Les Aventures de Rabbi Jacob

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Page d'aide sur l'homonymie Pour la comédie musicale adaptée du film, voir Les Aventures de Rabbi Jacob (comédie musicale).
Les Aventures de Rabbi Jacob
Description de cette image, également commentée ci-après

Dessin central de l'affiche italienne du film.

Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Josy Eisenberg
Roberto de Leonardis
Acteurs principaux
Sociétés de production SNC
Films Pomereu
Horse Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie
Durée 100 minutes
Sortie 1973

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Aventures de Rabbi Jacob est un film comique franco-italien réalisé par Gérard Oury, sorti en 1973.

Le film a totalisé 7,30 millions d'entrées.

Résumé[modifier | modifier le code]

À Paris, un vendredi[modifier | modifier le code]

À Brooklyn, le rabbin Rabbi Jacob et son secrétaire Samuel se rendent à Paris pour la Bar Mitzvah d’un jeune parent, David Schmoll. De nombreux hassidim envahissent le taxi pour accompagner leur vénéré rebbe à l’aéroport JFK, ce qui se révèle assez pratique pour passer outre les embouteillages, au sens propre.

Au volant de sa rutilante Citroën DS équipée d’un téléphone automobile et surmontée d’une barque à moteur nommée la Germaine II, Victor Pivert et son chauffeur Salomon rentrent de Deauville sur Paris pour le mariage d'Antoinette, fille du prospère industriel, avec le zézeyant Alexandre, fils d’un général. Incarnation du grand petit-bourgeois français, persifleur, raciste et sûr de la supériorité des valeurs de son petit monde, le sieur Pivert double aussi allègrement qu’illégalement les voitures qui ont le tort de se trouver sur son passage, insultant au passage celles des automobilistes étrangers. Or ce raciste patenté qui s'amuse de voir les Noirs convoler dans des Rolls blanches autant qu'il s'étrangle en découvrant que le marié est blanc, apprend avec un mélange de stupeur et de consternation que Salomon est juif, neveu de Rabbi Jacob de surcroît. Recevant un appel de sa femme Germaine, dentiste de son état, Victor Pivert tente de détourner ses reproches en lui faisant part, sur le ton de la confidence, de la judéité de leur chauffeur. Celui-ci, tendant l'oreille, en perd la conduite des yeux et provoque une sortie de route.

Le café Les Deux Magots, situé boulevard Saint-Germain, où Slimane est enlevé par Farès et ses sbires.

À Paris, Mohammed Larbi Slimane se rend au café Les Deux Magots où il pense avoir rendez-vous avec un camarade révolutionnaire. Cependant, il apprend rapidement avoir été piégé par la police secrète de son pays, et tente vainement d’échapper au commando dirigé par le sinistre colonel Farès avant d’être assommé, enfermé dans un coffre et emmené en quelque endroit perdu pour la suite des évènements.

Lekha Dodi[modifier | modifier le code]

Leur route croise celle de Pivert, resté seul après avoir congédié son employé qui refusait de remorquer la voiture tombée à l’eau ou d’en allumer les phares à chabbat. Priant Saint-Antoine de Padoue de lui venir en aide, l’industriel aboutit inopinément dans l’usine de chewing-gum Le Yankee, que le commando Farès a choisi pour son isolement afin d’interroger le dissident politique Slimane. Distrait par un appel de Pivert qui croit avoir affaire à la police, Farès et ses sbires laissent Slimane sous surveillance légère. Celui-ci parvient à s'échapper, entraînant malgré lui dans sa cavale un Victor Pivert tombé dans la cuve de gomme liquide et pris à tort pour un tueur par la police française qui, dépêchée par Salomon, croit l’avoir vu abattre deux hommes de main de Farès. Poursuivis par les polices de France et du pays arabe, Slimane se rend à l’aéroport d’Orly avec Pivert pour otage.

