Saint-Mihiel

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Saint-Mihiel
L'église Saint-Michel et le monument aux morts.
L'église Saint-Michel et le monument aux morts.
Blason de Saint-Mihiel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meuse
Arrondissement Commercy
Canton Saint-Mihiel (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Sammiellois (siège)
Maire
Mandat
Xavier Cochet
2014-2020
Code postal 55300
Code commune 55463
Démographie
Gentilé Sammiellois
Population
municipale
4 479 hab. (2011)
Densité 136 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 53′ 21″ N 5° 32′ 37″ E / 48.889168, 5.54361148° 53′ 21″ Nord 5° 32′ 37″ Est / 48.889168, 5.543611  
Altitude Min. 215 m – Max. 388 m
Superficie 33,00 km2
Localisation

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Saint-Mihiel

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Saint-Mihiel
Liens
Site web saintmihiel.fr

Saint-Mihiel est une ville du nord-est de la France, chef-lieu de canton du département de la Meuse, sur la Meuse. En dialecte, la ville se nommait « Sint-Mié ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Traversée par la Meuse, Saint-Mihiel se situe au centre du département homonyme, à mi-chemin entre Bar-le-Duc et Verdun- 35 kilomètres. Au centre de Saint-Mihiel se situe un pont qui a été remplacé à la suite d'une chute de l'ancien édifice dont on peut encore, si on y fait bien attention, apercevoir les vestiges.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au cours de la Révolution française, la commune porte le nom de Roche-sur-Meuse[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende de la fondation de la ville rapporte que vers 709, le comte Wulfoad, qui revenait de pèlerinage au mont Gargan, et, séjournait au château de Heudicourt, chassait dans la forêt de Castelion, aujourd'hui rebaptisée Saint-Christophe. Ce noble était porteur d'un reliquaire que son chapelain avait accroché aux branches d'un noisetier. Voulant partir et se saisir du reliquaire, la branche se souleva, faisant la même manœuvre à plusieurs reprises avec le même effet[pas clair]. Par ces agissements, il vit en cela un signe provenant du Divin. Il décida alors d'édifier en ce lieu le monastère qu'il voulait créer. Il dota l'abbaye de nombreuses terres dont celles de Godonécourt ; des bénédictins en prirent soin. Saint-Mihiel doit son nom à l'archange Michel qui est le saint protecteur de la commune à qui est dédiée l'abbaye bénédictine. La légende veut que sept méchantes fées auraient voulu engloutir le village de Godonécourt dans les eaux de la Meuse, en y précipitant chacune un rocher. L'Archange Michel intervint alors et c'est ainsi qu'elles laissèrent tomber leurs rochers sur le rivage, là, où ils se trouvent toujours. En 1203, des drapiers de Verdun vinrent s'installer en ville ; ils contribuèrent à son développement.

Monument à la Guerre de 1870 et destructions de la Première Guerre mondiale.

La bourgade restait distincte de l'abbaye et elles eurent chacune leur rempart ; lors des ravages induits par la querelle des Investitures, un château fut construit, en 1090, pour la défense des deux parties. Il en fut ainsi jusqu'en 1301 et le Traité de Bruges qui abandonnait à Albert de Habsbourg le Barrois mouvant à Philippe IV le Bel ; le chef-lieu du Barrois non-mouvant (rive droite de la Meuse, n'étant pas vassale du roi de France) et devenait le chef lieu juridique du Barrois.

La ville fut consacrée chef-lieu de district de 1790 à 1795. Les moines chassés par la Révolution, la ville eut un collège puis après la guerre de 1870 elle devint le siège de la 40e division d'infanterie.

Saint-Mihiel fut occupée pendant quatre ans par les Allemands à partir du 24 septembre 1914, elle fut ensuite au centre d'une importante bataille de la Première Guerre mondiale : le Saillant de Saint-Mihiel, où les Alliés entrèrent le 13 septembre 1918. L'endroit reçut la visite de Raymond Poincaré et de Clemenceau, pour ce qu'il avait subi d'importantes destructions.

Le 16 juin 1940, elle fut de nouveau occupée.
Le 1er septembre 1944, une vingtaine d'otages allaient être exécutés mais furent sauvés par l'avance foudroyante des Américains qui délivrèrent la ville.

