Film culte

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Le film Casablanca de Michael Curtiz, sortit en 1942, est un des nombreux films cultes.

Un film culte est un film généralement original ayant acquis un groupe fortement dévoué de fans. Le terme ne désigne ni un genre au sens propre, ni une qualité esthétique, mais qualifie un film en fonction de la façon particulière dont il est reçu par le public ou une partie du public. Un film culte possède un groupe d'admirateurs, et c'est en général un film que « soit on aime, soit on déteste », mais ces propriétés ne suffisent pas à le définir complètement.

L'expression signifie que le film fait l'objet d'un culte, et non qu'il est un culte lui-même. Il ne peut donc pas être accordé au pluriel : on écrit "des films culte". De la même façon, on ne peut pas employer le mot "culte" comme adjectif attribut (donc on ne peut pas écrire "des films deviennent cultes" ou "sont considérés comme cultes")[1]

Parmi les films culte des années 60 à 80, il y a : Orange mécanique (1971), 2001, l'Odyssée de l'espace (1968), Le Parrain (1972), Les Dents de la mer (1975) , la saga Rocky (dès 1976), Taxi Driver (1976), La Fièvre du samedi soir (1977), la saga Star Wars (dès 1977), Superman (1978), Grease (1978), Apocalypse Now (1979), la saga Alien (dès 1979), Elephant Man (1980), Shining (1980), Blade Runner (1982), E.T., l'extra-terrestre (1982), Scarface (1983), la saga Le Flic de Beverly Hills (dès 1984), Les Goonies (1985), la trilogie Retour vers le futur (1985 - 1989 - 1990), Les Maîtres de l'univers (1987) ou encore Batman (1989) de Tim Burton.

La décennie 90 compte dans ses rangs les films suivants : Maman, j'ai raté l'avion (1990), Edward aux mains d'argent (1991), Sister Act (1992), Beethoven (1992), Last Action Hero (1993), Jurassic Park (1993), La Liste de Schindler (1993), Pulp Fiction (1994), Batman Forever (1995), Power Rangers, le film (1995), Le Fantôme du Bengale (1996), Titanic (1997), La vie est belle (1997), Le Cinquième Élément (1997), Spice World, le film (1998), Fight Club (1999), Sixième Sens (1999), Matrix (1999), La Ligne verte (1999) et Le Projet Blair Witch (1999).

Les récits filmiques comme : Scary Movie (2000), Miss Détective (2000), Le Journal de Bridget Jones (2001), La Revanche d'une blonde (2001), Le Temps d'un automne (2001), la saga Le Seigneur des anneaux (2001), la saga Harry Potter (dès 2001), la trilogie Spider-Man (dès 2001), Moulin Rouge (2001), la saga Kill Bill (dès 2003), Amour et Amnésie (2004), Collision (2005), Batman The Dark Knight (2008), la saga Twilight (dès 2008), The Blind Side (2009), Precious (2009), La Proposition (2009) ou encore Avatar (2009), marquent la décennie 2000 et deviennent des films culte.

Des films hybrides mélangeant l’animation à la prise de vue réelle tels que Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988) ou encore Space Jam (1995), sont des succès et sont considérés comme des films culte.

Les films d’animation comme : Le Tombeau des lucioles (1988), La Petite Sirène (1989), La Belle et la Bête (1991), Aladdin (1992), Le Roi lion (1994), Pocahontas (1995), la saga Shrek (dès 2002), Interstella 5555: The Story of the Secret Star System (2003), la saga Madagascar (2005), la saga Kung Fu Panda (dès 2008), Raiponce (2010) ou encore La Reine des neiges (2013), marquent leurs époques et deviennent des films culte.

Présentation[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Le terme « film culte » est apparu pour la première fois dans le livre de Danny Peary, Cult Movies, et il n'a cessé d'être utilisé jusqu'à aujourd’hui, et bien souvent dans des sens déformés par rapport au sens originel.

