Iguanodon

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L'Iguanodon (genre Iguanodon) est un dinosaure de l'ordre des ornithischiens c'est-à-dire des dinosaures caractérisés par un bassin semblable à celui d'un oiseau. Les iguanodons ont vécu au Crétacé inférieur, soit entre 155,7 et 93,5 Ma. Ils ont été retrouvés un peu partout (Europe, Asie, Afrique, Amérique). Le premier spécimen fut décrit par Gideon Mantell, à partir d'un tibia, quelques os et des dents. On en connaît en 2008, 81 fossiles.

L'iguanodon est assez populaire car c'est le deuxième dinosaure à avoir été décrit après le Megalosaurus. Il est caractérisé par un pouce pointu. Cet herbivore était à la fois bipède et quadrupède.

Pour se défendre, l'iguanodon devait sûrement utiliser ses pouces comme poignards.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce nom vient du grec ancien odontos (qui signifie dent) et d'iguane (animal actuel dont le nom est d'origine arawak). Gideon Mantell lui donna ce nom suite à la découverte de quelques dents jugales à Wealden Rocks : il s'aperçut qu'elles ressemblaient à celles de l'iguane actuel[1]. Par la suite, c'est Louis Dollo du Muséum d'histoire naturelle de Bruxelles qui, dès les années 1880, décrivit complètement ce dinosaure[réf. nécessaire], avec l'aide du paléontologue Pierre-Joseph van Beneden[réf. nécessaire], en reconstituant tout un troupeau d'iguanodons dont les squelettes avaient été découverts dans la mine de charbon de Bernissart, à 80 km au sud-ouest de Bruxelles. Ces iguanodons sont actuellement exposés, avec d'autres fossiles, dans les collections de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique à Bruxelles.

Description[modifier | modifier le code]

Iguanodon

L'iguanodon était très répandu au crétacé inférieur. Mesurant 5 m de haut, entre 6 à 10 m de long et pesant plus de 4 tonnes. Ce dinosaure était à la fois bipède et quadrupède. Il avait un corps massif. On a retrouvé des empreintes fossilisées avec la trace des quatre pattes. Cependant, la plupart ne révèlent que les empreintes des membres postérieurs, et on suppose que les iguanodons juvéniles avaient les bras trop courts pour s’en servir lors de leurs déplacements. L'iguanodon est caractérisé par un pouce très pointu qui lui servait à poignarder les carnivores le menaçant. Il était équipé d'un bec corné qui lui servait à arracher la végétation et ses dents aplaties lui permettaient de mâcher sa nourriture[1].

Systématique et taxonomie[modifier | modifier le code]

Systématique[modifier | modifier le code]

bassin d'ornitischien

L'iguanodon appartient à l'ordre des ornithischiens.

Il existe deux grands ordres de dinosaures: les ornithischiens et les saurischiens Les dinosaures ornitischiens sont caractérisés par un bassin semblable à celui des oiseaux contrairement aux saurischiens, qui possèdent un bassin de reptile.

Les ornitischiens sont divisés en trois sous-ordres : les thyreophores (dinosaures à armure), les marginocéphales (dinosaures à tête ornée) et les ornithopodes (dinosaures à pied d'oiseau).

L'iguanodon fait partie des ornithopodes et de la famille des iguanodontidés.

Il s'agit en fait de la famille intermédiaire entre les hypsilophodontidés (de petits dinosaures agiles et rapides que l'on pourrait surnommer "les gazelles du Jurassique") et les hadrosauridés (les célèbres "dinosaures à bec de canard", des dinosaures du même gabarit qu'iguanodon mais possédant quelques évolutions, comme le "bec de canard" ou la crête nasale dont celle du célèbre Parasaurolophus)[1].

Les iguanodontidés[modifier | modifier le code]

Les iguanodontidés ont vécu pendant la période comprise entre le Jurassique moyen et le Crétacé inférieur. On pouvait en trouver un peu partout sur terre; même dans les cercles polaires, dépourvus de glace à l'époque. Iguanodon est un des genres les plus célèbres de cette famille de dinosaures. Contrairement aux hypsilophodontes (une autre famille d'ornithopodes), les iguanodontidés ne sont pas très adaptés à la course. Leurs corps était massif et robuste; leurs fémurs étaient plus longs que leurs tibias (contrairement aux dinosaures coureurs). Ces animaux possédaient des pattes pourvues d'ongles épais ressemblant à des sabots. D'après ces caractéristiques, on pourrait penser que les iguanodontidés étaient relativement lents et qu'ils se déplaçaient à quatre pattes la majeure partie du temps[1].

