Marsal (Moselle)

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Marsal
Image illustrative de l'article Marsal (Moselle)
Blason de Marsal
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Château-Salins
Canton Vic-sur-Seille
Intercommunalité Communauté de communes du Saulnois
Maire
Mandat
Bernard Calcatera
2008 - 2014
Code postal 57630
Code commune 57448
Démographie
Population
municipale
259 hab. (2011)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 47′ 24″ N 6° 36′ 35″ E / 48.79, 6.60972222222 ()48° 47′ 24″ Nord 6° 36′ 35″ Est / 48.79, 6.60972222222 ()  
Altitude Min. 199 m – Max. 307 m
Superficie 11,11 km2
Localisation

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La Porte de France.

Marsal est une commune française située dans le département de la Moselle en Lorraine. Ses habitants sont les Marsalais.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située dans le Saulnois au sud du département de la Moselle, à 8 kilomètres au sud-est de Château-Salins et à 4 kilomètres à l'est de Moyenvic. Elle fait partie du parc naturel régional de Lorraine.

Le site de Marsal était à l'origine un marais entouré par deux bras de la Seille. Ce village situé sur l'ancienne voie romaine de Metz à Strasbourg a été marqué par l'exploitation du sel, très abondant dans le sous-sol.

Marsal est ainsi construite sur un radier artificiel, le briquetage de la Seille, issu d'une technique d'extraction du sel aux époques celtique[1] et gauloise avant l'occupation romaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Marsallus en 903, Marsau en 1284, Marsalz en 1353, Salzmar en 1915–1918 et 1940–1944.

Histoire[modifier | modifier le code]

On a retrouvé des restes archéologiques datant du Néolithique. En effet, on exploite le sel à Marsal depuis la protohistoire, ce qui a laissé beaucoup de vestiges de briquetage[2] , débris des fours en argile servant à conditionner le sel.

Plan de la cité fortifiée de Marsal.
Réduction de la place de Marsal.

Les Romains lui donneront le nom de Marosallum ou Marsallum[3]. Ce nom est attesté sur la stèle érigée par les Marsalais en l'honneur de l'empereur Claude en 44, et qui témoigne de l'existence du village et d'une aisance certaine des habitants.

À partir du XIIe siècle, l'évêché de Metz et le duché de Lorraine se disputent le contrôle des salines de la région. En 1222 Clémence, abbesse de Neumünster près d'Ottweiler, élève l'église paroissiale au rang de collégiale. En 1251, Marsal est un fief de Renaud de Lorraine, seigneur de Bitche. En 1259 le duc Ferry III le confie à son oncle Jacques de Lorraine, évêque de Metz qui légua la cité à son église par testament en 1260. C'est à cette époque que sont érigées les premières fortifications. Les chroniques de Richer de Senones mentionnent l'existence au XIIIe siècle d'une jeune femme, surnommée la Sybille de Marsal, qui était réputée vivre sans manger. L'évêque Jacques de Lorraine et nombre de prêtres et gentilshommes qui l'accompagnaient ne purent, malgré plusieurs jours d'observation, découvrir qui la nourrissait[4]

En 1272, Ferry III occupe Marsal, l'évêque Laurent de Lichtenberg ne pouvant plus payer ses dettes. La cité est restituée en 1284 à l'évêque Bouchard d'Avesnes[5].

En 1369, des partisans du duc Jean Ier de Lorraine déguisés en paysans se saisissent de la place et se livrent au pillage. L'évêque Thierri V Bayer de Boppard parvient rapidement à en reprendre le contrôle et fait exécuter ou emprisonner les lorrains.

Après la cession par l'évêque de son atelier messin en 1383, on a battu à Marsal la monnaie épiscopale jusqu'en 1460.

Au XIVe siècle l'évêque Renaud de Bar obtient le contrôle des salines de Marsal, Moyenvic et Vic. Mais il y aura encore de nombreux affrontements entre l'évêché et le duché pour le contrôle des salines.

Quand l’évêché de Metz est rattaché à la France en 1552, le roi fait occuper Marsal de 1553 jusqu'en 1593 où il doit céder le site à Charles III de Lorraine. Celui-ci nomme Claude de Mengin, gouverneur de Marsal, jusqu'à sa mort survenue le 17 septembre 1603. Emmanuel Remy, fils cadet du Procureur général de Lorraine, Nicolas Remy. est nommé gouverneur de la saline en 1603, avec amodiation en 1623 pour douze années, mais décède en 1633. Son Fils François devient gouverneur de la même saline. En 1620, le duc de Lorraine renforce la défense de Marsal. Mais, en 1631, Jacques Nompar de Caumont investit la cité au nom du roi Louis XIII. Le traité de paix de Vic-sur-Seille du 6 janvier 1632 fait de la ville une possession royale pendant trois ans.
En 1641, le traité de Saint-Germain prévoit le démantèlement de la place forte avant sa restitution au duc de Lorraine ; il ne sera pas exécuté suite à la reprise rapide des hostilités entre la France et la Lorraine[5].

