Plappeville

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Plappeville
La mairie (château d’Arros).
La mairie (château d’Arros).
Blason de Plappeville
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Metz-Campagne
Canton Woippy
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Metz Métropole
Maire
Mandat
Daniel Defaux
2014-2020
Code postal 57050
Code commune 57545
Démographie
Gentilé Plappevillois [1]
Population
municipale
2 112 hab. (2011)
Densité 831 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 07′ 53″ N 6° 07′ 25″ E / 49.1314, 6.123649° 07′ 53″ Nord 6° 07′ 25″ Est / 49.1314, 6.1236  
Altitude Min. 186 m – Max. 350 m
Superficie 2,54 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.communedeplappeville.fr

Plappeville est une commune française située dans le département de la Moselle.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe à environ cinq kilomètres au nord-ouest de la ville de Metz. Elle est implantée sur les coteaux du mont Saint-Quentin entre 250 et 300 m d’altitude. Elle est entourée par les communes de Lorry-lès-Metz, Metz, Le Ban-Saint-Martin, Scy-Chazelles et Lessy.

Rose des vents Lorry-lès-Metz Rose des vents
Lessy N Metz
O    Plappeville    E
S
Longeville-lès-Metz Le Ban-Saint-Martin
Carte de la commune.

Histoire[modifier | modifier le code]

D’après les travaux menés par l’historien Louis Viansson, les environs immédiats de la ville de Divodorum, rebaptisée plus tard Metz, sont déjà habités au début de l’occupation romaine. Un certain nombre de villas furent érigées sur les pentes du mont Saint-Quentin, non loin de la route reliant Reims à Trèves. Le quartier de Tignomont, actuellement situé sur les hauteurs du village, tire sans doute son nom des bûcherons qui exploitaient alors les forêts avoisinantes.
Au VIIe siècle, saint Pappole, 28e évêque de Metz, fait construire sa résidence d’été à l’emplacement actuel du village. Il baptise sa résidence Pappoli Villa, qui deviendra un toponyme, d’où la commune tire son nom. Par la suite, il lèguera la villa à l’abbaye de Saint-Symphorien qu’il avait lui-même fondée. Vers 835, Drogon, 40e évêque de Metz, rapporte de Saint-Quentin en Vermandois des reliques de saint Quentin. Il fait construire un oratoire au sommet de la mont Saint-Quentin où sont déposées les reliques. Cet oratoire fut par la suite remplacé par un sanctuaire qui servit de paroisse, plusieurs siècles durant, aux habitants de Plappeville, Scy-Chazelles, Lessy et Longeville. En 923, le village est rasé par les troupes d’Henri l’Oiseleur. Les moines de Saint-Symphorien s’attellent à sa reconstruction. Ils érigent une grande chapelle où seront entreposées les reliques de sainte Brigitte, abbesse de Kildare près de Dublin, morte en 523. Sainte Brigide est toujours la patronne du village, comme en témoigne la présence des langues de feu sur le blason de la commune.

En 1143, l’église de Plappeville, ainsi que ses dépendances, passent sous l’autorité de l’abbaye de Gorze. En 1212, l’abbaye de Saint-Symphorien récupère la possession de l’église de Plappeville. De 1346 à 1443, les armées de Robert de Commercy ravagent à trois reprises le pays messin, en particulier Tignomont. Puis la cité de Metz entre en guerre contre le duc de Lorraine. Le siège de Metz dure sept mois et oblige les habitants du Val de Metz à trouver refuge derrière les remparts de la cité. Les villages alentour, dont Plappeville, sont rayés de la carte. Une fois de plus, le village est reconstruit, en particulier l’église, dont les travaux s’achèvent en 1493. L’église actuelle date de cette époque. Du bâtiment originel ne subsistent que la tour et quelques piliers.

En 1552, les troupes d’Albert de Brandebourg établissent leur quartier dans le village, lors du siège de Metz par Charles Quint. Après le siège, le village de Plappeville, comme les autres villages du pays messin, est annexé au royaume de France. De 1588 à 1593, pas moins de 30 habitants sont reconnus coupables d’actes de sorcellerie et exécutés en place publique. En 1603, sur les terres communales, Nicolas Houillon aménage une source ferrugineuse, dite de la Bonne Fontaine.