Un film culte est un film qui a fini par réunir autour de lui un public le plus souvent réduit d'admirateurs, fidèles et habituellement fanatiques. C'est un film qui peut être source de fascination, d'obsession, et une culture secondaire peut se construire autour de lui (d'où l'analogie avec « culte »).

Les films considérés comme objets de culte ont habituellement un intérêt restreint mais très particulier. Ils ont souvent la réputation d'être des œuvres excentriques, qui n’obéissent pas aux règles du cinéma traditionnel, recourant par exemple à des techniques narratives et de réalisation hors des « canons » habituels du cinéma[2], et/ou qui explorent des thèmes considérés comme marginaux.

Certains films culte sont condamnés à un succès confiné, notamment certains nanars dont le cercle d'admirateurs sera toujours réduit. Quelques-uns sont toutefois parvenus à gagner dès leur sortie en salle une reconnaissance populaire et parfois même critique. D'autres ont dépassé leur statut « culte » progressivement, finissant par être reconnus comme des classiques à part entière, par exemple C'est arrivé près de chez vous avec Benoît Poelvoorde (1992).

Succès[modifier | modifier le code]

Dans bien des cas, les films culte ont été au départ des échecs à leur sortie en salles. Même s'ils sont restés peu de temps à l'affiche, certains films ont pu trouver une popularité dans la durée grâce à leur diffusion sur d'autres canaux (télévision ou internet) ou supports (cassette vidéo, laserdisc, DVDetc.). Ils peuvent alors trouver un succès qu'ils n'avaient pas connu lors de leur sortie, pouvant conduire à la prolongation de leur exploitation vidéo et à l'augmentation du nombre de copies mises en circulation.

Par exemple, un film jugé « médiocre » comme L'ouragan vient de Navarone (1978) de Guy Hamilton (échec public et critique à sa sortie) bénéficie, après une multitude de diffusions sur le câble et sur les chaînes hertziennes, d'une vraie popularité chez les amateurs de film de guerre. Le film existe aujourd’hui en DVD (proposant la version restaurée de 128 minutes) et vient même de se voir offrir, à l'heure où beaucoup de classiques manquent à l'appel, une sortie Bluray.

Harold et Maude (Harold and Maude) de Hal Ashby, bien qu'il n'engrangeât guère de recettes à l'époque de sa sortie au cinéma en 1971, est devenu un succès en même temps qu'un phénomène culte, après ses diffusions télévisées et sa sortie en vidéo. Plus récemment, on peut citer les exemples de The Big Lebowski (1998) de Joel et Ethan Coen et de 35 heures, c'est déjà trop (Office Space, 1999) de Mike Judge, échec à sa sortie, mais que le bouche à oreille a transformé en hit de la location vidéo.

Bon nombre de films culte sont au départ des productions indépendantes dont les créateurs ne s’attendent généralement pas à rencontrer le succès auprès du grand public. Le Carnaval des âmes (Carnival of Souls, 1962) de Herk Harvey, La Nuit des morts vivants (Night of the Living Dead, 1968) de George A. Romero, El Topo (1970) réalisé par Alejandro Jodorowsky, Pink Flamingos (1972) de John Waters, Frère de sang (Basket Case, 1982) de Frank Henenlotter, Evil Dead (The Evil Dead, 1981) et ses deux suites, réalisés par Sam Raimi, ou encore Eraserhead (1977) de David Lynch sont autant de films indépendants communément reconnus pour être devenus des films culte.

Un film produit par un grand studio peut aussi devenir un film culte, en particulier si, en dépit de sa nature commerciale, son succès autant en salles que sur le marché de la vidéo a été faible, mais qu’il a été mis à l’honneur par un petit nombre de fans dévoués en quête de perles cinématographiques. C’est le cas par exemple de Va te faire voir Freddy! (Freddy Got Fingered, 2001) de Tom Green.

Également, le contenu de certains films — des sujets obscurs, étranges, de transgression, ou d’autres thématiques propres à susciter la controverse — peut être déterminant dans le fait qu’un film deviendra culte, qu’il s’agisse d’une production indépendante ou d'un grand studio. Parfois, la réception publique d’un film culte diffère quelque peu de ce que ses producteurs prévoyaient.