Slimane doit impérativement rentrer dans son pays pour y mener la révolution. Les deux hommes se retrouvent ainsi à l'aéroport d'Orly mais Farès et ses sbires les retrouvent. Alors que Rabbi Jacob et Samuel débarquent tout juste de New York, Pivert et Slimane volent les vêtements de deux autres rabbins hassidiques, Pivert s'affublant en outre d'une fausse barbe, afin d'échapper à leurs poursuivants. Dans le hall de l'aérogare, ils sont alors confondus avec le vénéré rabbin et son assistant, par des Juifs Ashkénazes la famille Schmoll venue les chercher. Ils entretiennent la méprise, Pivert imitant l'accent yiddish, et sont alors entraînés, malgré eux, dans une cérémonie juive rue des Rosiers, dans le Pletzl à Paris, au cours de laquelle Victor, devenu donc « Rabbi Jacob », tombe nez à nez avec son ex-chauffeur Salomon. Ce dernier le reconnaît et le fait chanter pour retrouver son poste et une augmentation de salaire. Il aide ensuite Pivert et Slimane à organiser la cérémonie. Mais, juste après la bénédiction, Salomon reçoit un coup de téléphone de la femme de Pivert qui lui annonce que Farès est dans la synagogue et les deux hommes sont obligés de fuir. Salomon s'adresse à la foule en hébreu pour leur demander d'arrêter les poursuivants, mais se rend compte trop tard qu'il s'agit en réalité d'Andréani et de ses hommes. Commence alors pour Pivert et Slimane une course poursuite rocambolesque à l'issue de laquelle, ils sont capturés — en même temps que les vrais Rabbi Jacob et Samuel, libérés entre temps par la police — par les hommes de Farès. Mais la voiture des kidnappeurs est aussitôt cernée par des motards et un hélicoptère : le gouvernement du pays de Slimane vient de tomber et ce dernier a été nommé président par intérim. Farès retourne alors sa veste et conduit son nouveau chef d'État sur le lieu d'atterrissage de l'hélicoptère destiné à le ramener chez lui. Mais c'est aussi l'endroit où se déroule la cérémonie de mariage d'Antoinette, laquelle tombe amoureuse de Slimane et part avec lui. Pivert ne fait rien pour l'en empêcher, déclarant que sa fille est partie avec un président de la République.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Crédités lors du générique d'ouverture
La liste suivante respecte l'ordre indiqué dans le générique du film.
  • Louis de Funès : Victor Pivert, le patron d'usine catholique bourgeois et raciste
  • Suzy Delair : Germaine Pivert, la femme dentiste de Victor Pivert
  • Marcel Dalio (crédité « Dalio ») : Rabbi Jacob, le rabbin qui doit célébrer la communion de David Schmoll
  • Claude Giraud : Mohamed Larbi Slimane, le révolutionnaire arabe
  • Renzo Montagnani : le colonel Farès, le chef de la police politique du pays arabe
  • Janet Brandt : Tzipé Schmoll, la Mamé, grand-mère de David et belle-sœur de Jacob
  • André Falcon : le ministre
  • Xavier Gélin : Alexandre, fils de général et fiancé d'Antoinette
  • Henri Guybet : Salomon, le chauffeur juif de Victor Pivert
  • Miou-Miou : Antoinette Pivert, la fille de Victor Pivert
  • Popeck (crédité « Jean Herbert ») : Moïshe Schmoll, le père de David, neveu de Jacob et fils de la Mamé
  • Denise Provence : Esther Schmoll, la mère de David
  • Jacques François : Jean-François, le général et père d'Alexandre
  • Claude Piéplu : le commissaire Andréani, le chef des policiers
Crédités lors du générique de fin
Dans le générique de fin, les acteurs et actrices sont mentionnés dans l'ordre alphabétique. Dans la liste suivante, leur ordre est défini en fonction de l'importance de leur rôle.
Non crédités

Réalisation[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

  • Dans ses films, Gérard Oury a toujours eu l'habitude de respecter la similitude des nationalités (ou même des religions) entre acteurs et personnages. Cependant, on trouve ici au moins deux intrus : Claude Giraud (qui est français) et Renzo Montagnani (qui est italien), tous deux non musulmans jouant des musulmans. Henri Guybet, qui n'est pas juif, joue le rôle de Salomon. Un jeune acteur, Gérard Darmon, y fait aussi ses débuts dans le rôle d'un des tueurs au service de Farès.