Espèces[modifier | modifier le code]

Iguanodon bernissartensis
Dollodon bampingi, anciennement Iguanodon atherfieldensis

Les principales espèces d'iguanodon reconnues sont :

  • Iguanodon bernissartensis (qui signifie "iguanodon de Bernissart", en référence au village où ont été découverts les premiers spécimens).
  • I. anglicus (qui signifie iguanodon anglais, car on a découvert le premier spécimen en Angleterre).
  • I. dawsoni (aussi appelé I. seelyi, I. orientalis)
  • I. fittoni (aussi appelé I. hollingtoniensis)
  • I. major (qui signifie iguanodon majeur)
  • I. lakotaensis (qui signifie iguanodon Lakota)[2]

I. atherfieldensis fut pendant longtemps le nom d'un iguanodontidé de petite taille découvert avec les iguanodons de Bernissart par Louis Dollo. On s'interrogea même s'il ne s'agissait pas simplement d'un Iguanodon bernissartensis femelle ou juvénile. Il est désormais depuis 2008 une espèce à part entière, Dollodon bampingi, avec un genre spécifique, Dollodon (en).

Découverte[modifier | modifier le code]

Le premier ossement (un tibia) d'iguanodon fut découvert en 1809. Quelques dents et autres os furent découverts par la suite en 1819. À cette époque, les scientifiques pensaient que ces dents appartenaient à un mammifère d'une taille gigantesque. Cependant, Gideon Mantell, un géologue amateur de fossiles, remarqua que ces dents ressemblaient à celles des iguanes d'Amérique du Sud. Le géologue l'appela alors iguanodon (dent d'iguane) et le présenta aux autres scientifiques en 1825. Ce fut le deuxième dinosaure découvert (même si à l'époque le terme "dinosaure" n'existait pas). Les principaux spécimens ont été retrouvés en Europe (Angleterre, Belgique, Espagne, Allemagne, France) et aux États-Unis (Utah, Dakota du Sud). Quelques restes ont été découverts en Tunisie, au Maroc (Immouzer Marmoucha), en Mongolie, en Thaïlande, Les squelettes les plus nombreux (une trentaine) et les plus complets ont été découverts en 1878 dans une mine de charbon, à Bernissart en Belgique. Neuf d'entre eux sont exposés dans une salle spécialisée du Muséum des sciences naturelles de Belgique à Bruxelles, et un autre au Musée de Bernissart. Les deux musées reconnaissent d'ailleurs avec humour les avoir mal positionnés (en effet, ils sont exposés "debout" sur leurs membres postérieurs), suggérant un déplacement uniquement bipède, alors que la morphologie de l'animal lui permettait d'être aussi quadrupède[1],[3].

Selon certaines versions, c'est la femme de Gideon Mantell qui avait trouvé des dents énormes, et qu'elle les présenta à son mari, qui pensa immédiatement qu'elles devaient appartenir à un énorme lézard[4].

Première reconstitution[modifier | modifier le code]

Reconstitution de l'iguanodon par G.Mantell
Le Puits Sainte-Barbe à Bernissart en 2013

Mantell tenta une première reconstitution, mais avec si peu d'informations, il ne s'agissait que d'idées fausses car il s'inspira à la fois de la morphologie de l'iguane actuel et aussi du rhinocéros, ce qui explique pourquoi il lui plaça une petite "corne" sur le museau, qui se révéla être en fait le pouce de l'animal. Ce n'est qu'à partir de 1878 que l'anatomie du dinosaure devint claire. En effet, c'est cette année-là que furent découverts à Bernissart en Belgique beaucoup de squelettes (complets pour la plupart) d'iguanodon, dont 29 furent remontés à la surface[1].

Découverte spectaculaire dans une mine belge[modifier | modifier le code]

Reconstitution des ossements d'un iguanodon bernissartensis

Dans le paisible village belge de Bernissart, à quelques centaines de mètres de la frontière française (Condé-sur-Escaut), va se passer un événement déterminant dans l'histoire de la paléontologie. Cette modeste localité rurale connaît un essor industriel. Dès 1735 la société des Charbonnages de Bernissart creuse une quinzaine de fosses pour y extraire du charbon.

En 1870, 4 nouveaux puits sont creusés autour du village. En février 1878, dans la fosse Sainte-Barbe, les mineurs firent une découverte insolite : un amas jaunâtre encastré dans la paroi. Les mineurs pensèrent que c'était de l'or, mais ils se rendirent vite compte que ce n'était que de la pyrite, que l'on surnomme en anglais fool's gold, l'or du fou. Cependant, de curieuses choses étaient enchâssées dans la pyrite, des choses qu'ils ne purent identifier.