Par exemple, le film à gros budget Showgirls (1995), de Paul Verhoeven, film où le sexe est omniprésent et qui était au départ conçu comme un drame retraçant la carrière d'une strip-teaseuse de Las Vegas, fut un flop complet au moment de sa sortie, à la fois éreinté par la critique et boudé par le public. Le film est aujourd’hui l'un des préférés du public homosexuel, et généralement vu comme une comédie, à la suite de son succès lors de ses fréquentes diffusions à la télévision en séance de minuit. Selon l’écrivain et militante Naomi Klein, l'aspect second degré jouissif du film est apparu lors de son exploitation vidéo, et avant que les commerciaux de MGM ne pensent à exploiter cette idée. MGM remarqua que le titre connaissait un certain succès en vidéo, puisque « des gens entre vingt et trente ans avaient lancé des soirées Showgirls, ironiques, au cours desquelles ils s’amusaient à se moquer du scénario aussi maigre qu’improbable et à pousser des cris d’horreur au moment des scènes de rapports sexuels "aérobiqués" »[3]

Certains films, bien qu'ils aient recueilli des critiques massivement positives et aient été des succès au box office, sont néanmoins considérés comme objets de culte. On trouve un exemple dans la vision du futur sinistre, perturbante et ultraviolente offerte par Stanley Kubrick dans Orange mécanique (A Clockwork Orange, 1971), un film couronné par plusieurs récompenses majeures et nommé pour quatre Oscars, dont celui du meilleur film. D’autres exemples : Easy Rider (1969) de Dennis Hopper, 2001, l'Odyssée de l'espace (2001: A Space Odyssey, 1968), de Stanley Kubrick également, Le Parrain (1972) de Francis Ford Coppola, Les Dents de la mer (1975) de Steven Spielberg, la saga Rocky de Sylvester Stallone, Taxi Driver (1976) de Martin Scorsese, la saga Star Wars de George Lucas, Superman (1978) de Richard Donner, Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola, Alien de Ridley Scott, Shining (1980), encore de Stanley Kubrick, Blade Runner (1982) de Ridley Scott, E.T., l'extra-terrestre (1982) de Steven Spielberg, Scarface (1983) de Brian De Palma, Les Goonies (1985) de Richard Donner, Blue Velvet (1986) de David Lynch, la trilogie Retour vers le futur (1985 - 1989 - 1990) de Robert Zemeckis, Batman (1989) de Tim Burton, Jurassic Park (1993) de Steven Spielberg, Pulp Fiction (1994) de Quentin Tarantino[4], Space Jam (1995) de Joe Pytka, Fight Club (1999) de David Fincher ou encore Matrix (1999) de Les Wachowski, qui est considéré comme l’un des films du genre le plus important de son époque[5],[6]. Le Projet Blair Witch (1999) de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, jouant sur la tension psychologique et l'imagination du spectateur plutôt que sur les effets spéciaux coûteux, tout en étant tournée en mode caméra embarquée, s'est notamment inscrite dans les 20 films les plus rentables de l'histoire[7].

Parfois, des films deviennent objets de culte parce qu’ils sont en avance sur leur temps ; ils se trouvent un public d’admirateurs tardivement une fois que leur originalité est reconnue ; c’est notamment le cas du Fantasia (1940) des studios Walt Disney[8].

En 1990, la comédie Maman, j'ai raté l'avion, de Chris Columbus, ayant en vedette Macaulay Culkin et qui dévoile une famille qui oublie un de ses membres à la maison lors des ses vacances de Noël, est considérée comme culte et est l'un des films de noëls les plus appréciés de tous les temps pour cette période[9],[10],[11],[12].

En 1995, le film Power Rangers, le film, est de par son adaptation réussie de la série, son histoire et rythme, ses costumes et armures magnifiques, son casting de la série préservé, ses scènes d'actions bien chorégraphiées dans la nuit, les effets spéciaux en CGI surprenants pour l'époque, mais aussi pour sa musique dotée de stars de renoms comme Red Hot Chili Peppers ou encore Van Halen, considéré comme culte[13],[14],[15],[16],[17],[18].

