Thomson-CSF

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Thomson-CSF

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Création 1968 issu de la fusion de l'activité électronique de Thomson-Brandt avec la Compagnie Générale de Télégraphie Sans Fil (CSF)
Disparition 2000 nouveau nom : Thales
Siège social Drapeau de France France
Activité Défense, aéronautique et sécurité

Thomson-CSF était une société française dans le secteur de l'électronique professionnelle, renommée Thales depuis 2000. Thomson-CSF était le résultat de la fusion en 1968 du Groupe électronique Thomson, filiale de Thomson-Brandt, avec la CSF (Compagnie Générale de Télégraphie sans fil). CSF est majoritaire en effectifs dans Thomson-CSF, mais la fusion des deux groupes industriels créés au début du XXe siècle comporte aussi la création d'une branche Grand Public qui continuera à s'appeler Thomson-Brandt[1].

De multiples recentrages, diversifications, réorganisations, nationalisation et privatisation (voir ci-après) ont modelé un groupe équilibrant trois activités : défense, aéronautique et sécurité.

Historique du groupe[modifier | modifier le code]

Avant 1966 : CFTH, CSF et Hotchkiss-Brandt[modifier | modifier le code]

La Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston (CFTH) est une entreprise créée à Paris le 27 février 1893, pour exploiter en France les brevets de la société américaine Thomson-Houston Electric[2], dans les domaines de la production et du transport de l'électricité et de la construction de réseaux de tramways électriques[3]. Elle élargit par la suite ses activités au secteur prometteur du tramway et plus largement de la traction électrique, puis continue à se diversifier dans des domaines, alors annexes, des transports: Signalisation ferroviaire, téléphonie, éclairage, ...

  • 1870 : Benjamin Berkeley Hotchkiss crée une filiale française de son entreprise d'armement, Hotchkiss, près de Rodez.
  • 1902 : Edgar Brandt crée à Paris, les établissements Brandt où, à côté de la ferronnerie, il commence à produire divers armements légers. Il fonde en 1924 la marque d'appareils électroménagers Brandt. En 1926, la production d'armements plus lourds le conduisent à s'installer à Châtillon-sous-Bagneux.
  • 1936 : Les sociétés CFTH, Hotchkiss, Brandt sont nationalisées.
  • 1956 : Fusion de Brandt et de Hotchkiss, pour donner Hotchkiss-Brandt

Fondée en 1910 par Émile Girardeau, la Société Française Radio-électrique (SFR) est pionnière des transmissions hertziennes. En 1919, la réorganisation de l'industrie des communications donne naissance à la Compagnie générale de la télégraphie sans fil (CSF) dont la principale composante est la SFR, qui joue un rôle actif dans le domaine de la radiodiffusion, des radiocommunications sur ondes courtes, de l’électro-acoustique et déjà de la télévision et du radar.

1966 - 1982 : Création et mutation de Thomson-CSF[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Fusion de la CFTH et de la société Hotchkiss-Brandt, qui donne la Compagnie Française Thomson-Houston-Hotchkiss-Brandt dénommée plus tard Thomson-Brandt.
  • 1968 : La fusion de l'activité électronique de Thomson-Brandt avec la Compagnie Générale de Télégraphie Sans Fil (CSF) donne naissance à Thomson-CSF. Thomson-Brandt se concentre sur l'électroménager (marques Brandt et Thomson).
  • Après les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, Thomson-CSF conclut ses premiers grands contrats à l'exportation avec des pays du Moyen-Orient, notamment pour la vente de ses systèmes de défense anti-aériens Shahine puis Crotale. Cette décennie sera également marquée par la diversification des activités, avec le développement accéléré de la commutation téléphonique puis avec l'acquisition des filiales françaises de l'américain ITT et du suédois Ericsson.
  • En octobre de la même année, l'accord de 1919 avec General Electric est résilié.
  • 1969 : « Partage du monde » via des échanges d'activités entre Thomson-CSF, qui se concentre sur l'électronique courants faibles, l'électroménager et l'informatique, et la CGE qui se focalise sur les installations de grande puissance, le nucléaire et la téléphonie.
  • 1976 : Acquisition de la société LMT filiale d'ITT spécialisée dans la commutation téléphonique et dont l'effectif est de 10 000 personnes[1].
  • 1981 : Annulation d'un contrat de construction d'un atelier de fabrication de composants électroniques en URSS en violation des règles du Coordinating Committee for Multilateral Export Controls[4].