Au début du XVIIe siècle, le greffier de justice de l’abbaye Saint-Symphorien, Jean Bauchez, entreprend la rédaction d’un journal relatant les évènements importants survenus au sein du village. À l’époque, le village compte près de 300 âmes et une dizaine de notables messins y font construire leurs résidences d’été. La viticulture fait alors vivre 65 foyers sur 71. En 1635, pendant la guerre de Trente Ans, les armées de Bernard de Saxe-Weimar prennent d’assaut le village. Peu après, en 1636, le village est pillé par les soldats croates de l’Empereur et échappe de peu aux flammes. En 1643, Plappeville est de nouveau mis à sac par une bande de Bourguignons. Ce pillage met fin à une série de dommages causés par les guerres de Trente Ans, notamment la peste et le typhus, transmis par les soldats, qui frappèrent durement le village à cette époque.

Au XVIIIe siècle, malgré les famines et les maladies, la tradition viticole subsiste et reste l’activité dominante de la population. En 1701, les premiers registres d’état civil apparaissent dans la paroisse. Ils sont d’abord tenus par les prêtres, puis par la mairie à partir de 1790. En 1728, le ban communal compte 49 ha de vignobles. En 1789, lors des États Généraux, les habitants adressent leur cahier de doléances au roi. Ils y dénoncent les impôts et autres redevances seigneuriales qui les privent des trois cinquièmes de leurs revenus. Le village sera épargné par les tourments de la Révolution. De nombreux émigrés y trouvent refuge, fuyant les troubles et la Terreur.

Au XIXe siècle, la commune perpétue sa tradition viticole. En 1814, lors du siège de Metz, une division russe occupe temporairement le village. En 1870, le maréchal Bazaine, fils d'un Scygéocastellois, établit son quartier général dans le village. Il y organise la défense de Metz. Le 27 octobre 1870, la ville de Metz tombe aux mains des Prussiens, après un siège de deux mois. Le 22 novembre 1870, le dépôt de munitions du fort de Plappeville, occupé par les Allemands, explose. De nombreux prisonniers de guerre français périssent dans l'accident. De par le traité de Francfort, Plappeville, tout comme l’Alsace et la Moselle, est annexé par l’Allemagne. Les Allemands reconstruisent le fort et l’intègrent à une nouvelle ceinture fortifiée. Les familles plappevilloises sont peu à peu remplacées par des familles allemandes. Les grandes maisons, souvent entourées de hauts murs, sont rachetées par des bourgeois ou des aristocrates allemands, notamment le Generalfeldmarschall Gottlieb von Haeseler. Celui-ci, amoureux du pays, reviendra finir sa vie au village et y sera inhumé en 1920[2]. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tombent au champ d'honneur sous l’uniforme allemand. Le 2 septembre 1915, la commune prend le nom de Papolsheim par décret impérial. Les restrictions alimentaires amènent bientôt les habitants à ruser avec les autorités militaires pour cacher le bétail[2]. Les Plappevillois accueillent avec joie la fin des hostilités et la paix, enfin retrouvée[2]. La commune redevient française en janvier 1919.

Si Plappeville n’a pas été directement touché par la Première Guerre mondiale, il n’en fut pas de même pendant la Seconde Guerre mondiale. Une fois de plus, le village connut l’annexion, mais cette fois, la transition fut brutale. Le 11 novembre 1940, l’armée allemande expulse 95 % de la population du village, qui doit se réfugier en zone libre, d’Albi à Castres, en passant par Quillan ou Cordes. Le 1er avril 1941, la commune de Plappeville, rebaptisée Pleppweiler, intègre le Stadtkreis Metz, le district urbain du Grand Metz. Au cours de la bataille de Metz, après trois jours de combat acharnés, la commune de Plappeville est libérée le 21 novembre 1944 par la 5e division d’infanterie de l’armée Patton[3]. C'est au cours de ces combats, que la la voûte de l’église fut endommagée par un bombardement américain visant les forts du Saint-Quentin, le 19 novembre 1944. Après la libération de la commune, deux détachements de la 462e Volks-Grenadier-Division de l'armée de Knobelsdorff résistèrent encore deux semaines dans les forts du Saint-Quentin et de Plappeville, interdisant le retour de la population civile dans la commune.