Le film Titanic de James Cameron, paru en 1997, est le deuxième plus grand succès de l'histoire du cinéma après Avatar (également réalisé par James Cameron) et a égalé le record de onze Oscars en 1998, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. En France, ce film aura cumulé un total de près de 21,8 millions de spectateurs avec les reprises (dont 20,6 millions d'entrées lors de sa première sortie en [19]), plaçant le film en tête du box-office français de tous les temps[20]. Titanic devient un phénomène culturel à travers le monde, ainsi que le film le plus lucratif de tous les temps avec des recettes aux environs de 1,8 milliard de dollars dans le monde entier. Il tient ce record pour environ une décennie jusqu'en 2010 quand le même réalisateur James Cameron le dépasse avec Avatar.

Le film Spice World, le film, sorti en 1998, est considéré comme culte pour toute une génération, le décrivant comme un film brillant, voire un chef d’œuvre du genre parodique, qui se moque aussi bien du starsystem, que des clichés du cinéma, tout en octroyant de nombreux clins d’oeils à la culture populaire de l’époque[21],[22],[23],[24],[25],[26],[27],[28],[29],[30].

La saga de films Le Seigneur des anneaux de Peter Jackson et basée sur le roman du même nom en trois volumes de J. R. R. Tolkien. Les films composant cette trilogie sont La Communauté de l'anneau (2001), Les Deux Tours (2002) et Le Retour du roi (2003).

Le projet, considéré comme l'un des plus ambitieux de l'histoire du cinéma, avec un budget de 285 millions de dollars, a commencé à être développé par Jackson en 1995 et s'est concrétisé avec le studio de production New Line Cinema après que Miramax Films l'eut abandonné. Le projet entier dura huit ans, bien que le tournage des trois films se déroulât simultanément entre octobre 1999 et décembre 2000 et eût lieu entièrement en Nouvelle-Zélande. Une version longue de chaque film de la trilogie est sortie en DVD environ un an après leur sortie au cinéma. Bien que les films suivent l'histoire du roman d'une façon générale, ils omettent certains éléments et en ajoutent d'autres, déviant ainsi de leur source.

Se déroulant dans le monde fictif de la Terre du Milieu, les trois films suivent le hobbit Frodon Sacquet (Frodo Baggins en anglais, joué par Elijah Wood) alors que lui et les autres membres de la Communauté de l'Anneau s'engagent dans une quête pour détruire l'Anneau unique, et ainsi provoquer la chute de son créateur, Sauron. La Communauté finit par se diviser et Frodon poursuit sa quête seulement accompagné de son loyal compagnon Sam (Sean Astin) et de la fourbe créature nommée Gollum (Andy Serkis). Pendant ce temps, le magicien Gandalf (Ian McKellen) et Aragorn (Viggo Mortensen), héritier en exil du trône de Gondor, rallient les peuples libres de la Terre du Milieu, qui finissent par remporter la guerre de l'Anneau. Les trois films ont été un grand succès commercial, rapportant au total presque trois milliards de dollars lors de leur sortie dans les salles. Ils ont globalement été acclamés par la critique, et ont été fortement récompensés, remportant notamment dix-sept Oscars sur les trente nominations. Le dernier film de la trilogie, Le Retour du roi, remporta les onze Oscars auxquels il était nommé, égalant Ben-Hur et Titanic pour le record du plus grand nombre d'Oscars reçus pour un film. La trilogie reçut de nombreux prix pour la distribution, pour les effets spéciaux et pour l'infographie[31],[32],[33]. Les films ont également apporté un regain d'intérêt et une reconnaissance du grand public pour l'œuvre de Tolkien, malgré quelques controverses sur les différences entre les livres et leur adaptation. Par la suite, après le succès de la trilogie, Peter Jackson décide de s'associer au studio Metro-Goldwyn Mayer en plus de la New Line afin d'adapter Le Hobbit au cinéma, entre 2012 et 2014.

