Dieulouard

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Dieulouard
Le château de Dieulouard en 2008
Le château de Dieulouard en 2008
Blason de Dieulouard
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Nancy
Canton Dieulouard (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Bassin de Pont-à-Mousson
Maire
Mandat
Henri Poirson
2014-2020
Code postal 54380
Code commune 54157
Démographie
Gentilé Déicustodiens ou Scarponais
Population
municipale
4 548 hab. (2011)
Densité 257 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 26″ N 6° 04′ 14″ E / 48.8405555556, 6.0705555555648° 50′ 26″ Nord 6° 04′ 14″ Est / 48.8405555556, 6.07055555556  
Altitude Min. 177 m – Max. 307 m
Superficie 17,69 km2
Localisation

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Dieulouard

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Dieulouard
Dieulouard en 1924

Dieulouard est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dieulouard se situe entre Pont-à-Mousson et Nancy, sur la rive gauche de la Moselle, au pied d'une falaise calcaire au sommet de laquelle se trouve le monument de Notre-Dame des Airs. Cette petite ville d'environ 5 000 habitants est très bien desservie, notamment par la N411 qui va de Toul à Dieulouard. Pour aller à Nancy ou à Metz, qui ne sont qu'à une trentaine de minutes de Dieulouard, les habitants disposent de nombreux moyens routiers (A31, N57) et ferroviaires (TER).

Entre les deux bras de la Moselle, en amont de Dieulouard, se trouvent des étangs où l'on peut se livrer à la pêche. Située au cœur de la petite Suisse lorraine, cette ville verdoyante est le point de départ de plusieurs randonnées. Elle est également dotée de commerces de proximité.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Blénod-lès-Pont-à-Mousson / Pont-à-Mousson Rose des vents
Jezainville N Ville-au-Val
O    Dieulouard    E
S
Pompey / Frouard / Nancy

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom est attesté sous les formes[1],[2] : Castellum Deilauvart (992-1025); Castrum quod dicitur Deus Louvart (1028); Castrum Desluardum (1041-1046); Deulewart (1082); D[eu]slowart (1090-1107); Deulewart (1120-1163); Deusteuward (1156); Deulouart (1184); Deilowart (1240); Deulowart (1249); Deulouvart et Delouard (1253); Dieulewart (1270); Dei Custodia (1277); Delouwart (1278); Deilewart (1285); Deullouart (1323); Deulowairt (1335); Duaillewart (1425); Deullewart (XVe siècle); Dieullewart (1498); Dieulowart (1551); Dieueleward (1594); Dieulewardt (1637).
Puis au cours de la Révolution française, la commune porte le nom de Scarpone[3].

Le nom de Dieulouard résulte de l'évolution de Deu l'award, c'est-à-dire « Dieu le (la) préserve », que lui donnèrent les premiers seigneurs[4],[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'actuelle ville de Dieulouard a pris la suite de la cité antique de Scarpone (Scarponna[6] sur la carte de Peutinger), située sur l'un des seuls points de franchissement de la Moselle pendant la période gallo-romaine. Celle-ci a donné son nom à la porte Serpenoise à Metz.

Selon une légende évoquée par l'abbé Melnotte dans sa notice historique sur Scarpone et Dieulouard (1895), la ville de Scarpone aurait été fondée par une colonie de Troyens fugitifs, ayant à leur tête un dénommé Serpanus. À l'époque celtique, elle était un poste avancé important, situé dans une île, à la limite du pays des Médiomatriques et de celui des Leuques. De ce fait, l'appartenance de Scarpone à l'un ou l'autre de ces peuples n'est pas établie avec certitude, même s'il est aujourd'hui généralement admis que les Leuques seraient à l'origine de la fondation de la ville.

À l'époque romaine, Scarpone fait partie de la province de Gaule belgique, dont la capitale est Durocortorum (Reims), puis de la province de Belgique Première, dont la capitale est Augusta Treverorum (Trèves). Décrite parfois comme la troisième ville de la région, elle rivalise alors avec Divodurum (Metz), Tullum (Toul) et Verodunum (Verdun). Dans sa notice de 1895, l'abbé Melnotte fait état d'une tradition locale selon laquelle le fameux « Labarum » annonçant la victoire de Constantin serait apparu dans les environs de Scarpone en 311.

Voici, résumée en quelques dates, l'histoire de Scarpone depuis les premières invasions barbares jusqu'à la destruction de la ville, étant précisé que la plupart de ces dates sont approximatives :