Le , Louis XIV s'empare de la place. Il confie à Vauban l'amélioration des fortifications et fait fermer les salines en 1699.

Nous restent de la prise de Marsal de nombreux documents comme une tapisserie des Gobelins nommée Réduction ou Reddition de Marsal qui relate la remise des clefs de la ville au roi par le prince de Lixen. La tapisserie est faite à partir d'un modèle élaboré par Charles Le Brun.
Jean de La Fontaine a également écrit un sonnet sur de la prise de Marsal :

« Monarque le plus grand que révère la Terre,
Et dont l'auguste nom se fait craindre en tous lieux,
Près de toi le pouvoir des plus ambitieux
A moins de fermeté que l'argile et le verre.
Marsal qui se vantait de te faire la guerre,
Baissant à ton abord son front audacieux,
Dès le premier éclair qui lui frappe les yeux,
Se rend et n'attend pas le coup de ton tonnerre.
Si la fierté rebelle eut irrité ton bras,
Qu'il se fut signalé par de fameux combats,
Et qu'il m'eut été doux d'en célébrer la gloire.
Mais ma muse déjà commence à redouter
De ne te voir jamais remporter de victoires
Pour manquer d'ennemis qui t'osent résister. »

Marsal devient une ville de garnison jusqu'en 1870, année où elle sera prise par les Prussiens. Elle a été bombardée en 1915.

À la fin des années 1960, l'affaire du «mage de Marsal» défraie la chronique : les deux enfants de Maurice Gérard, qui dirigeait une communauté ésotérique, ont disparu mystérieusement[6].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Sous l'ancien régime, Marsal était le siège d'un archidiaconé du diocèse de Metz, administrant les archiprètrés de d'Haboudange, Marsal, Varize, Kédange, Morhange, Rombas, Saint-Avold et Thionville. L'archipretré de Marsal comprenait les paroisses d'Amenoncourt, Arracourt, Athienville, Autrepierre, Bezange-la-Grande, Bezange-la-Petite, Blanche-Église, Blémerey, Bourdonnay, Bures, Domjevin, Donnelay, Emberménil, la Garde, Gogney, Haraucourt-sur-Seille, Hénaménil, Juvelize, Leintrey, Lezey, Maizières, Manonviller, Marsal, Moncourt, Mouacourt, Mulcey, Laneuveville-aux-Bois, Ommeray, Parroy, Réchicourt-la-Petite, Reillon, Remoncourt, Repaix, Saint-Martin, Saint-Médard, Sornéville, Verdenal et Xousse[7].

En 1594, Marsal était le siège d'une châtellenerie qui comprenait les communes d'Haraucourt-sur-Seille, Saint-Médard, Donnelay et Juvelize. En 1698 il devint le chef-lieu d'une prévôté, relevant du bailliage de Nancy et disposant de sa propre coutume homologuée le 13 mars 1634 par Charles IV de Lorraine. Cette prévôté administrait les villes de Haraucourt-sur-Seille, Saint-Médard et Marsal[7].

En 1790, Marsal devint le chef-lieu d'un canton formé des communes d'Haraucourt-sur-Seille, Juvelize, Lezey et Saint-Médard. Il a fusionné avec le canton de Vic-sur-Seille vers 1801[7].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 mars 2001 Michel Gourieux    
mars 2001   Bernard Calcatera . .
Les données manquantes sont à compléter.