D'autres films tels que Sister Act (1992)[34],[35],[36],[37],[38],[39],[40], Last Action Hero (1993)[41],[42],[43], Scary Movie (2000)[44],[45],[46],[47],[48], Le Journal de Bridget Jones (2001)[49],[50],[51],[52],[53],[54],[55],[56],[57] ou encore La Revanche d'une blonde (2001), sont également considérés comme des films culte[58],[59],[60],[61],[62],[63].

Historique[modifier | modifier le code]

Première période : de 1959 aux années 1970[modifier | modifier le code]

Le terme lui-même a été en usage à la fin des années 1970 et popularisé dans une série de trois livres de Danny Peary (en), commençant en 1981 par Cult Movies. Le film Plan 9 from Outer Space (1959) et d'autres d'Ed Wood Jr. font partie des plus anciens films considérés comme « culte », attirant les passionnés admiratifs de l'incompétence du cinéaste.

D'autres films de science-fiction et d'horreur de série Z des années 1950 (par exemple Robot Monster), et les films d'exploitation des années 1930 qui sont réapparus sur le marché de la vidéo des années 1980 (tels que Reefer Madness (1936)), ont aussi reçu ce statut.

Le film d'horreur à petit budget La Nuit des morts-vivants (1968), réalisé par George A. Romero, reçut un accueil mitigé au box-office mais attira l'attention de la critique avec le temps. La culture américaine durant la guerre du Viêt Nam eut un impact énorme sur le film et ce dernier obtint le statut de film culte après avoir été fréquemment diffusé dans les midnight movies. Le film est en effet une charge féroce contre la société américaine des sixties et un historien a décrit le film comme « subversif à beaucoup de niveaux[64] ». Bien que n'étant pas le premier film de zombies, La Nuit des morts-vivants eut tellement d'influence sur ses successeurs qu'il peut être considéré comme l'influence majeure de la zombie-culture moderne[65]. C'est le premier volet de la saga des zombies réalisée par Romero.

Comédie satirique sur la guerre froide, Docteur Folamour ou : comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe (1964) de Stanley Kubrick a été acclamé par la critique tout en conservant son statut de film culte. Dans le même genre, la comédie noire Harold et Maude (1971) est devenu le premier film à gros budget d'Hollywood capable de maintenir un cercle de fidèles conséquent lors des rediffusions, bien qu'apparemment il n'ait pas été repris par les Midnight movies durant les années 1970[66].

La comédie musicale de Mel Stuart Charlie et la Chocolaterie (Willy Wonka & the Chocolate Factory, 1971) est l'un des films pour enfants les plus célèbres, qui a pourtant développé un cercle d'inconditionnels parmi les adultes pour son design. Orange mécanique, de Stanley Kubrick (1971), un film sur la violence dans un futur proche, eut un succès commercial important et fut nommé à l'Oscar du meilleur film ; pourtant, les thèmes explorés et leur représentation ont fait de ce film l'un des plus polémiques de l'histoire du cinéma, lui conférant de ce fait le statut de film culte.

Pink Flamingos (1972), de John Waters, film présentant de manière extravagante et controversée (ce fut un exercice d'« un goût douteux ») des scènes d'inceste et de coprophagie, est devenu le plus connu d'un groupe de films passés dans les Midnight movies et se concentrant sur les perversions sexuelles et le fétichisme[67]. Filmé pendant les week-ends à Baltimore, la ville natale de Waters, avec un câble d'un mile comme conducteur d'énergie, ce film se montra également important en inspirant la croissance des films indépendants[68].

En 1973, le cinéma Elgin Theater, à New York, a lancé des Midnight movies groupés, avec Pink Flamingos et un drame jamaïquain comportant une bande sonore remarquable. Dans sa vision traditionnelle, The Harder They Come (1972) fut un échec cuisant, éreinté par les critiques après que son distributeur aux États-Unis, New World Communications de Roger Corman, l'ait sorti sur son propre marché comme un produit de la blaxploitation. Revu dans les Midnight movies pendant six années, il contribua à la popularité du reggae aux États-Unis.

