Société d'encouragement pour l'industrie nationale
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La Société d'encouragement pour l'industrie nationale est une association atypique, fondée en 1801, qui vise à développer l'industrie en France et à y favoriser l'innovation technologique.
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[modifier] Fondation
La société fut créée sous l'impulsion du jeune banquier Benjamin Delessert et de l'agronome Charles de Lasteyrie, avec le soutien de Bonaparte. La séance fondatrice eut lieu le 2 novembre 1801 à l'hôtel de ville de Paris, en présence des trois consuls, Bonaparte, Cambacérès et Lebrun, des membres du gouvernement, dont le ministre de l'Intérieur, Jean Antoine Chaptal, premier président de la société, chimiste réputé, industriel languedocien puis parisien, et de quatre-vingt-onze autres personnalités. Le discours inaugural, prononcé par Joseph-Marie de Gérando, précisait qu'elle n'était pas une académie, que son domaine territorial couvrait la France entière, que sa compétence était universelle et qu'elle était ouverte à tous les citoyens.
Cette société comblait le vide laissé par la dissolution par la Convention, en 1793, des sociétés d'agriculture qui avaient été créées après la mort de Vincent de Gournay, en 1759, par Henri Bertin et Daniel Trudaine sur le modèle de la Société d'agriculture, de commerce et des arts de Bretagne.
Au cours de ses sept premiers mois d'existence, la société enregistra plus de sept cents souscriptions. Parmi les premiers membres figuraient de nombreuses personnalités : Baltard, Constant, Berthollet, Brillat-Savarin, Brongniart, Cabanis, Cadet de Vaux, Conté, Delessert, l'abbé Grégoire, le général Kellermann, La Fayette, Lasteyrie, Molard, Monge, Joseph Montgolfier, Parmentier, Prony, Vauquelin, Vilmorin, etc., et tout au long des XIXe et XXe siècles, la société ne cesserait de compter parmi ses membres des scientifiques, inventeurs et développeurs français de renom, comme Frédéric Cuvier, Pierre-Simon Girard ou Edmond Becquerel.
La Société d'encouragement pour l'industrie nationale fut la toute première association déclarée d'utilité publique, par Louis XVIII le 21 avril 1824.
[modifier] Présidents
- Jean Antoine Chaptal (1801-1832), chimiste, industriel
- Louis Jacques Thénard (1832-1845), chimiste
- Jean-Baptiste Dumas (1845-64,) chimiste
- Alexandre Becquerel (1864-1888), météorologue
- Julien Haton de la Goupilliére (1888-1891), mines
- Louis-Eugéne Tisserand (1891-1894), agronome
- Éleuthère Mascart, 1894-1897), météorologue
- Adolphe Carnot (1897-1900), mines
- Oscar Linder (1900-1993), mines
- Henry Le Chatelier, (1903-1905), mines
- Edmond Huet (1906-1907), ponts et chaussées
- Édouard Gruner (1907-1909), ingénieur
- Émile Bertin (1907-1912), génie maritime
- Léon Lindet (1943-1920), agronome
- Louis Baclé (1920-1923), ingénieur
- Augustin Mesnager (1923-1926), ponts et chaussées
- Édouard Sauvage (1926-1929), mines
- Louis Mangin (1930-1932), botaniste
- Amédée Alby (1932-1935), ponts et chaussées
- Maurice Lacoin (1935-1938), chemins de fer
- Marcel Magne (1938-1944), architecte
- Robert Lelong (1944-1945), génie maritime
- Louis Pineau (1945-1950), service des carburants
- Albert Caquot (1951-1954), ponts et chaussées
- Georges Darrieus (1954-1957), ingénieur éolien
- Georges Chaudron (1957-1961), chimiste
- Jean Lecomte (1961-1968), physicien
- Jacques Tréfouël (1968-1973), chimiste
- Henri Normant (1973-1978), chimiste
- Jean Buré (1978-1986), agronome
- Jean Robieux (1986-1991), physicien
- Paul Lacombe (1991-1994), chimiste
[modifier] Organisation et objectifs
La Société d'encouragement pour l'industrie nationale fut la toute première association déclarée d'utilité publique le 21 avril 1824, par le roi Louis XVIII.
