Paul Appell

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Paul Appell

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Paul Appell en 1921, photogr. nég. sur verre , 13 x 18 cm, diffusée par l'Agence Meurisse (Paris), disponible sur Gallica.

Naissance 27 septembre 1855
Strasbourg (France)
Décès 24 octobre 1930 (à 75 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Champs mathématique
Institutions Faculté des sciences de Paris
Académie des sciences
Formation Université de Paris
Renommé pour géométrie projective
fonction algébrique
équation différentielle
analyse complexe

Paul Émile Appell, né à Strasbourg le 27 septembre 1855 et mort à Paris le 24 octobre 1930, est un mathématicien français et un scientifique engagé.

Professeur puis doyen de la Faculté des sciences de Paris, recteur de l'académie de Paris, président du conseil de l'Université de Paris, il est membre de l'Académie des sciences.

Ses travaux mathématiques s'étendent à la géométrie projective, aux fonctions algébriques, aux équations différentielles, à l'analyse complexe.

Paul Appell est par ailleurs un scientifique engagé pour la justice, la promotion de la recherche et la solidarité nationale et internationale.

Il s'engage pour Dreyfus en signant et promouvant le Manifeste des intellectuels de 1898, puis en intervenant à la révision du procès en 1906 ; pour la recherche en créant le fonds d'aide à la recherche scientifique, précurseur du CNRS, et en présidant la conférence française pour la propriété scientifique ; pour la solidarité en créant le Secours national ; pour l'internationalisation des facultés en créant la Cité internationale universitaire de Paris et en enseignant à Rome et à l'université Harvard ; pour la Société des Nations en présidant l'association française pour la Société des Nations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Appell est né à Strasbourg en 1855. Il fait ses études supérieures d'abord en classe de mathématiques spéciales au lycée de Nancy avec Henri Poincaré de 1872 à 1873, puis l'École normale supérieure et à la faculté des sciences de Paris de 1873 à 1877. En 1873-74 il suit les cours de Joseph-Alfred Serret (calcul différentiel et intégral) et de Henri Sainte-Claire Deville (chimie), les conférences de Jean-Claude Bouquet (calcul différentiel et intégral) et de Louis Joseph Troost (chimie) et passe les examens correspondant pour les licences ès sciences mathématiques et physiques. En 1874-75, il suit les cours de Paul Desains et Jules Jamin (physique), Gaston Darboux (mécanique rationnelle), Urbain Le Verrier (astronomie), avec les conférences de Pierre-Auguste Bertin (physique) et Charles Briot (mathématiques). Il obtient alors les licences ès sciences mathématiques et ès sciences physiques. En 1875-76 il suit les conférences de préparation au concours d'agrégation de mathématiques de Jean-Claude Bouquet, Charles Briot et Gaston Darboux et est lauréat du concours en août 1876. Il soutient également au même moment une thèse pour le doctorat ès sciences mathématiques devant la faculté des sciences de Paris, « Sur la propriété des cubiques gauches et le mouvement hélicoïdal d'un corps solide », rédigée pendant sa convalescence d'une fièvre typhoïde. Il bénéficie alors d'une année supplémentaire à l’École normale supérieure, et suit les cours de Charles Briot (calcul des probabilités et physique mathématique) et de Charles Hermite (Analyse supérieure et algèbre supérieure) à la Faculté des sciences, et ceux de Joseph Bertrand et Maurice Lévy (physique mathématique) au Collège de France.

Maison natale à Strasbourg (Place Saint-Étienne).
Plaque commémorative de sa maison natale.

L'année suivante (1877-1878) il devient répétiteur de l'École pratique des hautes études avec des appointements annuels de 1800 francs. Il est chargé à la faculté des sciences des conférences d'analyse pour la licence auprès de Jean-Claude Bouquet, tandis qu'Émile Picard, également répétiteur, est chargé des conférences de mécanique. Ces conférences avaient lieu à raison de deux séances par semaine et comprenaient des interrogations sur le cours, la correction de devoirs et la résolution d'exercices au tableau par les étudiants. À la rentrée 1878 sont créés les postes de maîtres de conférences dans les facultés des sciences et des lettres, Paul Appell obtient un poste en conservant les mêmes conférences qu'il faisait l'année précédente comme répétiteur de l'École pratique. Il est aussi envoyé par le ministère comme chargé de cours de mécanique rationnelle à la faculté des sciences de Dijon. À la rentrée 1881, après son mariage, il est suppléant de Charles Briot pour les conférences de mécanique et d'astronomie à l'École normale supérieure, puis lui succède. De 1881 à 1883 il est également chargé de conférences préparatoires à l'agrégation à la faculté des sciences, puis chargé du cours de mécanique rationnelle en remplacement de Tisserand. En 1884 il est chargé de suppléer Jules Tannery dans les deux conférences de mathématiques de seconde année à l’École normale supérieure d'enseignement secondaire pour les jeunes filles. Il devient le 23 novembre 1885 professeur titulaire de la chaire de mécanique rationnelle de la faculté, puis le 1er novembre 1912 titulaire de la chaire de mécanique analytique et mécanique céleste. Il est de plus doyen de la faculté de 1903 à 1920 puis recteur de l'Académie de Paris et président du conseil de l'université de Paris, du 23 mars 1920 au 15 mai 1925. À partir de 1895 il est également professeur à l'École centrale des arts et manufactures.

Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1892. Il fut également professeur extraordinaire à l'université de Rome, professeur à l'université Harvard, où il enseigne à Marston Morse, avec qui il partage la même passion et se lie amitié.

Il travaille tout d'abord en géométrie projective dans la lignée de Chasles, puis sur les fonctions algébriques, les équations différentielles et l'analyse complexe.

Il épouse Amélie Bertrand, fille d'Alexandre Bertrand (archéologue), cousine d'Émile Picard, nièce de Joseph Bertrand et de Charles Hermite.
Ils ont trois enfants :

Engagements[modifier | modifier le code]

Pour Dreyfus[modifier | modifier le code]

Paul Appell est dreyfusard et compte parmi les premiers signataires du Manifeste des intellectuels publié par L'Aurore le 14 janvier 1898, dès le lendemain de la publication de J'accuse…! ; son engagement précoce entraîne celui d'une partie de la communauté scientifique ; il intervient comme expert à la révision du procès en 1906.

Pour la solidarité[modifier | modifier le code]

La Cité internationale universitaire de Paris fondée par Paul Appell.

Sur une idée d'Albert Kahn, il crée en 1914 le Secours national, dont la vocation est de « venir en aide aux femmes, aux enfants, aux vieillards, sans distinction d'opinions et de croyances religieuses », et en devient le premier président. Il fonde en 1920 la Cité internationale universitaire de Paris, inaugurée en 1925.

Pour la recherche et l'internationalisation[modifier | modifier le code]

Paul Appell, à droite, recevant James George Frazer et Rudyard Kipling à la Sorbonne en 1921.

Paul Appell est par ailleurs président de la Société mathématique de France en 1885 et 1923.

En 1908 il préside à Clermont-Ferrand le Congrès pour l'avancement scientifique[1].

Il crée également le fonds d'aide à la recherche scientifique qui ouvre la voie au CNRS, et préside en 1921 la conférence française pour la propriété scientifique.

Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Il est président de l'association française pour la Société des Nations. Paul Appell est Grand-Croix de la Légion d'honneur [2].

Hommages[modifier | modifier le code]

Au sein de la Fondation de France, la Fondation Ars Cuttoli - Paul Appell soutient la recherche scientifique.

À son bureau de recteur

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • Sur les propriétés des cubiques gauches et le mouvement hélicoïdal d'un corps solide. Suivi de Propositions données par la faculté, Paris, Gauthier-Villars,‎ 1876 (présentation en ligne).
  • « Sur une classe de polynômes », Annales scientifiques de l'École Normale Supérieure, 2e série, vol. 9,‎ 1880, p. 119-144 (lire en ligne)
  • « Sur les lois de forces centrales faisant décrire à leur point d'application une conique quelles que soient les conditions initiales », American Journal of Mathematics, 2e série, vol. 13,‎ 1891, p. 153-158 (JSTOR 2369811, lire en ligne).
  • Leçons sur l'attraction et la fonction potentielle, professées a la Sorbonne en 1890-1891 : [rédigées par M. Charliat] (lire en ligne).
  • Traité de mécanique rationnelle, t. premier : Statique. Dynamique du point, Gauthier-Villars (Paris),‎ 1893 (lire en ligne)
  • Principes de la théorie des fonctions elliptiques et applications, Paris, Gauthier-Villar,‎ 1897 (lire en ligne).
  • Les mouvements de roulement en dynamique : avec deux notes de M. Hadamard, Paris, coll. « Bibliothèque nationale de France »,‎ 1899 (lire en ligne).
  • Traité de mécanique rationnelle, t. deuxième : Dynamique des systèmes. Mécanique analytique, Gauthier-Villars (Paris),‎ 1904, deuxième éd. (lire en ligne)
  • Sur une forme générale des équations de la dynamique, Paris, Gauthier-Villars,‎ 1925 (lire en ligne).
  • Le problème géométrique des déblais et remblais, Paris, Gauthier-Villars,‎ 1928 (lire en ligne).
  • Sur la décomposition d'une fonction méromorphe en éléments simples, Paris, Gauthier-Villars,‎ 1929 (lire en ligne).


  • Éléments d'analyse mathématique à l'usage des ingénieurs et des physiciens, [cours professé à l'École centrale des arts et manufactures], Gauthier-Villars (Paris), 1921.
  • « Notice sur les travaux scientifiques »,in: Acta Mathematica, n° 45, 1925, p. 161-285.
  • Éléments de la théorie des vecteurs et de la géométrie analytique, Payot (Paris), 1926.
  • Le problème géométrique des déblais et remblais? Gauthier-Villars (Paris), 1928, disponible sur Gallica.
En collaboration
  • avec Édouard Goursat : Théorie des fonctions algébriques et de leurs intégrales.
  • avec E. Lacour: Principes de la théorie des fonctions elliptiques et applications, Gauthier-Villars (Paris), 1897, disponible sur Gallica.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Appell: Souvenirs d'un alsacien - 1858-1922, Payot (Paris), 1923.
  • Marie Curie : Paul Appell 1855-1930, Fondation Curie (Paris), 1930, 8 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Document de l'association pour l'avancement scientifique
  2. « Notice no LH/44/10 »
  3. Camille Marbo est le pseudonyme littéraire de sa fille Marguerite Borel

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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