Tandis que le potentiel de certains films en tant que Midnight movies fut identifié seulement quelque temps après leur sortie, nombre d'entre eux furent distribués comme tels dès leur sortie en salle pour tirer profit du marché - par exemple, en 1973, Broken Goddess, Dragula, The White Whore and the Bit Player et Elevator Girls in Bondage (aussi bien que Pink Flamingos) firent leur première en tant que Midnight movies[69]. En 1974, le premier Midnight movie Flesh Gordon montre avec évidence comment le phénomène bifurqua parfois vers la pornographie.

Le trans-genre The Rocky Horror Picture Show (1975) est probablement le film culte le plus connu encore en activité. Le film est une satire des conventions de films science-fiction et d'horreur de son temps et inclut des éléments de travestissement, inceste et homosexualité — le tout dans le contexte d'un film musical. Le film reçut peu d'attention de la part des critiques à sa sortie en 1975 mais se constitua peu à peu un groupe d'admirateurs fanatiques qui sont apparus aux Midnight movies des cinémas de quartiers, habillés en costumes et « participant » au film en imitant des scènes telles que le lancer de riz pendant la scène du mariage[70]. Le film ridiculise intentionnellement ses propres thèmes, entrant de ce fait dans l'esprit d'amusement sarcastique entourant souvent les films culte. Il gagna une nouvelle vie sur VHS. The Rocky Horror Picture Show peut être vu comme une norme et aider à déterminer si un film est en effet culte, car il est probablement le film culte par excellence. Une grande partie de sa célébrité est moins due au film lui-même qu'à l'exposition qu'en ont faite ses admirateurs[71]. Si un film est plus largement connu que The Rocky Horror Picture Show, il n'est pas susceptible de pouvoir être considéré comme un film culte.

Deux genres de films culte[modifier | modifier le code]

Si la notion de film culte est aujourd’hui populaire, notamment chez les cinéphiles, son origine est incertaine. On peut rattacher la naissance du phénomène films culte aux projections de minuit (Midnight movies) qui commencèrent vers 1970 dans des cinémas de New York, Boston ou Los Angeles. Les directeurs de ces salles, désirant rendre accessibles des films peu connus et décalés, n'avaient que ce créneau horaire de disponible, la journée et la soirée étant occupées par les productions hollywoodiennes. Un public de connaisseurs ou de curieux, à l'époque où la cassette VHS n'existait pas encore, se constitua autour de films comme The Rocky Horror Picture Show, La Nuit des morts vivants, Eraserhead ou encore El Topo. Ces films commencèrent ainsi une carrière de films culte.

Ainsi, ce furent des films étranges, bizarres, excentriques voire surréalistes qui constituèrent les premiers films culte. Souvent controversés car sortant des conventions formelles ou narratives de l'époque, ces films étaient aussi difficiles à voir que véritablement originaux[4].

Un film culte se situe dans la marge (ce n'est pas une volonté du réalisateur, mais le film est censuré, pas ou peu distribué, considéré comme trop médiocre, expérimental ou choquant) et un nombre limité d'inconditionnels fournissent des efforts répétés autour de cette œuvre (déplacements, écritures, projections, rencontres, etc.).

Le film d’initiés[modifier | modifier le code]

Pour les puristes, un film culte est d'abord un film ayant gardé une certaine confidentialité, au moins à ses débuts, et qui a obtenu un succès d'estime auprès d'un public qui lui reste fidèle et attaché.

Entrent dans cette catégorie des films de réalisateurs indépendants, des films qui n'ont pas eu le succès escompté à leur sortie (succès moyen ou échec commercial), soit parce qu'ils n'étaient pas bien distribués soit parce qu'ils ne correspondaient pas aux critères du grand public. Il peut s'agir de films ayant un format particulier, une réalisation novatrice, de films qui ont choqué à leur époque ou ont paru décalés par rapport aux standards de commercialisation. Ces films, bien qu'ayant souvent une imagerie forte, ne sont pas source de merchandising ou de produits dérivés généralisés. Par exemple :

  • The Rocky Horror Picture Show : l'exemple même du film culte possédant son cercle d'admirateurs fidèles (ceux-ci se réunissent régulièrement pour des projections-spectacles où les scènes du film sont en même temps reprises par des acteurs[72]).
  • Braindead : un sommet du film gore déjanté[73].