  • 366 : Flavius Jovin défait les Alamans près de Scarpone : il en sera récompensé l'année suivante par le titre de consul.
  • 451 : siège de Scarpone par les Huns.
  • 511 : Scarpone fait partie du royaume de Reims (ou royaume d’Austrasie), dont la capitale sera transférée à Metz en 566.
  • 625 : création du comté de Scarpone (« Pagus Scarponensis »), détaché de Toul qui dépendait alors du royaume de Bourgogne (date proposée par l'historien Louis Davillé).
  • 855 : le comté de Scarpone fait partie du royaume de Lotharingie, qui sera réduit au rang de duché germanique en 925.
  • 890 : incursion des Vikings à Scarpone.
  • 945 : le comté de Scarpone passe aux mains de la maison d'Ardenne (ou Ardenne-Verdun), d'où sont issus notamment Sigefroid, premier comte de Luxembourg, et Godefroy de Bouillon, fondateur du royaume latin de Jérusalem.
  • 954 : siège de Scarpone par les Hongrois.
  • 965 : le comté de Scarpone fait partie du duché de Haute-Lotharingie ou Haute-Lorraine (appelé aussi duché de Mosellane et correspondant à peu près à la Lorraine actuelle).
  • 985 : le roi de France, Lothaire, s'empare de Verdun, fait prisonnier le comte Godefroy et vient mettre le siège devant Scarpone.
  • 997 : Frédéric, fils de Godefroy le Captif, cède le comté de Scarpone à Haymon (ou Heimon), évêque de Verdun et fondateur du village de Dieu-le-Wart (Dieulouard) : cette cession deviendra effective à la mort de Frédéric, en 1022. La tradition locale fait remonter à la même époque la construction du château actuel et l’érection de Dieulouard en village distinct de Scarpone.
  • 1007 : prise et destruction de Scarpone par Henri II, roi de Germanie.
  • 1112 : Renaud de Bar ravage la cité.

Par la suite, Dieulouard pâtira à plusieurs reprises des conflits opposant la ville de Metz aux comtes de Bar et aux ducs de Lorraine.

L’ancienne cité gallo-romaine de Scarpone ne sera plus désormais qu’un simple hameau dépendant de la prévôté de Dieulouard. Celle-ci sera réunie à la France par Henri II avec les Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun, en 1552. Comprise dans le département de la Meurthe en 1790, la commune de Dieulouard fait partie du département de Meurthe-et-Moselle depuis 1871.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1995 mars 2008 Yvon Biston PS Conseiller général du canton de Dieulouard (depuis 2001)
mars 2008 en cours
(au 16 avril 2014)
Henri Poirson DVD  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 548 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
925 1 294 1 333 1 291 1 332 1 430 1 420 1 513 1 601
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 460 1 507 1 315 1 650 1 782 1 806 1 918 1 993 2 245
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
2 397 2 571 1 953 2 657 3 026 3 303 3 453 3 536 4 854
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
5 332 5 372 5 212 4 903 4 767 4 609 4 548 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Sports[modifier | modifier le code]

  • Dieulouard est réputée en Meurthe-et-Moselle pour le handball avec une équipe en nationale 2, l'ESS Dieulouard HB, après une belle saison[Quand ?] qui l'a vue terminer deuxième de N3.
  • Le club de football Étoile sportive qui a eu des résultats honorifiques dans les années 1970 avec le 7e tour de la Coupe de France atteint plusieurs fois. Malheureusement cette association sportive fut dissoute tant par manque de finances que de jeunes et de dirigeants.
  • Le tennis est bien pratiqué.
  • Et comment oublier le club local de rugby qui, jumelé avec la commune voisine de Liverdun, fait régulièrement bonne figure au sein du Comité territorial d'Alsace-Lorraine ? Actuellement en Promotion d'Honneur pour la saison 2011/2012, le club a vu cette saison l'arrivée de nombreux joueurs, débutants ou confirmés, et l'avenir s'annonce plutôt bien... tout comme pour l'école de rugby dont les effectifs ne cessent de croître.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Voie romaine Reims-Metz.
  • Vestiges de la Scarpone antique : remparts du castellum IVe siècle
  • Château de Dieulouard : ancien château épiscopal bâti aux environs de l'an mil (plus précisément en 997, selon la tradition locale) pour protéger les habitants du nouveau village de Dieulouard ; remanié XVIe siècle pour s'adapter aux armes à feu, démantelé en 1660 par Louis XIV : enceinte polygonale flanquée jadis de sept tours rondes et d'une tour carrée ; chapelle castrale (église paroissiale depuis 1481) ; restes du chemin de ronde. Héberge l'Association des Amis du Vieux Pays.
  • Plusieurs immeubles remarquables notamment de la Renaissance (Maison des Voués...).

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Chapelle Notre-Dame-des-Airs [chapelle commémorative de la guerre 1914/1918], monument aux morts inauguré en 1920, supportant une statue de la Vierge haute de trois mètres et dominant l'ancien site de Scarpone et la vallée de la Moselle (48° 51′ 02.4″ N 6° 04′ 14.5″ E / 48.850667, 6.070694).
  • Église Saint-Sébastien : église de style gothique, consacrée en 1504, édifiée sur un escarpement rocheux au-dessus d'une crypte médiévale. Les enveloppes métalliques de deux bombes allemandes, tombées en 1918 sur l’église sans exploser, ont été conservées et fixées à deux piliers de la nef ; la crypte renferme une statue de la Vierge en terre cuite ; deux vitraux évoquent des épisodes de l'histoire locale, la victoire de Jovin sur les Alamans (366) et le concile de Dieulouard (1140).
  • Plusieurs calvaires (tous disparus).

Musée[modifier | modifier le code]

Musée des Amis du Vieux-Pays, au château : vestiges gallo-romains du site de Scarpone; reconstitution d'un cimetière d'inhumations sous tuiles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe[réf. incomplète]
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz 1991. p. 1478.
  3. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. La France pittoresque, région de l'Est, page 37
  5. Ernest Nègre, op. cit.
  6. Histoire de Thionville par GF Teissier
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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