Le 2 avril, M. Fagès, directeur de la mine, fit partager sa découverte au docteur L'Hoir en lui demandant d'identifier cette curieuse trouvaille. Le scientifique découvrit la présence d'ossements en brûlant un morceau de la mystérieuse matière. Le directeur informa alors le géologue L.F. Cornet, ingénieur de mine réputé. Pendant ce temps on a découvert des ossements en grande quantité dont une partie de crâne. le 8 avril, devant les ossements qui le laissaient perplexe, L.F. Cornet suggéra de faire appel au paléontologue Pierre-Joseph van Beneden. Grâce aux dents trouvées parmi les ossements, Van Beneden identifia ces animaux comme étant des iguanodons. Au fil des trois années de fouilles supervisées par Louis Dollo, 31 iguanodons (dont un depuis considéré comme dollodon (en)) furent découverts (dont deux restèrent au fond) mais aussi des plantes diverses, des poissons, des insectes, des reptiles non dinosauriens (crocodiles, tortues)...

La mine fut fermée 2 ans pour l'excavation des restes fossilisés; c'est une des rares collaborations paléontologues-industriels[4].

De ces fossiles, neuf squelettes complets reconstitués par Louis Dollo sont exposés au Musée des Sciences naturelles à Bruxelles et un au Musée de l'iguanodon à Bernissart. Les dix-neuf autres qui furent remontés sont entreposés dans les caves du Musée des Sciences naturelles de Belgique.

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(Voir aussi les études des mines de Bernissart.)

Découvertes en France[modifier | modifier le code]

En France, des découvertes récentes dans l'estuaire de la Charente ont révélé que les iguanodons ont vécu jusqu'à la fin du Crétacé inférieur (environ 95 millions d'années). Il s'agirait donc des derniers iguanodons connus.

L'environnement était idéal : un littoral sous un climat chaud et humide arborant une végétation de fougères arborescentes et d'Araucarias. La présence de nombreux résineux est attestée par l'abondance d'ambre retrouvé dans cette région et qui contient de nombreux insectes. Ce gisement est donc tout à fait exceptionnel, car l'ambre de la période des dinosaures est très rare[5].

Découverte rare au Maroc[modifier | modifier le code]

C'est dans la région d'Immouzer Marmoucha que l'on a fait une découverte rare et unique : des empreintes fossilisées d'iguanodon s'étalant sur plus de 5 hectares. Le lieu de la découverte a été nommé "la vallée des dinosaures[3]".

Paléobiologie[modifier | modifier le code]

Posture[modifier | modifier le code]

squelette d'iguanodon

La position de ces reptiles a été très discutée. On les a d'abord considérés comme des quadrupèdes (car on se fondait sur l'idée qu'ils étaient similaires aux reptiles actuels, tel les iguanes). Mais lorsque des spécimens complets furent découverts, les scientifiques ont pu observer une grande disparité entre les membres antérieurs et postérieurs de l'animal et qu'il possédait une lourde queue. On a alors comparé ses caractéristiques à l'anatomie du kangourou. On a alors imaginé que l'iguanodon utilisait sa grosse queue musclée pour s'appuyer lorsqu'il tentait d'atteindre la végétation haute. Plus récemment[Quand ?], on a découvert que les vertèbres caudales étaient reliées et rigidifiées par des ligaments ossifiés. Il semble alors que la queue de l'iguanodon lui servait de balancier pour s'équilibrer et faire office de contrepoids à la lourde masse de son corps et qu'il pouvait se déplacer normalement sur quatre pattes mais qu'il se servait aussi de la bipédie pour courir, bien que cela soit vraisemblablement resté assez rare[1].

Mains[modifier | modifier le code]

main d'Iguanodon

Les mains de l’iguanodon, très particulières, possédaient cinq doigts spécialisés :

  • un pouce en éperon, qui jouait probablement un rôle de défense très efficace contre les prédateurs. En se redressant, l’iguanodon était capable d’attaquer la gorge et le ventre de ses agresseurs.
  • trois griffes assez larges, faisant office de sabots lorsqu’il marchait à quatre pattes.
  • un « petit » doigt articulé, capable de se replier sur la paume avec une rotation du poignet, servant à la préhension de ses aliments[6].