Plaque commémorant la tentative d'exécution.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1815 1815 Charles Joseph Boyé (Cent-Jours)  
1819 1822 Charles Joseph Boyé    
1920 1925 Louis-Édouard Taton-Vassal AD Conseiller général du canton de Saint-Mihiel (1919-1934)
Député (1924-1932)
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2009 Alain Perelle UMP  
septembre 2009 4 avril 2014 Philippe Martin UMP puis UDI Conseiller général du canton de Saint-Mihiel (depuis 2004)
4 avril 2014 en cours Xavier Cochet MoDem  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 479 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 510 5 541 5 250 5 473 5 822 5 706 6 462 5 744 5 274
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 245 5 467 5 403 4 285 5 178 5 915 6 003 8 126 9 260
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
9 350 9 661 9 604 4 543 4 581 4 666 4 906 4 391 5 035
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
5 253 5 295 5 572 5 525 5 367 5 260 4 872 4 816 4 479
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • L'ancien hôtel de ville dont la façade date du XVIIIe siècle. Construit au XVIe siècle (il en subsiste la partie postérieure du bâtiment) ; en 1714 ou peu après cette date, construction de la chambre du conseil des officiers de la prévôté ; en 1731, construction des chambres du greffe du bailliage ; en 1735, construction d'une chapelle dans la grande salle du palais ; en 1768, l'hôtel de ville, menaçant de s'écrouler, nécessite des travaux urgents. Travaux réalisés en 1776, 1777. L'hôtel de ville a été transféré à l'abbaye en 1978 ; le bâtiment abrite aujourd'hui des activités associatives.
  • Le café des arcades, maison du XVIe siècle abritant les voyageurs après la fermeture des portes de la ville.
  • Le château-fort, construit sur une butte au nord de la ville à l'initiative de la comtesse Sophie de Bar à la fin du XIe siècle (1090 ?), pourvu d'une chapelle castrale, citée au milieu du XIIIe siècle. Le château fait l'objet d'importants travaux de défense en 1375 : réfection de la grosse tour, remise à neuf du beffroi, rétablissement de la poterne du donjon par d'Aubert de Hangest ; nouveaux travaux en 1427, 1457, 1497 et en 1499, travaux à tout le maisonnement, à trois tours et aux "quatre du beffroi". Chapelle Sainte-Catherine citée en 1518, mentionnée comme totalement ruinée en 1570. Château endommagé en 1559, considéré comme ruiné en 1570 ; en 1634, la grosse tour, les tours du Baile et du Guet sont réparées ; château démantelé en 1636 sur ordre de Louis XIII, puis transformé en carrière de pierre qui motive une protestation du procureur ducal ; terrain acensé en 1776 puis nivelé.
  • De nombreuses maisons (maison du roi, maison Ligier Richier) ou hôtels particuliers (hôtels Bousmard, de Gondrecourt, de Faillonnet de style Renaissance, hôtel de Rouÿn du XVIIe siècle) remarquables.
  • Le cimetière israélite (rue Pierre de Coubertin ; rue de la Côte de Bar) « Notice no IA55000180 », base Mérimée, ministère français de la Culture. La clé du cimetière est disponible auprès des Pompes Funèbres Sammielloises, 14 rue Général Pershing.
  • « les Sept Roches » : ces falaises pittoresques sont situées à la sortie nord de la ville. Elles sont constituées de sept blocs de roches calcaires, hauts de plus de 20 m.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • L'abbaye bénédictine dont les édifices actuels datent du XVIIIe siècle. Sa bibliothèque renferme près de 9 000 ouvrages dont 74 manuscrits et 86 incunables. L'abbaye abrite également le musée d'Art sacré.
Article détaillé : Abbaye de Saint-Mihiel.
  • L'église Saint-Michel appartient à l'ensemble abbatial. En grande partie remaniée au XVIIIe siècle, elle conserve une tour-porche romane. On peut y voir la « Pâmoison de la Vierge » de Ligier Richier.
  • L'église Saint-Étienne abrite le chef d’œuvre de Ligier Richier La mise au tombeau ou Saint sépulcre.
  • Le couvent et lavoir des minimes, vestiges de l'église romane et du cloître.
  • Le Couvent d'annonciades, rue des Annonciades
  • La chapelle Sainte-Agathe situé Faubourg de Bar, (qui eut pour 2e vocable celui de sainte Madeleine) dépendait d'une léproserie installée à l'extérieur de la ville, sur la rive gauche de la Meuse, dans le faubourg de Bar, au lieu-dit au Bout du Grand Pont, près de l'ancienne route de Bar-le-Duc. L'établissement, qui semble avoir toujours été modeste, était propriété de la ville. Cité en 1463, il périclite dans la 2e moitié du XVIe siècle. La chapelle n'est connue que grâce à une carte postale ancienne la représentant en ruine, sans doute au lendemain des combats de 1914-1918.
  • La chapelle Notre-dame des Prés situé chemin de Versel, est citée dans un acensement (avant 1498) des terres de la ferme de Verzelle par les gouverneurs de la ville à Jehan Le Horliet et sa femme Marguerite. Elle fut propriété des bénédictins de Saint-Mihiel ; reconstruite en 1803. La plantation de l'allée d'arbres qui y mène est réalisée vers l'an 12 (1803-1804). Elle est restaurée en 1923 et 1997
  • l'ancienne abbaye Saint-Christophe.
  • La chapelle de l'hôpital Sainte-Anne.
  • L'ancienne synagogue, située 26 rue des Annonciades, date de 1866. Sa façade est ornée de motifs sculptés en pierre (tables de la loi, motifs végétaux et géométriques…) abandonnée depuis la Seconde Guerre mondiale, vendue en 1973 et transformée en maison d'habitation en 1976[3].

