Léon Francq

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Léon Francq

Naissance 18 mars 1848
Maubeuge France
Décès 24 novembre 1930
Villennes-sur-Seine France
Nationalité Drapeau de la France France
Diplôme
Ingénieur civil
Activité principale concepteur de locomotives,
Industriel des chemins de fer et tramways
Formation

Léon Francq, né le 18 mars 1848 à Maubeuge, mort le 24 novembre 1930 à Villennes-sur-Seine[1], [2], est un ingénieur français, diplômé de l'École des arts industriels et des mines (École centrale de Lille). Il fut ingénieur concepteur de locomotives, industriel des chemins de fer, entrepreneur et concessionnaire exploitant de lignes de tramways[3].

L'inventeur[modifier | modifier le code]

Locomotive sans foyer pour tramway, système Lamm & Francq, type 020, construite en 1888 par Fives-Lille.
locomotive Francq à eau surchauffée du tramway Paris - Saint-Germain à la station de la place de l'étoile à Paris
Autre vue d'une locomotive Francq, également au terminus parisien du PSG, Place de l'Étoile

Léon Francq[4] est inventeur d'un procédé de moteur à vapeur pour locomotive fonctionnant à la vapeur comprimée[5], [6], [7], [8], [9]. Il déposa un brevet dans différents pays d'Europe et fit des communications de ses innovations entre 1875 et 1885[10], [11].


L'industriel[modifier | modifier le code]

Les locomotives Francq[modifier | modifier le code]

Léon Francq introduisit en France, en la perfectionnant notablement, la machine sans foyer mise en service par le docteur Emile Lamm sur les tramways de La Nouvelle-Orléans à Carrollton.

Il s'agissait de séparer le lieu de production de vapeur, établi à poste fixe, de la machine à vapeur elle-même, qui constituait la locomotive de la rame et d'utiliser la capacité calorifique de l'eau surchauffée contenue dans le réservoir.

Le système comprenait notamment les éléments suivants :

  • Le réservoir de vapeur soigneusement isolé, situé sur la locomotive, et constitué d'un réservoir en grande partie rempli d'eau que l'on échauffe progressivement par un courant de vapeur de manière à la porter à 200°, ce qui correspond à 15 atmosphères de pression (le temps de remplissage des machines utilisées sur la ligne Rueil - Marly durait vingt minutes pour un réservoir de 1800 litres) ;
  • Un détendeur automatique dans lequel se rend la vapeur sortant du dôme, ce détendeur permettant de détendre la vapeur pour la mettre à la pression d'utilisation des pistons ;
  • Une distribution et des cylindres avec leurs pistons classiques de toute d'une machine à vapeur, la distribution permettant toutefois de faire usage de la détente, ce qui n'existait pas dans les machines primitives de Lamm.
  • Un condenseur à air, permettant d'économiser l'eau de la vapeur, et de limiter fortement le bruit de l'échappement.

La vapeur surchauffée était produite dans les dépôts par des chaudières industrielles, plus efficaces que les chaudières tubulaires utilisées dans les chemins de fer[12], [13].

En 1878, Léon Francq fit une démonstration de fonctionnement de sa locomotive à vapeur sur la ligne de tramway de Rueil-Malmaison à Marly-le-Roi[14]. Plusieurs machines sont ensuite mises en service et la ligne prolongée vers Paris et vers Saint-Germain[15]. Elles furent aussi utilisées sur la ligne annexe de Saint-Germain à Poissy[16].

Outre Paris, les locomotives Francq furent utilisées sur plusieurs réseaux français : Lille (1878), Rouen (1878), Lyon (1888)[17], Marseille (1893) Le Chemin de Fer de l’Est de Marseille[18], ainsi que sur des réseaux belges, espagnols, au Moyen-Orient et en Asie (Java).

Elles étaient toujours en service à Lyon en 1905[19] et à Paris jusqu'en 1911, sur la partie de la ligne du tramway Paris - Saint-Germain allant de la place de l’Étoile à Courbevoie[20].

Les lignes de chemins de fer et concessions d'exploitation de tramways[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu la concession des tramways de Versailles en 1876[21], [22], Léon Francq fournit des locomotives de tramways à Paris et dans plusieurs autres villes de France.

Il introduit en substitution des moyens hippomobiles, la traction à vapeur « non polluante » pour les tramways utilisant des locomotives selon le procédé Francq[20].

Il participa aussi aux études du métropolitain de Paris[23], [24].

La Compagnie continentale d'exploitation des locomotives sans foyer[modifier | modifier le code]

La compagnie continentale d'exploitation des locomotives sans foyer[25], exploitant les brevets Lamm et Francq, a conçu des voitures automotrices et locomotives à vapeur.