De 1950 à 1980, et pour renouer avec une tradition qui remonte à 1800, le village organise la fête de saint Vincent, patron des vignerons[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1929   Victor Zimmerman    
1945   Pierre Gontard    
1953   Léon Larue-Dubost    
1955   Roger Berrier    
1960 mars 1989 Jean Lansac    
mars 1989 mars 1995 Robert Mirgain    
mars 1995   Daniel Defaux    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 112 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
403 386 422 413 458 423 406 415 721
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
825 969 1 014 1 034 915 1 291 1 339 741 534
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
771 789 749 870 1 459 1 500 1 615 1 568 1 776
1990 1999 2005 2006 2010 2011 - - -
2 130 2 341 2 295 2 271 2 135 2 112 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • maison d’Arros, foyer Saint-Michel, mairie actuelle : on ne connaît pas l’époque de construction de cette maison appelée autrefois château. En 1743, Louis Charles de Rostaing en est le propriétaire. En 1775, le comte d’Arros en est possesseur. Bazaine y installa son quartier général en 1870, lors de la bataille de Saint-Privat. En 1896, les religieuses du Pauvre Enfant Jésus achètent le domaine. Elles y créent un orphelinat jusqu’en juillet 1981. Cette remarquable demeure est rachetée par la commune qui y aménage la mairie en 1993 ;
  • la maison du Chapitre de la Cathédrale dite « Château de Tignomont » (1336). Le chapitre de la cathédrale de Metz possédait une maison forte à Tignomont. Elle avait un rôle défensif. Détruite par deux fois (1443 et 1636). Résidence et métairie jusqu’en 1794. La maison actuelle fut édifiée probablement à la fin du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle. Réhabilitée, elle est aujourd’hui habitée par des particuliers ; inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1988.
  • Migomay, maison de Paul Ferry : cette ancienne maison probablement du XVIe siècle est le seul vestige des débuts du protestantisme à Metz. Elle est la « campagne » dans laquelle le célèbre pasteur Paul Ferry (1591-1668) venait s’installer de temps à autre. Cette demeure est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 2001 ;
  • les lavoirs : de nombreuses sources alimentent fontaines et lavoirs. Ces derniers ont été utilisés par les lavandières jusqu’au milieu des années 1980. Leur réhabilitation en font des joyaux du patrimoine communal ;
  • maisons vigneronnes : dans le Pays messin, la tradition viticole est très ancienne et remonte à l’époque gallo-romaine. La vigne se développe et finit par recouvrir les pentes du mont Saint-Quentin. En 1848, elle couvre plus d’un tiers du territoire de la commune. Cette tradition explique la présence de nombreuses maisons vigneronnes dans le village ;
  • un arboretum situé au col de Lessy a été inauguré en 1989. De nombreuses espèces de végétaux régionaux y sont présentées.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • église Sainte-Brigide datant du XIe siècle, ruinée en 1445 lors du siège de Metz par le Duc de Lorraine, l’église fut rebâtie en 1493 à l’emplacement d’un sanctuaire fortifié construit vers 1040. Celle-ci garde encore quelques éléments de l’église romane qui s’intègrent harmonieusement au nouvel édifice reconstruit à l’initiative des abbés de Saint-Symphorien et avec l’aide des habitants du village. Entièrement restauré, l’édifice a retrouvé toute sa splendeur. La voûte s’effondre lors du bombardement du 19 novembre 1944. L’église est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1980 ;
  • monastère Carmel ;
  • les calvaires : de nombreux calvaires disséminés dans le village témoignent de la croyance de nos ancêtres.

Ouvrage militaire[modifier | modifier le code]

  • fort de Plappeville, édifié par la France entre 1867 et 1870, rebaptisé fort Alvenslebenn et aménagé par les Allemands de 1871 à 1891 ;
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Gastronomie[modifier | modifier le code]

Vignoble en appellation d’origine Moselle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis Ernest Marie Joseph Caignart de Saulcy, né à Grenoble en 1803, polytechnicien, officier de Marine, maire de Plappeville de 1857 à 1865. Entomologiste et spécialiste de la sériciculture, président de l’Académie de Metz.
  • Albert Thiam, né à Plappeville en 1921, ébéniste lorrain, connu pour ses tableaux de marqueterie illustrant les traditions populaires de la région.
  • Gottlieb Ferdinand Albert Alexis, comte de Haeseler, né à Potsdam, Generalfeldmarschall prussien ayant habité à Plappeville et inhumé dans la commune.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.genealogie-metz-moselle.fr/woippy/plappeville.html
  2. a, b, c et d Le Républicain lorrain, « Plappeville : le vin dans les veines », 13 novembre 2011, p. 16.
  3. « 1944-1945 : Les années liberté », dans Le Républicain Lorrain, 1994 (p. 14 recensement préfectoral sur les dates de libération).
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011