Le succès générationnel[modifier | modifier le code]

Prenant davantage appui sur le sens étymologique de l'expression que sur l'approche cinéphile, certains films sont considérés culte pour avoir été, en dépit de toute prévision, le signe de ralliement de toute une génération se partageant répliques culte et collectionnant objets s'y référant avec la même passion. La première trilogie de la saga de science-fiction Star Wars marqua toutes les années 1980 et reste par son ampleur un phénomène unique dans l'histoire du cinéma.

Festival du film culte[modifier | modifier le code]

En , est inauguré à Trouville le premier Festival international du film culte, qui est reconduit en 2017. Lancé par Karl Zéro et se déroulant au Casino de Trouville, ce festival atypique est un « Joyeux bazar »[74] dont les buts sont de proposer une compétition composée de films inédits, au « fort potentiel culte », des films atypiques, ambitieux ou décalés qui interpellent la critique et le public.

La « Mouette d'or », grand prix du festival, sacre en 2016 Willy 1er et, en 2017, Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « «Des films culte(s) !» : ne faites plus la faute ! », sur FIGARO, (consulté le 27 mars 2019)
  2. Cult films sur Film site (consulté le 5 octobre 2007).
  3. Naomi Klein, No Logo, Vintage Canada Édition, 2000, p. 79.
  4. a et b ''Cult films sur Film Site (en)
  5. (en) The neo Wave sur Entertainment Weekly : « The Matrix is the most influential action movie of its generation. This is not hyperbole. It isn’t even a stretch ».
  6. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Matrix ou le sablier de nos représentations
  7. (en-US) « Percentage-Wise, The 20 Most Profitable Movies of All Time », Pajiba,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mai 2017)
  8. Cult films sur le site [1] ; accédé le 5 octobre, 2007.
  9. Helen O'Hara, « The 30 Best Christmas Movies Ever: #4 Home Alone » [archive du ], Empireonline
  10. « 17 Favorite Christmas Movies », Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  11. Dave Infante, « Best Christmas Movies including Home Alone, Scrooged, Muppet Christmas Carol », thrillist,
  12. « The 10 Greatest Christmas Movies Of All-Time, According To British People », cinemablend.com
  13. Power Rangers le film 1995 culte film sur www.faispasgenre.com
  14. Power Rangers movie 1995 cult movie on www.inverse.com
  15. Power Rangers movie 1995 a classic cult film on rogerrebertrewiew.com
  16. Power Rangers movie 1995 classic cult movie for all generation on rotentomatoes.com
  17. Power Rangers movie cult & classic film on metacritic.com
  18. Power Rangers 1st movie 1995 classic & cult movie on denofgeek.com
  19. « Titanic (1997) », sur JPBox-Office.com (consulté le 17 avril 2018)
  20. « Top 100 des plus gros succès au Box-office France », sur SensCritique.com (consulté le 17 avril 2018)
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  30. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées buzzfeeds hpmx32BPQZ
  31. « The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring », Rotten Tomatoes (consulté le 12 octobre 2006).
  32. « The Lord of the Rings: The Two Towers », Rotten Tomatoes (consulté le 12 octobre 2006).
  33. « The Lord of the Rings: The Return of the King », Rotten Tomatoes (consulté le 12 octobre 2006).
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  39. Sister Act cult movie on www.refinery29.com
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  42. Last Action Hero cult movie on www.tv Tropes.org
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  72. Studiogalande.fr, site du Studio Galande à Paris
  73. Film de culte
  74. « Le joyeux bazar du festival international du film culte de Trouville » Le Point.fr, 26 juin 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Le documentaire Midnight Movies (2006) du réalisateur canadien Stuart Samuels qui expose la genèse du phénomène film culte aux États-Unis.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]