Suzy Delair

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Suzy Delair
Nom de naissance Suzanne Pierrette Delaire
Naissance (99 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Actrice, chanteuse
Films notables L'assassin habite au 21
Quai des Orfèvres
Lady Paname
Les Aventures de Rabbi Jacob

Suzanne Delaire, dite Suzy Delair, est une actrice et chanteuse française, née le [1] dans le 18e arrondissement de Paris.

Son répertoire s'étend de la comédie au drame. Danseuse, chanteuse, son interprétation dans le film Quai des Orfèvres de la chanson Avec son tralala, de Francis Lopez, est restée dans les mémoires[2]. À la scène, elle a joué fréquemment dans des opérettes de Jacques Offenbach (La Périchole, La Vie parisienne), d'Oscar et Johann Strauss père et fils (Les Trois valses), de Vanloo, Duval et Messager (Véronique), etc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'une couturière et d'un sellier-carrossier, elle est d'abord apprentie-modiste chez Suzanne Talbot, mais rêve de théâtre. Elle commence par faire de la figuration au cinéma et au théâtre pendant son adolescence, mais c'est au music-hall qu'elle connaît le succès sur la scène des Bouffes-Parisiens, à Bobino, à l'Européen, aux Folies-Belleville, dans le cabaret de Suzy Solidor, ainsi que dans des revues où se produisent Mistinguett et Marie Dubas[2].

Les amateurs de cinéma la découvrent, dix ans plus tard, en Parisienne délurée dans Le Dernier des six (1941), réalisé par Georges Lacombe sur un scénario de Henri-Georges Clouzot, avec qui elle vit. Ce dernier, passé derrière la caméra, lui offre en 1942 un succès considérable avec L'assassin habite au 21[3].

Sa carrière est entachée par son attitude trouble sous l'Occupation. Elle « ne dissimulait pas ses sympathies pour les Allemands[4] », jusqu'à admirer l'ordre nazi[5]. Le , elle fait partie du groupe d'acteurs invités par les Allemands pour visiter les studios cinématographiques de la UFA, en Allemagne et en AutricheMunich, Berlin et Vienne), aux côtés de René Dary, Junie Astor, Danielle Darrieux, Albert Préjean et Viviane Romance[6],[2],[7],[8]. À son retour, elle choque en embrassant chaleureusement Alfred Greven et en se plaignant de ne pas avoir serré la main de Joseph Goebbels[9]. Lorsque l'historien Marc Ferro évoque, dans son livre Pétain (1987), le cinéma pendant cette période, il cite, parmi d'autres, le nom de Suzy Delair[10]. À la Libération, elle n'écope finalement que d'une suspension de trois mois infligée par les comités d'épuration[11].

Si la comédienne figure parmi les vedettes des années 1940, sa carrière cinématographique est émaillée de pauses. En 1947, elle tourne Quai des Orfèvres avec Clouzot, dont elle est encore la compagne ; ils se séparent après ce dernier succès commun[2]. On la retrouve ensuite dans des films de Jean Dréville, Jean Grémillon, Marcel L'Herbier, Christian-Jaque, Marcel Carné, Luchino Visconti, René Clément et Gérard Oury[2].

Le 25 février 1948, elle participe au premier Nice Jazz Festival où elle chante pour la première fois en public la chanson C'est si bon dans un cabaret où Louis Armstrong terminait sa soirée[12]. Cette chanson est devenue un standard de jazz grâce à l’enregistrement d'Armstrong à New York en 1950.

En 1950-1951, elle tourne Atoll K, réalisé par Léo Joannon, avec pour partenaires Laurel et Hardy, dont c'est le dernier film[2]. Pendant la saison 1953-1954, elle est à l'Européen, à Paris, dans l'opérette Mobylette, avec pour partenaires Mona Monick et les débutants Michel Roux, Roger Lanzac, et Lucien Lupi.