1982 - 2005 : Nationalisée, Thomson-CSF en grandes difficultés[modifier | modifier le code]

  • 1982 : Thomson-Brandt et Thomson-CSF sont nationalisées par le gouvernement de François Mitterrand. Elles sont regroupées au sein de Thomson SA (Société Anonyme) mais restent deux branches séparées qui gardent leur nom. La situation est alors fortement dégradée : le portefeuille d'activités, très diversifié, inclut de nombreux domaines où la taille et les parts de marché sont insuffisantes et la rentabilité en berne. Malgré les ressources procurées par les grands contrats avec des pays du Golfe, l'endettement s'est fortement accru.
  • De 1983 à 1990, une série de réorganisations importantes de Thomson-CSF est entreprise en recentrant les activités sur l'électronique professionnelle et militaire :
    • Les activités téléphone sont transférées à Alcatel en contrepartie des activités composants et électroniques.
    • Les activités lampes (Mazda) sont cédées à Philips (1983), ainsi que d'autres secteurs : câbles (à la CGE), froid (Bonnet).
    • En 1987, un échange de participations transfère la Compagnie Générale de Radiologie à General Electric en échange du label de musique RCA, qui est fusionné avec les activités d'électronique grand public dans Thomson Consumer Electronics tandis que l'électroménager est regroupé dans Thomson Électroménager.
    • L'entité Thomson composants, qui regroupe les activités semi-conducteurs de la CGE, du CEA et de Saint-Gobain est fusionnée avec l'entreprise italienne SGS Microelettronica (Società Generale Semiconduttori). La nouvelle entité, SGS-Thomson, deviendra STMicroelectronics après le retrait de Thomson en 1998.
    • En 1989, Sextant Avionique (Thomson-CSF : 66 %, Aerospatiale : 34 %) regroupe EAS (filiale d'Aérospatiale), Crouzet, SFENA et les activités aviation civile de Thomson-CSF.
    • 1990 : Rachat des activités militaires de Philips (TRT en France, Signaal aux Pays-Bas)
    • Le secteur électroménager est cédé à l'italien ELFI (connu par sa marque Zanussi) en 1992.
  • Parallèlement, en 1983 est créée la SIMIV (Société Internationale de Micro-Informatique et de Vidéo), autrement appelée Thomson Micro-Informatique, qui a fabriqué des micro-ordinateurs familiaux. Bénéficiant du Plan informatique pour tous, ces ordinateurs ont été largement implantés dans les écoles françaises. L'entreprise a déposé le bilan en 1989.

Privatisation et changement de nom[modifier | modifier le code]

  • En 1995, Thomson Consumer Electronics est renommé Thomson Multimédia qui deviendra Thomson SA
  • Juin 1998 Privatisation de Thomson-CSF.
  • 1998 Denis Ranque est le premier président-directeur général de la Thomson-CSF privatisée.
  • 5 décembre 2000 Thomson CSF devient Thales.

Quelques inventions ou importantes contributions scientifiques et techniques[modifier | modifier le code]

  • Première émission publique de radiodiffusion (Emile Girardeau, CSF, 1922).
  • Mise au point du magnétron et du radar (Maurice Ponte, CSF, 1934-1939).
  • Munitions à charge creuse (Edgar Brandt, 1939-1946).
  • La technique Vapotron (Charles Beurtheret, CFTH, 1950) augmente de manière spectaculaire la puissance des tubes d'émission.
  • Invention du carcinotron (Epsztain, CSF, 1951).
  • Première transmission de télévision en Eurovision: le couronnement d'Elisabeth II (CSF, 1953).
  • Brevets sur le vidéodisque (,LCR, ?).

Présidents du conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'entreprise partagée ? Une pratique différente des relations sociales — L'expérience Thomson-CSF, Robert Thomas (pseudonyme d'une équipe sous la direction de Pierre Beretti et avec le concours de Jean-Pierre Thiollet), Paris, Maxima-Laurent du Mesnil éditeur, 1999[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site de Communemoire à propos De la Société Française de Radioélectricité à STMicroelectronics en passant par Thomson CSF, 50 ans d'histoire de la micro-électronique dans le bassin Grenoblois.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Pierre Pujes, Un siècle d'électronique, Histoire du groupe Thales, 2004
  2. Jacques Marseille, Société industrielle et travail domestique : l’électroménager en France, XIXe-XXe siècle, L’Harmattan,‎ 2003 (ISBN 9782747539975, lire en ligne), p. 370.
  3. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hes_0752-5702_1990_num_9_1_1570
  4. Jacques Attali, Verbatim: Chronique des années 1981-1986, Fayard,‎ 28 avril 1993, jeudi 11 juin 191
  5. http://books.google.fr/books?id=zckyeW_L3yMC&pg=PA2&lpg=PA2&dq=Thiollet+Jean-Pierre&source=bl&ots=g4fm3D1KG_&sig=maJRtSe5HNtp_iNt8OLo4eSmhnc&hl=en&sa=X&ei=1YB6ULT5KcaBhQfpz4HgCQ&redir_esc=y#v=onepage&q=Thiollet%20Jean-Pierre&f=false