École nationale des ponts et chaussées

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
École nationale
des ponts et chaussées
Image illustrative de l'article École nationale des ponts et chaussées
Nom original École royale des ponts et chaussées
Informations
Fondation 1747
Fondateur Daniel-Charles Trudaine
Type Grande école d'ingénieurs publique
Budget 51 500 000 €
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 28″ N 2° 35′ 16″ E / 48.841111, 2.58777848° 50′ 28″ Nord 2° 35′ 16″ Est / 48.841111, 2.587778  
Ville Champs-sur-Marne, Marne-la-Vallée
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Campus Campus Descartes
Direction
Directeur Armel de La Bourdonnaye[1]
Chiffres clés
Enseignants 1153
Enseignants-chercheurs 350
Chercheurs 187 directeurs de recherche
Étudiants 1230, dont 560 élèves-ingénieurs
Niveau Bac+5 à Bac+8 (Doctorat)
Diplômés/an 180 environ
Divers
Affiliation Université Paris-Est, Réseau ParisTech, CGE, CDEFI, G16+, TIME
Site web www.enpc.fr/

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
École nationale des ponts et chaussées

L'École nationale des ponts et chaussées, créée en 1747 par Daniel-Charles Trudaine sous le nom d'École royale des ponts et chaussées, est une grande école française, dont la vocation est essentiellement de former les cadres de l'ingénierie et du génie civil. Elle est renommée École nationale des ponts et chaussées (ENPC) en 1775 et est couramment dénommée par métonymie, « ponts et chaussées » ou encore les « ponts ». Aujourd'hui située à Champs-sur-Marne, au cœur de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée sur le campus de la Cité Descartes, elle est placée sous la tutelle du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

Le 1er juillet 2008, l'école adopte comme nom de marque « École des Ponts ParisTech » pour confirmer son engagement au sein de ParisTech dont elle fait partie.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

À la suite de la création du corps des ponts et chaussées en 1716, un arrêt du conseil du roi décide en 1747 de la mise en place d'une formation spécifique des ingénieurs d'État, l'École royale des ponts et chaussées, fondement de la future École nationale des ponts et chaussées, mise en place par Daniel-Charles Trudaine. Il s'agit alors du début du contrôle progressif et efficace par l'État de la construction des routes, ponts et canaux et de la formation des ingénieurs du génie civil. Auparavant, seigneurs, guildes et ordres monastiques partageaient avec l'État cette compétence et le recrutement des techniciens se faisait au coup par coup. En 1775, l'École prend le nom actuel d'École nationale des ponts et chaussées.

Le premier directeur, en place de 1747 à 1794, fut Jean-Rodolphe Perronet, ingénieur, administrateur et érudit participant notamment à l'élaboration de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, dirigée par Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert. Sans enseignant, la cinquantaine d'élèves, dont Lebon, Bernardin de Saint-Pierre, Pierre-Simon Girard, Riche de Prony, Méchain et Brémontier, était dans un premier temps formée par auto-apprentissage dans les domaines de la géométrie, l'algèbre, la mécanique, l'hydraulique. La visite de chantiers, des collaborations d'apprentissage auprès des savants et seigneurs et la participation au levé de la carte du royaume complétait leur formation, d'une durée de quatre à douze ans.

L'accroissement des prérogatives des ingénieurs des ponts et chaussées, portant progressivement sur tout projet d'aménagement du territoire, entraîna l'apparition lors de la Révolution française de critiques à l'encontre d'une politique perçue comme étant autoritaire. Parallèlement fut créée l'École polytechnique en 1794, institut visant à rehausser le niveau d'entrée des élèves des écoles des Ponts, des Mines, et du Génie militaire notamment.

Un essor lié aux grands travaux et à l'industrialisation[modifier | modifier le code]

De nombreux ingénieurs des Ponts (Barré de Saint-Venant, Belgrand, Biot, Cauchy, Coriolis, Dupuit, Fresnel, Gay-Lussac, Navier, Saint-Far, Vicat) participèrent sous le Premier Empire à la reconstruction du réseau routier, non entretenu durant la Révolution, et aux nombreux projets d'aménagement d'envergure, notamment hydrauliques. Cet accroissement des travaux et de leur complexité imposa une adaptation de l'enseignement de l'École, qui devait également faire face à l'apparition d'une société où l'industrialisation et la mobilité faisaient leur entrée.

