André Blondel

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André Blondel

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Naissance 28 août 1863
Chaumont (France)
Décès 15 novembre 1938
Paris (France)
Domicile Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Champs physicien et ingénieur
Institutions Service des phares et balises
Académie des sciences
Formation lycée de Dijon
École polytechnique
École des ponts et chaussées
Renommé pour oscillographe bifilaire
loi de Blondel-Rey
lumenmètre d'Ulbricht-Blondel
Distinctions prix Hébert, médaille Mascart, médaille Kelvin, médaille Faraday, médaille Gustave Trasenster, prix Montefiore, commandeur de la Légion d'honneur

André Eugène Blondel, né à Chaumont (Haute-Marne) le 28 août 1863 [1] et mort le 15 novembre 1938 à Paris, est un ingénieur français. Il est cousin germain du philosophe Maurice Blondel[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

André Blondel est le fils unique d'Hippolyte Blondel (1823-1918) et de Noémie Mielle (1839-1873), mariés en 1861 à Charolles. Il n'a pas dix ans lorsqu'il perd sa mère, en mai 1873 [3]. En 1883 son père, Hippolyte, alors conseiller à la cour d'appel de Dijon, est frappé par les mesures d'exclusion prononcées à la faveur de la suspension provisoire de l'inamovibilité des juges (loi du 30 août 1883) et admis de façon anticipée à faire valoir ses droits à la retraite[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Élève de l'École polytechnique de 1883 à 1885, André Blondel sort major de l'École des ponts et chaussées en 1888 [5]. Parallèlement, il obtient les licences de sciences mathématiques et physiques respectivement en 1885 et 1889. Il est d'abord pendant un an attaché au secrétariat du Conseil général des ponts et chaussées avant d'être, le 1er octobre 1889, attaché au Service central des Phares et balises. Ingénieur en chef de 2e classe en 1908, puis de 1re classe en 1912 [6], il restera au Service des Phares jusqu'à sa retraite en 1927.

Il est, pendant l'année 1892-1893, professeur suppléant d’électricité appliquée à l’École des Mines puis crée en 1893 le cours d’électricité appliquée à l’École des Ponts et chaussées. De 1915 à 1918 il préside la commission technique des applications militaires de l’électricité.

Travaux[modifier | modifier le code]

Électrotechnique[modifier | modifier le code]

  • Dès 1893 Blondel invente l'oscillographe bifilaire[7],[8],[9], appareil permettant l'étude graphique des courants alternatifs. Il invente également un hystérésimètre et un wattmètre.
  • Le premier, il explique mathématiquement l'effet de l'inertie dans la mise en marche des alternateurs. Il est l'auteur de travaux sur les moteurs asynchrones, la traction électrique et la goniométrie sonore. Il est l'un des pionniers du transport de l'énergie électrique à grande distance et à très haute tension. Avec le concours d'Émile Harlé et de Mahl, il propose l'établissement d'une très importante usine hydroélectrique à Génissiat.

Radioélectricité[modifier | modifier le code]