En 1973, sort le film Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury ; elle y tient le rôle de Germaine Pivert, dentiste épouse de Victor Pivert, incarné par Louis de Funès[2]. Le film se classe en tête du box-office cette année-là avec plus de 7 millions de spectateurs en salles. Elle remplaçait à titre exceptionnel Claude Gensac, qui avait alors des problèmes de santé.

En 1982, elle commente son parcours ainsi : « On me fait trop rarement travailler. Sans doute me fait-on payer à la fois de ne pas appartenir à des chapelles, les aventures masculines auxquelles j'ai parfois sacrifié ma carrière, et surtout, mon refus de flirter quand il aurait fallu le faire[2]... ».

Le 6 décembre 2004, un hommage à Suzy Delair a eu lieu à la Cinémathèque française à Paris[2], présenté par le journaliste Olivier Barrot, en présence de l'actrice et de ses amis Françoise Arnoul, Pierre Trabaud, et Jacqueline Willemetz, petite-fille d'Albert Willemetz. Organisée par Sylvain Briet et Les Amis de la Cinémathèque française, cette manifestation a présenté un cycle de ses films comprenant Quai des Orfèvres, Lady Paname, Pattes blanches, Gervaise, Le Couturier de ces dames, et le sketch Une couronne mortuaire extrait de Souvenirs perdus.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Chansons interprétées[modifier | modifier le code]

  1. Ah ! C'qu'on s'aimait... (paroles de Lucien Boyer et musique de Paul Marinier, 1913)
  2. Avec son tra-la-la (paroles d'André Hornez et musique de Francis Lopez, chanson du film Quai des Orfèvres, 1947)
  3. Danse avec moi (paroles d'André Hornez et musique de Francis Lopez, chanson du film Quai des Orfèvres, 1947)
  4. C'est si bon (paroles d'André Hornez et musique d’Henri Betti, 1947)
  5. Fascination (paroles de Maurice de Féraudy et musique de Fermo Marchetti, 1905)
  6. Femmes, que vous êtes jolies ! (paroles d'Edgard Favart et musique de Pietro Codini/Julsam, 1912)
  7. Frou-Frou (paroles de Hector Monréal et Henri Blondeau et musique de Henri Chateau, 1933)
  8. La Baya/Chin', Chin', Chin'... (paroles de Marcel Heurtebise et musique d'Henri Christiné, 1911)
  9. Le Temps des cerises (paroles de Jean-Baptiste Clément et musique d'Antoine Renard, 1867)
  10. Oh ! mon papa (paroles et musique de J. Boyer, P. Burkhard, titre original : Oh mein Papa)
  11. Y'avait du printemps partout (chanson du film Lady Paname, 1950)
  12. Du t'ça (chanson du film Lady Paname, 1950)
  13. Tu n'peux pas t'figurer (paroles et musique de Paul Misraki, chanson du film Atoll K, 1950)
  14. Laissez-nous faire (paroles et musique de Paul Misraki, chanson du film Atoll K, 1950)
  15. Monsieur Hans (paroles d'Eddy Marnay)
  16. Y'a pas trois moyens (paroles et musique de Paul Misraki, 1950)
  17. J'suis pas paf (paroles de Mick Micheyl et musique de Bob Astor/Mick Micheyl, 1952).
  • On peut citer aussi : Je reconnais mon rêve, C'est tout, Ma blonde, C'est un air populaire (paroles et musique de Michel Emer), Moi j'coûte cher (de Roger Lucchesi) et Moulin rouge (1966).