Tournage[modifier | modifier le code]

La distillerie désaffectée prés de Frémainville est utilisée pour les vues extérieures de l'usine de chewing-gum Le Yankee et le plan où Victor Pivert entre dedans (le reste a été tourné en studios).
La scène du mariage mixte du début du film est tournée devant léglise Saint-Martin de Montjavoult.
  • Le tournage s'est déroulé sur environ huit semaines de mars à juillet 1973, en dehors des extérieurs, aux studios de Billancourt.
  • La séquence dans l'usine de chewing-gum a connu un incident notable : dans la nuit, la cuve remplie du liquide composé de levure chimique a débordé et le produit s'est répandu dans tout le studio. Le lendemain, à sa grande surprise, l'équipe du film a dû tout nettoyer, et refabriquer le produit, ce qui explique que dans cette séquence, la couleur du chewing-gum n'est pas la même entre chaque plan (vert clair puis vert foncé).
  • Rémy Julienne a réglé l'une des cascades les plus compliquées de sa carrière dans laquelle la Citroën DS de Pivert évite un gros poids lourd, sort de route et tombe dans un lac. Il était accompagné par une équipe qui se trouvait sous l'eau dans le lac pour empêcher la voiture de couler.
  • Le film compte plus de 2000 plans.
  • La scène du mariage au début du film a été tournée devant l'église de Montjavoult dans l'Oise.
  • La rue des Rosiers, cœur du vieux quartier juif du Marais à Paris (le Pletzl), où ont lieu plusieurs scènes du film (notamment la danse hassidique), a été reconstituée dans la rue Jean-Jaurès à Saint-Denis[1].

Lieux de tournages[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie[modifier | modifier le code]

  • Le , deux semaines avant la sortie du film, commençait au Proche-Orient la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes voisins.
  • Le jour de la sortie du film, le , Danielle Cravenne, la femme de Georges Cravenne, l'attaché de presse du film, détourne le vol Air France Paris-Nice. Fragile psychologiquement, elle menace de détruire le Boeing 727 si le long métrage, dont elle juge la sortie intolérable au vu de la situation internationale et qu'elle considère « anti-palestinien »[2],[3], n'est pas interdit. Armée d'une carabine 22 long rifle et d'un faux pistolet, la jeune femme accepte que l'avion se pose à Marignane pour ravitaillement avant de repartir vers Le Caire. Sur place, au cours d'un échange de coups de feu, Danielle Cravenne est atteinte à la tête et à la poitrine. Elle meurt des suites de ses blessures dans l'ambulance qui l'évacuait vers une clinique, à l'âge de trente-cinq ans[b 1].

Critiques[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Erreurs[modifier | modifier le code]