Photométrie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

André Blondel (1863-1938), timbre de 1942
  • Comme l'écrivit lui-même André de Rouville, inspecteur général des Ponts et chaussées, directeur des Phares et balises, en 1942 : « Le Service français des Phares et balises, fidèle à sa tradition, devait à la mémoire de A. Blondel d'honorer et de perpétuer le nom d'un de ses plus éminents collaborateurs en l'attribuant à l'un de ses bateaux de service »[24]. C'est ainsi que le Service attribua en 1939 [25] le nom André Blondel au baliseur Finistère construit en 1933 aux chantiers Augustin-Normand du Havre. Ce baliseur termina sa carrière maritime en 2003 à la subdivision des Phares et balises du Verdon-sur-mer[26],[27].
  • Un timbre-poste à l'effigie d'André Blondel fut émis en 1942, à l'occasion de la commémoration organisée le 21 mars 1942 à la Sorbonne[28].
  • Une médaille d'honneur, la médaille André Blondel, attribuée par la SEE, a été créée en 1942 pour perpétuer le souvenir de ce grand scientifique.
  • Lors de la première séance que put tenir à nouveau publiquement l'Académie des sciences à la Libération le 18 décembre 1944, Louis de Broglie, secrétaire perpétuel, donna lecture d'une notice sur La vie et l'œuvre d'André Blondel [29].
  • L'ouvrage hydroélectrique de Donzère-Mondragon, construit entre 1949 et 1952 sur le Rhône, a été baptisé « usine André-Blondel »[30].
  • Le centenaire de la naissance d'André Blondel fut célébré le 15 mai 1963 au Conservatoire national des arts et métiers, en donnant lieu à une allocution de Louis de Broglie[31] et à des conférences commémoratives de MM. Ailleret, de Rouville (directeur honoraire du Service central des phares et balises) et Fleury[32].
  • L'unité de luminance a un temps été dénommée le blondel.
  • Le type d'appareil de mesure du flux lumineux basé sur l'utilisation d'une sphère intégrante est quelquefois désigné sous le nom de « lumen-mètre d'Ulbricht-Blondel »[33],[34],[35].
  • Son buste, par Georges Guiraud en 1943, figure dans la collection des bustes de l'École des ponts et chaussées[36].
  • Un amphithéâtre de Supélec est dénommé « amphi Blondel ».
  • La promotion 1989 de l'ESEO a été baptisée « promotion Blondel »[37].
  • Une exposition lui est consacrée au musée des Arts et traditions populaires de Palinges (Saône-et-Loire) jusqu'au 15 octobre 2014 [38].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait des registres de l'état-civil de la ville de Chaumont, « acte de naissance », sur Léonore (consulté le 14 novembre 2013)
  2. « Blondel André (1863-1938) », sur Université catholique de Louvain (consulté le 21 juillet 2014)
  3. Acte de décès n° 7 du 4 mai 1873, commune de Divonne-les-Bains, « État civil et tables décennales », sur Archives départementales de l'Ain (consulté le 12 septembre 2014)
  4. Décret du 17 septembre 1883, « Partie officielle », Journal officiel de la République française, no 255,‎ 18 septembre 1883, p. 4873-4875 (lire en ligne)
  5. « Liste générale des élèves du corps et des élèves civils de l’Ecole des ponts et chaussées 1744-1930 », sur Ecole nationale des ponts et chaussées (consulté le 16 novembre 2013)
  6. a et b « Résumé des services, titres et travaux de M. André Blondel », sur Léonore,‎ 1919 (consulté le 16 novembre 2013)
  7. Georges Bruhat (préf. G. Goudet), Électricité, Paris, Masson,‎ 1959 (1re éd. 1923), chap. XXIX (« Actions électromagnétiques »), p. 576-577
  8. (en) Vivian J. Phillips, Waveforms : A History of Early Oscillography, A. Hilger,‎ 1987, 259 p. (lire en ligne), p. 162
  9. Jean-Marc Ginoux et René Lozi, « Blondel et les oscillations auto-entretenues », Arch. Hist. Exact Sci., vol. 66, no 5,‎ septembre 2012, p. 485-530 (ISSN 0003-9519, lire en ligne)
  10. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 126, janvier-juin 1898, p. 133-135 : « Prix Gaston Planté », sur Gallica (consulté le 17 novembre 2013)