Un décret de 1851 définit l'organisation des cours, la rédaction d'un emploi du temps annuel, la qualité des professeurs et le contrôle du travail des élèves. De plus, il ouvrit l'École aux élèves non-issus de Polytechnique, qu'ils soient français ou étrangers, et aux auditeurs libres. Des classes préparatoires furent créées en 1875, afin de suppléer au niveau d'instruction moindre de ces nouveaux élèves.

Le développement des infrastructures et réseaux de déplacement de la fin du XIXe siècle fut fortement marqué par les ingénieurs des ponts et chaussées dont plusieurs sont devenus célèbres : Becquerel, Bienvenüe, Caquot, Carnot, Colson, André Coyne, Freyssinet, Résal, Paul Séjourné, Paulin Talabot… C'est à cette époque que les traits caractéristiques de l'École furent quasi-définitivement établis, en dehors des adaptations aux progrès des techniques et des créations de chaires d'enseignement nouvelles, telles que l'électricité appliquée, l'économie politique, l'économie sociale, l'urbanisme, les bases aériennes.

Les années 2000 ont été marquées par l'augmentation importante de la banque et de la finance dans les carrières à la sortie de l'École, attirant notamment des critiques[2],[3]. Comme pour d'autres écoles d'ingénieurs, l'importance des effectifs de jeunes diplômés qui entrent dans la finance[4] suscite des interrogations au vu de l'éloignement par rapport aux missions commerciales ou industrielles auxquelles préparait leur enseignement[5], dans un contexte où la finance est accusée d'asphyxier l'industrie.

Une institution modernisée[modifier | modifier le code]

Nouveaux locaux de l'École des Ponts ParisTech partagés avec l'École nationale des sciences géographiques.

C'est après la Seconde Guerre mondiale que l'École s'ouvre au monde économique et accroît sensiblement les effectifs, répondant à la demande croissante d'ingénieurs tant pour le corps des ponts et chaussées que pour le secteur privé. Une importante diversification des enseignements eut également lieu.

L'année 1983 est marquée par d'importantes réformes portant sur le recrutement, le programme, les méthodes pédagogiques et les liaisons avec la recherche et les entreprises et par l'apparition de formations continues. De plus, le laboratoire de recherche, supprimé après la Seconde Guerre mondiale, est réintroduit dans l'École pour répondre au besoin de lier enseignement et recherche.

Hall de l'École des Ponts.

En mai 2005, l'ENSTA ParisTech et l'École se sont rapprochés pour offrir la possibilité aux élèves de l'une des écoles de terminer leur cursus ingénieur dans l'autre. Entre 1997 et 2008, l'École est principalement installée à Champs-sur-Marne sur le site du campus de la Cité Descartes, mais conserve également son implantation à Paris au 28 rue des Saints-Pères; cette situation a changé en septembre 2008, à la suite de la vente de l'hôtel de Fleury par l'État. Les locaux de l'École sont agrandis sur le campus de la Cité Descartes, avec notamment la construction d'un bâtiment "Descartes +" qui accueillera les derniers laboratoires et salles de cours qui ne sont aujourd'hui pas situés dans le bâtiment principal de l'École à Champs-sur-Marne.

Par ailleurs, l'École des Ponts ParisTech fait partie des pôles de recherche et d'enseignement supérieur ParisTech et Université Paris-Est.

L'appartenance à ParisTech permet aux élèves de l'École d'effectuer des options ou leur troisième année dans une autre école de ParisTech.

À compter de 2011, l'École des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP) lui est rattachée au titre de l'article L.719-10 du code de l'éducation[6].

Enseignement et recherche[modifier | modifier le code]

Formations[modifier | modifier le code]

Grâce à de fortes compétences en génie civil, environnement, transport, urbanisme, mécanique, logistique, mathématiques appliquées, économie, finance et management, l'école des Ponts ParisTech est capable d'offrir des programmes d'enseignement de haut niveau dans un vaste champ de domaine.

L'École des Ponts ParisTech fait partie des grandes écoles dites généralistes. Les étudiants reçoivent en effet une éducation large et orientée vers le management et accèdent rapidement à des postes d'excellence dans l'industrie.

