Marsal (Moselle)

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Marsal
Carte de localisation de Marsal
Pays France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Château-Salins
Canton Vic-sur-Seille
Code Insee 57448
Code postal 57630
Maire
Mandat en cours
Bernard Calcatera
2008 - 2014
Intercommunalité Communauté de communes du Saulnois
Latitude
Longitude
48° 47′ 24″ Nord
         6° 36′ 35″ Est
/ 48.79, 6.60972222222
Altitude 199 m (mini) – 307 m (maxi)
Superficie 11,11 km²
Population sans
doubles comptes
289 hab.
(1999)
Densité 26 hab./km²
La Porte de France.

Marsal est une commune française située dans le département de la Moselle en Lorraine. Ses habitants sont les Marsalais.

Sommaire

[modifier] Géographie

Vue aérienne de Marsal.

La commune est située dans le Saulnois au sud du département de la Moselle, à 8 kilomètres au sud-est de Château-Salins et à 4 kilomètres à l'est de Moyenvic. Elle fait partie du parc naturel régional de Lorraine.

Le site de Marsal était à l'origine un marais entouré par deux bras de la Seille. Ce village situé sur l'ancienne voie romaine de Metz à Strasbourg a été marqué par l'exploitation du sel, très abondant dans le sous-sol.

Marsal est ainsi construite sur un radier artificiel, le briquetage de la Seille, issu d'une technique d'extraction du sel aux époques celtique et gauloise avant l'occupation romaine.

[modifier] Histoire

Stèle à l'empereur Claude.

On a retrouvé des restes archéologiques datant du Néolithique. En effet, on exploite le sel à Marsal depuis la protohistoire, ce qui a laissé beaucoup de vestiges de briquetage, débris des fours en argile servant à conditionner le sel.

Fours à sel, fouilles « briquetage de la Seille », été 2004.
Plan de la cité fortifiée de Marsal.
Réduction de la place de Marsal.

Les Romains lui donneront le nom de Marosallum. Ce nom est attesté sur la stèle érigée par les Marsalais en l'honneur de l'empereur Claude en 44, et qui témoigne de l'existence du village et d'une aisance certaine des habitants.

À partir du XIIe siècle, l'évêché de Metz et le duché de Lorraine se disputent le contrôle des salines de la région. En 1222 Clémence, abbesse de Neumünster, élève l'église paroissiale au rang de collégiale. En 1251, Marsal est un fief de Renaud de Lorraine, seigneur de Bitche. En 1259 le duc Ferry III le confie à son oncle Jacques de Lorraine, évêque de Metz qui légua la cité à son église par testament en 1260. C'est à cette époque que sont érigées les premières fortifications. Les chroniques de Richer de Senones mentionnent l'existence au XIIIe siècle d'une jeune femme, surnommée la Sybille de Marsal, qui était réputée vivre sans manger. L'évêque Jacques de Lorraine et nombre de prêtres et gentilshommes qui l'accompagnaient ne purent, malgré plusieurs jours d'observation, découvrir qui la nourrissait[1]

En 1272 , Ferry III occupe Marsal, l'évêque Laurent de Lichtenberg ne pouvant plus payer ses dettes. La cité est restituée en 1284 à l'évêque Bouchard d'Avesnes[2].

En 1369, des partisans du duc Jean Ier de Lorraine déguisés en paysans se saisissent de la place et se livrent au pillage. L'évêque Thierri V Bayer de Boppard parvient rapidement à en reprendre le contrôle et fait exécuter ou emprisonner les lorrains.

Après la cession par l'évêque de son atelier messin en 1383, on a battu à Marsal la monnaie épiscopale jusqu'en 1460.

Au XIVe siècle l'évêque Renaud de Bar obtient le contrôle des salines de Marsal, Moyenvic et Vic. Mais il y aura encore de nombreux affrontements entre l'évêché et le duché pour le contrôle des salines.

Quand l’évêché de Metz est rattaché à la France en 1552, le roi fait occuper Marsal de 1553 jusqu'en 1593 où il doit céder le site à Charles III de Lorraine. Celui-ci fait fortifier le village en 1620.

En 1631, Jacques Nompar de Caumont investit la cité au nom du roi Louis XIII. Le traité de paix de Vic-sur-Seille du 6 janvier 1632 fait de la ville une possession royale pendant trois ans.
En 1641, le traité de Saint-Germain prévoit le démantèlement de la place forte avant sa restitution au duc de Lorraine, il ne sera pas exécuté suite à la reprise rapide des hostilités entre la France et la Lorraine[2].