  11. Conjointement avec F.-P. Dubois pour l'ouvrage La traction électrique sur voies ferrées, prix partagé d'autre part avec P. Janet qui le reçoit pour son Cours d'électricité industrielle, cf. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 127, juillet-décembre 1898, p. 1139-1140 : « Prix Kastner-Boursault », sur Gallica,‎ 19 décembre 1898 (consulté le 17 novembre 2013)
  12. Avec Spiridion Psaroudaki pour les globes holophanes, cf. (en) « The John Scott Award, PA, Award Recipients 1891-1900 », sur Garfield library (consulté le 16 novembre 2013)
  13. Groupe 71 Applications diverses de l'électricité, cf. Henry Hamelle, P.H. Remon et J.M. Ganne, Exposition internationale de Saint-Louis : rapport général, t. 2, M. Vermot, 596 p. (lire en ligne), p. 454
  14. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 147, juillet-décembre 1908, p. 1136 : « Prix Hébert », sur Gallica,‎ 7 décembre 1908 (consulté le 17 novembre 2013)
  15. « Editorial », La Lumière électrique, sur Conservatoire national des arts et métiers,‎ 19 décembre 1908 (consulté le 17 novembre 2013), p. 254
  16. (en) « IEEE honorary membership history », sur IEEE global history network (consulté le 16 novembre 2013)
  17. « Liste des membres, correspondants et associés étrangers de l'Académie des sciences depuis sa création en 1666 B », sur Académie des sciences (consulté le 16 novembre 2013)
  18. « Congrès de la houille blanche, 1914 », La houille blanche, sur Société hydrotechnique de France,‎ 1913 (consulté le 18 novembre 2013), p. 353
  19. « Information : Fondation George Montefiore », Bulletin technique de la Suisse romande, vol. 48,‎ 1922, p. 60 (lire en ligne)
  20. (en) « Newly Created Mascart Medal Awarded to André Blondel », Journal of the American Institute of Electrical Engineers, vol. 43, no 5,‎ mai 1924, p. 474 (lire en ligne)
  21. (en) « News and Views », Nature, vol. 124, no 3115,‎ 13 juillet 1929, p. 65
  22. « Médaille d'or du mérite scientifique Gustave Trasenster », sur Association des ingénieurs diplômés de l'université de Liège (consulté le 17 avril 2014)
  23. Décret du 23 février 1927, « cote LH/260/3 », sur Léonore (consulté le 14 novembre 2013)
  24. Commémoration de l'œuvre d'André-Eugène Blondel, Paris, Gauthier-Villars,‎ 1942, 95 p., p. 92-93
  25. Jean-Christophe Fichou, Noël Le Hénaff et Xavier Mével, Phares : Histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France, Le Chasse-Marée • ArMen,‎ 1999, 452 p. (ISBN 2-903708-92-4), p. 329
  26. archives personnelles François Jouison
  27. « Topsham/Port Bloc, destins croisés », sur Conservatoire de l'estuaire de la Gironde (consulté le 5 janvier 2014)
  28. Joseph Bethenod, « André Blondel », Technica, vol. 35,‎ octobre 1942, p. 3-7 (lire en ligne)
  29. « L'Académie des sciences tient sa première séance publique solennelle », Le Monde, no 1,‎ 19 décembre 1944, p. 2
  30. « Bollène - Usine-barrage André-Blondel », sur ministère de la Culture et de la communication (consulté le 16 novembre 2013)
  31. « 42 J - Fonds Louis de Broglie », sur Académie des sciences (consulté le 17 avril 2014), p. 88
  32. Commémoration du centenaire de la naissance d'André Blondel - 1863-1938, Sodel,‎ 1963, 16 p.
  33. P. Fleury et J.-P. Mathieu, Physique générale et expérimentale : Lumière, Paris, Eyrolles,‎ 1961, 532 p., p. 103
  34. Daniel Chateigner, « Photométrie », sur Ensicaen (consulté le 21 novembre 2013)
  35. (it) « Ulbricht, Friedrich Richard », sur Sapere (consulté le 21 novembre 2013)
  36. « Collection des bustes », sur École des Ponts ParisTech (consulté le 3 septembre 2014)
  37. « Le mot du président », sur Visages ESEO (consulté le 4 septembre 2014)
  38. « Musée des Arts et traditions populaires », sur Bourgogne Tourisme (consulté le 5 septembre 2014)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]