Trois principaux types de cursus sont proposés :

En 1987, l'École des Ponts ParisTech a créé son MBA in International Business, où enseignent chaque année des professeurs issus d'universités de premier plan des cinq continents. Basé à la Maison des Ponts, au cœur de Paris, le MBA des Ponts dure 10 mois et offre quatre options de spécialisation:

  • Solvay-Ponts MBA
  • Tri-Continent MBA en double-diplôme avec Temple University (États-Unis)

Les experts et managers en activité peuvent également obtenir un Executive MBA en 2 ans (1 week-end par mois), en double-diplôme avec Temple University (États-Unis)

Par ailleurs, en décembre 2011, l'école a signé une convention de partenariat avec l'École nationale de l'aviation civile et l'Académie internationale Mohammed VI de l'aviation civile prévoyant le lancement en mars 2012 à Casablanca[7] d'un executive MBA in aviation management s'adressant à des cadres du secteur aéronautique[8]. Depuis 2013, l'école propose un programme MBA en commun[9] avec la Solvay Brussels School of Economics and Management.


L'École des Ponts ParisTech est également une école d'application de l'École polytechnique, et forme les ingénieurs du Corps des Ponts.

Départements[modifier | modifier le code]

Façade de l'École des Ponts.

La formation du diplôme d'ingénieur s'articule autour de six départements, à savoir :

  • Génie Civil et Construction
  • Ville, Environnement, Transport
  • Génie Mécanique et Matériaux
  • Ingénierie Mathématique et Informatique
  • Sciences Économiques, Gestion, Finances
  • Génie Industriel

Un cursus sensibilisant à l'architecture (la filière "structure et architecture"), permettant de jouir du titre d'Ingénieur architecte, et même du diplôme d'architecte via une formation supplémentaire, est proposé en parallèle au cursus Génie Civil et Construction.

Cette formation est proposée en partenariat avec l'école d'architecture voisine, l'École d'architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée.

Activités de recherche[modifier | modifier le code]

Les travaux de recherche au sein de l'école s'inscrivent dans les disciplines suivantes (le nom du laboratoire correspondant est entre parenthèses)

  • Phénomènes atmosphériques (CEREA)
  • Eau, ville et environnement (LEESU)
  • Calcul scientifique (CERMICS)
  • Technologies de l'information (IMAGINE)
  • Environnement et développement (CIRED)
  • Sciences sociales et urbanisme (LATTS)
  • Transport et urbanisme (LVMT)
  • Économie (PSE)
  • Mécanique des sols (CERMES), des matériaux (LAMI), des matériaux et structures en génie civil (LMSGC), regroupées au sein de l'UMR Navier

L'École des Ponts ParisTech était également le développeur principal de Scilab avec l'INRIA jusqu'en 2007.

Le Laboratoire central des ponts et chaussées ou LCPC a été un Établissement public à caractère scientifique et technologique[10], indépendant de l'École des Ponts ParisTech. Il a fusionné avec l'INRETS pour former l'IFSTTAR le 1er janvier 2011.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Anciens élèves et professeurs[modifier | modifier le code]

Augustin Louis Cauchy

Parmi les anciens élèves connus (Français sauf précision) :

Parmi les professeurs du présent et du passé :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Communiqué de presse relatif à la nomination d'Armel de La Bourdonnaye », sur enpc.fr,‎ 6 août 2012 (consulté le 22 août 2012)
  2. Finances : les petits génies français font profil bas, article du Point du 11 avril 2012.
  3. L'X sert-elle vraiment à quelque chose?, article de François Garçon du 18 octobre 2011 sur le site du Nouvel Observateur.
  4. "Métiers de la finance : tapis rouge pour les ingénieurs !", dans Le Journal des Grandes Écoles" du 17 mai 2011 [1]
  5. "Des candidats en quête de sens", dans Le Figaro du 14/10/2007 [2]
  6. Décret no 2011-516 du 11 mai 2011.
  7. « UN NOUVEL EXECUTIVE MBA POUR L’AVIATION », sur le site www.leconomiste.com,‎ 13 décembre 2011 (consulté le 14 décembre 2011)
  8. « L'AIAC lance un Executive MBA in Aviation Management », sur le site www.aeronautique.ma,‎ 11 décembre 2011 (consulté le 14 décembre 2011)
  9. (en)Lancement du programme Solvay-Ponts MBA
  10. http://www.lcpc.fr/index2.dml
  11. Site annales.org François Prosper Jacqmin (1820-1889) lire (consulté le 4 janvier 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Décret n° 93-1289 du 8 décembre 1993 modifié relatif à l'École nationale des ponts et chaussées

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]