustible nucléaire et les aciers spéciaux. À partir de 1974, le conglomérat subit les chocs pétroliers et la concurrence des pays asiatiques, si bien que sa situation financière se dégrade. La gauche arrivée au pouvoir en 1981 décide de sauver le groupe, le nationalise en 1982 et finance sa restructuration. PUK abandonne la chimie et les aciers spéciaux et reprend le nom de Pechiney[1].

Privatisation[modifier | modifier le code]

Assaini, le groupe reprend sous la présidence de Jean Gandois une stratégie expansionniste et acquiert en 1988 le géant de l'emballage américain American National Can. L'OPA sur sa maison mère, Triangle, donne lieu à scandale politico-financier fondé sur un délit d'initié (voir affaire Pechiney-Triangle). L'entreprise double de taille, son endettement s'envole. En 1994, un nouveau PDG, Jean-Pierre Rodier, décide de recentrer le groupe sur son cœur de métier et de le désendetter, en vue de le privatiser. Howmet, Carbone Lorraine et l'essentiel d'American National Can sont revendus, les coûts sont réduits, et l'entreprise est privatisée en 1995[1].

En 2000, un projet de fusion à trois avec ses concurrents canadien Alcan et suisse Algroup est refusé par la Commission européenne pour risque d'abus de position dominante dans plusieurs domaines, notamment l'automobile, la construction, les conserves alimentaires, et les emballages. L'idée des trois partenaires était de constituer un vaste ensemble international de 22 milliards de dollars[4].

Disparition de Pechiney et naissance de Constellium et d'Albéa[modifier | modifier le code]

Alcan reprend seul le suisse Algroup en 2001 et tente en juillet 2003 une OPA hostile sur Pechiney. En situation financière fragile, Pechiney ne peut résister et se fait absorber pour 4 milliards d'euros[1]. Pour se conformer aux clauses de non-concurrence, Alcan se sépare de certaines de ses activités. C'est à ce titre que l'ensemble de ses activités de laminage ont été regroupées dans une société, nommée Novelis, qui est devenue indépendante du groupe Alcan.

Six grands producteurs d'aluminium intégrés verticalement dominaient historiquement le secteur : Alcoa, Alcan, Kaiser, Reynolds, Alusuisse et Pechiney. Quatre d'entre eux se sont fait absorber en 3 ans, et ne restent que le canadien Alcan et l'américain Alcoa. À l'été 2007, l'américain tente de racheter le canadien. Mais le conglomérat minier anglo-australien Rio Tinto intervient, parvient à racheter Alcan à l'automne 2007 et prend le nom de Rio Tinto Alcan[1].

Très vite, en novembre 2007, Rio Tinto Alcan est menacé à son tour d'une OPA hostile de la part d'un concurrent, un autre groupe minier australien, BHP Billiton. La société décide de céder pour au moins 15 milliards de dollars d'actifs. Les activités emballage (6 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour 31 000 salariés) et produits usinés doivent être vendues. En août 2010, une nouvelle société, Alcan EP, est créée, regroupant l'activité produits usinés, c'est-à-dire les anciennes activités de Pechiney dans les produits usinés en aluminium pour l'aéronautique civile et militaire, l'automobile, la construction ferroviaire ou l'industrie. Pour la partie Emballages, les activités seront scindées et vendues à plusieurs fonds. L'ancienne Cebal enrichie d'activités pour les soins corporels sera rachetée par Sun Capitals pour donner naissance à Albéa.

Début 2011, 51 % d'Alcan EP sont cédés à Apollo, un fonds d'investissement américain, et 10 % sont cédés au fonds souverain français, le Fonds Stratégique d'Investissement. Rio Tinto Alcan conserve le solde du capital, soit 39 %[5]. Enfin en mai 2011, Alcan EP prend le nom de Constellium.

En 2011, Constellium compte 70 sites et 11 000 salariés dans le monde, dont 5 000 en France[1].

En 2011, Albéa compte une quarantaine de sites dans le monde et génère un chiffre d'affaires d'un milliard de dollars.

Liste des PDG[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g « Pechiney, l'histoire mouvementée d'un ex-champion national », sur lesechos.fr,‎ 5 août 2010
  2. Histoire de Pechiney sur le site de la Société chimique de France
  3. Archives nationales du monde du travail, Fonds « COMURHEX (Uranium Péchiney) », Archives publiques 201 AQ. Comurex signifie Conversion Métal URanium HEXafluorure ; c'est le nom d'une société créée en 1971 par la fusion de l'usine de Malvési (début d'activité en 1959, Aube) et des Usines Chimiques de Pierrelatte (début d'exploitation en 1960, Drôme).
  4. Bruxelles refuse la fusion Pechiney-Alcan-Algroup, dans L'Expansion, .
  5. « La renaissance de l'ex-Pechiney prend effet », La Tribune,‎ 4 janvier 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Étienne Léger, Une grande entreprise dans la chimie française, Kuhlmann 1825-1982, Nouvelles éditions Debresse, Paris, 1988 (ISBN 2-7164-0142-X)
  • Gérard Vindt, Les hommes de l'aluminium - Histoire sociale de Pechiney 1921-1973, Éditions de l'Atelier, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]