Le 2 septembre 1663, Louis XIV s'empare de la place. Il confie à Vauban l'amélioration des fortifications et fait fermer les salines en 1699.

Nous restent de la prise de Marsal de nombreux documents comme une tapisserie des Gobelins nommée Réduction ou Reddition de Marsal qui relate la remise des clefs de la ville au roi par le prince de Lixen. La tapisserie est faite à partir d'un modèle élaboré par Charles Le Brun.
Jean de la Fontaine a également écrit un sonnet sur de la prise de Marsal :

« Monarque le plus grand que révère la Terre,
Et dont l'auguste nom se fait craindre en tous lieux,
Près de toi le pouvoir des plus ambitieux
A moins de fermeté que l'argile et le verre.
Marsal qui se vantait de te faire la guerre,
Baissant à ton abord son front audacieux,
Dès le premier éclair qui lui frappe les yeux,
Se rend et n'attend pas le coup de ton tonnerre.
Si la fierté rebelle eut irrité ton bras,
Qu'il se fut signalé par de fameux combats,
Et qu'il m'eut été doux d'en célébrer la gloire.
Mais ma muse déjà commence à redouter
De ne te voir jamais remporter de victoires
Pour manquer d'ennemis qui t'osent résister. »

Marsal devient une ville de garnison jusqu'en 1870, année où elle sera prise par les Prussiens. Elle a été bombardé en 1815.

À la fin des années 1960, l'affaire du «mage de Marsal» défraie la chronique: les deux enfants de Maurice Gérard, qui dirigeait une communauté ésotérique, ont disparu mystérieusement[3].

[modifier] Armoiries

Les armoires de Marsal, blasonnées dans l'Armorial de Lorraine, sont écartelé de gueules et d'or[4].

[modifier] Administration

Sous l'ancien régime, Marsal était le siège d'un archidiaconé du diocèse de Metz, administrant les archiprètrés de d'Haboudange, Marsal, Varize, Kédange, Morhange, Rombas, Saint-Avold et Thionville. L'archipretré de Marsal comprenait les paroisses d'Amenoncourt, Arracourt, Athienville, Autrepierre, Bezange-la-Grande, Bezange-la-Petite, Blanche-Église, Blémerey, Bourdonnay, Bures, Domjevin, Donnelay, Emberménil, la Garde, Gogney, Haraucourt-sur-Seille, Hénaménil, Juvelize, Leintrey, Lezey, Maizières, Manonviller, Marsal, Moncourt, Mouacourt, Mulcey, Laneuveville-aux-Bois, Ommeray, Parroy, Réchicourt-la-Petite, Reillon, Remoncourt, Repaix, Saint-Martin, Saint-Médard, Sornéville, Verdenal et Xousse[4].

En 1594, Marsal était le siège d'une châtellenerie qui comprenait les communes d'Haraucourt-sur-Seille, Saint-Médard, Donnelay et Juvelize. En 1698 il devint le chef-lieu d'une prévôté, relevant du bailliage de Nancy et disposant de sa propre coutume homologuée le 13 mars 1634 par Charles IV de Lorraine. Cette prévôté administrait les villes de Haraucourt-sur-Seille, Saint-Médard et Marsal[4].

En 1790, Marsal devint le chef-lieu d'un canton formé des communes d'Haraucourt-sur-Seille, Juvelize, Lezey et Saint-Médard. Il a fusionné avec le canton de Vic-sur-Seille vers 1801[4].

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 1989 mars 2001 Michel Gourieux
mars 2001 Bernard Calcatera . .
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Tendances politiques

L'électorat de Marsal penche généralement au centre et à droite. Au premier tour de l'élection présidentielle de 2007, les Marsalais ont ainsi accordé 35,05 % des suffrages à Nicolas Sarkozy et 28,35 % à François Bayrou[5].