Alimentation[modifier | modifier le code]

L'iguanodon était herbivore. Il devait vivre principalement dans les savanes du Mésozoïque, il se nourrissait probablement de fougères, de conifères, de cycas et de ginkgos qu'il mastiquait longuement. Pour pouvoir faciliter sa digestion, il devait avaler des cailloux nommés gastrolithes qui broyaient la nourriture à l'intérieur de son estomac[7].

Paléoécologie[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

L'environnement de Wealden Rocks est idéal pour les dinosaures qui vivaient dans cette région du Sud de l'actuelle Angleterre. En effet il y avait des forêts, des plaines et des étangs, tous ces lieux étant idéaux pour des dinosaures. Ici prospéraient des Iguanodons anglicus mais les carnivores rôdaient : les ornithopodes étaient traqués par des Megalosaurus mais aussi des Baryonyx pêcheurs (cependant chasseurs à leurs heures). Mais les paisibles herbivores n'ont pas que des ennemis; ils pouvaient parfois être accompagnés par des ankylosauridés comme l'Hylaeosaurus ou le Polacanthus[1].

En Amérique[modifier | modifier le code]

Les iguanodons américains bénéficiaient d'une diversité plus développée qu'en Europe. Ils partagent leur environnement avec des nodosauridés (Sauropelta, silvisaurus) ou encore les derniers représentants de la sous-famille des hypsilophodontidés (tenontosaurus, dryosaurus...). Mais il y avait aussi de redoutables carnivores, notamment le terrible Acrocanthosaurus, énorme allosauridé, ou encore les redoutables Deinonychus (cousins du célèbre Vélociraptor, qui lui, a vécu en Mongolie)[1].

L'invention du terme "Dinosaure"[modifier | modifier le code]

Owen et les lézards terribles[modifier | modifier le code]

Grâce à trois spécimens d'espèces de dinosaures (le megalosaurus, l'hylaeosaurus et l'iguanodon), Sir Richard Owen, éminent pionnier de la paléontologie, a pu déterminer que d'énormes lézards avaient vécu de par le passé et avaient dominé le monde bien avant l'homme. Il les nomma dès lors "dinosauria", qui signifie "terribles lézards", car telle était la vision des scientifiques de l'époque[8].

Festivités et attractions dinosauriennes au Crystal Palace[modifier | modifier le code]

Diner sur l'iguanodon au Crystal Palace
Statues d'iguanodons au Crystal Palace

Pour célébrer l'invention du terme « dinosaure », des reproductions de Megalosaurus, d'iguanodons et de reptiles marins préhistoriques de taille réelle dessinées par Richard Owen, conçues et réalisées par Benjamin Waterhouse Hawkins furent créées au Crystal Palace. Elles sont toujours là aujourd'hui, bien que l'on sache maintenant qu'ils sont anatomiquement inexacts. Un dîner pour vingt-quatre convives a pu être dressé sur l'une des statues d'iguanodon pour la veille du nouvel an 1853[9].

L'iguanodon dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Films et TV[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Barry Cox, R.J.G Savage, Brian Gardiner, Colin Harisson, Douglas Palmer, Dinosaures et autres animaux de la préhistoire [« The Simon & Schuster Encyclopedia of Dinosaurs and Prehistoric Creatures: A Visual Who's Who of Prehistoric Life »], Cologne, Könemann,‎ 2000 (ISBN 3-8290-6573-6)
  2. référence taxonomique: Référence Fossilworks Paleobiology Database : Iguanodon Mantell 1825 (en)
  3. a et b (fr) iguanodons d'Immouzzer Marmoucha
  4. a et b Yves Robert, Dinosaures, sur les traces des iguanodons de Bernissart, Tournai, coll. « les beaux livres du patrimoine »,‎ 1998 (ISBN 2-8046-0234-6)
  5. (fr) « L'Iguanodon », sur DinoNews.net
  6. (fr) « L'Iguanodon », sur Dinosoria.com
  7. T.R. Holtz et M.K. Brett-surman, Jurrasic Park Institute:Dinosaures le guide, Paris, Nathan,‎ 2001 (ISBN 2-09-240084-3)
  8. Michael K. Brett-Surman, Dinosaures,une introduction à la vie préhistorique, Maxi-Livres,‎ 2004 (ISBN 2-7434-5079-7)
  9. (en) Crystal Palace Park site internet sur les iguanodons au Crystal Palace
  10. (fr) DinoNews - Dossier sur le film Dinosaure (film, 2000)
  11. (fr) DinoNews - dossier sur la série Sur La Terre Des Dinosaures