  • Faux raccord : lorsque Pivert se fait insulter pour s'être garé en triple file, on le "voit" klaxonner de la main droite. Sauf que, sur les plans suivants, on le voit actionner le klaxon de la main gauche, puis à nouveau de la main droite. En réalité, on le voit taper le tableau de bord avec la main droite sur les plans de face, tandis que la main gauche est vraiment posée sur le klaxon lors des plans de profil.
  • Lorsque Pivert congédie son chauffeur Salomon, on voit une petite route de campagne avec en arrière-plan un ciel sombre. Plus tard, lorsque Pivert est pourchassé par les tueurs de Farès, il emprunte le même chemin pour retourner à sa voiture. Or, l'arrière-plan n'est plus le même : il tend à ressembler cette fois à un décor montagneux.
  • Curieusement, lors de la scène de l'arrivée au mariage, Slimane réapparaît avec ses vêtements d'origine. Or si Pivert s'est débarrassé de ses propres vêtements en se déguisant en rabbin, il est peu probable que Slimane ait conservé les siens jusqu'à la fin du film.
  • La scène de la moto, où Slimane et Victor Pivert, déguisés en juifs hassidiques, traversent en trombe la rue de Rivoli (et le pont Alexandre-III) pour rejoindre les Invalides contient un faux raccord puisque la moto passe d'abord devant la Samaritaine puis devant l'hôtel de ville de Paris alors que géographiquement l'hôtel de ville est avant la Samaritaine.
  • Le film est censé se dérouler du vendredi soir au samedi après-midi. C'est incohérent, car un rabbin orthodoxe new-yorkais ne voyagerait jamais le vendredi soir en plein chabbat.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • C'est le dernier film du duo Gérard Oury - Louis de Funès. Ils devaient se retrouver en 1975 pour Le Crocodile. Ce dernier devait jouer le rôle d'un dictateur sud-américain, le colonel Crochet. Mais, peu de temps avant le début du tournage, Louis de Funès dut abandonner le projet, à la suite de deux infarctus[4]. Oury ne repassera derrière la caméra qu'en 1978 pour réaliser La Carapate, avec Pierre Richard.
  • La scène du mariage entre un Blanc et une Noire a été tourné devant l'église de Montjavoult, dans l'Oise. Lorsque Louis de Funès s'explique avec le gendarme, on voit en fond un panneau indiquant les villes d'Oisors et Haumont. Il s'agit en réalité de Gisors et Chaumont (Chaumont-en-Vexin), villes situées à proximité, dont les noms ont été grossièrement camouflés pour le tournage.
  • L'enlèvement de Slimane dans un café parisien (Les Deux Magots) est inspiré de l'enlèvement de l'homme politique marocain Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp en 1965. Un des agents du colonel Farès fait une référence explicite à l'affaire Ben Barka dans la voiture attendant devant Les Deux Magots. (« Mon Colonel, on ne peut pas l'enlever comme ça. En plein Saint-Germain-des-Prés. Ça a déjà été fait. »)
  • Marcel Dalio (né Blauschild), l'interprète de Rabbi Jacob, avait dû fuir Paris en 1940, car son portrait figurait sur des affiches nazies censées représenter le « Juif typique ».
  • Marcel Dalio, qui n'appréciait pas Gérard Oury, l'appelait « the thief of bad gags » (le voleur de mauvais gags), jeu de mots sur le titre du film The Thief of Bagdad, un sobriquet déjà utilisé à plusieurs reprises aux États-Unis pour désigner des comiques ayant volé des répliques à leurs confrères[b 2]
  • Marcel Dalio, qui dans ce film joue le rôle titre d'un rabbin qui chante J'irai revoir ma Normandie dans le taxi qui l'amène à l'aéroport de New York, avait fait une prestation comparable dans Le Monocle rit jaune, où il tenait le rôle d'un « honorable correspondant » juif qui chantait aussi J'irai revoir ma Normandie.
  • C'est la deuxième fois que Robert Duranton fait une courte apparition dans un film de Gérard Oury. Il avait précédemment joué dans Le Corniaud lors d'une scène mémorable où il arborait fièrement sa taille d'athlète et ses biceps sous la douche devant un Louis de Funès médusé. Dans les Aventures de Rabbi Jacob, il joue le rôle d'un CRS à l'aéroport d'Orly, devant lequel Louis de Funès bafouille par ses propos. Dans les deux scènes demeure manifestement un "complexe de taille"...
  • Une comédie musicale inspirée du film a été jouée à partir de septembre 2008 ; la musique est par ailleurs réalisée avec le musicien MC Solaar.
  • Ce film emprunte au vaudeville ses grosses ficelles, dans le comique de situation comme dans l'emboîtement des intrigues, comme la danse hassidique et la bénédiction que David, le jeune Juif, reçoit du faux rabbi Jacob (sauf que la formule employée « je te bénis David » devrait être la formule biblique Nombres 6, 24-26 « que l’Éternel te bénisse »[réf. nécessaire]), ou la poignée de mains entre Salomon et Slimane (en toute connaissance de cause, cette fois-ci). De même, toujours dans la partie qui se déroule rue des Rosiers, le salut du faux Rabbi Jacob aux familles présentes. Rabbi Jacob est dans le cinéma français une illustration de l'humour juif.
  • Dans le film, Salomon, le chauffeur de Victor Pivert, chante le début de Lekha Dodi après avoir déclaré à son patron qu'il refusait de travailler car le chabbat venait de commencer.
  • Dix ans auparavant, dans le quatrième épisode de la première saison de la série télévisée française Thierry la Fronde (épisode Le Fléau de Dieu), celui-ci est centré sur deux médecins qui voyagent jusqu'à Oxford. L'un est musulman et se nomme « Zakaria Muhammad »[N 2]. L'autre est juif et se nomme « Rabbi Jacob ».
  • Pour le film, Louis de Funès tentera d'imposer l'actrice Claude Gensac, pour incarner son épouse dans le film. Claude Gensac fut souvent associée à des films ou apparaissait de Funès, comme épouse. Oury lui-même souhaitait une actrice différente, ainsi que la production. Suzy Delair fut finalement choisie, car il y a longtemps qu'elle n'avait pas eue de rôle, et aussi car elle était une proche de Gérard Oury.[réf. nécessaire]