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

L'électorat de Marsal penche généralement au centre et à droite. Au premier tour de l'élection présidentielle de 2007, les Marsalais ont ainsi accordé 35,05 % des suffrages à Nicolas Sarkozy et 28,35 % à François Bayrou[8].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 259 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
850 887 967 976 986 1 198 1 196 1 241 1 113
1856 1861 1871 1875 1880 1885 1890 1895 1900
1 225 1 169 779 682 689 646 624 602 564
1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
579 585 502 453 429 419 328 374 318
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011
301 287 280 284 289 286 286 260 259
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Depuis 1975 le village fait partie du regroupement scolaire des bords de Seille avec les communes de Blanche-Église, Mulcey, Saint-Médard, Haraucourt-sur-Seille et Moyenvic. Ce regroupement comprend trois écoles, dont une à Marsal qui accueille les enfants en cycle 1.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Musée départemental du sel : installé dans la porte de France, vestige des fortifications de Vauban, il évoque l'histoire de Marsal ancienne place forte mais raconte aussi l'histoire de « l'or blanc » à travers les techniques de production de la préhistoire à nos jours.
  • Porte de France[11]  : antérieure à 1663, appelée porte Notre-Dame, elle défendait l'accès principal à Marsal et a été fortement remaniée dans la première moitié du XVIIe siècle.
Une caserne réutilisée en bâtiments agricoles.
  • Casernes de la porte de France : il en existait quatre à l'origine, il n'en reste que trois. Ces casernes datent de 1666 (Vauban) et servaient à accueillir les troupes, les chevaux et des vivres[12].
Poterne sud.
  • Fortifications : quelques pans des fortifications de Vauban, restaurés en 1821-1823, sont encore visibles actuellement. La poterne sud est également restée et a été restaurée assez récemment.
  • Mare salée : c'est une mare qui se remplit grâce à un phénomène d'infiltrations. L'eau remonte de la terre où du sel s'est déposé et ressort donc salée dans la mare. Se développe alors une flore halophile (caractéristique des milieux marins). La mare salée a donné son nom à Marsal. La ville est citée « Marosallensis vicus » sur une stèle à l'empereur Claude de 44 ap. J.-C.
  • Ancien hospice : il fut fondé en 1650 par François de Rettel puis a servi de magasin d'artillerie après la Révolution avant d'être vendu à des particuliers.
  • Maison du gouverneur de la saline : construite en 1625 par Jean La Hiere, elle est modifiée au XVIIIe siècle, abandonnée à la Révolution puis reconstruite en 1823-1824.
  • Arsenal : édifié en 1848 ce bâtiment de 13 travées a été vendu à des particuliers et a gardé son aspect d'origine.
  • Pavillon de Bourgogne : c'est une ancienne caserne datant de 1666. Elle devient en 1813 siège de l'hospice civil, puis en 1889 école de filles et comprend aujourd'hui des logements locatifs.
Vue ancienne de la place d'armes.
  • Place d'armes : elle abritait les halles du village ainsi que la maison commune, le lavoir… Aujourd'hui, c'est la place qui constitue le centre du village, bordée de maisons de notables aux façades du XVIIIe siècle bien que plus anciennes. On peut d'ailleurs voir une niche d'angle du début du XVIIe siècle.
  • Le patrimoine mobilier de la commune[13].

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Collégiale Saint-Léger : l'édifice est une église romane qui remonte au XIIe siècle, l'abside gothique date du XIVe siècle. Puis a subi de nombreuses transformations comme la restauration du chœur. C'est un édifice aujourd'hui qui présente de nombreuses particularités et témoigne des différentes phases de construction, d'accidents et de restaurations[14]. l'orgue de 1970 est de Jean-Georges Koenig[15].
  • Chapelle de la confrérie des bouchers : fondée en 1516, il n'en reste qu'un fragment de baie gothique.
  • Couvent des Capucins : les Capucins s'installent à Marsal en 1650 et construisent ce couvent vers 1680. Il a ensuite servi de magasin après la Révolution et appartient aujourd'hui à des particuliers.
  • Maison du chapitre : restaurée en 1719, elle conserve un cartouche de 1576.
  • Ermitage Saint-Livier (2 km), refuge de randonneurs.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Marsal, blasonnées dans l'Armorial de Lorraine, sont écartelées de gueules et d'or[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Hadot, Les Cités du sel, éditions Alan Sutton, 2007.
  • Claire Decomps, "La collégiale Saint-Léger de Marsal : architecture et mobilier", in : Les Cahiers lorrains, 2006, 1/2.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archéologies d’Orient et d’Occident et textes anciens (AOROC), Marsal (Moselle), La fouille d’un atelier de sauniers celtiques
  2. « Notice no PA00106804 », base Mérimée, ministère français de la Culture Briquetages de la Seille
  3. Histoire de Thionville par GF Teissier
  4. Recueil d'antiquités dans les Gaules p218 Claude-Jean-Baptiste Hérissant 1770
  5. a et b Histoire des villes de France, avec une introduction générale pour chaque province, Aristide Guilbert 1845
  6. Bénédicte Charles, « Le «mage de Marsal» s'en va en laissant un terrible secret », Marianne,‎ 19 avril 1999 (lire en ligne)
  7. a, b, c et d Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Henri Lepage, 1862
  8. Résultats de l'élection présidentielle 2007 sur le site du Ministère de l'Intérieur.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  11. « Notice no PA00106807 », base Mérimée, ministère français de la Culture Fortifications La Porte de France : classement par arrêté du 6 mars 1928
  12. « Notice no PA00106805 », base Mérimée, ministère français de la Culture Caserne (ancienne) , dite Caserne P. Aux abords de la Porte de France ; Projet de cession à la commune pour réutilisation comme Musée du Sel
  13. Inventaire des objets mobiliers de la commune
  14. « Notice no PA00106806 », base Mérimée, ministère français de la Culture Église Saint-Léger
  15. Marsal, collégiale Saint Léger, Orgue Jean-Georges Koenig (1970)