Lors de l'exposition universelle de 1900 à Paris, la compagnie indiquait avoir fourni son système de traction Francq à quinze compagnies de tramways en Europe et dans le monde entier (jusqu'aux Indes orientales néerlandaises, pour le Chemin de fer sur route de Batavia à Kramot et Meester Cornelis)[26], [27]. En 1900, elle avait également construit des locomotives de manœuvre pour 9 entreprises (avec et sans foyer), et des transbordeurs pour quinze clients[26].

Léon Francq est président directeur de la compagnie continentale d'exploitation des locomotives sans foyer, administrateur de la société des voies ferrées des Alpes françaises, administrateur délégué de la compagnie des tramways mécaniques des environs de Paris (TMEP)[28].

Le tramway électrique[modifier | modifier le code]

Léon Francq contribua aussi au tramways électrique Lille-Roubaix-Tourcoing dont il conçut le rail à ornière. Lorsqu'Alfred Mongy créa la Compagnie des Tramways et Voies Ferrées du Nord, il devint vice-président du Conseil d'administration de lÉlectrique Lille-Roubaix-Tourcoing, concessionnaire de la ligne de tramways en 1909[29].

Le Comité national d'action pour la réparation des dommages de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Médaillé de la Reconnaissance française pour services rendus aux réfugiés et aux sinistrés de la Première Guerre mondiale, Léon Francq fut le président fondateur du Comité national d'action pour la réparation intégrale des dommages causés par la Guerre[30].

Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Léon Francq, un homme d'initiatives », sur http://histoire.villennes.free.fr (consulté le 9 janvier 2011)
  2. « Mois scientifique - Nécrologie », Larousse mensuel illustré : revue encyclopédique universelle / publiée sous la direction de Claude Augé, Larousse (Paris), no 287,‎ janvier 1931 (ISSN 09960120, lire en ligne)
  3. a et b G. Ruffy, Qui êtes-vous ? : annuaire des contemporains - notices biographiques, ed. Delagrave,‎ 1924 (lire en ligne), p. 306-307
  4. http://books.google.fr/books?id=uYkKu9GBMQoC&pg=PA169&dq=compagnie+des+tramways+%C3%A9lectriques+Nord-Parisiens&hl=fr&ei=F6WMTYOqMIGh8QPEnOGgDw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CDQQ6AEwADgK#v=onepage&q&f=false
  5. Léon Francq, Société des ingénieurs civils. Chemin de fer métropolitain de Paris. Traction : locomotives à foyer, système funiculaire, moteurs électriques, machines à air comprimé, locomotives à vapeur sans foyer., Paris, Impr. nouvelle, coll. « Société des ingénieurs civils. Chemin de fer métropolitain de Paris. Éditeur scientifique »,‎ 1890
    (notice BnF no FRBNF30460495x)
  6. Léon Francq, La Locomotive sans foyer appliquée aux tramways et aux chemins de fer sur routes, système Francq et Lamm, coll. « Association française pour l'avancement des sciences / Congrès de Paris du mois d'août 1878 »
    (notice BnF no FRBNF30460492w)
  7. J. Lavollay, « Locomotive sans foyer : Système Francq », L'Élève-ingénieur. Journal hebdomadaire des élèves de l'Institut industriel du Nord de la France (I.D.N.), no 4,‎ 11 novembre 1894, p. 25-26 (lire en ligne) (notice BnF no FRBNF32766138h)
  8. Gustave Flourens, La Locomotive sans foyer de M. Léon Francq et son application aux chemins de fer vicinaux et aux tramways, Lille, Impr. de L. Danel,‎ 1876 (notice BnF no FRBNF304447610)
  9. Locomotive à foyer, à grand volume d’eau et de vapeur accumulée - Système Léon Francq et Mesnard - Auteur : D.-A. CASALONGA, 1892 ; Base de données historique de l’Association française pour l’avancement des Sciences (1872-1914)
  10. Machines sans foyer avec ou sans soude (lettre de M. Léon Francq) ; Mémoires et compte rendu des travaux de la Société des ingénieurs civils ; Vol. 43, 1885, 1er semestre ; Société des ingénieurs civils, 1885
  11. Léon Francq, La Locomotive sans foyer : étude comparative des divers systèmes de locomotive proposés pour la traction des chemins de fer vicinaux et des tramways, Paris, Dunod,‎ 1876 (notice BnF no FRBNF30460491)
  12. A. Sampité, op. cit. en bibliographie page 363
  13. C. M. Gariel, « Locomotives sans foyer, système E. Lamm et L. Francq », La Nature, revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l'industrie, no 284,‎ 9 novembre 1878, p. 375-378 (lire en ligne)
  14. « Histoire générale des transports - 1887-1900 : l'épanouissement de la traction mécanique », sur http://www.amtuir.org (consulté le 10 janvier 2010)
  15. (en) Tramway info, Compressed Air Trams -en bas de page-
  16. Gallica - Image du tramway de Saint-Germain à Poissy au sommet de la rampe de Poissy
  17. [PDF] « À la découverte des lignes du réseau TCL : Ligne 23 », Lyon en lignes - Le Mag n°33,‎ Février 2006 (consulté le 11 janvier 2011)
  18. Jean Contrucci, L'énigme de la Blancarde, Éditions Jean-Claude Lattès,‎ 2002 (ISBN 2709623803, lire en ligne)
  19. Vuchic et Horn, op. cit. en bibliographie, page 13 du fichier
  20. a et b (en) « Tramway information : Paris Lamm & Francq Fireless Steam Tram 20, Étoile », sur http://www.tramwayinfo.com/,‎ 2009 (consulté le 10 janvier 2011)
  21. « Décret du 20 mai 1876 qui approuve le traité entre la Ville de Versailles et les sieurs Francq, pour l'établissement et l'exploitation d'un réseau de voies ferrées à traction de chevaux dans ladite ville », Annales des ponts et chaussées, vol. VII, no 149,‎ 1877, p. 484-492 (lire en ligne)
  22. D. K. Clarck, op. cit. en bibliographie, page 239.
  23. Léon Francq, Chemin de fer métropolitain. : Recueil des articles publiés dans le journal "le Métropolitain", à propos de la traction du Métropolitain parisien, Paris, E. Bernard,‎ 1892 (notice BnF no FRBNF304604906)
  24. Claude Berton, Alexandre Ossadrow et Christiane Filloles-Allex, Fulgence Bienvenüe et la construction du métropolitain de Paris, Presses des Ponts et Chaussées,‎ 2007 (ISBN 978-2-85978-422-5, lire en ligne), p. 45
  25. Compagnie continentale d'exploitation des locomotives sans foyer, Traction à vapeur sans feu : Résultats pratiques et économiques obtenus par les compagnies de tramways faisant usage du moteur à vapeur sans feu ou locomotive sans foyer, système L. Francq, Paris, imp. de Chaix,‎ 1893 (notice BnF no FRBNF33314854m)
  26. a et b Ministère du commerce, de l'industrie, des postes et des télégraphes, Exposition universelle internationale de 1900 à Paris : Rapports du jury international, Groupe VI. - Génie civil. - Moyens de transport. Deuxième partie. Classes 32 (Tome I), Imprimerie nationale,‎ 1902 (lire en ligne), p. 85-86
  27. Extrait du rapport de la Société indo-néérlandaise de tramways, présenté à l'assemblée générale des actionnaires réunis à Amsterdam le 8 décembre 1887 : Traction au moyen de locomotives à vapeur sans feu. Système Lamin et Francq, Paris, imp. de Chaix,‎ 1888 (notice BnF no FRBNF33386965g)
  28. Annuaire des anciens élèves de l'Institut industriel du Nord, édition publiée en 1900 (notice BnF no FRBNF326959874)
  29. « Inauguration des nouvelles lignes de tramways du Boulevard Lille - Roubaix - Tourcoing », le Progrès du Nord et du Pas-de-Calais, no 339,‎ 5 décembre 1909 (lire en ligne)
  30. Revue des dommages de guerre : Organe des sinistrés, Paris,‎ 1919 (notice BnF no FRBNF32858365, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Kinnear Clarck et M. O. Chemin, Tramways : Construction et exploitation [« Tramways, their construction and working... with special reference to the tramways of the United Kingdom »], Dunod,‎ 1880 (lire en ligne), p. 239-240 (notice BnF no FRBNF30246955)
  • A. Sampité, Les chemins de fer à faible trafic en France : Lignes secondaires des grands réseaux, chemins de fer d'intérêt local et tramways à vapeur - établissement et exploitation, Baudry et cie,‎ 1888 (réimpr. 2010 par BiblioLife), 467 p. (ISBN 9781145904347, lire en ligne), « Tramways à traction de locomotives sans foyer », p. 363-375 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Peter S. Soppelsa, The Fragility of Modernity: Infrastructure and Everyday Life in Paris, 1870-1914, The University of Michigan,‎ 2009 (lire en ligne)