Adaptation en comédie musicale[modifier | modifier le code]

Le rappeur français MC Solaar (ici en 2009) a écrit les chansons de la comédie musicale adaptée du film.

En 2002, Charles Talar (producteur de la comédie musicale Notre-Dame de Paris) émet l'idée d'une comédie musicale adaptée des Aventures de Rabbi Jacob[c 1],[c 2],[c 3]. Il contacte Danièle Thompson, qui parle du projet à son père, Gérard Oury : ce dernier est intéressé et donne son accord verbal (peu de temps avant sa mort en juillet 2006), permettant ainsi au projet d'être lancé[c 3]. Vladimir Cosma, auteur de la musique du film, donne également son accord et accepte de retravailler ses compositions pour la comédie musicale[c 1],[c 2]. Selon Danièle Thompson, c'est le fait que Vladimir Cosma soit associé au spectacle qui les a convaincu, elle et son père : « nous n'aurions donné notre bénédiction à quelque chose qui aurait pu risquer la médiocrité[c 2] ». Six ans sont nécessaires pour monter le projet, surveillé de près par Danièle Thompson[c 2].

L'acteur et humoriste Patrick Timsit est approché pour mettre en scène la comédie musicale : fan du film, il accepte la proposition[c 3],[c 4]. Il revoit le film « une bonne trentaine de fois » pour s'en imprégner[c 1] et fait concevoir huit tableaux scéniques reprenant les scènes principales du film, comme celles de la rue des Rosiers ou celles dans l'usine de chewing-gum[c 3]. La comédie musicale conserve entièrement le scénario du film original[c 3].

Vladimir Cosma reprend et modernise sa partition : il s'inspire de la mélodie crée pour le film et l'actualise, créant ainsi des morceaux au style très varié, allant vers la musique pop et raggamuffin. Les textes des chansons sont l'œuvre du rappeur MC Solaar, de Maxime Le Forestier et du groupe Les Fatals Picards, de Yves Dessca, de Vline Buggy et de Jean-Marie Leau[c 4]. Le livret du spectacle est écrit par Gérald Sibleyras et Étienne de Balasy[c 4]. MC Solaar interprète la chanson Le Rabbi muffin, adaptée de la musique du film et composée par Vladimir Cosma : éditée sous forme de single pour promouvoir le spectacle[c 5], la chanson remporte un grand succès sur Internet et dans les charts, se classant notamment en 1re place du hit-parade en Belgique durant 4 semaines[c 6].

Éric Metayer (ici en 2014) interprète Victor Pivert dans la comédie musicale.

Les Aventures de Rabbi Jacob, la comédie musicale est doté d'un budget de six millions euros[c 5], dure deux heures, contient treize tableaux chorégraphiés et quatorze chansons. La distribution comprend trente-cinq acteurs, danseurs et musiciens, dont notamment Éric Metayer dans le rôle de Victor Pivert à l'origine tenu par Louis de Funès et Marianne James dans le rôle de son épouse Germaine Pivert, jouée par Suzy Delair dans le film[c 1],[c 2],[c 3]. Les répétitions commencent en juillet 2008 et se déroulent dans Le Grand Dôme de Villebon-sur-Yvette[c 7]. Le chorégraphe d'origine tunisienne Najib Guerfi règle les chorégraphies qui varient entre le jazz, la danse contemporaine, la danse urbaine et le hip-hop[c 2],[c 4]. La scène dans laquelle Pivert exécute une danse traditionnelle juive est reprise et allongée dans l'adaptation : Ilan Zaoui, qui avait réglée la scène originale en 1973, participe à la chorégraphie de cette même scène en 2008 et apprend à danser à Éric Metayer, comme il l'avait fait avec Louis de Funès trente-cinq ans auparavant[c 2]. Les Aventures de Rabbi Jacob, la comédie musicale est joué au Palais des congrès de Paris à partir du .