[modifier] Éducation

Depuis 1975 le village fait partie du regroupement scolaire des bords de Seille avec les communes de Blanche-Église, Mulcey, Saint-Médard, Haraucourt-sur-Seille et Moyenvic. Ce regroupement comprend trois écoles, dont une à Marsal qui accueille les enfants en cycle 1.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE)
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
850 887 967 976 986 1 198 1 196 1 241 1 113
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 225 1 169 - 779 682 689 646 624 602
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
564 579 585 502 453 429 419 328 374
1962 1968 1975 1982 1990 1999 - - -
318 301 287 280 284 289 - - -

Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes


[modifier] Lieux et monuments

  • Musée départemental du sel : installé dans la porte de France, vestige des fortifications de Vauban, il évoque l'histoire de Marsal ancienne place forte mais raconte aussi l'histoire de « l'or blanc » à travers les techniques de production de la préhistoire à nos jours.
  • Église romane du XIIe siècle, ancienne collégiale Saint-Léger. L'abside gothique date du XIVe siècle.
  • Porte de France : antérieure à 1663, appelée porte Notre-Dame, elle défendait l'accès principal à Marsal et a été fortement remaniée dans la première moitié du XVIIe siècle.
Une caserne réutilisée en bâtiments agricoles.
  • Casernes de la porte de France : il en existait quatre à l'origine, il n'en reste que trois. Ces casernes datent de 1666 (Vauban) et servaient à accueillir les troupes, les chevaux et des vivres.
Poterne sud.
  • Fortifications : quelques pans des fortifications de Vauban, restaurés en 1821-1823, sont encore visibles actuellement. La poterne sud est également restée et a été restaurée assez récemment.
Mare salée.
  • Mare salée : c'est une mare qui se remplit grâce à un phénomène d'infiltrations. L'eau remonte de la terre où du sel s'est déposé et ressort donc salée dans la mare. Se développe alors une flore halophile (caractéristique des milieux marins). La mare salée a donné son nom à Marsal. La ville est citée "Marosallensis vicus" sur une stèle a l'empereur Claude de 44 ap. J.-C.
Ancien hospice
  • Ancien hospice : il fut fondé en 1650 par François de Rettel puis a servi de magasin d'artillerie après la Révolution avant d'être vendu à des particuliers.
Maison du Gouverneur.
  • Maison du gouverneur de la saline : construite en 1625 par Jean La Hiere, elle est modifiée au XVIIIe siècle, abandonnée à la Révolution puis reconstruite en 1823-1824.
Arsenal.
  • Arsenal : édifié en 1848 ce bâtiment de 13 travées a été vendu à des particuliers et a gardé son aspect d'origine.
Pavillon de Bourgogne.
  • Pavillon de Bourgogne : c'est une ancienne caserne datant de 1666. Elle devient en 1813 siège de l'hospice civil, puis en 1889 école de filles et comprend aujourd'hui des logements locatifs.
Cartouche de la maison du chapitre.
  • Maison du chapitre : restaurée en 1719, elle conserve un cartouche de 1576.
Portail du couvent des Capucins.
  • Couvent des Capucins : les Capucins s'installent à Marsal en 1650 et construisent ce couvent vers 1680. Il a ensuite servi de magasin après la Révolution et appartient aujourd'hui à des particuliers.
Baie gothique de la chapelle de la confrérie des bouchers.
  • Chapelle de la confrérie des bouchers : fondée en 1516, il n'en reste qu'un fragment de baie gothique.
Vue ancienne de la place d'armes.
  • Place d'armes : elle abritait les halles du village ainsi que la maison commune, le lavoir,... Aujourd'hui, c'est la place qui constitue le centre du village, bordée de maisons de notables aux façades du XVIIIe siècle bien que plus anciennes. On peut d'ailleurs voir une niche d'angle du début du XVIIe siècle.
Aile nord de la collégiale Saint-Léger.
  • Collégiale Saint-Léger : l'édifice remonte au XIIe siècle puis a subi de nombreuses transformations comme la restauration du chœur. C'est un édifice aujourd'hui qui présente de nombreuses particularités et témoigne des différentes phases de construction, d'accidents et de restaurations.

[modifier] Bibliographie

[modifier] Références

  1. Recueil d'antiquités dans les Gaules p218 Claude-Jean-Baptiste Hérissant 1770
  2. ab Histoire des villes de France, avec une introduction générale pour chaque province, Aristide Guilbert 1845
  3. Bénédicte Charles, « Le «mage de Marsal» s'en va en laissant un terrible secret », dans Marianne, 19 avril 1999 [texte intégral (page consultée le 16/07/2008)] 
  4. abcd Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Henri Lepage 1862
  5. Résultats de l'élection présidentielle 2007 sur le site du Ministère de l'Intérieur.

[modifier] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Marsal.

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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