Édifices militaires[modifier | modifier le code]

Personnalités célèbres[modifier | modifier le code]

La méthode d'algèbre d'Albert Girard dit "Le Samiellois" ou "Metensis"

Saint-Mihiel et la littérature[modifier | modifier le code]

Saint-Mihiel est citée dans Les Misérables de Victor Hugo, partie III (Marius), livre septième (Patron-Minette), III, où l'on dit à propos de Babet : « Il avait joué le vaudeville à Saint-Mihiel. »

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Spécialité culinaire : les rochers qui sont des chocolats avec des morceaux de noisettes disponibles chez les boulangers.

Décoration française[modifier | modifier le code]

Héraldique et devise[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur à trois rochers d'argent, posés 2 en chef et 1 en pointe[6],[7].
Commentaires : Les rochers du blason figurent les sept roches qui s’élèvent au nord de la ville et constituent un site assez remarquable. La devise Donec moveanturJusqu’à ce qu’ils se meuvent — illustre la fidélité des habitants à leur duc. Elle se voulait aussi inébranlable que les rochers du blason[8].

La devise de la ville est Donec Moveantur c'est-à-dire Jusqu’à ce qu’elles bougent et fait référence aux sept roches coralliennes de la ville.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Anja Gillen, Saint-Mihiel im hohen und späten Mittelalter : Studien zu Abtei, Stadt und Landesherrschaft im Westen des Reiches, Kliomedia, Trèves, 2003, 566 p. (ISBN 3-89890-065-7) (texte remanié d'une thèse d'histoire à l'Université de Trèves, 2000)
  • (fr) Claude Bonnabelle, Notice sur Saint-Mihiel : son abbaye, ses dépendances : et aperçu sur le canton, C. Lacour, Nîmes, 2006, 155 p. (ISBN 2-7504-1233-1) (fac simile de l'édition de Bar-le-Duc, Imprimerie Contant-Laguerre, 1889)
  • (fr) René Yaigre, Saint-Mihiel : balade dans l'histoire et les rues de Saint-Mihiel, Éd. Sphères, Saint-Mihiel, 2008, 64 p. (ISBN 978-2-7466-0172-7)
  • (fr) Marcel Yonque, Le Saillant, Saint-Mihiel et la région : quatre ans de guerre, 1914-1918, Éd. Sphères, Saint-Mihiel, 1997, 398 p. (ISBN 2-9510064-1-1)
  • (fr) Marcel Yonque, La guerre 1939-1945, Saint-Mihiel et la Meuse : les combats, l'Occupation, la Libération, Éd. Sphères, Saint-Mihiel, 2000, 413 p. (ISBN 2-9510064-2-X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]