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Officier de l'Ordre national du Mérite, le 15 novembre 1999[15].
  • Officier de la Légion d'honneur, promotion du 14 juillet 2006[16].
  • Le 24 avril 2004, l’Académie du disque lyrique, présidée par Pierre Bergé, lui a remis l'Orphée d'or du meilleur enregistrement d’opérette ou d’opéra bouffe pour son disque De l'opérette à la chanson (Musidisc, 2003).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de naissance no 18/11/1917 sur les Gens du Cinema.com, mais certaines sources indiquent 1916.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jean-Noël Mirande, « Suzy Delair ou L'air de Paris », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 1er septembre 2012).
  3. Jean-Noël Mirande, « Suzy Delair ou L'air de Paris », Le Point, op. cit. : « Sans être mariés, ils vécurent ensemble durant plusieurs années. Lorsque Clouzot deviendra réalisateur, il lui donnera de nouveau le personnage de Mila-Malou dans L'assassin habite au 21 (1942). »
  4. Pierre Billard, L'Âge classique du cinéma français : du cinéma parlant à la Nouvelle Vague, Flammarion, 1995, 725 p. (ISBN 2080661388 et 978-2080661388), p. 433.
  5. Pierre Darmon, Le Monde du cinéma sous l'Occupation, Paris, Stock, coll. « Essais Documents », 1997, 388 p. (ISBN 978-2234047228), p. 293.
  6. Raphaël Sorin, « Sous la botte, le cinéma français », sur lexpress.fr, L'Express, (consulté le 24 février 2013).
  7. Jean-Noël Mirande, « Suzy Delair ou l'air de Paris », Le Point, op. cit. : « Les images de ces actrices tout sourire à la fenêtre du compartiment passent toujours en boucle, entrées dans l'histoire grâce au film d'André Halimi, Chantons sous l'Occupation (1976). »
  8. « Sous le signe de l'art, des vedettes de l'écran s'apprêtent à partir pour l'Allemagne », Les Actualités mondiales, 27 mars 1942, (à partir de 1 min 38 s) Ina.
  9. Pierre Darmon, Le Monde du cinéma sous l'Occupation, op. cit., p. 302.
  10. Marc Ferro, Pétain, Paris, Fayard, (réimpr. 2008), 789 p. (ISBN 978-2-213-01833-1), « chap. II : Le grand jeu – Double jeu ou collaboration ? – Pour le cinéma aussi, ce fut le bon temps… », p. 173 : « Désormais les chanteurs et les comédiens partent en Allemagne se faire applaudir […]. On voit encore sur les photographies de l'époque leurs visages radieux […]. »
  11. Le Spectacle du Monde, Paris, Valmonde (no 304 à 309), (lire en ligne), p. 85.
  12. Jean Buzelin, « Delair, Suzy », sur fremeaux.com, Frémeaux & Associés (consulté le 29 novembre 2012).
  13. Mobilette, affiche.
  14. Mobilette sur data.bnf.fr.
  15. .Décret du 15 novembre 1999 portant promotion et nomination.
  16. Décret du 13 juillet 2006 portant promotion et nomination.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire du cinéma français, sous la direction de Jean-Loup Passek, assisté de Michel Ciment, Claude-Michel Cluny, Jean-Pierre Frouard, coll. « Références », Paris, Larousse, 1987.
  • Jean-Pierre Bertin-Maghit, Le Cinéma sous l'Occupation – Le monde du cinéma français de 1940 à 1946, Paris, Olivier Orban, 464 p., 1989 (ISBN 978-2855654911) ; rééd, Le Cinéma français sous l'Occupation, Paris, Perrin, 2002 (ISBN 978-2262019341).
  • José-Louis Bocquet, en collaboration avec Marc Godin, Henri-Georges Clouzot cinéaste, Sèvres, La Sirène, 1993 (réédité en 2011 sous le titre Clouzot cinéaste, Paris, La Table ronde).
  • Almanach du cinéma : édition du centenaire, sous la direction de Philippe d'Hugues, Paris, Encyclopædia Universalis, 1995.
  • René Chateau, Le Cinéma français sous l'Occupation : 1940-1944, Courbevoie, Éditions René Chateau, 1996.
  • Pierre Darmon, Le Monde du cinéma sous l'Occupation, Paris, Stock, coll. « Essais Documents », 1997, 388 p. (ISBN 978-2234047228).
  • Olivier Barrot et Raymond Chirat, Noir & blanc : 250 acteurs du cinéma français, 1930-1960, Paris, Flammarion, 2000 (réédité en 2010 sous le titre Ciné-club : portraits, carrières et destins de 250 acteurs du cinéma français, 1930-1960).

Liens externes[modifier | modifier le code]