Sa structure statutaire est complexe, garantissant son indépendance et sa stabilité. Elle comprend un bureau, élu par l'assemblée générale des sociétaires, un conseil d'administration composé de membres désignés par les comités statutaires, qui applique la politique générale fixée par l'assemblée générale. Une commission indépendante veille sur le bon usage des fonds. Il existe par ailleurs des commissions, dont celle d'histoire, qui est pérenne et préserve 208 ans d'archives de la vie industrielle française.
Les comités statutaires sont au nombre de huit : les comités des arts mécaniques, des arts chimiques, de l'agriculture, du commerce et transport, des arts économiques, des constructions et beaux arts appliqués, des arts physiques, des arts de la communication et de la formation. Les cinq premiers existent depuis la création de la société et n'ont jamais cessé de fonctionner depuis. Composés de six membres au moins et seize au plus, les comités sont des lieux de réflexion et d'évaluation sur l'état scientifique, technologique et social de leur domaine. Ils soumettent leurs avis au conseil d'administration, lui signalent les retards, faiblesses ou déficits, et lui proposent des solutions à mettre en œuvre (concours doté de prix, campagne d'incitation, création de structure porteuse d'un service). Ils lui désignent également, pour la gratification d'encouragements, de soutiens ou de distinctions motivées, des personnes de mérite, à l'exclusion des sociétaires qui ne peuvent en être les bénéficiaires.
La société lança son premier concours de recherches industrielles dès le 1er décembre 1801 (métier pour fabriquer les filets de pêche, colorants industriels, etc.) Sa première étude sociale porta en 1802 sur les « fourneaux économiques » destinés à servir des repas aux indigents dans les grandes villes. La même année, elle créa sa bibliothèque d'ouvrages industriels français et étrangers, ouverte à tous ses sociétaires. En 1804, elle ouvrit un cabinet où étaient exposés des produits des manufactures françaises et étrangères.
La société a son siège au 4, place Saint-Germain-des-Prés à Paris, dans le 6e arrondissement.
[modifier] Publications
Un Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale fut édité de 1801 à 1943. Sa publication fut ensuite suspendue jusqu'en 1949 en raison de la pénurie de papier. Il est numérisé depuis 2009 et consultable sur le Cnum. Parmi les archives de cette bibliothèque numérique, « La clef de l'industrie » est un index encyclopédique rédigé en 1825 par J.-R. Armonville en sa qualité de membre de la Société[1],[note 1]. Cet ouvrage n'est pas véritablement un dictionnaire mais plutôt un outil de recherche en trois volumes. Le dernier volume est une table analytique de mots-clefs associés aux numéros du tome et de la page traitant l'information, et surtout, à un index numérique. Cet index permet de retrouver dans l'un des deux premiers volumes le titre d'une publication externe auquel on associe les pages et volumes adéquats. Une recherche sur la nyctographie référence ainsi le bulletin de la S.E.I.N. et le dictionnaire des découvertes, un ouvrage indépendant de la Société.
[modifier] Notes et références
[modifier] Références
- « La clef de l'industrie et des sciences qui se rattachent aux arts industriels », Armonville, J.-R., 1825.
- « Le guide des artistes ou répertoire des arts et manufactures », Armonville, J.-R., 1818.
- « La clef de l'industrie et des sciences qui se rattachent aux arts industriels », Armonville, J.-R., 1835.
[modifier] Notes
[modifier] Bibliographie
- Comte Chaptal, De l'industrie françoise, 1809.
- E. Labiche, Les Sociétés d'agriculture au XVIIIe siècle, 1908.
- Émile Justin, Les Sociétés royales d'agriculture au XVIIIe siècle, 1935.
- Louis Passy, Histoire de la Société nationale d'agriculture de France, 1912.
- Odile Viennet, Napoléon et l'industrie française, 1947.
- Francis Féraud, Les Heures étoilées de l'industrie française, 1955.
- Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.
- Benoît, Emptoz, Woronoff, Encourager l'innovation en France et en Europe : Autour du bicentenaire de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, 2006.
- Commerce, population et société autour de Vincent de Gournay (1748-1758) : La Genèse d'un vocabulaire des sciences sociales en France, INED, déc. 2007.