Mais cette comédie musicale s'avère être un échec commercial, public et critique. La critique est très mauvaise : Paris Match, Le Nouvel Observateur et Le Figaro parlent notamment d'un spectacle « désastreux » et « médiocre », et L'Express souligne la complexité de faire une adaptation aussi bonne que le film d'origine, résumant cette comédie musicale comme un « divertissement familial écrasé par son modèle et plombé par des chansons faiblardes »[c 8],[c 9] ; c'est généralement la qualité de la mise en scène, la qualité des chansons et morceaux musicaux et la qualité et l'intérêt de l'adaptation qui est remise en cause[c 4],[c 10]. Cet avis défavorable de la critique repousse les spectateurs, affaiblissant alors la fréquentation de la comédie musicale[c 11],[c 10]. Ainsi, bien que son sujet soit très populaire, la comédie musicale ne rencontre pas le succès espéré et ne reste que peu de temps à l'affiche[c 11]. La dernière représentation a lieu le et est retransmise en direct sur la chaîne Paris Première en première partie de soirée[c 12],[c 13]. Faute de succès, la tournée prévue pour 2009 est finalement annulée.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est le film suédois Scènes de la vie conjugale, réalisé par Ingmar Bergman, qui a remporté le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère cette année-là.
  2. Le nom complet ne figure pas au générique et est difficilement compréhensible dans l'extrait sonore.

Références issues de la bibliographie[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. http://home.nordnet.fr/anastasiya.petit/html/rubrique-p/cine-p/pages/t-connus/les-aventures-de-rabbi-jacob/lieux/005-synagogue.htm
  2. Danièle Thompson, dans le documentaire Il était une fois... « Les Aventures de Rabbi Jacob » sur France 5, diffusé le 14 mai 2009
  3. « Rabbi Jacob est sorti entre rire et drame », par Danièle Thompson, sur www.parismatch.com, consulté le 15 mai 2009
  4. Histoires de Tournages

Références sur la comédie musicale adaptée du film[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Valérie Sasportas, « Comédies musicales : l'heure française », sur www.lefigaro.fr, Le Figaro,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  2. a, b, c, d, e, f et g Laurence Haloche, « Le retour de Rabbi Jacob », Le Figaro,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  3. a, b, c, d, e et f Jean-Pierre Lacomme, « Rabbi Jacob, la résurrection », sur www.lejdd.fr, Le Journal du dimanche,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  4. a, b, c, d et e Alexia Guarinos, « Les aventures de Rabbi Jacob », sur Regard en Coulisse,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  5. a et b Thierry Cadet, « Découvrez Rabbi Muffin de MC Solaar », sur www.chartsinfrance.net (consulté le 12 mars 2016)
  6. « MC Solaar – Le Rabbi muffin », sur Ultratop.be (consulté le 13 mars 2016).
  7. « Voici l'équipe de Rabbi Jacob », sur www.leparisien.fr, Le Parisien,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  8. Gilles Médioni, « Rabbi Jacob, une comédie musicale inégale », sur www.lexpress.fr, L'Express,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  9. Anthony Palou, « Rabbi Jacob, un vrai ratage », Le Figaro,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  10. a et b Emma d'Uzzo, « Quand le Rabbi Jacob de Patrick Timsit se fait allumer par la critique ! », sur www.purepeople.com,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  11. a et b « Les comédies musicales tiennent le coup », sur www.leparisien.fr, Le Parisien,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  12. « Rabbi Jacob sur Paris Première », sur Blog Fous de théâtre,‎ (consulté le 12 mars 2016).
  13. « La comédie musicale Rabbi Jacob en direct sur Paris Première », sur www.jeanmarcmorandini.com,‎ (consulté le 12 mars 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de membres de l'équipe :

Sur Louis de Funès :

Bibliographie complémentaire :

Liens externes[modifier | modifier le code]